Éducation sexuelle : un enseignant suspendu pour avoir fait son travail

Un très bon ami à moi est enseignant au secondaire. Cinquième secondaire pour être précis. Depuis très longtemps. Et depuis qu’il m’en parle, je ne peux plus douter qu’il est excellent, consciencieux et ayant très à coeur la réussite de ses élèves. Pourtant, il y a quelques jours, il m’a annoncé qu’il allait être suspendu trois jours par le directeur de son école. La raison : il a distribué des documents traitant de la sexualité à ses jeunes.

La majorité des textes proviennent du site Français CareVox « Partageons l’Info Santé ». Un article sur le fait que le Brésil autorise maintenant la masturbation sur les lieux de travail. Un article au sujet d’un livre de Hilda Hutcherson, gynécologue et obstréticienne : « Le guide du plaisir : Manuel pratique du sexe à l’usage des femmes… DE TOUTES LES FEMMES ». Un article sur le problème de la dépendance sexuelle, ainsi qu’un autre sur Cyberpresse traitant du même sujet. Un article paru sur le site de CNN, malheureusement indisponible en ce moment, relatant une étude parue dans « The Journal of Sexual Medecine », qui arrive à la conclusion que la durée optimale d’une relation sexuelle est de 3 à 13 minutes (selon une autre étude, le temps moyen d’une relation serait de 7.3 minutes). Donc, que la clé d’une vie sexuelle satisfaisante est l’endurance (selon les thérapeutes impliqués dans la première étude, une relation durant de 1 à 2 minutes serait trop courte). Aussi, trois textes aux titres très révélateurs : « Mythes sur ce que les femmes veulent vraiment au lit », « Sexe : Dix bonnes et étonnantes raisons de faire l’amour » et « Sexe : 10 choses que les femmes aiment… ».

Sans conteste, des textes écrits par des professionnels, sérieux et utiles pour aider les jeunes dans le contexte de l’hypersexualisation et de la pornographie très accessible (et qui tient malheureusement trop lieu d’éducation sexuelle, par défaut). Rien de déplacé, à moins bien sûr d’avoir un blocage sur tout ce qui touche à la sexualité. Et, de toute manière, mon ami ne faisait que son devoir, puisqu’avec la Réforme de l’éducation, selon un document du Ministère datant de 2003, « l’éducation à la sexualité ne relève maintenant plus d’une seule matière ou d’un seul intervenant, mais devient la responsabilité d’un ensemble de partenaires. » C’est-à-dire les parents, « le personnel enseignant, le personnel professionnel et le personnel de soutien des réseaux de l’éducation et de la santé et des services sociaux » :


Actuellement, l’éducation sexuelle au secondaire est censée être faite par l’ensemble des professeurs, à travers l’enseignement de leurs matières régulières, une formule plus ou moins efficace, selon les intervenants du milieu.

 

« Plus ou moins efficace » semble ici une formule peut-être trop optimiste. Il semble plutôt que tout ce beau monde se soit lancé la patate chaude puisque, comme me le disait mon ami, la grande majorité de ses élèves (de secondaire cinq, il ne faut pas l’oublier) ont avoué ne jamais avoir entendu parler de sexualité dans leurs autres cours (à part dans leur cours de biologie — où l’accent n’est vraiment pas mis sur le relationnel…). Il est là le problème.

Et pour sa démarche (et pour sa défense on s’en doute!), il s’est inspiré entre autres de deux articles parus en 2010 sur Cyberpresse, un sur une mobilisation demandant le retour des cours d’éducation sexuelle et l’autre (d’où la citation précédente est tirée) sur l’annonce de Québec de les réintégrer. Ce qui n’est pas encore fait en 2011… Et on lui reproche d’avoir fait simplement son travail en attendant que le Ministère de l’Éducation se décide à le donner à d’autres!

Pour l’instant, il y a un flou autour de la ou des raisons précises de cette suspension. Peut-être une partie de texte ou l’ensemble, la direction qu’il prend en proposant ce corpus. Même des pressions de parents serait dans le domaine du possible. Ce n’est vraiment pas clair. Lui et moi avons bien quelques idées là-dessus, mais il serait trop hasardeux de les soulever ici. D’autant plus que cette histoire n’en est pas encore à son dénouement, loin de là.

Mais avant de vous quitter, il faut que je vous dise que mon ami se fout des trois jours de salaire qu’il pourra perdre, c’est pour le principe qu’il se bat.

(Photo : haleynealphotography)

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36 réponses à Éducation sexuelle : un enseignant suspendu pour avoir fait son travail

  1. Hugo Beaulieu dit :

    Je croyais que ce genre de nouvelles n’arrivait qu’aux États-Unis, genre en Utah. Je suis outré. Puis il enseigne en secondaire 5… Ridicule.

  2. vieux bandit dit :

    Navrant, et le mot est très faible.

    Mon Coco s’en va en troisième secondaire et personne à l’école ne lui a jamais parlé de sexualité (enfin… sauf ses camarades, on s’entend!). Évidemment, il préfère poser toutes ses questions à sa belle-mère (moi) plutôt qu’à ses parents… et je réponds. À tout, tout le temps, depuis longtemps (et souvent trop longuement). Parce qu’il faut bien que quelqu’un le fasse, et qu’au moins lui… il m’a. Il obtient des réponses venues d’un adulte qui l’aime et le respecte. Ce qui m’inquiète c’est… tous les autres.

