Démocraticide

 

Le mot est faible, c’est incroyable ce qui se passe en ce moment.

J’ai beaucoup de difficulté à quitter le fil Twitter, et j’ai l’impression que le temps s’accélère de plus en plus. Et comme me le pointait Josée Legault, il recule vers le passé…

En ce moment même, au moment où j’écris ces lignes, Amir Khadir encourage la population à la désobéissance civile. Le député de Mercier répète les mots qui ont valu à Gabriel Nadeau-Dubois de se retrouver dans l’eau chaude judiciairement. Amir Khadir est un vrai politicien. Sa langue de bois est un tas de copeaux prêts à exploser.

En ce moment même, des gens au Québec, et je soupçonne qu’il y en a beaucoup dans la ville de Québec, s’apitoient sur le sort de quelques entreprises qui ont été obligées de faire réparer des vitrines, de quelques citoyens qui ont eu besoin de faire réparer leurs voitures parce que pour certains, la colère est trop forte, et elle s’exprime plus facilement sur du matériel que sur des personnes. Si ça se trouve, les dernières émeutes à Montréal lors des séries éliminatoires de la LNH ont fait plus de dégât matériel que toutes les manifestations des étudiants depuis le début… Déjà, on n’a jamais entendu parler de pillage depuis le début de la crise étudiante alors que oui, quand le Canadien de Montréal était en finale de la coupe Stanley.

En ce moment même, j’ai peur pour Le Globe, puisque le fait d’avoir pris parti pour les étudiants nous place en situation possiblement problématique. J’ai peur pour tout le monde qui s’exprime dans les médias sociaux, sur Twitter, sur Facebook, puisque cette liberté est mise en péril. J’ai peur parce que le port du carré rouge est possiblement passible d’amendes. J’ai peur, parce que Montréal a fait passer la loi anti-masque. J’ai peur parce que toute cette accumulation ne dit rien de bon pour l’avenir.

La folie est acceptable, et surtout judiciarisable, aujourd’hui au Québec. On aurait pu s’arrêter à faire une loi venant appuyer l’idée des injonctions et le retour en classe, mais non, c’est la totale… Déjà que la judiciarisation du conflit étudiant est une perversion. Pourquoi? Parce que le fantasme de l’individualisme total que sous-tendent les injonctions est du totalitarisme argumentaire, c’est un tremplin vers le totalitarisme effectif, qui va être franchi avec cette loi. C’est le totalitarisme du « gros bon sens » réducteur, le totalitarisme du confort et de l’indifférence à préserver coûte que coûte. J’en ai mal au coeur tellement je retiens mon mépris pour certaines personnes.

Et le projet de loi 78 va créer tout un fouillis juridique et une perte énorme d’argent pour la société. Tout ça pour de l’argent… Tout ça pour imposer une logique comptable, pour nier le futur. Mais au moins, avec cette loi, on pourra pointer plus facilement qui sont les extrémistes au Québec. Les médias pointent les gens cagoulés, moi j’ai une tout autre image en tête…

Et si, comme je le pense, Jean Charest préparait sa réélection en mettant de l’huile sur le feu de la crise étudiante, il vient d’y mettre un sérieux frein avec cette loi spéciale, enfin je l’espère. Si le Québec n’est pas composé majoritairement d’une bande d’abrutis, les prochaines élections seront l’occasion de lui faire voir de quel bois nous nous chauffons. Mais c’est officiel, le chef actuel du Parti libéral va passer à l’Histoire comme étant le pire chef d’État du Québec. Et le Québec est déjà pointé du doigt à l’internationale, d’ailleurs. Notre riposte devra être encore plus impressionnante.

Alors, je ne peux que vous encourager à signer et à partager la requête en nullité de cette loi démocraticide, cette loi matraque.

On ne peut pas impose la «paix» sociale, on impose le silence. La paix est un état de sérénité indépendant partageable collectivement.

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6 réponses à Démocraticide

  1. Pas d’accord avec le titre (le jeu de mots est bon, cependant), cette loi étant une expression très forte de la médiocrassie pseudo-représentative. Néanmoins, c’est un excellent billet!

    « Si ça se trouve, les dernières émeutes à Montréal lors des séries éliminatoires de la LNH ont fait plus de dégât matériel que toutes les manifestations des étudiants depuis le début… Déjà, on n’a jamais entendu parler de pillage depuis le début de la crise étudiante alors que oui, quand le Canadien de Montréal était en finale de la coupe Stanley. »

    Si ça se reproduit, Scott Gomez pourra aisément payer l’amende!

    « J’en ai mal au coeur tellement je retiens mon mépris pour certaines personnes. »

    Justement, il ne faut plus le retenir. Il ne faut plus retenir notre mépris pour les fascistes de la mafia libérale et tous ceux qui appuieront cette loi!

    « Et le projet de loi 78 va créer tout un fouillis juridique et une perte énorme d’argent pour la société. Tout ça pour de l’argent… Tout ça pour imposer une logique comptable, pour nier le futur. »

    Tu confonds le but avec le moyen. Le but est de se faire réélire (et/ou de plaire à ses futurs patrons) en restreignant les libertés de contestation anti-gouvernementale et le moyen utiliser pour fomenter cette crise électoraliste est la hausse des frais de scolarité. Ce n’est pas l’inverse!

    « J’ai peur parce que le port du carré rouge est passible d’amendes. »

    Je ne crois pas que ça va jusque là, mais on s’y approche.

  2. Est-ce que François Rebello (un ex-carré rouge devenu fasciste) a été intimidé pour appuyer à main levée cette loi?

  3. Pour moi, la démocratie, ce n’est pas que la « médiocrassie pseudo-représentative », ou, le vote aux 4-5 ans…

  4. Serge dit :

    « En ce moment même, j’ai peur pour Le Globe, puisque le fait d’avoir pris parti pour les étudiants nous place en situation possiblement problématique. »

    N’ayez aucune crainte. Des lecteurs expérimentés de la politique, on y est pour y rester. Votre carré rouge sur le front m’a hypnotisé.

    « Jean Charest préparait sa réélection en mettant de l’huile sur le feu de la crise étudiante, il vient d’y mettre un sérieux frein avec cette loi spéciale, enfin je l’espère. Si le Québec n’est pas composé majoritairement d’une bande d’abrutis, les prochaines élections seront l’occasion de lui faire voir de quel bois nous nous chauffons. »

    Préparer une réélection en mettant de l’huile sur le feu, est une nouvelle proposition. De la pure fabulation.

    Votre parti pris pékékiste du PQ, est évident. Vous voguez vers une défaire cuisante, tout comme le Bloc.
    C’est très drôle, quoi.

    SP

  5. Moi péquiste, c’est la meilleure celle-là, ha ha ha!

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