Français au Québec : langue officielle mon oeil!

 

Petite anecdote. J’habite Ste-Thérèse, une petite ville de la couronne nord où je suis revenu, après une escapade montréalaise de plus de 15 ans. Je me promenais dans un parc le jour de Noël 2011 en compagnie de ma conjointe (nous ne sommes pas mariés) et de notre fille de 3 ans, la traînant dans une luge.

À l’approche d’une dame et de son petit chien, j’ai dit à ma fille, assez fort : regarde le petit chien! La dame s’approche, lâche son chien qui accourt vers ma fille, et elle lance un commentaire en anglais en lien avec son chien et les enfants. Comme tout bon Québécois qui se respecte, nous avons répondu à son commentaire, que nous avons très bien compris, mais en français. Devant son silence qui nous démontrait très bien son incapacité, du moins, à nous répondre dans la langue de la majorité québécoise, nous sommes partis sans demander notre reste…

Tant qu’à être dans les anecdotes, Mathieu Bock-Côté publiait très récemment sur son profil Facebook ce fait vécu :

 

Hier, à la place Alexis Nihon.

Moi – Je prendrai des amandes, et un jus d’orange.

Le vendeur de 73 ans (en anglais) – 3,73$

Moi – Pardon ?

Lui (toujours en anglais) – 3,73$

Moi – Pardon ?

Lui – Oh ! vous voulez vous faire servir en français ?

Moi – C’est élémentaire, non ?

Lui – C’est rare les Québécois qui exigent d’être servis en français.

 

Je peux presque comprendre les rires gras, le dénigrement et le je-m’en-foutisme devant les réactions virulentes à la suite de la nomination de Randy Cunneyworth comme entraîneur du Canadien de Montréal (même si tout ça me fait rire très jaune), mais ici, on ne peut absolument pas faire passer quelconque intérêt devant la survivance du fait français au Québec, à moins d’être tout bonnement contre. Et si la description de ces deux situations vous glisse comme sur le dos d’un canard, assumez, vous êtes contre!

S’il est normal pour un commerçant de servir tous ses clients en anglais au Québec et s’il est possible pour une dame qui ne parle pas français de s’installer dans une petite ville très majoritairement francophone sans avoir besoin de l’apprendre, c’est qu’il y a un problème. Mais bon, c’est bien certain que ce problème n’existe tout simplement pas pour certains, comme en fait foi cette lettre d’un dénommé Michel Magnant, publiée sur le site du journal Le Devoir :

 

La loi 101 a rendu la souveraineté redondante.

L’objectif fondamental du mouvement souverainiste était de se séparer pour protéger la langue française et la culture québécoise. Or ces deux objectifs ont été atteints en très grande partie grâce à la loi 101. Nos institutions sont essentiellement francophones, l’économie est largement passée aux mains des Québécois, nos grandes firmes de haute technologie et d’ingénierie sont québécoises et en bout de ligne le français est devenu absolument la langue officielle du Québec, même pour les fédéralistes. Dans cette foulée la majorité des Québécois ne croit plus qu’il faille faire la souveraineté pour sauvegarder ce qui l’est déjà!

 

Je n’aurais même pas été surpris de lire dans ce texte que la corruption et la collusion n’existent pas au Québec…

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7 réponses à Français au Québec : langue officielle mon oeil!

  1. Lawrence dit :

    Cette histoire me rappelle étrangement un cas que j’ai déjà vu dans le quartier Limoilou à Québec que l’on peut reconnaître comme un quartier entièrement francophone, où il y a une tabagie dont le propriétaire d’origine asiatique ne parle pas un traître mot de français alors que ses enfants parlent très bien le français.

    Une femme tentait bien que difficilement à lui parler en anglais pour essayer de se faire comprendre, et lui n’a jamais fait le moindre effort pour essayer de la comprendre et de lui parler en français.

  2. Shilvi dit :

    Je travaille dans un cégep francophone où les jeunes se parlent entre eux en anglais.
    Le Centre Fairview Pointe-Claire regorge de jeunes employés encore aux études qui parlent un français de base avec un gros accent. Comment se fait-il qu’un jeune de 18-20 qui vit sur l’île de Montréal ait tant de difficulté à s’exprimer en français et peut occuper un emploi sans problème? Loi 101 mon oeil. Il y a encore trop de jeunes qui fréquentent l’école primaire / secondaire anglaise et qui ne le devraient pas.
    Et dire qu’on parle de fermer ke Cégep Gérald-Godin, seul cégep francophone de l’ouest de l’île.
    Il y a encore tant à faire! Je suis découragée parfois.

  3. JP Québec dit :

    Notre problème concernant la langue française est un problème politique qui démontre bien que le concept de 2 langues officielles ne peut coexister. Le fédéraliste anglophone québécois vit au Canada et il ignore la nation française que nous sommes et dans laquelle il est. Seule, l’indépendance du Québec pourra résoudre la problématique liée à notre langue française.