    La fameuse banane sur laquelle le condom a été déroulé plein de fois durant mon parcours scolaire? Mon Coco ne l’a jamais vue en classe. Or, savoir mettre un condom, pour un gars de 14 ans grand comme un adulte… j’sais pas, hein… me semble que c’est uniquement, complètement, sans doute aucun une BONNE chose pour tous: le gars, sa blonde, leurs parents, la société au complet!

  3. Pendant ce temps, l’armée est accueillie à bras ouverts par les polyvalentes.

    Faites la guerre et non l’amour…

  4. Les fémi-favoritistes et les maqueuelinistes catho-fascistes sont conjointement et solidairement en train de castrer les étudiants avec leur répression sexuelle à la con.

    Et je seconde le Mouton Marron.

  5. Hugo,

    déprimant en effet…

    vieuxbandit,

    il est vraiment très chanceux ce jeune de t’avoir! Il sera sans doute plus équilibré que les autres avec sa relation avec la sexualité…

    Mouton Marron,

    ça dit tout!

    David Gendron,

    je ne vois pas trop le lien avec les fémitrucs et les maqueuechose… Avec les cathos-fascistes, ç’a plus de sens!

  6. Les cathos ont tendance à être maqueuelinistes et les fémi-favoritistes sont de plus en plus portés vers la répression sexuelle.

  7. reblochon dit :

    Comme Mouton Marron.

    Sinon merci pour tous les liens, ma vie de couple va changer !

  8. David Gendron,

    ouin… c’est par ricochet!

    Reblochon,

    hé hé!

  9. gillac dit :

    Désolé mais je pense différemment. Non pas à cause du sujet en cause. Non pas parce que je crois que le ministère fait bien son travail en matière d’éducation à la sexualité. Mon désaccord repose plutôt sur le principe que l’enseignement doit être encadré quant aux connaissances à transmettre. La latitude laissée aux profs doit être sur la pédagogie et non sur les contenus à mon humble avis. Cela n’a rien à voir avec la compétence du prof mais une société ne peut se permettre d’aller dans toutes les directions à moins de croire que l’anarchie est la Solution ultime.

  10. Gillac,

    donc, vivement le retour des cours d’éducation sexuelle!

    Plasmide,

    merci!

  11. vieux bandit dit :

    Gillac, je suis plutôt d’accord avec vous sur le fond, mais si le ministère dit essentiellement « arrangez-vous tous autant que vous êtes* pour faire quelque chose, nous on ne s’en mêle pas sauf pour dire que tous devraient s’en mêler », sans offrir de programme (des organismes à but non lucratif comme celui-ci — http://educsexuellequebec.wordpress.com/ — développement eux-mêmes des programmes pour aider les profs!), alors il est injuste et ridicule de donner tort à un prof qui essaie justement de faire quelque chose, de transmettre au moins des renseignements (ce qui est manifestement plus que le font la plupart de ses collègues…).

    *réaliste, dans un contexte scolaire, non? 🙁

  12. Bonjour!

    Étant sexologue et militante pour que le retour des cours d’éducation à la sexualité à l’école se fassent en collaboration avec les sexologues, je suis d’accord sur plusieurs points énoncés ici.

    Par contre, je trouve qu’il faut amener certaines nuances:

    1) « Ce sont des élèves en 5e secondaire »: D’accord, mais ce n’est pas synonyme « d’adultes avec des années d’expérience et une vie sexuelle active depuis très longtemps ». N’oublions pas qu’en 2011 encore, l’âge moyen de la 1ere relation sexuelle est 16 ans, c’est à dire, en 5e secondaire. De plus, comme semblait l’énoncer votre ami, plusieurs de ces élèves n’ont jamais réellement eu accès à de l’information juste, de qualité, critique, mais surtout, à un espace de discussion à propos de la sexualité à l’école. Il ne faut donc pas prendre pour acquis que parce qu’ils sont relativement « grands », les ados en 5e secondaire « en ont vu d’autres ». Les informations qu’ils détiennent sont très inégales d’unE élève à l’autre.

    2) « Il n’a fait que son travail »: Il est vrai que dans la majorité des écoles et des commissions scolaires, les profs sont laissés à eux-mêmes sur l’éducation à la sexualité qui peut se faire dans le cadre de leur matière. Je ne sais pas dans quel contexte cette distribution a eu lieu, mais s’il n’y a eu aucun contexte, la soulevée de bouclier ne m’étonne absolument pas. Faire de l’éducation à la sexualité ne se termine pas à la distribution d’un texte. Un texte (un seul, pas 12 à la fois) peut être un élément déclencheur pour amorcer une discussion encadrée en classe pour amener les élèves à réfléchir.

    Faire de l’éducation à la sexualité en 2011, c’est, entre autre chose, donne le droit aux jeunes de dire non à entrer dans une vie sexuelle active. En quoi est-ce pertinent de parler de compulsion sexuelle dans ce contexte (autoriser une femme à se masturber au Brésil)? En quoi est-ce pertinent de lancer un texte qui parle de 10 bonnes raisons de faire l’amour alors que ce texte s’adresse à un public adulte (je l’ai lu et le public cible n’est très certainement pas les ados).

