Harper, et la colonoscopie du Québécois

 

Je suis en furie. Parce ce que j’ai lu la dernière chronique de Michel David dans Le Devoir : « Free-for-all ». C’est en plein ça, c’est le free-for-all! Il y démontre que Stephen Harper en profite pour démanteler peu à peu le bilinguisme officiel canadien pendant que le Québécois regarde dans le vide. Et je me permets de rajouter : avec des yeux de lapin… non, de grenouille morte!

Ce n’est pas que je suis un fervent défenseur du bilinguisme officiel, au contraire, j’ai toujours pensé que c’était de la poudre aux yeux! Mais il est bien évident que si Harper va ouvertement dans le sens de le démanteler à petit feu, c’est qu’il a bien compris, et que les Québécois ne vont pas trop rechigner, ainsi que les Canadiens francophones du ROC, et que le poids politique de tout ce beau monde est négligeable pour sa pérennité électorale.

Bien que Stephen Harper soit presque bilingue lui-même, son parti-pris n’est pas pour le fait français au Canada, et encore moins particulièrement pour le Québec :

Bien avant de devenir premier ministre, il avait décrété que le bilinguisme officiel souhaité par Pierre Elliott Trudeau avait échoué.

«Ne vous y trompez pas. Le Canada n’est pas un pays bilingue. En fait, il est moins bilingue que jamais. […] La religion du bilinguisme est celle d’un dieu qui a échoué. Elle n’a conduit ni à l’équité ni à l’unité et elle a coûté aux contribuables canadiens des millions et des millions», écrivait-il en février 2002 dans une brochure publiée à l’occasion de la course au leadership de la défunte Alliance canadienne.

Sur le plan individuel, c’était évidemment une autre affaire. À l’époque où il dirigeait la National Citizen’s Coalition, M. Harper soutenait la cause des parents des francophones qui voulaient faire éduquer leurs enfants en anglais au Québec, comme il s’opposait à la règle de la «nette prédominance» du français dans l’affichage.



Quand même, il y a Harper d’un côté, et nous de l’autre. Il peut bien avoir autant d’opinions qu’il veut, c’est à nous de nous placer en porte-à-faux au besoin. Mais ce que je constate, c’est que nous nous comportons comme quelque chose qui ressemble à des colonisés, ce terme assez insultant j’en conviens. Par contre, ce terme, je le trouve actuellement insuffisant pour bien décrire ce que je pense du peuple québécois. J’ai trouvé le néologisme « colonoscopié », qui me semble beaucoup plus juste.

Je ne crois pas avoir à vous expliquer ce qu’est une colonoscopie, ni dans quelle position doit se placer celui qui s’en fait faire une.

Même seulement mentale, une image vaut toujours mille mots.

Ajout :

Très intéressant texte au sujet d’Harper et du Québec :

 

http://www.cyberpresse.ca/place-publique/opinions/201111/04/01-4464681-vers-la-separation.php

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4 réponses à Harper, et la colonoscopie du Québécois

  1. Vince dit :

    Il ne s’agit pas que d’Harper, mais d’une majorité de Canadiens. Cela dit, les Québécois ont massivement fait le choix de laisser la place absolue aux Conservateurs et de mettre dans l’opposition un parti fédéraliste, alors je ne m’émeus pas le moins du monde des plaintes québécoises contradictoires.

    Le Canada est un pays non pas bilingue, mais majoritairement anglophone. Qu’on ferme notre gueule et qu’on accepte les règles du pays dans lequel on choisit de vivre et de la démocratie si on accepte d’en faire partie. La majorité a décidé. Les autres doivent accepter le choix de la majorité. Si on veut que l’État soit partout français, qu’on fasse du Québec un pays et que les francophones deviennent majoritaires. On l’a refusé deux fois, il me semble qu’on a démontré aux Canadiens qu’on ne tient pas à notre langue plus que ça et qu’on souhaite qu’ils continuent de décider majoritairement. Exiger qu’ils parlent français où ils ne le parlent pas et que 27 millions de personnes se plient à 7 millions, c’est exiger d’eux un accommodement déraisonnable.

    Personnellement, le Canada m’a engagé cet été pour travailler un sein d’un navire de la Garde côtière canadienne. On me demandait d’être bilingue pour le poste. Nous n’étions que deux sur les 95 à bord à l’être, même le capitaine ne parlait pas français. Les autres étaient tous unilingues anglais (des Maritimes) ou bilingues avec une autre langue que le français (bulgare ou russe par exemple). J’ai fermé ma gueule de francophone et j’ai travaillé en anglais en acceptant le beau chèque qu’on m’a donné. Je me serais mal vu d’exiger de ces Canadiens (l’embauche se faisait de Sarnia en Ontario) de parler ma langue sous prétexte que la loi l’oblige. Ils ne le parlent juste pas, ce qui n’enlevait rien à leurs compétences de navigation. On ne va pas exiger du moindre matelot qu’il sache aussi parler français…

  2. gillac dit :

    Bien d’accord avec Vince. Ce qui nous intéresse vraiment, c’est le « cocooning »,  » l’outdooring », la cuisine moléculaire et bien sur que le canadien gagne. Comme dirait Pauline, le reste c’est des niaiseries….

  3. Gilles Guibord dit :

    « Le bilinguisme de Pierre Elliott Trudeau (n’a pas) échoué. »
    ….Pendant que ce PM nous ‘enfirouapait’ (in fur wrap) avec une politique des supposées langues officielles, les gens du PQ laissait le Québec voter libéral au fédéral. Le PQ a ensuite voté Mulroney, avec les Libéraux du Québec. Et ce n’est que malgré lui, que le PQ a investi le Bloc pour en faire le porte-parole de la gauche, mais pas celui de l’État du Québec. Ceux qui ne me croient pas, n’ont qu’à relire les événements, en commençant par les résultats des scrutins.
    ….Sur ce plan, le PM Harper n’est que le successeur de Trudeau et de Chrétien, pas de Mulroney. Les indépendantistes oublient ou ne savent pas que le bilinguisme était l’affaire d’une génération. C’était le prix à payer par les ‘Canadians’ pour sauver leur ‘One Canada’. Ça durera deux générations, peut-être trois. Mais un jour en 1995, ils nous ont aimés.
    ….Qu’un chef indépendantiste vienne me dire en face qu’il ne le savait pas.

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