Fumigènes dans le métro : note aux journalistes

 

Selon un ancien employé de la STM, informations confirmées par un ami qui connaît un employé actuel, le système de ventilation des stations de métro peut éliminer très rapidement toute fumée. Aussi, « on ne ferme jamais les stations de métro pour un suicide ».

Donc, j’inviterais un ou des journalistes à prendre en compte ces informations et à les confirmer pour remettre en contexte les événements qui ont perturbé le métro et qui ont fait paniquer une bonne partie de la population pour pas grand-chose, finalement.

En regard de tout cela, il est bien certain qu’il est facile de pointer des machinations gouvernementales, mais si tout le système de métro a été fermé pour d’autres raisons, il serait bien de le savoir. Il me vient la raison de la précaution, mais, à ce que je sache, rien n’a été communiqué dans ce sens.

Parce que si c’est seulement pour quelques bombes fumigènes « (de vulgaires jouets disponibles pour une vingtaine de dollars) », c’est carrément disproportionné. Et pour ce qui est des présumés coupables, s’ils sont reconnus comme tel, souhaitons-leur une peine à la mesure de la stupidité de leur geste, sans plus. Comme l’écrit Patrick Levesque, ce ne sont pas de dangereux terroristes :

Il est important de faire la distinction. On ne crie pas au terrorisme à la légère, du moins pas sans insulter le souvenir de milliers de victimes innocentes de la folie meurtrière de quelques fanatiques fous furieux. […] Le geste dans le métro est un geste criminel sans doute, aux conséquences économiques sérieuses certes, mais ce n’est pas, et de loin, un geste visant à susciter la terreur.

C’est un geste de perturbation, et surtout, un geste qui a mis des bâtons dans les roues du mouvement étudiant, qui n’en avait surtout pas besoin… Il faut être complètement inconscient pour ne pas comprendre que l’opinion publique est des plus sensibles, pour ne pas dire réactionnaire.

Maintenant, la balle est dans le camp des journalistes. Il faudrait contrebalancer au moins un peu tout ce sensationnalisme qui n’est pas très reluisant, en tout cas au niveau de l’objectivité.

 

Màj :

Agréable impression qu’on a répondu à mon appel :

http://www.24hmontreal.canoe.ca/24hmontreal/actualites/archives/2012/05/20120510-163236.html

 

Donc, finalement, les stations de métro ont effectivement des systèmes de ventilation super-puissants, et il fallait évacuer, par précaution.

Mais une question demeure : pourquoi avoir fermé le métro aussi longtemps?

 

Màj2 :
En septembre 2001, un attentat au gaz lacrymogène a été rapidement étouffé à la station Berri-UQAM. Grâce aux ventilateurs, les gaz ont été dissipés en seulement 80 SECONDES :

 

http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/regional/archives/2007/11/20071116-214141.html

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3 réponses à Fumigènes dans le métro : note aux journalistes

  1. Kamarad dit :

    Il y’avait une bonne raison de fermer toutes les lignes du métro : la sécurité du public. Dans le climat actuel, aucune attaque ne doit être prise à la légère, surtout lorsqu’il y’a évidence de concertation.

  2. _MlleB dit :

    Come on.

    Bon système de ventilation? On en reparlera au mois de juillet quand l’air se transforme en purée de patates sur les quais. On pourra aussi demander aux évacués si la fumée s’était dissipée effectivement en moins de 30 secondes lors des événements. J’en doute.

    Au complexe Desjardins, dont l’espace public fait quelques 300 à 400m de long et est ouvert sur 6 étages, l’air était encore bleuté après une heure… j’y étais.

    Au delà de ces considérations, il est facile à posteriori de dire qu’un incident était sans graves conséquences. Mais les plans de crise des organisations ne fonctionnent pas ainsi. Les protocoles de crise doivent tenir compte de toutes les éventualités jusqu’à ce que des actions aient été prises pour les écarter. Dans le cas d’un fumigène déposé par une personne (et plus encore par un groupe de personnes concertées), cela ne peut être comparé à un bris technique : les objets défectueux n’ont pas de motifs ultérieurs. On les répare et c’est réglé.

    Dans le cas qui nous occupe, au moment de l’incident, il fallait établir que les fumigènes ne servaient pas de diversion à d’autres actes plus graves (métros de Londres et de Moscou, quelqu’un?). Les gestionnaires de crise ont une telle responsabilité. Par ailleurs, on peut penser d’autres éventualités moins catastrophiques qu’une évacuation permet de prévenir dans une telle situation : agressions ou vols à la tire à la faveur de la faible visibilité, crises de paniques ou autres malaises, bousculades…

    Penser que l’on devait reprendre le service après quelques minutes cette journée-là relève de l’irresponsabilité. Lier la réaction de la STM à une machination gouvernementale, du romantisme conspirationnel sans fondement.

    _MlleB
    (Fille et petite fille d’anciens employés du métro de Montréal, détentrice d’une formation en gestion de crise…et en faveur du mouvement étudiant.)

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