    Les ados ne sont pas des adultes. il ne faut donc pas leur donner du matériel qui s’adresse aux adultes en croyant qu’ils vont faire nécessairement la nuance. Il existe une foule de matériel qui s’adresse directement aux ados; il faut utiliser les outils conçus pour eux, à moins de savoir où on s’en va et d’encadrer la rencontre pédagogique.

    Mais bon.Il y a une chose de sûre; il existe plusieurs profs bien intentionnés qui disent vouloir « faire leur job » et qu’ils font au mieux avec leurs connaissances. Mais plusieurs situations comme celles-ci nous démontrent que la bonne volonté est souvent insuffisante pour faire de l’éducation sexuelle auprès des enfants et des adolescentEs. Il faut savoir aborder la sexualité en lien avec le développement psycho-sexuel de l’enfant (donc le connaître), savoir reconnaître à qui on s’adresse, ne pas prendre les enfants et les ados pour ce qu’ils ne sont pas (des adultes ou nos « chums » de bière), être en mesure d’adapter des activités pédagogiques en fonction de l’âge des enfants, ne pas croire que la seule transmission de connaissance consiste en une éducation sexuelle suffisante, amener les jeunes à réfléchir et donc, à faire un peu de philo, respecter les limites de notre groupe et des individus format le groupe (donc savoir les déceler ou déceler le malaise lorsque certains thèmes sont abordés, pour ensuite les désamorcer en groupe ou individuellement, au besoin), etc.

    Si votre ami souhaite aborder la sexualité en incluant le relationnel, je luis suggère le site http://www.educationsensuelle.com où il existe une section pour parents et une pour ado qui a tout à fait pour objectif de contrer les messages inclus dans la porno, mais en ayant la ferme intention de parler de la rencontre sexuelle et érotique. Sinon, la site web du centre des sciences de Montréal où plusieurs outils ont été créés (en collaboration avec des sexologues d’ailleurs) dans le cadre de l’exposition pour ado « Sexe: l’expo qui dit tout »: http://www.centredessciencesdemontreal.com/expositions/sexe-lexpo-qui-dit-tout.html

    Finalement, peut-être proposer à son équipe de direction d’engager unE sexologue pour des ateliers ou des accompagnement durant l’année? En général, ça permet d’éviter quelques dérapages! 😉

  13. Nathalie Lambert, enseignante dit :

    Je trouve cet enseignant très courageux dans sa démarche. Malheureusent!! Car cela ne devrait pas prendre « du courage » pour tenter de guider nos élèves là où besoin est… Finalement, on a le choix de se lancer de toute bonne foi dans notre rôle (non, nous ne sommes pas sexologues, mais nous ne sommes pas non plus scientifiques, spécialistes de la relation d’aide, infirmier, etc. et pourtant nous serions mal vus de ne pas mettre ces chapeaux lorsque le besoin est!) et de risquer se retrouver au coeur d’une tollé, où tout peut aisément faire jaser (qu’est-ce qu’on en sait de quoi retourne, par exemple, le texte « 10 bonnes raisons de faire l’amour »… Peut-être a-t-il pour but de mettre en évidence « les mauvaises raisons » de faire l’amour, telles pression sociale, désir de plaire, etc. Bref, qu’en sait-on!!) OU ne rien faire et risquer de se faire reprocher de ne pas jouer pleinement notre rôle… Engagez des sexologues (Car, de toute évidence, besoin est) OU faites-nous confiance jusqu’au bout!!

  14. @Nathalie: Vous pouvez cliquer le titre des textes pour aller les lire si vous le souhaitez. Pour ce qui est du texte mentionné, il n’aborde pas vraiment les thèmes que vous énumérez.

    J’ai aussi un questionnement: est-ce qu’il y a vraiment des profs qui se sont fait reprocher de ne pas aborder la sexualité dans leurs cours? Personnellement, je n’en ai jamais entendu parler. J’ai entendu que le ministère ne prenait pas ses responsabilités, ou les commissions scolaires, ou les écoles. Mais les profs? C’est vraiment un reproche qu’on vous fait?

    Et pour ce qui est du choix que vous proposez, j’opterais plutôt pour l’embauche de sexologues qui pourraient accompagner les profs dans leur démarche pour ensuite faire confiance aux profs lorsqu’ils abordent la sexualité dans leur classes! 😉

  15. SophieSexologue,

    merci pour votre commentaire.

    Mon ami enseignant, celui en question, a lu le premier et m’a envoyé un long message. Il ne se sent pas à l’aise de venir commenter directement, mais il était d’accord pour que je le copie-colle ici. Voilà :

    « 1) justement la moyenne de l’age d’une première relation sexuelle est de 16 ans, on peut dire approximativement qu’il y en a un bon pourcentage, près de la moitié, qui ont déjà une vie sexuelle relativement active depuis 1 an ou 2 et l’autre portion, qui n’a pas encore eu de relations sexuelles, s’intéresse à la chose avec beaucoup d’intérêt avec les moyens technologiques contemporains. Y-a-t-il eu dans l’histoire une autre génération autant exposée à la sexualité que celle-ci? Ce qui amène parfois une surconsommation de sexe…qui est responsable de nouveaux phénomènes comme l’hypersexualisation (DSK, Tiger Woods ,Arnold)…

    Ce qu’on me reproche, c’est d’avoir donné un cours, et c’était le dernier de l’année. Et le dernier cours de l’année scolaire, on tente de maintenir l’intérêt et on tente de maintenir le taux d’absentéisme à un point qui frôle le point de congélation avec un cours qu’ils ont attendu toute l’année.

