Tag Archives: Travail

Un rat devenu hamster

 

Voilà environ deux semaines, un troll a commencé à sévir sur Twitter. Il est même allé jusqu’à faire des menaces très sérieuses à une utilisatrice, comme quoi il allait la trouver et lui faire du mal. Et, pour ce que j’ai pu voir, il a dû répéter ça sur d’autres personnes, à différents degrés.

Les gens avaient beau le dénoncer à Twitter et faire fermer son compte, il s’en créait un nouveau, avec le même nom suivi de chiffres différents. Son petit manège continua jusqu’à ce qu’il commence à faire suer beaucoup de vedettes avec son concert d’insultes de tous genres.

Un de ceux-là, Guy A. Lepage, a pris le mors aux dents à son sujet et, bien que beaucoup d’utilisateurs lui répétaient de ne pas nourrir le troll (puisque c’est bien connu que de répondre à un troll est le meilleur moyen de l’exciter), il le narguait entre autres en le traitant de rat. L’animateur a aussi promis de se mettre sérieusement sur son cas (avec l’aide de ses contacts) et quelques jours plus tard, hier, le gars se retrouve dans un poste de police, son ordinateur saisi. Aujourd’hui, il comparaît « au Palais de justice de Montréal sous des accusations de harcèlement criminel et de menaces ».

Il s’avère que Michelle Blanc était aussi sous le feu de ce fou furieux. Comme elle le raconte dans son billet, « JeffSabres , la saga, les enjeux et les limites », c’est elle qui a permis cette arrestation :

 

Après avoir fait le tour des options possibles qui s’offraient à moi, j’ai dû me résoudre à prendre le taureau par les cornes et à hacker moi-même cet individu, via des techniques de social engineering, afin d’amasser suffisamment de preuves factuelles, pour monter un dossier solide devant servir d’outil pour la poursuite criminelle.

 

Quoi qu’il en soit, tout est bien qui finit bien. Le rat s’est transformé en hamster (en cage), comme l’avait surnommé Guy A. Lepage à partir du moment où il s’est retrouvé sous les barreaux. Et puis, quelques utilisatrices (sûrement aussi quelques utilisateurs) ont pu revenir à un compte public au lieu de privé (afin de se protéger du troll).

J’espère que cette histoire fera réfléchir, et les trolls en devenir pour les dissuader, et les policiers pour qu’ils prennent au sérieux ce problème. Il n’y aura pas toujours des « vedettes » pour les dénoncer et des spécialistes comme Michelle Blanc pour faire le travail assez complexe de trouver des preuves pour les freiner et les traduire en Justice.

Le web n’est plus qu’une curiosité, un divertissement comme l’est la télé, c’est une extension importante de notre monde sensible. Nous avons autant le droit de nous y sentir bien et en sécurité.

Ajout :

 

Plus d’infos sur cette histoire via TVA Nouvelles :

http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/faitsdivers/archives/2011/03/20110330-071806.html


 

Le rôle de la femme en 1960

En cette journée internationale des femmes, j’ai eu une petite pensée :

Espérons qu’un jour cette journée de la femme disparaisse, parce qu’elle ne sera plus du tout utile.

Sinon, je crois qu’on a un bon bout de fait, en tout cas ici. Ça me rappelle une série de billets que j’ai publié à mes débuts comme blogueur, où je présentais des extraits d’un manuel scolaire d’économie familiale domestique publié en 1960 au Québec. Je vais en faire une compilation ici, vous allez voir comment c’est cocasse d’un regard actuel. Et pourtant, c’était très sérieux!

« Préparez les choses à l’avance, le soir précédent, s’il le faut, afin qu’un délicieux repas l’attende à son retour du travail. C’est une façon de lui faire savoir que vous avez pensé à lui et vous souciez de ses besoins. La plupart des hommes ont faim lorsqu’ils rentrent à la maison et la perspective d’un bon repas (particulièrement leur plat favori) fait partie de la nécessaire chaleur d’un accueil. »

« Prenez 15 minutes pour vous reposer afin d’être détendue lorsqu’il rentre. Retouchez votre maquillage, mettez un ruban dans vos cheveux et soyez fraîche et avenante. Il a passé la journée en compagnie de gens surchargés de soucis et de travail. Soyez enjouée et un peu plus intéressante que ces derniers. Sa journée a besoin d’être égayée; c’est un de vos devoirs de faire en sorte qu’elle le soit. »

