Le langage non verbal de Bellemare et Charest

Je viens de tomber à l’instant sur une entrevue avec le synergologue (spécialiste du langage non verbal) Philippe Turchet à l’émission de François Paradis. Il a analysé le langage corporel de Marc Bellemare et de Jean Charest.

Je suis de ceux qui croient l’ancien Ministre de la Justice et qui pensent que Jean Charest ment, globalement (donc, en étant conscient que la vérité se trouve sûrement quelque part entre les deux, mais pas le contraire : que le Premier Ministre est plus blanc que blanc).

Le synergologue faisait ressortir que le langage non verbal de Marc Bellemare démontrait sa bonne foi pendant qu’il était questionné alors que celui de Jean Charest (pendant son point de presse incongru le premier jour de la commission) démontrait de la contradiction et de la peur.

Selon Philippe Turchet, le langage non verbal est un langage qui ne peut mentir.

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26 réponses à Le langage non verbal de Bellemare et Charest

  1. Premièrement, belle caricature.

    Deuxièmement, il est clair en voyant le témoignage de Marc Bellemare que celui-ci est d’un calme déconcertant et qu’il a une extrême confiance en ses allégations. Pour ce qui est de Charest, un homme qui, généralement, a un bon charisme et qui s’exprime d’un naturel était hier très robotique et nerveux. Je crois même avoir vu un peu de sueur sur le côté de son front.

  2. Véronique dit :

    D’autant plus que Bellemare n’a AUCUNE note pendant ses témoignages!
    Comme dit Dominique, belle caricature, oui.

  3. renartleveille dit :

    Dominique et Véronique,

    merci pour le compliment concernant la caricature, mais il faut que je vous avoue que c’est seulement un recyclage (d’une autre quand même de mon cru)…

    L’originale : https://www.renartleveille.com/jean-charest-budget-serrer-la-ceinture

    « Pour ce qui est de Charest, un homme qui, généralement, a un bon charisme et qui s’exprime d’un naturel était hier très robotique et nerveux. »

    Il a habituellement même la bonhomie du mononcle qui raconte une blague et là, il en était loin.

    « D’autant plus que Bellemare n’a AUCUNE note pendant ses témoignages! »

    ça c’est quand même fort!

  4. Faut quand même avouer que ça nous arrange si Charest ment. On le déteste.

  5. Décibelle dit :

    Chapeau! Encore une fois. 🙂
    C’est vrai que Bellemare est incroyablement calme.
    Maintenant, il ne manque qu’une enquête « globale ».

  6. Totalement objective l’analyse du brillant Philippe Turchet
    Son site : http://www.synergologie.org/
    Son dernier livre http://www.amazon.ca/langage-universel-corps-Comprendre-gestuelle/dp/2761926110

  7. Langage non verbal, c’est comme odeur non olfactive: ça veut tout dire et surtout rien.

    Le contre-interrogatoire, s’il a lieu, va faire virer la blogosphère su’l top, enfin j’espère, paskesti qu’on condamne vite sans écouter les accusés.

  8. reblochon dit :

    Su-perbe ! Je l’adore et ça résume tout. Bravo renart.

  9. Me Bellemarre à l’aise et en contrôle durant les séances. Il a eu l’air ennuyé du radotage à quelques reprises. Son port de tête (penchée vers la droite) dénote un plein contrôle de la situation. Il a aussi démontré un malaise lors de certaines questions. Il semblait manqué d’air et trouver le questionnement long. En générale il est sincère et il doit se sortir de ce bourbier avec classe et élégance. Bravo et bonne chance!

  10. gillac dit :

    J’ai le sentiment d’assister au dernier spectacle d’un duo comique pendant que le Titanic se dirige droit vers l’iceberg.

  11. alsalvas dit :

    Les apparences, les apparences; y a que les fous qui ne s’en soucient pas.
    Mais ramener toute forme d’expression corporelle à un langage, ça me semble réducteur et présomptueux.

  12. Moi, je peux déterminer si quelqu’un ment par la couleur de sa cravate.

  13. Intéressante remarque Renart, mais tous ne réagissent pas de la même façon par rapport à leurs sentiments. J’attends tout de même les contre-interrogatoires de la semaine prochaine avant de plus en juger. Bellemarre n’est pas blanc comme neige non plus mais au moins, celui-ci avoue son incurie.

    Superbe caricature!