    Donc, il ne faut pas aborder le cours de façon trop banale et il faut faire un lien avec l’actualité et l’affaire DSK…Comme amorce percutante de discussion pour parler du phénomène, le texte absurde de la brésilienne semblait utile pour amener l’élève à se poser la question: dans le contexte actuel d’une société qui s’hypersexualise, en sommes-nous rendus comme société à amender des lois pour des cas qui relève de la psychiatrie??

    2) il n’a fait que son travail….oui justement, il s’est inspiré du document officiel de 58 pages du MELS rédigé par une sexologue qui explique de façon bien détaillée certaines approches à employer pour discuter du sujet avec des élèves de cet âge… la sexologue du ministère suggère parfois des pistes de discussion qui semblent potentiellement plus litigieuse.

    Pourquoi cette limite de 1 texte pour un cours de 75 minutes?… 75 minutes de débat et de discussions dans une classe de sec 5 sur un seul sujet?? Le dernier cours de l’année dans une école publique??

    Étant donné qu’à ce temps-là de l’année il faut traiter les sujets un peu plus légèrement, il est tout à fait de mise de parler de sexualité de façon un peu plus décontractée en démythifiant certains aspects de la sexualité comme le conseil le ministère dans son document: «Souvent assujettis à des perceptions stéréotypées, idéalisées et fragmentées à l’égard de la sexualité, les enfants et les adolescents sont à la fois fascinés et intrigués par cet univers. Conscients que toutes ces influences extérieures modulent les représentations et les perceptions de la sexualité, les adultes se doivent de présenter aux jeunes une vision positive de la sexualité humaine. Car, au-delà de l’artifice et du sensationnalisme, la sexualité est au cœur de l’identité sexuelle, de la relation à l’autre, de l’épanouissement et du bien-être d’une personne.
    Dans ce contexte, le premier travail d’éducation sexuelle consiste fréquemment à démythifier certains phénomènes liés à la sexualité. Il faut alors donner l’information nécessaire pour que les élèves puissent comprendre la véritable nature du phénomène en cause et ainsi le resituer dans un contexte plus réaliste et plus humain. Il est essentiel d’aborder franchement la sexualité avec les enfants et les adolescents, tout en les amenant à développer leur jugement, leur sens des responsabilités, leur esprit critique et leur capacité de discernement. En fait, chaque adulte présent dans l’entourage de l’enfant a un rôle concernant l’éducation à la sexualité. Et bien que l’on s’entende pour dire que les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants, les intervenants du milieu scolaire sont également des interlocuteurs significatifs auprès des élèves. Ainsi, il est de la responsabilité des intervenants de mettre en place des situations d’apprentissage dans un contexte formel, où pourront être abordés les sujets en matière de sexualité qui interpellent le plus les enfants et les adolescents ou qui sont susceptibles d’avoir le plus d’effet sur eux, dans l’immédiat ou dans un avenir rapproché. L’objet de l’éducation sexuelle explicite est d’abord de favoriser l’intégration harmonieuse de la dimension sexuelle de la personne tout en considérant les normes de la collectivité.» page 7

    «Bien sûr, il n’est pas toujours facile d’aborder aisément la question de la sexualité. Ainsi, certains enseignants ont le sentiment de manquer de stratégies, de manières de faire. Celles-ci s’acquièrent avec l’expérience, mais elles supposent également une bonne dose de simplicité. De même, il ne faut pas craindre d’innover, d’utiliser des activités pédagogiques différentes, rafraîchissantes, de s’engager dans des discussions animées au lieu d’espérer qu’un exposé magistral répondra à toutes les questions.» page 13

    Donc , en ayant suivi ces balises, je pense bien humblement ne pas avoir franchi la limite de l’inacceptable….c’est bien les conseils sur le dérapage, mais il ne faut pas oublier qu’on est en 2011 et non pas en 1981, la société a évolué… aujourd’hui pour attirer un certain intérêt, même en parlant de sexe, il faut sortir un peu des sentiers battus…là réside le défi….puisque l’argent manque pour faire venir des sexologues compétents à l’enseigner… »

  16. Nathalie Lambert,

    « par exemple, le texte « 10 bonnes raisons de faire l’amour »… Peut-être a-t-il pour but de mettre en évidence « les mauvaises raisons » de faire l’amour, telles pression sociale, désir de plaire, etc. »

    ça tombe sous le sens.

  17. Ce billet est à la fois général et spécifique.

    J’ai soulevé certains questionnements qui sont souvent associés aux craintes liées à l’éducation à la sexualité fait par les enseignantEs de divers horizons.