« Faites un dernier tour des principales pièces de la maison juste avant que votre mari ne rentre. Rassemblez les livres scolaires, les jouets, les papiers, etc., et passez ensuite un coup de chiffon à poussière sur les tables. »

« Pendant les mois les plus froids de l’année, il vous faudra préparer et allumer un feu dans la cheminée auprès duquel il pourra se détendre. Votre mari aura le sentiment d’avoir atteint un havre de repos et d’ordre et cela vous rendra également heureuse. En définitive, veiller à son confort vous procurera une immense satisfaction personnelle. »

« Au moment de son arrivée, éliminez tout bruit de machine à laver, séchoir à linge ou aspirateur. Essayer d’encourager les enfants à être calmes. Soyez heureuse de le voir. Accueillez-le avec un chaleureux sourire et montrez de la sincérité dans votre désir de lui plaire. »

« Il se peut que vous ayez une douzaine de choses importantes à lui dire, mais son arrivée à la maison n’est pas le moment opportun. Laissez-le parler d’abord, souvenez-vous que ses sujets de conversation sont plus importants que les vôtres. Faites en sorte que la soirée lui appartienne. »

« Ne vous plaignez jamais s’il rentre tard à la maison ou sort pour aller dîner ou pour aller dans d’autres lieux de divertissement sans vous. Au contraire, essayez de faire en sorte que votre foyer soit un havre de paix, d’ordre et de tranquillité où votre mari puisse détendre son corps et son esprit. »

« Ne vous plaignez pas s’il est en retard à la maison pour le dîner ou même s’il reste dehors toute la nuit. Considérez cela comme mineur comparé à ce qu’il a pu endurer pendant la journée. Installez-le confortablement. Proposez-lui de se détendre dans une chaise confortable ou d’aller s’étendre dans la chambre à coucher. Préparez-lui une boisson fraîche ou chaude. Arrangez l’oreiller et proposez-lui d’enlever ses chaussures. Parlez d’une voix douce, apaisante et plaisante. Ne lui posez pas de questions sur ce qu’il a fait et ne remettez jamais en cause son jugement ou son intégrité. Souvenez-vous qu’il est maître du foyer et qu’en tant que tel, il exercera toujours sa volonté avec justice et honnêteté. »

« Si votre mari se propose de vous aider, déclinez son offre, car il risquerait de se sentir obligé de la répéter par la suite et après une longue journée de labeur, il n’a nul besoin de travail supplémentaire. Encouragez votre mari à se livrer à ses passe-temps favoris et à se consacrer à ses centres d’intérêt et montrez-vous intéressée sans toutefois donner l’impression d’empiéter sur son domaine. Si vous-même avez des petits passe-temps, faites en sorte de ne pas l’ennuyer en lui parlant, car les centres d’intérêt des femmes sont souvent assez insignifiants comparés à ceux des hommes. »

« À la fin de la soirée, rangez la maison afin qu’elle soit prête pour le lendemain matin et pensez à préparer son petit déjeuner à l’avance. Le petit déjeuner de votre mari est essentiel s’il doit faire face au monde extérieur de manière positive. Une fois que vous vous êtes tous les deux retirés dans la chambre à coucher, préparez-vous à vous mettre au lit aussi promptement que possible. »

« Bien que l’hygiène féminine soit d’une grande importance, votre mari fatigué ne saurait faire la queue devant la salle de bain, comme il aurait à la faire pour prendre son train. Cependant, assurez-vous d’être à votre meilleur avantage en allant vous coucher. Essayez d’avoir une apparence qui soit avenante sans être aguicheuse. Si vous devez appliquer de la crème pour le visage ou des bigoudis, attendez son sommeil, car cela pourrait le choquer de s’endormir devant un tel spectacle. »

« En ce qui concerne les relations intimes avec votre mari, il est important de vous rappeler vos voeux de mariage et en particulier votre obligation de lui obéir. S’il estime qu’il a besoin de dormir immédiatement, qu’il en soit ainsi. En toute chose, soyez guidée par les désirs de votre mari et ne faites en aucune façon pression sur lui pour provoquer ou stimuler une relation intime. »

« Si votre mari suggère l’accouplement, acceptez alors avec humilité tout en gardant à l’esprit que le plaisir d’un homme est plus important que celui d’une femme. Lorsqu’il atteint l’orgasme, un petit gémissement de votre part l’encouragera et sera tout à fait suffisant pour indiquer toute forme de plaisir que vous avez pu avoir. »