    « alors que celui de Jean Charest (pendant son point de presse incongru le premier jour de la commission) démontrait de la contradiction et de la peur. »

    Juste le fait que Jean Charrue 😉 ait décidé de donner un point de presse démontrait une certaine panique.

  14. Ceci dit, je me dois d’être plus précis. L’interrogatoire de Battista, l’avocat de la commission nommé par l’État, fait partie aussi du contre-interrogatoire.

  15. Bellemare, un seul « r » Quelle erreur!

  16. Warren Peace dit :

    Superbe, la caricature. Qu’elle soit un « remake » ou non n’enlève rien au talent du crayon!

    @christian mistral
    « Langage non verbal, c’est comme odeur non olfactive: ça veut tout dire et surtout rien.
    Le contre-interrogatoire, s’il a lieu, va faire virer la blogosphère su’l top, enfin j’espère, paskesti qu’on condamne vite sans écouter les accusés. »

    @davidgendron

    = = =

    a) quand un témoin n’est pas capable de regarder son interrogateur entre les deux yeux, il est moins crédible. Peu importe ce qu’il dit. Forcer le corps à contredire les babines, c’est là tout l’art du contre-interrogateur efficace.

    b) techniquement, et je réponds plus spécifiquement à David, ce n’est pas un contre-interrogatoire, en ce sens que le témoin Bellemare est « produit » par la Commission B et interrogé par Me Battista, procureur de la Commission B.

    « quand il fera l’objet d’un contre-interrogatoire à la limite du caractère vexatoire, destiné à lui faire perdre contenance, on saura si les couilles de Bellemare auront étouffé Charest. Pas avant. » – extrait de mon propre billet.

    Quand les avocats du PLQ et de John James sortiront leurs armes de leur fourreau.

  17. Simon dit :

    « Langage non verbal, c’est comme odeur non olfactive: ça veut tout dire et surtout rien.

    Le contre-interrogatoire, s’il a lieu, va faire virer la blogosphère su’l top, enfin j’espère, paskesti qu’on condamne vite sans écouter les accusés. »

    J’adore cette remarque. Je ne crois pas qu’on puisse apprendre quoique ce soit dans un contexte juridique avec le non-verbal.

  18. renartleveille dit :

    Mouton Marron,

    « Faut quand même avouer que ça nous arrange si Charest ment. »

    par rapport à cette question du non verbal, y’a un peu de ça… 😉

    « Moi, je peux déterminer si quelqu’un ment par la couleur de sa cravate. »

    Ha ha!

    Décibelle,

    « Maintenant, il ne manque qu’une enquête « globale ». »

    Ouais, cette commission est frustrante!

    Jocelyne Robert,

    « Totalement objective l’analyse du brillant Philippe Turchet »

    espérons bien qu’elle l’est!

    Christian Mistral,

    « Langage non verbal, c’est comme odeur non olfactive: ça veut tout dire et surtout rien. »

    Je me demande si on peut classer le langage des sourds dans le langage non verbal. Je me demande si on peut classer la transpiration dans le langage non verbal, mais en tout cas oui comme langage corporel, au moins dans certains cas de nervosité. Aussi, on peut sans trop forcer dire que « langage non verbal » et « langage corporel » sont synonymes. Rendu-là, je pense qu’on peut remettre en question l’importance de l’analyse de ce « langage » dans un contexte juridique, mais pas vraiment l’existence même de cette communication, même si elle est beaucoup plus sujette à interprétation que celle qui utilise les mots.

    Ma petite qui ne parle pas vraiment beaucoup encore me prouve bien que le langage corporel n’est pas une invention ésotérique absurde.

    Reblochon,

    merci!

    alsalvas,

    « Mais ramener toute forme d’expression corporelle à un langage, ça me semble réducteur et présomptueux. »

    j’avoue qu’il y a des trucs là-dedans qui semblent tirés par les cheveux, mais à la base, on risque plus de voir de drôles de positions et de mouvements de corps chez quelqu’un qui est nerveux que chez quelqu’un qui est calme, ça va de soi.

    David Gendron,

    « Bellemarre n’est pas blanc comme neige non plus mais au moins, celui-ci avoue son incurie. »

    qu’est-ce que tu veux dire par là?

    Warren Peace,

    merci!

    Simon,

    « Je ne crois pas qu’on puisse apprendre quoique ce soit dans un contexte juridique avec le non-verbal. »

    dans le cas où c’est la parole des uns contre les autres, ça peut aider.