    Il est tout à fait possible qu’il n’y ait aucune raison justifiée de cette suspension; il est impossible de prendre position sans connaître tous les éléments.

    Mon point (et ça ne veut pas dire qu’il concerne votre ami), c’est qu’il arrive souvent que des personnes, profs ou autres, nous disent « Ça ne me gêne pas moi de parler de sexualité! Je vais en faire dans ma classe » et que c’est fait en oubliant de respecter le rythme du groupe, en essayer d’utiliser des sujets choquants qui créent davantage la réaction que la réflexion. Tant mieux si ce n’est pas le cas de votre ami! 🙂

    Pour ce qui est du retour des cours d’éducation à la sexualité en 2012, je pourrais vous en parler durant des pages et des pages!

    Mais en résumé, est-ce que rédiger un nouveau programme (même s’il est fantasmagorique) en donnant quelques heures de formation à des profs qui n’ont aucune heure de formation dans leur parcours scolaire va vraiment faire en sorte qu’il y ait un « retour » ou même mieux, une réelle intégration de l’éducation à la sexualité dans les écoles?

    Pour faire de l’éducation à la sexualité de façon saine et efficace, ça prend des adultes À L’AISE de parler de sexualité. C’est loin d’être le cas de beaucoup d’adultes et par le fait même, de beaucoup de profs. Plein de profs vont se faire imposer cette matière sans ne l’avoir jamais réellement étudié de façon GLOBALE. On leur donnera 2-3 jours de formation et « hop »; « Allez les amiEs! Faites de l’éducation à la sexualité maintenant! »

    Vous excuserez mon pessimisme là dessus, mais j’ai vu ce qui s’est fait dans le passé, j’ai lu des études sur les démarches à mettre en place pour que l’éducation à la sexualité se fasse de façon efficace, et la démarche que le ministère est en train de mettre en place, on SAIT que ce n’est pas efficace. Des études le disent déjà!

    On SAIT ce qu’il faudrait faire, mais comme le disait Jocelyne (sur l’autre post je crois), c’est politique ce dossier et mettre en place une réelle démarche d’éducation à la sexualité, ça fait peur. Ce n’est pas qu’économique, car former TOUS les enseignants de 4 matières de façon spécifique à leur matière(ce qui est en train de se préparer) vs utiliser quelques ressources supplémentaires (des sexologues) dans une école ou une commission scolaire pour piloter des projets et accompagner des profs, ce n’est pas plus cher: ce serait même plus globale, plus efficace et ça s’ancrerait davantage dans le temps.

    🙂

  18. Nathalie Lambert, enseignante dit :

    En réponse @SophieSexologue
    1. Le texte ne les aborde pas, mais il peut très bien servir de point de départ, « mise en situation » employée par le prof qui, lui, amène le sujet sur un terrain connexe. On fait ça sans arrêt, cela s’appelle « susciter l’intérêt ». 🙂
    2. Pour votre information, eee oui, c’est le cas! (Pas de ne pas aborder la sexualité dans nos cours, mais d’éviter le sujet lorsqu’en tant qu’adultes des plus signifiants dans la vie de ces jeunes, là où nous aurions pu jouer un rôle important, nous avons rapidement bien refermée une porte qui tentait timidement de s’ouvrir…)
    Comme le rappelle la communauté gaie, encore aujourd’hui, pour le jeune qui se questionne sur son orientation, le milieu scolaire n’offre que fort peu de soutien à quelque niveau que ce soit, pas même de modèles auxquels pouvoir s’identifier…
    Bien dommage tout ça… 🙁

  19. Personnellement, mes cours de FPS (ma récréation de la semaine, quand j’étais au secondaire), avaient toujours l’air d’être donné par un prof qui avait perdu, à la courte paille!!! Voir un prof d’Anglais de 50 ans (qui n’avait pas encore passé l’âge mental du pipi-caca, au point où il riait, à chaque fois qu’il devait prononcer des mots comme «cul», «pénis», «vagin», etc.) nous parler de cul et mettre un condom, sur une banane, c’était vachement drôle (non, en fait, c’était hilarant et, le pire, c’est qu’il croyait que l’on riait avec lui), mais je ne suis pas sûr que l’on puisse appeler ça de «l’éducation sexuelle»!!!

    Le plus drôle (et le gars qui était à côté de moi en avait pisser dans ses culottes), c’était en secondaire 1, là où la prof (qui enseignait le Français) nous prenait vraiment pour des cons, au point de nous montrer comment se torcher après avoir été aux toilettes!!! Donc, à 12-13 ans, si tu ne savais pas encore comment te torcher après avoir chier, la prof de FPS faisait un cours là-dessus!!!

    C’était très divertissant!!! Je vous en passe un papier!!! 😀

    Cela dit, je suis d’accord, pour le retour de ces cours!!! Mieux vaut un cours de FPS qui est digne d’un spectacle de l’École nationale de l’humour que pas de cours du tout, à mon avis!!! Comment voulez-vous que l’on fasse de la prévention, sans ces cours-là, hein??? C’est quand on est jeune (4e année du primaire (je crois) à secondaire 5, comme moi j’ai eu ces cours que l’on appelait Formation personnelle et sociale (FPS), dans le temps) que l’on doit être conscientisé, sur ce genre de questions-là, pas à 20 ans, parce que, à 20 ans, je ne connais pas grand monde qui ne l’ont pas déjà fait au moins une fois!!! T’sé veux dire???

