Du vernis à ongles

Au service de garde, hier, ma fille de 8 ans avait une activité. Les filles se faisaient mettre du vernis à ongles et les garçons des faux tatouages. Ils ne pouvaient pas choisir.

Mégapoche. Parce qu’à mon sens, offrir le choix, c’est déjà un message qu’il n’y a pas de problème avec le fait qu’un garçon puisse vouloir du vernis à ongles. (Je n’accuserai pas personne, je ne sais pas qui a organisé l’activité et je suis pas mal certain que la direction de l’école ne met pas le nez là-dedans.)

Mais je me suis dit que s’ils avaient pu choisir, il n’y a pas grand chance qu’un garçon choisisse le vernis, pour ne pas se faire intimider par la suite. Ce qui est un problème en soi. Pour ce qui est des filles, pas de problème à l’horizon. Parce que la mode des tatouages n’est pas réservée au genre masculin. Mais on sait quand même que socialement ça passe mieux les petites filles (et les grandes) qui sont attirées par les trucs pour gars (et par les filles). On peut mettre ça dans le panier des difficultés masculines, même si c’est tabou de le faire.

Je raconte cette anecdote parce que je pense que toute amélioration sociale passe par l’éducation. Donc premièrement par l’école. Contrairement à mes amis soi-disant progressistes qui pensent que ça passe par l’accusation, la culpabilisation et la victimisation, pour essayer de convaincre les gens de reprendre le droit chemin…

Pour ceux qui auraient peur, je n’insinue pas qu’il faudrait que l’école impose le vernis à ongles aux petits gars. Non, ça serait le genre d’idée que pourraient concocter mes amis soi-disant progressistes. Ça serait leur genre de penser que ça pourrait briser d’un coup comme par magie la tendance aux intérêts et aux activités genrés (qui me font un peu suer comme père et comme citoyen, il faut que je l’avoue, puisqu’ils qu’ils servent premièrement la logique du commerce, pour qui le fait de séparer les choses en deux donne plus d’opportunités de vendre des produits). Pour moi qui suit en faveur de solutions réalistes qui prennent compte des difficultés contextuelles, bien sûr culturelles, ça ne me sourirait pas.

Soyons réalistes alors. Dans l’optique où tous les enfants sont différents et qu’ils ne cadrent pas absolument tous de manière tranchée dans cette idée de trucs pour filles et de trucs pour gars, et puisque nous sommes toujours dans cette dynamique qui ne semble pas prête de s’éteindre, il faudrait bien s’organiser pour que le poids de la norme soit moins lourd pour ces enfants différents.

Simplement offrir le choix au lieu d’imposer serait un bon début de solution. Et je ne crains pas que ce soit déjà le cas un peu partout. Enfin j’espère.

 

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