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Twitter et le danger de l’hyper facilité
2010/02/26 | 17 commentaires
Pour ce qui va suivre, bien sûr, la forme du chapeau est à votre guise, pour que vous soyez libre d’avoir envie de le mettre ou non.
J’ai vu et je vois encore la collaboration (dans son sens le plus large) dans mon expérience des médias sociaux. Même que c’est l’élément central, propulsé par le goût de l’apprentissage. Avec le blogue, l’implication n’a pas trop le choix d’être intense, puisqu’on ne se contente pas de 140 caractères (et souvent beaucoup moins) pour échanger. Aligner des idées, tricoter des concepts, c’est là où il faut s’enrober pour vivre virtuellement. Être seulement spectateur n’est pas vivre, ni faire vivre. Et je ne pointe surtout pas négativement ceux qui font ce choix. Il en faut.
Dans mon conte de fées personnel, Twitter m’offrait le concept des six degrés de séparation sur un plateau d’argent, mais j’ai l’impression aujourd’hui que c’était un leurre. J’avais surtout le pressentiment que mon enthousiasme serait contagieux, rien que ça, mais non, j’accumule plus de déceptions que de mouvements de mes commissures de lèvres vers le haut. Et je ne dis pas que ça ne peut pas changer. Je suis un pro de l’espérance.
Décortiquons la chose. L’excitation de copier-coller ce qui nous plaît chez l’autre. Au-delà de l’utilité, l’effet de mode de voir « RT » au début du message. Et qui passe. Un simple clic pour que ça se fasse instantanément. Tellement facile qu’il n’y a plus trop d’excitation. On se retrouve avec des myriades de relations fanées où la parole est un bruit de fond tout de même réconfortant, comme avec les vieux couples obligés.
Pour ceux qui n’ont pas fait les liens entre les images, traduction! L’interaction est tellement devenue facile qu’on ne se donne même plus la peine de faire le minimum, soit penser que ce qui passe sous nos yeux intéressés pourrait être utile pour un autre. On consomme en se disant que de toute façon ça se rendra bien par un autre chemin que le nôtre.
Ça me fait penser à ceux qui ne votent pas aux élections parce que de toute façon — ils se disent — ça ne changera rien pas le résultat…
*
C’est certain que je base cette réflexion sur mon expérience, et seulement elle, n’ayant aucune statistique pour l’étayer. Mais je ne l’exprimerais pas si je n’avais pas l’intime impression qu’elle a représentativement plus d’ampleur. Je m’attends à ce qu’on me contredise, mais aussi qu’on me conforte dans mon idée : que trop souvent nous parlons dans le — semi — vide. Je m’attends aussi à ce qu’on trouve que je verse trop dans le négativisme. Mais il faut bien parfois purger le moins pour que le plus reprenne sa place.
Catégorie(s): humeur, Twitter, Web · Mots-clés: 140 caractères, apprentissage, Blogue, bruit de fond, choix, clic, collaboration, concept, contagieux, copier-coller, Danger, déception, degrés de séparation, effet de mode, enthousiasme, espérance, excitation, expérience, facile, facilité, hyper, idée, implication, Impression, instantanément, interaction, leurre, libre, médias sociaux, Message, Négativisme, parole, Réflexion, relations, RT, sens, simple, spectateur, statistique, suivre, Twitter, utilité, vide, virtuellement
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Tu tombes vraiment pile avec cet article parce que j’avais vraiment envie d’en faire un semblable, mais je voulais attendre quelque temps avant de le faire, je m’explique.
J’ai été absent pendant quelques mois, faute de temps, mais l’an passé twitter se révélait une petite machine efficace pour le partage de contenu, je me tapais sur les doigts à force de délaisser facebook qui l’était moins.
Je suis de retour et actif depuis deux mois mais l’efficacité n’est plus au rendez-vous, je ne me fais presque plus RT et les cliques se font plus rares. Je dois garder en tête que maintenant les twits suivent plus de gens et ça augmente considérablement le rythme de publication.