    Majoritairement, j’ai vraiment appris des choses, surtout quand des experts venaient nous faire des conférences à l’école, dans le cadre de ce cours!!! Dans ce temps-là, il y avait moins de MTS chez les adolescent(e)s, parce qu’on savait à quoi s’en tenir!!! Ça fait depuis le début que je dis que le gouvernement a erré, en abolissant ces cours-là!!!

    Je crois qu’ils seront de retour, selon ce que j’ai lu, mais j’aimerais mieux que ce soit donné, par des spécialistes qui connaissent ça et qui savent de quoi ils parlent!!! Sinon, l’éducation sexuelle sera la pornographie et les jeunes croiront que c’est ça, l’éducation sexuelle, comme le dit souvent si bien la sexologue-clinicienne Marie-Paul Ross!!!

  20. Léa dit :

    Bonsoir!

    Je me présente, je suis une ancienne élève de ce prof, que de bons souvenirs! Tous les étudiants(e) l’apprécient ÉNORMÉMENT, d’ailleurs il n’est pas rare que ses anciens reviennent le saluer.

    Ce prof se démarque d’une façon assez solide avec le contenu de ses cours ainsi que sa méthode d’enseigner, et je dois dire que ça fonctionne, les élèves veulent apprendre avec lui et par-dessus tout, c’est lui qui ouvre les discussions et les élèves embarquent sans problème, souvent des débats étaient créés et il prenait le temps d’accorder de l’importance à chaque opinion.

    Je me souviens encore qu’il était super gêné d’aborder le sujet de la sexualité, ça se voyait, mais les élèves avaient une méga bonne complicité avec lui et le poussait à donner le cours, parce que OUI les jeunes veulent en apprendre sur le sujet, veulent en parler, que ce soit la base ou sur le côté plus contact humain, mais personne du personnel ne se porte volontaire pour en parler, ils préfèrent ignorer le sujet en espérant que les jeunes apprendront d’eux-mêmes.

    Je crois que la direction a prouvé une fois de plus que notre société n’a pas réellement grand chose d’évoluée, on suit le troupeau et on évite d’essayer de faire changer les choses.Ce n’est qu’une façade lorsqu’on dit que les gens sont ouverts d’esprit de nos jours, ils le sont seulement si tout fait parti des normes, ou du «plan». Ils ont eu peur de perdre la face puisque l’un de leur enseignant aborde le sujet de façon à ce que les jeunes soient intéressés, car oui, souvent ce sont les élèves qui poussent à développer le sujet, et le fait que le gouvernement ait aboli les cours de sexualité leurs ont fait peur d’avoir l’air d’ une école de «pas d’allure» .Avec cet enseignant ,du moins, les jeunes embarquaient à fond dans les cours avec une grande soif d’apprendre!

    Les élèves n’ont peut-être pas une grande expérience en matière de relations sexuelles, mais justement! Ils veulent en être informés, qui n’a pas envie d’en apprendre sur le sujet, non mais franchement.. on ne se voilera pas la face, ils sont dans la fleur de l’âge, c’est sûre que ça les intéressent, c’est pas comme si le prof en question leurs auraient montré un film pornographique. Je suis vraiment outrée de cette suspension qui est , selon moi, des plus ridicules!!

  21. SophieSexologue,

    question sans doute idiote : pourquoi ça ne serait simplement pas les sexologues pour enseigner cette matière? Ou du moins participer pendant les parties du cours qui en parle, si c’est un cours plus large?

    Jean-Luc,

    perso, je ne me souviens pas avoir ri pendant mes cours de FPS. Je suis peut-être juste chanceux… 😉

    Léa,

    bienvenue ici!

    « Ce prof se démarque d’une façon assez solide »

    J’ai l’impression d’entendre ce prof! « Assez solide », c’est une expression que nous utilisons beaucoup entre nous. Peut-être que ça vient de lui et qu’il a pris ça de ses élèves, qui sait!

    En tout cas, je suis bien content de lire ton témoignage, c’est très instructif! Mais, quand même, pas du tout surprenant… 😉

  22. Votre question n’est pas du tout idiote! 🙂

    Il y a plusieurs hypothèses qui permettent de répondre à votre question:

    1) Des raisons syndicales: lorsque le cours de FPS a été créé dans la fin des années 70, c’était une sexologue qui avait rédigé la partie sur la sexualité. Ce cours était excellent! Et c’était des sexologues qui étaient sensé pouvoir l’enseigner. On avait intégré à la formation en sexologie des crédits qui permettaient aux sexologues d’avoir le droit d’enseigner. Mais quand le temps a été venu d’intégrer le cours à la grille, les syndicats ont fait un gros « HOLÀ! » Il a été nommé qu’il existait deux matières dans la grille qui avaient certaines connaissances de ce thème, et qu’en plus,ces matières se voyaient accorder une demi-tâche seulement. Quelles étaient ces deux matières? Les cours d’éducation physique et le cours d’enseignement religieux. On est à la fin des années 70. Les commissions scolaires sont divisés selon leurs allégeances religieuses, beaucoup de personnes pratiquantes sont sur les conseils d’établissement. La « logique » a fait en sorte qu’on a relayé les cours de sexualité, inclus dans les cours de FPS aux enseignantEs en enseignement religieux. De cette façon, ça devenait plus rassurant, car ces enseignants allaient aborder aussi l’aspect moral (contrairement aux profs d’éducation physique, croyait-on).
    Déjà en partant, cette décision nous annonçait l’échec du cours de FPS avant même qu’il ne soit inséré à la grille horaire.
    Si vous consultez les syndicats encore aujourd’hui, ils défendent que ce sont les profs qui devraient accomplir cette tâche.Mais si vous sondez les profs, la majorité n’ont pas envie de se faire relayer ce dossier…