  19. Warren Peace dit :

    @ Simon / Renart

    « Je ne crois pas qu’on puisse apprendre quoique ce soit dans un contexte juridique avec le non-verbal » – Simon

    « dans le cas où c’est la parole des uns contre les autres, ça peut aider » – réplique de Renart.

    = = =

    Quand le corps d’un témoin ne suit pas ses babines, il y a fort à parier que le juge (ou Tribunal, ou président de la Commission d’enquête, ou whatever) va en tirer des conclusions sur la crédibilité de ce même témoin.

    Pas toujours, toutefois, car le décorum de la Cour, ou dans le cas présent la présence de caméras, peut intimider un témoin au point où il ne se rappellera plus de son âge et de sa date de naissance; je l’ai vu, de mes yeux vu.

    Mais ici, aussi bien Charest que Bellemare sont habitués au décorum et à la présence des caméras; pour eux, du moins, la nervosité, il faudra en trouver l’explication ailleurs.

    Devant deux versions totalement contradictoires, le juge à un procès doit trancher. La loi le lui impose, puisque il est là pour rendre une décision!. Devant une Commission d’enquête, c’est autre chose. Devant deux versions incompatibles, il faut déterminer la plus crédible. Ça peut dépendre d’un tas de circonstances, évidemment. Mais la crédibilité d’un témoin PEUT tenir à ce langage non-verbal.

    Bien sûr, le témoin qui a pris des notes au fur et à mesure des événements risque d’être considéré plus crédible que celui qui affirme péremptoirement en 2010, sur la seule foi de ses souvenirs, de ce qui s’est passé le 3 mars 2003. Encore là, toutefois, la règle n’est pas absolue. Quand un témoin affirmait se souvenir parfaitement de faits survenus 6 ans plus tôt, j’avais l’habitude de lui demander quel temps il faisait ce jour-là. D’habitude, il répondait: « Heu, je sais-tu, moé, là ». Ce qui me permettait de plaider ensuite que sa mémoire trop sélective le rend « suspect ». Argument démagogique, j’en conviens!

    Mais il arrive que le témoin réponde: « La température? Je me souviens de cette journée là, il faisait tellement chaud que ma mère a eu un coup de chaleur et qu’elle a subi un infarctus! » Dans ce temps là, il est recommandé au plaideur de changer de sujet!

    = = =

    Souvent, donc, le non-verbal suggère que le témoin ment. Ou « tricote » son témoignage au fur et à mesure.

    Alors affirmer qu’on ne peut apprendre quoi que ce soit du non-verbal dans un contexte juridique, c’est un peu léger, comme commentaire.

    J’ajoute en terminant qu’avant de plaider certains dossiers (dont l’importance de l’enjeu justifiait l’exercice!), j’organisais avec mes principaux témoins une simulation de contre-interrogatoire « baveux ». Un collègue prenait des notes. À la fin, le collègue commentait, et faisait part de ses recommandations sur la manière d’améliorer le non-verbal, si je puis dire.

    Quand je me rendais compte que mes témoins vont craquer sous la pression et ainsi faire « foirer » le procès, j’essayais plutôt de le régler hors cour, avant que la partie adverse ne les mette KO!

    Bref, on peut « tricher » avec le non-verbal. Le job des contre-interrogateurs, c’est justement de percer la carapace du témoin. On verra s’ils y parviennent.

    Une question, toutefois: Bellemare va devoir faire face à un contre-interrogatoire « à la limite du caractère vexatoire ».. Mais puisque le PQ n’a pas su se faire reconnaître le statut de « partie intéressée », qui, diantre, poussera Jean Charest dans ses derniers retranchements?

    Ce ne sera pas Me Battista. S’il n’est pas particulièrement « baveux » avec Bellemare, je doute qu’il le devienne quand viendra le temps d’interroger Charest,

    Ne présumons donc pas de la crédibilité relative des deux protagonistes à la fin des audiences. Des surprises sont possibles.

    Par contre, plus l’affaire s’étirera, et plus le bon peuple, lui, aura le temps de s’incruster dans ses impressions en faveur de Bellemare. Le juge Bastarache? Il ne vote pas au Québec. Le bon peuple, lui, a droit de vote. C’est l’impression que retiendra le bon peuple qui compte, finalement.

    Et aussi la profondeur de l’empreinte. Les élections, c’est en 2012. Et les impressions, c’est comme les papillons: ça s’envole!

