Élections 2014 – La peur d’un référendum pour les nuls

Non_au_référendum_1995
On le voit, la carte principale de Philippe Couillard pour gagner des votes est de brandir la réalité d’un référendum sur la souveraineté dans le cas d’un gouvernement majoritaire péquiste. Et s’il l’utilise, c’est bien parce qu’il sait que ça fonctionne.

Mais pourquoi ça fonctionne? Pourquoi quelque chose d’immensément démocratique comme un référendum sert d’épouvantail dans un processus démocratique? Surtout, pourquoi cet hypothétique référendum fait si peur aujourd’hui alors que le dernier remonte à pas loin de 20 ans?

Une partie de la réponse se trouve dans le temps, justement. Les fédéralistes savent bien que la question constitutionnelle ne peut pas dormir à jamais et qu’elle devra se réveiller un jour. Philippe Couillard en a peut-être donné lui-même la preuve en remettant sur la table la question de la signature de la constitution canadienne par le Québec. Pourtant, rien n’indiquait que le PQ était en mode référendaire, ce qui est d’ailleurs une forte critique que beaucoup d’indépendantistes lui font. (Stratégiquement, le PQ joue la carte de la gouvernance, parce qu’il sait justement que la peur d’un référendum existe et qu’elle est sournoise : son but, bien que discutable pour beaucoup de gens, est de promouvoir la souveraineté indirectement par une gouvernance qui plaira à la majorité.)

Pour dire vrai, le PLQ est tellement dans la tourmente au niveau éthique à cause de la Commission Charbonneau qu’il lui faut le plus possible le faire oublier durant cette élection. Sans oublier Porter et la période arabique dans le placard de son chef… J’en viens même à penser que Philippe Couillard préparait sa carte référendaire pour les élections qui allaient arriver plus tôt que tard en remettant sur la table la question de la signature de la constitution canadienne par le Québec. Ce qui, bien sûr, allait faire réagir les souverainistes et remettre dans le débat public la question constitutionnelle, et par ricochet, le référendum. Si cela s’avérait, nous serions visiblement devant un très bon coup stratégique, même si le résultat est exécrable et fait en sorte que cette campagne relaye les programmes des partis à un rôle de figurant…

Pour ce qui est des citoyens simplement fédéralistes, ou même encore plus bas, les statuquoïstes, cette peur d’un référendum s’explique partiellement par le fait de la mémoire historique, pour ceux qui en sont capables. Il est bien difficile de faire abstraction du fait que le référendum de 1995 a été perdu de peu pour les indépendantistes et officieusement gagné en regard de la tricherie électorale, ce qui est bien documenté, mais qui n’a pas eu de suite. Donc, ceux qui ajustent leur vote en conséquence de la possibilité d’un référendum ont simplement une peur bleue qu’il soit officiellement gagnant cette fois-là, parce que ça serait très surprenant que les fédéralistes puissent refaire les mêmes coups une prochaine fois.

Alors nous nous retrouvons devant la grande possibilité de mettre des crosseurs au pouvoir par peur de la démocratie…

Ajout :

J’ajoute ici un de mes statuts Facebook qui complète bien ce billet :

« On commence à le savoir, les fédéralistes ont peur d’un référendum.

Mais j’en ai lu quelques-uns qui disaient : vous ne l’aurez jamais votre pays!

C’est carrément du bluff.

Faire élire le PLQ pour qu’il n’y ait jamais de référendum sur la souveraineté (entre 30 et 40 % du vote) c’est tellement plus facile que d’empêcher une victoire référendaire pour les indépendantistes (plus de 50 % du vote).

Vu de même, ce sont les fédéralistes qui sont sur la défensive. Et gagner un combat en étant toujours sur la défensive, c’est loin d’être évident à long terme.

Y’a de l’espoir. »

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