    2) Un manque de connaissance du ministère et des dirigeants: Il y a un peu plus de 40 ans, on a créé un département de sexologie. C’est unique au monde, car partout ailleurs, la sexologie est une spécialisation aux cycles supérieurs qui nécessite un BAC en autre chose (psycho, médecine, etc). De plus, il y a une vision très médicale et psychanalytique de la sexologie ailleurs dans le monde. Au Québec, le contexte sociale et politique de l’époque a permis de créer une super école en sexologie qui permet de former des professionnelLEs au niveau du baccalauréat en sexologie. Ces personnes (dont moi) ont une formation ayant une vision globale de la sexualité qui comprend une partie de cours en éducation et pédagogie et une partie en science de la santé. Nous étudions l’être humain et sa sexualité d’un point de vue biologique, moral, spirituel, social, psychologique, cognitif et affectif. Cette formation nous permet d’acquérir des connaissances générales et spécifiques à propos de la sexualité, apprendre à créer des activités et des programmes pédagogiques, choisir les activités appropriées selon les clientèles, les groupes d’âge, etc, évaluer les activités pédagogiques et les ajuster au besoin. Nous faisons aussi un travail de croissance personnelle et professionnelle dans le cadre de nos stages d’un an dans des milieux de travail pour apprendre à aborder la sexualité de façon pédagogique, respectueuse et neutre (parler de la sexualité et non de notre sexualité). Cette formation spécifique qui fait de nous des spécialistes de l’éducation à la sexualité n’est pas connue et reconnu du ministère de l’éducation, semblerait-il. Les gens, dont les dirigeants, connaissent les sexologues surtout comme des cliniciens qui voient des personnes en cabinet privé pour régler des problèmes sexuels. Certains sexologues font ça; ce sont les cliniciens avec une maîtrise clinique en sexologie. Mais dans le cadre du BAC de 3 ans,on apprend à faire de l’éducation à la sexualité et on ne semble pas le savoir, malheureusement. On ne le reconnait pas surtout, car on semble croire que ça ne sert à rien d’avoir étudié durant 3 ans le sujet, car des profs peuvent avoir une couple d’heure de formation pour faire la même chose.

    Cette méconnaissance du BAC en sexo de la part des dirigeants et du ministère de l’éducation fait en sorte qu’on pense uniquement aux sexologues qui sont clinicienNEs et on considère qu’il n’est pas vraiment pertinent d’envoyer ces spécialistes dans les écoles, car ils et elles sont surqualifiés.

    Mais ce qu’il faut comprendre, c’est que les sexologue bacheliers ne sont pas surqualifiés pour le travail. Ils sont tout simplement… qualifiés pour le travail!!!

    Je ne comprends pas d’ailleurs pourquoi le ministère de l’éducation finance cette école si elle ne souhaite pas mettre à contribution les finissants d’une école formés sur une sujet spécifique quand vient le temps, justement, de trouver des personnes formées sur ledit sujet, l’éducation à la sexualité! Est-ce parce que le ministère et les commission scolaire ne disposaient pas de cette information ou est-ce la preuve justement qu’il n’y a pas une réelle volonté de faire de l’éducation à la sexualité? Car si on n’engage pas les sexologues bacheliers sur le dossier, il faudrait arrêter de se vanter d’avoir créer ce département tellement unique! Il faudrait peut-être aussi penser fermer le département de sexologie si on ne souhaite pas embaucher les finissants qui en sortent sur des tâches sur lesquelles ils et elles ont été spécifiquement forméEs. Bref, il faudrait être cohérent et conséquents!

    (Désolée de cette longue tirade, mais c’est un sujet qui me tient particulièrement à coeur sur lequel je milite pas mal! 😉 )

  23. Nathalie Lambert, enseignante dit :

    @SophieSexologue
    Merci pour ce dernier commentaire très instructif.
    Bien d’accord avec vous sur le fait que le ministère de l’éducation devrait faire preuve de plus de cohérence en permettant à ses sexologues bacheliers d’oeuvrer dans ses écoles secondaires!
    En attendant, je trouve tout de même important d’épauler les enseignants qui peuvent se retrouver dans l’eau chaude faute de bonne foi…
    Toute cette histoire aura cela de bon qu’elle démontre bien la présence d’un réel intérêt + besoin (merci aux jeunes + ex-étudiants pour leurs commentaires) ET qu’elle met en lumière un dossier (soit des sexologues dans nos écoles) qui mérite vraiment toute notre attention (merci militante SophieSexologue).
    Mais surtout, je dirais MERCI à Renart Léveillé ainsi qu’à son ami enseignant! En espérant vivement que justice soit rendue envers ce dernier…

