Charte : les infirmières et infirmiers majoritairement pour

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Le think tank « inclusif » doit être sur les dents en ce moment.

La FIQ (Fédération des Infirmières et Infirmiers du Québec) appuie la charte :

Un peu plus de 60 % des sondées se sont prononcées en faveur de l’interdiction de signes religieux visibles. «Même si nos membres ne sont pas unanimes, elles sont tout de même clairement opposées au port de signes religieux, y compris dans les établissements de santé», selon Mme Laurent.

Michel Seymour doit manger ses bas : un milieu de travail majoritairement féminin qui est POUR l’exclusion des femmes! Lui qui écrivait très dernièrement :

Ne pas vouloir être exposé aux signes religieux, cela ne repose pas sur un droit. Ça repose sur l’intolérance.

Mais je me demande, un peu plus de 60 %, serait-il une majorité suffisante pour Stéphane Dion et sa logique de clarté référendaire? Et comme le hasard fait très bien les choses, en cherchant « référendum majorité claire » sur Google, je suis tombé sur un texte récent de Michel Seymour à ce sujet. Son opinion (j’ajoute ici un lien qui pointe vers le Huffington Post Québec, bien à contrecœur…) :

Si Terre-Neuve est entrée dans la fédération avec 52 %, on doit accepter que le Québec puisse s’en retirer avec un résultat analogue. Il est aussi incohérent d’adopter des règles pour le Non qui diffèrent des règles pour le Oui. Le Non a remporté la victoire lors du référendum de 1995 avec 50, 6 % des voix exprimées. On devrait alors adopter les mêmes règles pour le Oui.

C’est bien évident que l’avis des membres de la FIQ n’est pas le résultat d’un référendum sur la souveraineté, mais je trouve intéressant de comparer tout ça en ce qui a trait à la légitimité. Bien sûr, ses membres ne sont pas représentatifs de la société en général, alors on pourrait simplement argüer que ce n’est pas représentatif. D’un autre côté, étant donné que le débat concerne particulièrement les travailleuses et travailleurs de la santé, ce qui est exprimé est fort, très fort même.

Et ce qui est encore plus fort, c’est que, contrairement à ce qui est possible avec la société en général, c’est plus difficile d’expliquer cet appui à la charte en termes de racisme, xénophobie, intolérance, la spécialité des autoproclamés « inclusifs ». À ce que je sache, il n’y a pas non plus d’histoires d’infirmières ou d’infirmiers agressant des patientes voilées… Même que, en passant, ça serait plutôt le contraire, les travailleurs de la santé sont grandement victimes et témoins de violences (sans lien direct avec la religion selon ce qui est rapporté) :

Dans le réseau de la santé, 81 % des membres du personnel soignant ont été victimes ou témoins de violence au cours de la dernière année, et dans 60 % des cas, il s’agirait d’actes de violence graves.

Est-ce que les infirmières et infirmiers (en tout cas celles et ceux qui sont pour) seraient aveugles de ce qui se joue avec le débat sur la charte? Je ne crois pas. Quoi qu’il en soit, objectivement, cet avis est à prendre au sérieux, tout autant que celui des médecins (spécialistes et résidents) qui se sont prononcés contre. Mais bon, quand même, laissons parler les chiffres :

  • Fédération des infirmières et infirmiers du Québec : 62 000 membres
  • Fédération des médecins spécialistes du Québec : 9 000 membres
  • La Fédération des médecins résidents du Québec : 3 600 membres

 

(Crédit photo : P’TIFLOUV)

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