Être ou ne pas être dans la grande famille fédéraliste?

La création d’un nouveau parti souverainiste par Jean-Martin Aussant semble avoir secoué quelques statuquoïstes qui, sur Twitter, se sont mis sur leur 36. Qui de l’un annonce sans crier gare que les indépendantistes perdent leur temps, qui de l’autre pointe les deux victoires du camp Non pour tenter à sa manière de mettre le dernier clou dans le projet. Coudonc, personne ne m’avait averti que c’était un 2 de 3!

Alors, si la mauvaise foi ressort autant du côté des à-plat-ventristes du statu quo, serait-ce que le projet de souveraineté fait de plus en plus peur?

Un autre a désigné que c’est un vieux débat, et donc qu’il n’est plus actuel, et donc qu’il n’est plus digne d’intérêt pour cette raison. Pourtant, ce débat ne concerne pas seulement les souverainistes (et son cousin synonymique, l’indépendantiste, et l’épouvantable épouvantail séparatiste), mais bien aussi les fédéralistes. Et le fédéralisme ne date pas d’hier ni d’avant-hier… Mais bon, d’aucuns de ces négateurs de liberté de penser la réalité autrement n’accepteront d’emblée de se voir classé dans la grande famille fédéraliste. Le problème, c’est qu’il n’y a pas d’entre-deux : on se satisfait d’un statut de province dans le Canada ou non, et quand on se satisfait d’un statut de province dans le Canada, on est dans la grande famille fédéraliste.

Et il y a plusieurs raisons de vouloir rester dans le Canada. Un de mes interlocuteurs m’a sorti une de ces raisons de son chapeau. Elle m’a surpris sur le coup, mais elle me semble après coup très représentative. Il ne veut pas que sa « femme » anglophone ne soit plus chez elle dans un Québec souverain. Je crois que ce motif fédéraliste se décline en une palette éclatante!

Tu as des amis anglophones et tu ne veux pas leur faire de peine. Tu es ouvert d’esprit bien plus que la moyenne et tu ne veux pas faire de peine aux immigrants qui choisissent comme langage commun l’anglais. Tu parles toi-même anglais et tu ne veux pas faire de peine à cette partie de toi… Etc. Je crois que vous avez compris la mécanique…

Ce qui me sidère avec tout ça, c’est que le projet souverainiste est inclusif en soi. Même pas besoin de forcer pour ceux qui veulent s’y exclure, ils sont bien capables tout seul. Et, pour rester dans la logique de ne pas se sentir chez soi, est-ce que le fait que je ne me sente pas chez moi dans le Canada, comme beaucoup d’autres, est moins important? Poser la question, c’est bien sûr y répondre.

Et je ne pourrais terminer sans parler un peu du nouveau parti de Jean-Martin Aussant, Option nationale. Je me dis que si le PQ s’effondre parce qu’il a à sa tête Pauline Marois et que François Legault a créé finalement son parti, cela fera sans doute un bon parti où regrouper l’avenir du mouvement souverainiste.

 

(Photo : calipseo)

 

 

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5 réponses à Être ou ne pas être dans la grande famille fédéraliste?

  1. reblochon dit :

    Les fédéralistes font une fuite en avant, sur le long terme ils ne pourront pas gagner. Si ce n’est pas le Québec, se sera une autre province qui un jour dira au revoir au plusse meilleur pays du monde.

  2. gillac dit :

    Au-delà de toutes les théories et cies, je ne peux m’empêcher de constater qu’à ma connaissance, aucun de mes 2 enfants ni de mes 27 neveux et nièces agés entre 20 et 40 ans ne semblent manifester d’engouement envers la souveraineté. La pluspart sont lourdement endettés, plus de la moitié n’ont pas de sécurité d’emploi et une majorité semble s’intéresser davantage à ce qui se passe dans le monde. Il me semble que s’il y avait un courant significatif (pas monter de 2%) dans un sondage, ça se saurait. À ma connaissance, le Sud Soudan qui vient de se donner un pays indépendant a réussi à rallier 90% de son peuple. Ceci dit , vouloir convaincre que par notre langue, notre culture et nos valeurs nous formon un peuple qui sera mieux servi en contrôlant ses instruments de développement, c’est juste et bon, mais la route me semble fort longue.

  3. Reblochon,

    on l’espère, parce que les Québécois sont parfois tellement suiveux…

    Gillac,

    c’est quand même incroyable comment ta famille n’est pas représentative de la population québécoise. Le pourcentage de souverainistes avoisine toujours les 40%…

  4. gillac dit :

    @Renart
    Si une firme de sondage m’appelle à la maison et me demande si j’aime la BMW, ma réponse serait oui. Est-ce que j’en acheterait une, ma réponse serait non. J’estime que 80% de mes amis se disent souverainistes de coeur mais j’en connais très peu qui sont disposés à passer à l’action et aucun qui actuellement consacre temps et argent pour y arriver. Quant à ma famille, je dis juste qu’il n’y a pas d’engouement et que ce sujet n’apparait plus dans nos réunions de famille. Je dis juste que l’indépendance pour réussir doit être plus qu’un concept intellectuellement emballant ou une saute d’humeur. Le chiffre de 40% est pour moi une grande illusion.

  5. Rien pour produire de l’espoir chez moi dans ce commentaire…

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