  20. Simon Dor dit :

    « Alors affirmer qu’on ne peut apprendre quoi que ce soit du non-verbal dans un contexte juridique, c’est un peu léger, comme commentaire. »

    hehe, évidemment, je ne suis pas dans un contexte juridique et j’ai insisté sur le fait que c’était une « croyance » pour moi. Vos précisions sont les bienvenues.

    « Devant deux versions incompatibles, il faut déterminer la plus crédible. »

    J’ai toujours cru qu’un individu était innocent jusqu’à preuve du contraire.

  21. Vincent dit :

    Ça veut rien dire, absolument rien.

    Un grand manipulateur charismatique, un grand menteur saura toujours se montrer très sûr de lui. Regardez les Conrad Black et compagnie.

    Par ailleurs, montrer des signes de stress est tout à fait normal quand tu anticipes que 7 millions de personnes vont te juger – toi – avant le juge. Qui ne tremblerait pas et ne suerait pas dans ce cas… Sûrement que Charest a quelque chose à se reprocher, mais Bellemare n’est pas mieux. Les deux sont des politiciens, donc menteurs par défaut.

    Je suis habitué de voir dans mon travail des manipulateurs très sûrs d’eux qui veulent que je leur prescrive des drogues. D’autres personnes tremblent devant moi et bégayent en suant en me contant leur vie parce qu’ils ont peur que je les juge. Ils ne mentent pas pour autant.

  22. Bellemare était complice des libéraux pendant un bon bout de temps quand il était ministre. Bellemare a nommé lui aussi certains de ses amis dans certaines fonctions, en particulier il semble avoir favorisé la nomination de sa femme dans un tribunal administratif. Et là, il semble même que Fava aurait participé au financement de Vision Québec, son ex-parti municipal à Québec,

    Mais au moins, il a avoué et il avouera la plupart de ses incuries.

  23. reblochon dit :

    Vision Québec, reste à savoir si cette commission refusera d’entendre ce sujet qui dépasse son mandat comme elle a refusé d’entendre bellemare sur Denis Roy.

  24. Warren Peace dit :

    @Simon Dor, 9h41
    « J’ai toujours cru qu’un individu était innocent jusqu’à preuve du contraire. »

    = = =

    Devant une Commission d’enquête, il n’y a pas d’accusé.
    Il n’y a donc ni innocent, ni coupable!

    Ni Jean Charest ni Marc Bellemare ne sont accusés de quoi que ce soit devant la COmmission Bastarache. Mais le bon peuple, lui, a le droit de se faire une idée sur la crédibilité de l’un et de l’autre.

    Pour l’instant, 13% de la population croit Charest, et 69% croit Bellemare. (sondage)

    Read my lips! Ce que j’ai écrit, c’est que nul ne saurait à ce stade-ci prédire qui sortira gagnant dans l’opinion publique, une fois le processus terminé. Mais fort d’une soixantaine d’années de vie, de plus de 30 ans d’effets de toge devant les tribunaux, et fort de plusieurs années à titre d’élu, je me crois autorisé à affirmer que peu importe à qui le juge Bastarache fera porter le bonnet d’âne en bout de ligne, les impressions qu’a le bon peuple AUJOURD’HUI risquent de s’incruster pour un moment. Quelle que soit la crédibilité du témoignage éventuel de Charest devant la Commission quand son tour viendra, l’idée de plusieurs électeurs est faite.

    Et j’ajoute aussi que, au moment du prochain scrutin, en 2012, il est bien possible que le bon peuple ait déjà oublié ce qu’il pensait de Jean Charest en août 2010.

    Que puis-je ajouter? Dans tout ce que je viens d’écrire, vous ne trouverez nulle part l’expression de mon opinion personnelle. Je livre ici, tout simplement, ce que je sais du droit et le résultat de mes observations depuis un fauteuil situé drette derrière le banc des joueurs!

  25. Simon Dor dit :

    En effet, vous avez absolument raison. En disant qu’on présume les individus innocents, je ne parlais pas en termes d’accusations juridiques, mais par rapport au résultat du rapport. J’avais l’impression que si on ne pouvait prouver aucun des deux « partis », il ne pourrait y avoir d’accusations par la suite.

    L’opinion publique, c’est autre chose pour moi, mais ça semble central dans cette commission. Je comprends mieux pourquoi Jean Charest ne voulait pas de commission d’enquête pour le milieu de la construction finalement.

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