Français : l’insulte de Kovalev

 

La question du fait d’apprendre le français pour les joueurs du Canadien venant d’un peu partout dans le monde a toujours été houleuse. Pour ceux qui refusaient de faire le pas (la grande majorité, mais il était surtout question des vedettes qui sont restées longtemps ici) je me souviens que plusieurs prenaient leurs défenses avec toutes sortes de raison, la plus populaire étant que le français est difficile à apprendre et que, de toute façon, l’anglais est la langue de travail…

On apprend que, Alexei Kovalev (Alekseï Viatcheslavovitch Kovaliov), l’ancien joueur vedette du Canadien de Montréal a avoué profiter de son passage en Suisse, où il y sera pour s’entraîner durant quelque temps, pour apprendre le français. C’est plutôt ironique de lire ça quand le gars a joué quatre saisons complètes à Montréal. Ça démontre tout à fait la santé du français dans la métropole…

Si on regarde la Suisse, au niveau de la population, on se rend compte qu’elle avoisine les 8 millions de têtes de pipes, tout comme le Québec. Donc, c’est assez facile de comparer. Alors qu’ici les francophones comptent pour environ 80% de la population, les Suisses francophones sont 20% et des poussières. Cherchez l’erreur…

Ça donne l’impression que 20% d’un pays (ce que le Québec n’est pas, s’il faut le rappeler), ça pèse vraiment plus dans la balance que 80% d’une province. Pour comparer des pommes avec des pommes, quand même, le Canada compte plus de francophones que la Suisse, avec environ 22%. C’est quoi le problème?

Certains se diront que c’est trop facile et même trop hasardeux de tenter un pronostic linguistique avec ce seul exemple. J’en conviens. Mais je pense tout de même que cela est éclairant au niveau de la perception internationale. Nous avons l’exemple type d’un vrai citoyen du monde qui par ses décisions nous en apprend un peu plus sur nous-mêmes, enfin, surtout sur les « fans », dont je ne suis pas.

Ce que je pense, c’est que s’il avait senti de la pression de la part de ceux qui ont le CH tatoué sur le coeur, il se serait mis au français assez rapidement. S’il avait senti que c’était important d’apprendre le français pour toutes les raisons que l’on peut imaginer, aujourd’hui il le parlerait très bien.

Alors, j’avoue ici que mon titre est un peu erroné. L’insulte ne vient pas tellement de lui, mais bien plutôt de l’aplatventrisme que révèlent ses décisions. Oui, c’est insultant, mais c’est surtout la vérité qui choque. Dans l’optique où le hockey est quasiment une religion pour les Québécois francophones, nous sommes loin d’être comme les résistants gaulois devant l’Empire romain. Et le français, c’est loin d’être une religion pour nous…

Peut-être qu’il faudra attendre d’être 20% pour se réveiller.

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