Pourtant, tout m’intéresse, je clique sur tous les liens qui pourraient m’intéresser (il y en a beaucoup) et je les retweet. J’ai présenté une nouvelle personne inscrite à mes followers et personne ne l’a ajoutée. Avant, il aurait eu minimum 10 nouveaux followers. On est pas obligé de suivre tout le monde, mais il ne faut pas se limiter au petit cercle constitué des personnes les plus actives de la dernière année, tout le monde peut être intéressant et je vois trop de gaspillage. Les tweet-up ont peut-être aussi contribué à former ce cercle. (ce cercle est seulement dans ma tête ou non?)
PS: Je j’ajoute à notre blogoliste)
David Schink,
merci pour ce généreux commentaire et aussi, bienvenue ici!
Je suis content de voir que je ne suis pas le seul à remarquer que ça ne tourne plus pareil sur Twitter.
Et, pour t’avouer, je suis déjà un déçu, parce que je croyais au moins brasser un peu la cage… et ça ne semble pas le cas.
« Les tweet-up ont peut-être aussi contribué à former ce cercle. (ce cercle est seulement dans ma tête ou non?) »
Je n’avais pas pensé à ça. Mais je ne pourrais pas te répondre… n’y ayant jamais mis les pieds.
Merci pour l’ajout! Moi je viens d’ajouter votre blogue dans mon agrégateur, alors à plus!
C’est vrai qu’il y a du bruit, sur Twitter. Sur Facebook aussi. Peut-être que ça tient aussi dans la quantité d’abonnements et leur type. On ne connaît pas toujours les gens avec qui on entre en relation; il y a des bonnes et des (très) mauvaises surprises parfois.
J’ai des listes privées, sur mes comptes, que je consulte le matin et l’après-midi pour voir ce qui s’est passé. Ça aide à gérer les flux. Et je visite ma page d’accueil fréquemment. Mais il est vrai que mon compte personnel est moins actifs ces temps-ci. Rouler deux en même temps, je trouve ça dur. Sur-abondance d’information à traiter.
Dans les interactions, je pense malgré tout que les gens agissent comme ils le feraient « en vrai ». Il y a des gens impliqués, des observateurs, des perspicaces, des comiques, des engagés, des critiques, des fouineux, etc.
Merci pour tes réflexions, Renart. Et merci à David qui est fort pertinent aussi.
Véronique,
« C’est vrai qu’il y a du bruit, sur Twitter. »
donc, c’est pour ça que beaucoup de gens portent des bouchons?
« Dans les interactions, je pense malgré tout que les gens agissent comme ils le feraient « en vrai ». Il y a des gens impliqués, des observateurs, des perspicaces, des comiques, des engagés, des critiques, des fouineux, etc. »
Le nombre d’« impliqués » aurait alors seulement baissé?
Merci d’être passé!
Il y a du bruit et peut-être le discernement est plus difficile à faire dans le chaos?
Avec les phénomènes à la mode, il y a clairement plus d’observateurs qu’avant…
RT @renardleveille «trop souvent nous parlons dans le — semi — vide.» Expression à ranger dans la catégorie logique de l’à-moitié-mort.
Véronique,
« Il y a du bruit et peut-être le discernement est plus difficile à faire dans le chaos? »
le problème avec le concept du bruit, c’est que l’expérience Twitter est trop personnalisée pour qu’on puisse en faire une valeur commune.
« Avec les phénomènes à la mode, il y a clairement plus d’observateurs qu’avant… »
Bon point.
Sauf que si je me réfère au passé où j’avais la moitié moins d’abonnés, il me semble qu’il y avait plus de réactions. Donc, serait-ce que le taux d’observateurs est très fort pour ce qui est de ma dernière moitié?
