Annulation de la hausse : une victoire des étudiants?

 

À la suite de l’annulation par le PQ de la hausse des frais de scolarité, j’ai pu constater la joie de beaucoup de gens via Twitter. Certains allaient jusqu’à féliciter le mouvement étudiant pour ce résultat. Ce message de Gabriel Nadeau-Dubois me semble assez emblématique :

Ensemble, nous avons bloqué la hausse. Ensemble, nous avons vaincu le cynisme et le désespoir.

Je vais sûrement me faire lancer des tomates, mais je trouve que l’ancien porte-parole de la CLASSE est coupable d’angélisme ici. Et en plus, s’il voulait prêter flanc aux critiques de la droite, il ne pouvait pas faire mieux.

Cette décision du PQ est une chance. Parce que c’est le résultat d’une élection où le PQ a à peine la légitimité de la prendre tellement le PLQ (et la CAQ, au niveau du suffrage) lui a chauffé les fesses. Le carré est tombé face verte contre terre, face rouge vers le ciel, et il n’est pas évident aujourd’hui encore que le vote étudiant ait joué en la faveur du PQ.

Alors que le concours de circonstances a tellement joué dans la causalité de cette annulation, et étant donné que tout cela montre que la société québécoise est hautement divisée, même les étudiants d’ailleurs, cet emploi du terme « ensemble » me reste prit de travers dans la gorge. Et, mis à part pour ce qui est d’une amélioration notable au niveau du taux de votation, je ne crois pas que le cynisme est vaincu. Pour ce qui est de vaincre le désespoir, c’est bien la seule chose que je trouve juste, mais seul l’avenir nous dira si ce sera de longue ou de courte durée.

Je suis de tout coeur avec le mouvement étudiant. Mais même si oui tout le monde se doute que la crise a joué sur la décision de déclencher des élections (la Commission Charbonneau devait aussi être un très gros poids dans la balance), je ne crois pas que de prendre tout le mérite de cette victoire envoie un bon message. Je dirais même que quiconque ne peut en prendre le mérite. Il n’y a que le résultat en soi qui est digne d’être célébré, nonobstant même du fait que c’est le PQ qui a pris la décision. Parce qu’il ne faut pas se leurrer, c’est le résultat d’une promesse de longue date et le PQ ne pouvait pas revenir là-dessus politiquement, ayant encore la trace du carré rouge bien imprégné sur lui. Et ce n’est pas dit que plus tard le PQ ne sera pas le déclencheur pour faire gonfler à nouveau la grogne étudiante.

Ce sera une finale clichée, mais je n’ai pas trop le choix : à suivre…

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4 réponses à Annulation de la hausse : une victoire des étudiants?

  1. Paul Germain dit :

    Vous avez raison. Les étudiants n’ont pas réussis à convaincre la société civile, ils l’ont divisée..
    Le véritable désespoire est le financement des universités et la qualité de l’enseignement. La qualité de l enseignement par des chargés de cours n est pas toujours à la hauteur des profs permanents. La gestion des Universités doit être revue mais cela ne règlera pas tout.
    J ai encore beaucoup de misère, même si ma fille va en profiter, à faire payer les études des futures privilégiés de la société par la classe ouvrière. Cet argent investi manquera ailleurs dans le système.
    Des choix devront être fait et j espère qu une majorité de québecois y souscrira

  2. Mon billet n’est pas un brûlot anti-étudiant, bien au contraire. Ne détournez pas le sens de mes mots s.v.p….

  3. Je ne crois pas que le titre de chargé de cour ou d’enseignant ajoute à la qualité de l’enseignement.

    Mais au-delà de parler de hausse ou non-hausse (et là on pourrait discuter longtemps de lutte des classes, des impôts supplémentaires payés par les gradués et de la baisse de la demande ouvrière au Québec dans l’avenir, mais on passera), je crois que GND a bien fait dans son commentaire.

    Après tout, on ne peut pas dire que c’est le petit boycott individuel de chaque étudiant qui a fait une différence. Les étudiants ont gagné et ils l’ont fait en bonne partie parce qu’ils ont voté ensemble et utilisé des institutions démocratiques.

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