« Si votre mari suggère une pratique moins courante, montrez-vous obéissante et résignée, mais indiquez votre éventuel manque d’enthousiasme en gardant le silence. Il est probable que votre mari s’endormira alors rapidement; ajustez vos vêtements, rafraichissez-vous et appliquez votre crème de nuit et vos produits de soins pour les cheveux. »

«
Vous pouvez alors remonter le réveil afin d’être debout peu de temps avant lui le matin. Cela vous permettra de tenir sa tasse de café à sa disposition lorsqu’il se réveillera. »

(Photo : spigoo — Source : Le Point en administration scolaire — Été 2006)

*

*

*

*

*

*

*


 

Maire Jean Tremblay : quand la religion est une sangsue

Quand le maire d’une ville fait tout pour donner l’impression qu’il fait passer sa religiosité devant ses responsabilités d’élu, il est une bonne chose de le ramener à l’ordre. Et c’est ce que le Tribunal des droits de la personne a fait en ordonnant « à la ville de Saguenay de retirer le crucifix de son hôtel de ville en plus d’interdire la tenue de la prière avant le Conseil municipal ».

Selon Mathieu Bock-Côté, « ce n’est pas aux juges de décider à la place de nos élus de la bonne manière de trancher cette question ». Le sociologue qualifie de « despotisme éclairé » le travail des juges et pourtant il est clair qu’à ce jeu, le despotisme politico-religieux du maire Jean Tremblay ne gagnerait même pas le qualificatif « éclairé ». Et, je me serais attendu à une analyse un peu plus « éclairée » de la part du doctorant… Mais bon, avec des prémisses comme les siennes, aussi teintées du conservatisme, il fallait bien s’attendre à une architecture idéationnelle de la sorte qui actualise, comme par gêne, une volonté de soutenir, coûte que coûte, la tradition.

Encore plus, je crois qu’il faudrait faire ressortir à l’attention de Bock-Côté que les électeurs de la ville de Saguenay ont élu un homme politique et non un homme de foi, même si pour certains électeurs, être religieux est une qualité appréciable, j’en conviens (comme des électeurs votent pour un politicien parce qu’ils le trouvent agréable à regarder — et ça tombe plutôt bien, Jean Tremblay a une bien belle et bonne bouille télévisuelle, photogénique). Mais, revenons à nos moutons (!), faudrait-il laisser le fin mot de l’histoire à un élu qui mélange les choses à ce point? Au moins, un juge n’appuie pas son jugement sur ses propres élucubrations, mais bien sur des textes de loi! (Mais que diantre! quel hasard! qui vote les lois?) On peut toujours critiquer les lois, mais la position du maire encourage encore plus : la raillerie.

Et tenir mordicus à imposer son goût personnel pour la religiosité en public et utiliser les institutions juridiques pour y arriver (avec les frais collectifs qui viennent avec), c’est pour le moins louche, et cela manque cruellement de sérieux (et qu’il soit obligé de faire une levée de fonds pour poursuivre sa croisade me semble un juste retour des choses). Pour cette raison, j’avoue d’emblée que je ne suis pas tellement regardant quant à qui lui tape sur les doigts… Dans un monde politiquement idéal, la laïcité serait respectée par tous, et c’est bien là où se trouve la base de la problématique. (Et je ne veux lire personne déclamer que la laïcité est un complot de la religion athée…)

Et Mathieu Bock-Côté tente de faire un rapprochement entre l’idée des accommodements raisonnables et le « plaignant » qui a porté cette « cause » devant les tribunaux pour dénigrer la décision prise contre la ville de Saguenay. Ça me semble un terrain très glissant dans l’optique où la laïcité est en quelque sorte le terrain d’entente pour ce qui est de la question religieuse, la base sur laquelle on se réfère pour « accommoder raisonnablement » ensuite (hypothétiquement : il me semble qu’une demande d’accommodement pour obtenir le droit d’imposer une prière catholique — ou de toute autre confession — de vive voix dans une réunion municipale ne serait pas très bien vue…). Et, dans toute cette problématique, il faut remarquer que les administrations municipales sont les dernières à résister à la séparation du religieux des affaires publiques. Vers où peut bien se tourner un citoyen qui se sent lésé (avec raison) par la dictature de la prière et de la tradition, sinon du côté des tribunaux? De toute façon, dans le cas qui nous concerne, l’élu Jean Tremblay ne semble pas « raisonnable »…