Anne Archet,
j’ai failli écrire « semi-vide », mais je me suis ravisé, exactement pour la raison que tu me donnes. Et puis, « parler dans le vide », c’est une expression, ça me semble différent du concept du vide, tel que peut le définir la physique ou la philosophie. Alors, y mettre un bémol (ou un dièse — selon où on se place) entre deux tirets ne me semblait pas trop pervers…
Je crois que ça ne brasse pas la cage exactement pour les raisons que tu énumères. Et je suis d’accord en tout point avec ton billet et aussi le commentaire de David.
Il est tout de même possible de s’amuser et de trouver son compte. C’est une situation que l’on vit et revit depuis des années… des bbs à mIRC, des forums aux blogues, à chaque nouvelle plateforme de communication il y a au départ l’engouement. Viennent ensuite la surpopulation et l’écœurement des « anciens ».
Pourtant toutes ces plateformes existent toujours. Sous différentes formes, elles attirent une clientèle qui s’y retrouve et qui les utilise à son gré, sous des conventions établies au fil des ans.
Dire qu’une plateforme a changé ne veut pas simplement dire qu’elle suit une évolution naturelle? Ce ne sont que des réflexions ici, je suis peut-être dans le champs. Mais je ne suis pas prête à jeter l’éponge
En fait, les médias sociaux servent surtout l’egocasting dont je parle si souvent. Comme la finalité de l’egocasting c’est de pouvoir obtenir la reconnaissance de soi par rapport à tout ce nous produisons par le truchement d’un RT, un commentaire sur son blogue ou une intervention sur Facebook, nous en sommes arriver à vivre dans une vacuité existentielle par technologies de communication interposées.
Le phénomène que tu évoques ici à propos de Twitter a commencé à se manifester dès le début décembre 2009. La raison est simple: les egocasters ont envahi Twitter. Ainsi, comme tout le monde attend un RT pour se sentir exister, et comme tout le monde est préoccupé par cet exercice, il y a alors un attentisme. Tout le monde attend que quelqu’un retweete pour retweeter. Twitter est devenu une société d’adoration mutuelle.
Permets-moi, Renart, de suggérer un lien à tes fidèles lecteurs à propos de la société d’adoration mutuelle: http://theoriedestendances.com/2010/02/05/twitter-ou-la-societe-dadoration-mutuelle/. Si tu considères cet ajout déplacé, retire-le ! Je ne vis pas présentement une vacuité existentielle !
La réflexion est intéressante, et les différents commentaires le sont aussi.
Je crois que tes attentes envers Twitter étaient plus grandes (trop peut-être?), au départ, que les miennes. Pour ma part, je continue de trouver que c’est une expérience plutôt positive parce que je m’efforce de ne parler qu’aux gens agréables, intéressants, qui répondent, et qui ont une vraie interaction avec les autres. Je les lis pour vrai, et je leur offre le même respect que s’ils étaient mes invités à la maison. Je m’attends un peu à la même chose de leur part. Ceux qui ne sont là que pour faire leur autopromotion ou se faire flatter l’égo —et ils sont nombreux!—, j’arrête éventuellement de les suivre. On a toujours ce choix.
swan_pr,
en effet. C’est pour ça que je vais continuer (même que je n’ai pas pensé à arrêter).
Si on compare aux blogues, c’est foutrement plus rapide… Ça donne l’impression qu’effectivement tout s’accélère.
Comment te contredire? Bon, j’aurais peut-être au moins mis un peu le doigt sur ce changement…
Pierre Fraser,
bienvenue ici!
Pour ce qui est de l’hyperlien, pas de problème, c’est loin d’être forcé!
Pour ce qui est de l’egocasting, je ne crois pas en être atteint puisque c’est certain que ça me fait plaisir de me voir relayé, mais le plus important c’est que je vois l’information faire un degré de plus vers les autres et que j’ai servi à quelque chose.
C’est pas beau beau pour ceux qui vont se reconnaître là-dedans…
Hortensia,
pour ma part, j’essaye seulement d’être conséquent avec ma communauté selon les moments où je peux et j’ai le goût d’interagir.
