Expulsé du conseil municipal à cause de sa tenue vestimentaire

Hier, le conseiller Alex Norris s’est fait expulser du conseil municipal pour une tenue vestimentaire jugée non conforme.

Photo : Facebook d'Alexander Norris

Photo : Facebook d’Alexander Norris

Sur son compte Facebook, il raconte :

J’ai bien essayé d’expliquer au président Frantz Benjamin et au maire Coderre que, à cause de fractures au pouce et au poignet subies lors d’un accident de vélo et suite à une procédure médicale que l’on m’a administrée aujourd’hui (une tige métallique de 2 pouces et demi a été extraite de ma main), il me serait extrêmement douloureux de mettre une chemise à manches longues ou un veston et qu’il m’est carrément impossible de nouer une cravate ou de fermer une fermeture éclair.

Décorum

La raison qu’on invoque, c’est le « décorum », cette règle non écrite qui dit qu’on se doit d’être « bien mis » quand on assiste au conseil municipal. Donc, pour les hommes : le classique complet-cravate.

On peut être d’accord ou pas avec cette règle, mais ce n’est pas le point que je veux soulever ici. Ce qui m’est venu tout de suite à l’esprit quand j’ai lu cette histoire, c’est le fait que Denis Coderre était un grand pourfendeur de la charte du PQ, qui voulait interdire les signes religieux pour les employés de l’État. Il disait même qu’il irait devant les tribunaux si ça passait.

Donc, Denis Coderre se pétait les bretelles d’être inclusif. On voit ici que pour lui cette valeur est à géométrie variable. Oui aux motifs religieux, non aux motifs de santé! Inclusif un jour, exclusif l’autre jour.

Électoralisme

Perso, au-delà de mon opinion sur la neutralité représentative des employés de l’État, en essayant de suivre le raisonnement de Coderre, je ne vois pas en quoi une règle laïque serait moins importante qu’une règle de décorum. Mais ce que ça me dit surtout, c’est que la valeur la plus importante pour Denis Coderre, c’est l’électoralisme.

Sa position sur la charte, un projet des « séparatistes », c’était de l’électoralisme fédéraliste. Mais surtout, en prenant position contre, il faisait plaisir à une grosse partie de l’électorat montréalais puisqu’à Montréal l’appui au projet était minoritaire.

Et là, en faisait preuve d’intransigeance envers Alex Norris au conseil municipal, encore de l’électoralisme, puisque ce conseiller n’est pas dans le bon parti… Si ç’avait été un conseiller de son équipe, on se doute bien qu’il aurait été beaucoup plus conciliant. Mais on ne le saura jamais.

Si un autre cas du genre se présentait dans son équipe, il n’aurait pas le choix d’aller dans la même direction. Et il faut quand même spécifier que Frantz Benjamin, le président du conseil, qui avait « officiellement » le gros bout du bâton dans cette histoire, fait partie de l’équipe Denis Coderre…

Les droits de la personne

Si j’étais Alex Norris et que j’avais un peu d’énergie en réserve (malgré mon accident), c’est le chemin des plaintes et des tribunaux que je prendrais. On verrait bien si cette règle non écrite de décorum tiendrait la route devant la Commission des droits de la personne, surtout avec une raison béton comme celle des conséquences physiques fâcheuses à la suite d’un accident, qui est une raison de force majeure.

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Pensez-vous qu’on a eu raison d’expulser Alex Norris du conseil municipal?

 

 

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3 réponses à Expulsé du conseil municipal à cause de sa tenue vestimentaire

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