Élections 2014 – Si l’économie vous intéresse, contrairement au PLQ…

Si les derniers sondages disent vrai, nous nous dirigeons vers un gouvernement libéral majoritaire. Donc, ce gouvernement péquiste minoritaire n’aura été qu’une courte pause d’un long règne libéral…

Dans un contexte politique québécois où même une troisième voie comme la CAQ est loin du peloton de tête des intentions de vote, c’est le bipartisme qui règne au niveau de la prise de pouvoir, quoi qu’en pensent les rêveurs : la dynamique électorale provinciale est sclérosée comparée à la dynamique fédérale où on a connu une vague orange après un règne bloquiste qui, en soi, était plutôt étrange. Et, s’il faut le rappeler, au niveau historique, ce bipartisme est ce qui colore notre vie politique provinciale depuis belle lurette.

Donc, ce texte fera abstraction, et des tiers partis, et de leur immuable électorat pour se concentrer sur le bilan économique des deux principaux partis, soit le PQ et le PLQ. Abstraction aussi de l’idée de restructuration du système économique puisque ce n’est pas une priorité, ni pour l’électorat, ni pour ces deux partis.

En janvier dernier, Stéphane Gobeil publiait le résultat de ses recherches quant à la performance économique du Parti libéral, celui-là même qui nous a martelé le mot « économie » durant ses campagnes électorales. En gros, après avoir comparé neuf années de gouvernance péquiste et neuf années de gouvernance libérale, il arrive à la conclusion que le Québec s’est beaucoup mieux porté avec le PQ :

– Le parti sous lequel la croissance économique a été la plus forte: le Parti Québécois

– Le parti sous lequel les Québécois se sont le plus enrichis: le Parti Québécois

– Le parti sous lequel le chômage a le plus reculé: le Parti Québécois

– Le parti sous lequel il s’est créé le plus d’emplois: le Parti Québécois

– Le parti sous lequel le nombre de prestataires d’aide sociale a le plus diminué: le Parti Québécois

Maintenant, parlons de la dette québécoise. Comme le montre le tableau suivant, elle a explosé depuis que les libéraux sont au pouvoir.

dette nette Quebec

Donc, le long terme nous montre que le Parti libéral est nocif pour le Québec. Mais à court terme, on a tenté de démontrer que le PQ, minoritaire, s’il faut le rappeler, a aussi été nocif, surtout au niveau de l’emploi, comme si le politique était essentiel à la création d’emploi… Pourtant, si on joue le jeu de gratifier les partis politiques au pouvoir pour les gains du marché de l’emploi, le PLQ est encore perdant à court terme.

Selon l’Institut de la statistique du Québec, « Le marché québécois de l’emploi a progressé de 1,2 % (+ 47 800) en 2013, comparativement à 0,8 % (+ 30 800) en 2012. » Rappelons que le PQ est en poste depuis septembre 2012.

D’ailleurs, toujours au niveau de l’emploi, Gérald Fillion soulignait dernièrement à Radio-Canada que le Québec a été le champion canadien de la création d’emploi (avec à sa tête un parti souverainiste que l’on soupçonnait déjà de vouloir organiser un référendum pour la souveraineté un jour, ce qui, selon la pensée magique fédéraliste, devrait faire fuir les investissements…) :

« Depuis 6 mois, ce sont le Québec et l’Alberta qui soutiennent le marché de l’emploi »

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Ce que tout cela démontre, c’est que le PLQ est soit un cancre économique, soit malchanceux. Mais s’il n’est pas un cancre économique, j’ai de la difficulté à croire qu’il est simplement malchanceux.

Bon, quel est le but premier du PLQ? On le voit très bien avec cette campagne. Garder le Québec dans le Canada. Pensez-vous vraiment qu’un Québec hautement plus prospère qu’il ne l’est en ce moment serait une bonne chose pour les fédéralistes? Pas vraiment, la peur économique est le moteur de leur argumentaire pour garder une bonne proportion de francophones de leur côté : plus on chiale que le Québec est pauvre, plus le Canada est gagnant dans le coeur des gens influençables.

Ça fonctionne aussi avec les anglophones, mais c’est moins essentiel puisque le PLQ est surtout le lobby linguistique des anglophones. Économiquement, ce parti pourrait faire en sorte que l’on se rende jusqu’à pire que la Grèce et nos bons amis anglophones (et leurs collabos issus de l’immigration) voteraient toujours pour eux. La preuve, dans les dernières années, le PLQ a fait la manchette pour plus d’histoires louches qu’il n’en faudrait pour qu’ils soient éradiqués de la carte électorale à cette élection, et pourtant leur vote massif est toujours au rendez-vous.

Que ce soit du sabotage économique, de l’amateurisme, de la malchance ou un mélange des trois, en tout cas, ça les sert plutôt bien. La peur d’un référendum, nourri par la peur économique, fait oublier leur bilan économique épeurant.

C’est bien pratique.

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