En passant, je ne suis pas le plus grand apôtre de la Charte des droits et libertés de la personne. Mais pour avoir la légitimité de refuser le religieux d’où il vient et où il se trouve, il faut bien d’abord remettre à leur place les hurluberlus de la trempe de ce maire«-là là » pour qu’ils cessent de se justifier du passé où la religion catholique faisait la pluie et le beau temps au Québec. C’est plutôt difficile de mettre le doigt aujourd’hui sur ce que seraient les valeurs communes des Québécois, mais il y a belle lurette que ce n’est plus la religion catholique qui en est le ciment, n’en déplaise aux gens du « bel âge », enfin à ceux qui ne se sont pas rendu compte que la Terre n’a pas arrêté de tourner depuis leur endoctrinement forcé.

S’agripper à cette époque révolue c’est carrément jouer le jeu des guerres de religion. Et la laïcité est justement une manière de désarmer tout le monde.

*

*

*

*

*

*

*


 

Être à la mauvaise place au mauvais moment

(C’est plutôt rare que je parle de mon travail au bar, je vais y faire exception pour ce billet.)

Il y a une anecdote qui m’est arrivée en fin de semaine passée qui illustre bien que chaque bar a sa personnalité et que cette personnalité ne peut pas toujours bien aller avec tout le monde.

Je faisais tout bonnement mon travail alors que, je dirais, vers une heure, je vois un gars apparaître tout près de moi. Il y a une banquette juste devant mon espace de travail et le gars en question a grimpé dessus pour venir me parler (c’est très rare que des gens fassent ça, ils ont plutôt tendance à garder une distance, tellement que j’ai parfois de la difficulté à les entendre quand le son est au maximum…). Ce qu’il me dit ressemble un peu à ça :

— Heille le gros! Change de toune t’u'suite, le monde « bounce » pas!

C’est le genre de commentaire que n’importe quel DJ déteste, surtout quand en plus on y sent une pointe d’agressivité. Même que n’importe qui qui se fait dire par quelqu’un d’autre comment faire son travail déteste, c’est bien clair. Ce n’est pas un luxe un peu de retenue dans la vie : il y en a qui n’ont visiblement pas ce morceau-là…

Quoi qu’il en soit, ça tombait bien, un de mes confrères qui s’occupe de la sécurité dans le bar était juste à côté de moi. Je n’ai donc même pas répondu au gars, j’ai laissé ça à mon confrère qui avait tout entendu, après que je lui ai bien gentiment passé la « puck ». Le reste de la discussion ressemblait un peu à ça (en pas mal plus condensé) :

— Si la piste de danse était vide, je comprendrais ton point! Mais là c’est plein faque ç’a pas vraiment de rapport.
— Ben là… c’est juste un commentaire, chu un client, j’ai ben le droit!
— T’as le droit aussi d’aller ailleurs si t’es pas content! Personne te retient ici.

Le gars a rouspété un peu, dit qu’il partait tout de suite et s’est reculé. Je l’ai même entendu dire à un autre avec mépris que la chanson qui jouait datait de 1998 (ce qui est faux, elle datait de 2006…). Il parlait pas mal fort pour que j’entende ça, quand même. Mais ça lui a pris une bonne demi-heure avant qu’il parte avec ses amis (que j’ai bien vu danser, chanter et s’énerver : je ne dois pas être si mauvais…). Et pendant tout ce temps-là, nous étions sur les dents étant donné son attitude, mon confrère craignait que le gars lance une bouteille ou un verre derrière le bar, et je craignais qu’il essaye de vandaliser mon matériel (mon portable était à côté de lui).

Quand même, j’ai bien compris que le gars aurait seulement aimé entendre des tounes de l’heure, du « top 40 », des tounes de club, mais il n’était pas à la bonne place pour ça. Je joue plein de styles, du vieux, du neuf, des classiques, du plus « underground » quand ça se prête et ça fonctionne très bien, il ne manque pas de monde par chez nous.

Ça me fait même penser à la fin de semaine d’avant où une cliente m’a pété une coche parce que je ne voulais pas mettre du gros « dance » populaire en début de soirée, alors qu’il me semble plus à propos de mettre de la musique d’ambiance rythmée et de faire monter la sauce jusqu’à ce que la place se remplisse. Je sais qu’il y a des bars où le DJ arrive et commence dans le tapis. Personnellement, je trouve ça agressant, je ne dois pas être le seul…

Quoi qu’il en soit, ces deux exemples confirment la règle : les gens sont en général civilisés! Ce genre d’anecdote arrive très très rarement.