  24. Merci, vos échanges et commentaires sont très instructifs!

  25. Et pour une proposition un peu plus réaliste, je crois que chaque commission scolaire devrait engager unE sexologue un peu comme unE conseillerÈRE pédagogique pour accompagner les profs qui souhaitent aborder la sexualité dans leurs cours. Ce serait déjà un grand pas en avant. Certaines commissions scolaires l’ont fait, et franchement, c’est les endroits où ça fonctionne le mieux au Québec 🙂

  26. Audrey Vincent dit :

    Cet enseignant, qui était mon professeur l’an dernier, n’a pas d’affaires à être suspendu. Je trouve que c’est VRAIMENT ridicule! Honnêtement, y’a ben des profs qui se foutent ben de leurs élèves. Lui, au contraire, les préparent à devenir des adultes responsables, instruits et à être « bons citoyens ». Je tiens à ajouter que j’ai lu et vu ces documents, et il n’y avait rien qui pouvait nous inciter à faire comme la Brésilienne, par exemple.

    Ce prof nous montrait la réalité. Ce qui ce passe dans la VRAI vie. Son cours est passionnant, et lui passionné. C’est un mordu de l’information; chaque jour, il avait une nouvelle chose à nous apprendre.(pas en rapport avec la sexualité!)

    Pour ma part, je le soutiens, car il a changé ma vie, et sûrement celle de d’autres personnes.
    Avec d’autres enseignants, il a organisé un voyage humanitaire/touristique au Nicaragua en 2009. Ce voyage m’a permis de comprendre que nous ne sommes pas seuls dans ce monde, que ma vie était remplie de belles choses. Nous avons vus des bambins fouiller dans les poubelles pour pouvoir manger! Ce qu’on voit à la télé, nous l’avons vu en VRAI! J’ai pu comprendre pleins de choses en allant là-bas.
    L’année suivante, ils ont voulu recommencer cette expérience en République Dominicaine, mais la direction, la même qui a fait suspendre mon ancien enseignant, ne voulait pas, en disant que « on allait faire trop de plage », ce qui est pourtant faux.
    L’année scolaire 2010-2011, mon prof a voulu faire un voyage en France. Ce fut un échec, faute de manque de personnes. Il a aussi voulu faire des sorties en lien avec son option, mais la direction a refusé en disant  » que les élèves ne pouvaient pas manquer autant d’école ». CEPENDANT, un autre professeur de la même école a créé un option en lien avec la culture générale ( j’étais dans ce cours). On faisait PLEINS de sorties et on manquait beaucoup d’heures de cours.

    Une hypothèse se pose? La direction n’aime pas se prof parce qu’il se démarque des autres? Dérange-t-il à ce point?

    Pour avoir été dans son cours durant deux années, JE NE CROIS PAS!

    J’ai adoré être dans son cours, car c’est lui qui nous motivait, un des seuls!
    C’est lui qui nous tenait au courant de l’actualité, tout en nous montrant ce qui c’était passé dans le passé.

    Alors, ce n’est pas UN cours de sexualité par année qui va nous tuer!
    Durant 5 ans de secondaire, il n’y a eu que deux fois où j’ai entendu parler de sexualité.
    L’âge où justement, tu as besoin de quelqu’un qui te parle de ce sujet.
    Il a même mis un condom sur sa tête en disant :  » Les filles, si un gars vous dit qu’il a trop un gros pénis pour ce mettre un condom, il y a un méchant problème! » Et il nous disait aussi que c’était vraiment importat de se protéger.

    Pourquoi nous cacher, en 5e secondaire, où les jeunes sont âgés de 16-17-18 ans, que c’est important de parler de la sexualité??

    Je me pose une question, OÙ EST-CE QU’ON S’EN VA, si les profs ne peuvent pas nous donner un cours par année sur la sexualité sans avoir une suspension? Et si ce prof avait été UNE prof, l’ampleur de la conséquence aurait-elle été moindre?

    Peu importe, je te soutiens mon cher enseignant! Et merci pour tous ces cours qui nous a fait rire, pleurer et informer!

  27. M. dit :

    Tout le monde devrait être obligé de lire « The Guide to Getting it On » (900 pages, voilà de quoi faire réfléchir nos étudiants!). Je pense que ça éclairerait plus d’un sur la sexualité et permettrait une meilleure éducation sexuelle que ce que bien des écoles dispensent sur le sujet. Si votre ado lit l’anglais, faites lui lire le chapitre Losing The V-Card sur la première expérience sexuelle. C’est probablement beaucoup mieux que ce qu’on essaiera de vous raconter (que ce soit le curé, vos amis, un prof pogné ou la porno).

  28. Très beau et très touchant le témoignage d’ Audrey Vincent!

  29. Héhé le douanier dormait j’ai donc pu passer, et j’en ai profité pour ramener une caisse de whisky pis une boîte de cigares! HA!

  30. Je viens de parler avec un journaliste qui s’intéresse à cette histoire. Peut-être à suivre…

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