  4. On pourrait faire un site de compilation d’exemples comme ceux que j’ai mis dans mon billet et ceux que vous apportez en commentaires, mais le problème restera toujours le je-m’en-foutisme d’un trop grand nombre de nos concitoyens…

  5. Yves Morin dit :

    Ayant été un militant de la première heure en faveur de la loi 101 et ayant aussi participé à la  »francisation » d’entreprises (et ce même en 1993….) J’ai quitté le Québec en 1997 (et malheureusement délaissé mes racines et ma culture,) pour la famille et le boulot; laissant derrière moi un pays et sa métropole Montréal offrant un visage beaucoup plus français, tout en étant ouvert aux communautés et langues étrangères.
    Lors de mes retours au Québec, j’ai remarqué à chaque fois de plus en plus de bannières:  »Future Shop »,  »Best Buy »  »Home Depot » pour n’en nommer que quelques unes au hasard, ne comportant nulle part, en gros ou petits caractères de traduction de ce qu’ils sont, ou de ce qu’ils font dans leur raison sociale. Ce sont pourtant des slogans et activités par lesquels ils se décrivent, non? Je constate qu’il s’agit d’une  »déferlante » d’origine américaine et de ses sociétés cette fois-ci.
    Nous faisions au départ une exception pour les sociétés utilisant comme raison sociale les noms de famille de ou des actionnaires, propriétaires, en toutes langues si ma mémoire ne me fait pas défaut et maintenant… »My name is Home Sense » ??? C’est quoi, un  »homme sensé » comportant des typos comme il m’arrive d’en commettre?

    Pour ajouter aux exemples et anecdotes de départ; à mon retour, je suis revenu habiter l’arrondissement de Chomedey à Laval. Devant m’entraîner de façon intensive afin de maintenir ma mobilité, je me suis rendu au gymnase le plus près, soit le:  »Life Style Gym: The fitness club ». Je me suis adressé au propriétaire afin de recueillir les informations sur leurs services et tarifs. Ce dernier a été incapable de m’informer en français. En  »bon québécois » j’ai  »switché » à l’anglais et lui dit qu’il serait essentiel ayant sa place d’affaires au Québec, d’offrir un service en français. J’ai eu droit à un grand sourire pour toute réponse. Sympa, non?
    Chemin faisant sur le boulevard Labelle, artère principale de Chomedey, Laval, je me suis arrêté à quelques endroits pour bouffer ou faire quelques achats. Trois fois sur quatre, je me suis fait saluer ou demander ce que je désirais en anglais, et en réponse à mon français, la personne n’était pas en mesure de formuler une phrase dans ma langue de manière cohérente et compréhensible.

    Je vis actuellement dans l’arrondissement du  »Vieux Ste-Rose », toujours à Laval, où (et à seulement 4 kilomètres de Chomedey,) nous saluons et accueillons les touristes dans la langue de Molière bien entendu, avec un grand sourire…aussi! Mais pour combien de temps? Je sens une fragilité ici aussi et une urgence, dans ce petit espace francophone.
    Qu’est-il arrivé en si peu de temps de plus que l’avènement Harper/Charest, des saisons étranges et des ponts et chaussés qui s’écroulent? Faites plaisir à un  »ex-pat » en m’expliquant le retour en arrière si autres raisons que le fric et les 2 lurons qui assurent actuellement la gouvernance.

    Que 2012 nous inspire une implication citoyenne face à ce défi de taille ainsi que des solutions rapides et efficaces. Je veux en être! Mes salutations à tous les collaborateurs et lecteurs du  »Globe; regard citoyen ».

  6. J’avais beaucoup cette attitude de je-m’en-foutisme auparavant, étant content de devenir meilleur dans une langue seconde.

    Ces temps-ci, je me rends compte que ça devient plate. Si je reçois des soins quelconques, je veux comprendre très clairement qu’est-ce qu’on me dit sur ma santé. J’aime mieux qu’ils me parlent en anglais parce que leur français laisse trop à désirer.

    Être capable de s’en sortir au québec sans le français, elle est bonne. J’ai porté plainte contre une compagnie dans l’ouest de l’Île qui existe seulement en anglais, ne met aucun enseigne sur son bâtiment et n’engage aucun « canadiens-français », tout ça pour se sauver de la loi 101 et continuer à nous ignorer. Je dis ça d’expérience car j’ai un ami anglophone qui a travaillé là dernièrement. C’est pathétique.

    C’est des situations comme ça que je me rends compte que je faisais rien, et que je fais encore peu pour contribuer au renforcement du français. Cette compagnie par exemple, mérite une belle petite facture.

  7. C’est encourageant ce commentaire Nicolas! 🙂

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