Je ne suis même pas à l’étape de la réflexion, seulement de la réaction à Twitter. Je laisse un lien de temps en temps, on dirait quasiment que ça fait partie d’un travail ; jeter une bouteille à la mer en me faisait croire que je fais la promotion de mon blogue, qui fait la promotion de nos écrivains. Pendant que j’y suis, je regarde et grignote quelques liens, en ayant toujours peur d’y perdre mon temps. Peur de devenir une abeille bourdonnante qui ne fait que ZZZZ sans s’arrêter pour prendre du pollen. Parfois, je réponds à des questions qui m’interpellent et c’est le moment où j’ai le plus l’impression de parler dans le vide contrairement à facebook où je suis le fil des discussions après mon statut. Je communique sur facebook, sur Twitter, je me perds, je suis égarée, comme un enfant à qui on refile trop de mots, trop d’images à la seconde. Et faire le tri, c’est fatiguant pour le cerveau… en tout cas, le mien !
J’ai enfin découvert que l’on peut voir si on est RT … je le suis rarement et quand je le suis, une petite luciole de gloriole clignote dans la nuit. Je l’ai été tout à l’heure et c’est toi qui m’a retwitter. Je suis allé voir qu’est-ce qui se passait, deux abonnés se sont rajoutées 2 minutes. C’était en réaction à ton RT, ça m’apparait clair.
Pourquoi je continue d’y aller, malgré mon impression de jeter des bouteilles à la mer (ça pollue la mer des bouteilles !) ? Parce que le compteur du Passe-Mot me dit que le geste m’ajoute quelques lecteurs, je l’ai testé à quelques reprises. Deuxième raison, des fois, je trouve des trésors. Troisième, c’est impossible d’oublier que l’on est un être humain.
Merci pour ce commentaire Venise. Ça remet les choses en perspective.
Bonjour Renart,
Interressant comme sujet de discussion. Pour ma pars mes interventions (tweet) ont naturellement évoluer vers mon champs de prédilection soit la politique. Je sais que je fais réagir et que je suis aussi retweeter parfois. Si j’avais aucune réaction à mes tweets probablement que j’aurai déjà quitté le réseau. Il faut croire que j’y trouve mon compte.
Maintenant pour ce qui est de ceux que je suis, je suis beaucoup plus voyeur jouisseur qu’interventionniste. Il m’arrive de retweeter mais c’est plutôt rare. Il m’arrive de passer des soirées complète à lire presque tous les tweets sur mon timeline sans jamais intervenir et tout en savourant ce qui s’y passe. Je suis du genre à cliquer sur les hypers liens proposés et d’y faire des découvertes intéressante
Même chose pour les blogs, je suis abonnés à plus de 130 blogs dont plusieurs que je lis quotidiennement mais sans intervenir dans les commentaires tout en les trouvant forts intéressant. Tu fais parits de ceux là..
Louis-Marie Pelletier,
pourquoi ne pas utiliser parfois simplement le RT automatique?
« Si j’avais aucune réaction à mes tweets probablement que j’aurai déjà quitté le réseau. »
Cette phrase pointe bien pour moi la problématique. Si tout le monde s’attend de son côté à se voir retwitté, il faut bien que des gens le fassent, mais si personne ne le fait (dans l’absolu), l’intérêt pour cet outil va disparaître (encore dans l’absolu).
Je ne veux pas faire la morale à personne, mais il faut quand même être conséquent. C’est ça mon point.
À la revoyure!
Ce que j’aime plus qu’être retweeter c’est qu’on réagisse à ce que je dis. C’est plutôt là mon point sur la chose. Quoique le retweete je le vois plus comme une marque reconnaissance.
Pour ma part quand je regarde mon comportement, je pourrais faire plus de retweete.
Moi c’est drôle parfois on réagit à mes messages simplement pour me dire que c’est intéressant. Alors je me dis : pourquoi ne pas l’avoir retwitté? Surtout quand ledit commentaire (très court) aurait pu accompagner un RT…