C’est positif.

(Crédit photo : Vincent d’Acromatik)


 

Journal de Montréal : l’équilibre des forces

Le conflit qui se passe au Journal de Montréal n’a pas fini de susciter des débats, c’est bien certain. Alors, concernant le débat en lien avec le code du travail qui interdit « le recours aux travailleurs de remplacement par un employeur lors d’un conflit de travail », le blogueur Vincent Geloso soulève un point qui mérite réflexion. C’est la question de l’équilibre entre les forces syndicales et patronales dans un conflit.

Selon lui, « la question de l’équilibre est mal posée » :

Premièrement, il ne faut pas oublier que le code du travail contient des dispositions qui permettent à des travailleurs en conflit de travailler ailleurs (ce qui se passe avec Rue Frontenac). Uniquement sur ce point, on peut constater que la partie patronale entame la négociation avec un désavantage important. Ce désavantage est encore plus important si on considère que les « salaires » versés à même les fonds de grève sont déductibles d’impôts (ce qui peut leur assurer un revenu assez stable advenant un conflit).

Donc, selon cette logique, il faudrait que la peur du travailleur de ne plus pouvoir subvenir à ses besoins primaires, de perdre sa maison, etc. soit égale à la peur du patron de voir fermer son entreprise, dans le pire des cas. On compare carrément une personne morale à une personne vivante sans faire de distinction éthique quant à la gravité des conséquences d’un conflit pour l’un et pour l’autre.

À mon sens, il se trouve que le risque d’un conflit de travail pour le travailleur est double. Si la compagnie ferme, il n’y a qu’une conséquence pour elle alors que pour le travailleur c’est une perte de revenu pendant le conflit (avec tout ce qui peut venir avec) et une perte d’emploi au final. Et puis, à la base, une personne morale a les reins plus solides qu’une personne vivante (entre autres parce qu’elle n’en a pas réellement, contrairement à un être vivant…). Alors, dans ce sens, qu’un travailleur puisse subvenir à ses besoins pendant un conflit ne me semble pas un avantage, mais bien ce qui participe de l’équilibre, justement.

Certains pourraient rétorquer qu’un conflit de travail cause aussi des dommages à une entreprise pendant que ça se passe et non seulement à la fin, dans le cas d’une hypothétique fermeture, mais je le répète, une personne morale n’est pas un être vivant. On ne peut pas se soucier éthiquement d’autre chose que des répercussions qu’aurait sa « mort » sur ses employés et ses dirigeants. Alors, s’il est clair que les pires répercussions se trouvent du côté des employés (en ajoutant à cela leur nombre) et non des dirigeants, quantitativement, je ne vois pas comment on peut prendre tant la défense des personnes morales, qui ne sont finalement que des bouts de papier en regard de la vie humaine.

Vous comprendrez que j’ai un regard humaniste sur cette question. Oui je crois les entreprises importantes pour l’humanité, mais pas au prix de laisser taire a priori les revendications des travailleurs ou de les placer dans une position d’infériorité.

Mais pour revenir au Journal de Montréal, où est la peur de voir fermer l’entreprise si le produit se fait et qu’il y a des profits à la clé? Quel que soit le fin fond des revendications des deux côtés (là n’est pas la question), Pierre-Karl Péladeau n’a qu’à être patient dans ces conditions pour arriver à ses fins. Ce qui n’est vraiment pas le cas des syndiqués : le temps et l’argent jouent contre eux.

Équilibre, vraiment?

(Image : modification d’une photo de foobear)

Ajout :

Steve Proulx, à ce sujet : Comment casser un syndicat avec une connexion Internet haute vitesse


 

Pourquoi Amir Khadir a été refusé?

Pourquoi Amir Khadir a-t-il été refusé de la commission parlementaire spéciale en lien avec le lock-out au Journal de Montréal? Tout simplement par partisanerie à mon avis.

Ce député est populaire, plein d’éclat et surtout, je vais même utiliser le terme à la mode, pugnace. Au-delà des idées qu’il défend, aussitôt qu’il prend la parole, il fait paraître les autres fades, c’est le moins qu’on puisse dire.

Serait-ce donc alors aussi un peu par jalousie que les autres députés l’ont mis de côté? Surtout quand on sait que l’orgueil humain est très fort?

Mais il ne faut pas oublier aussi que chaque fois qu’Amir Khadir marque des points médiatiquement, c’est de la bonne publicité pour son parti, Québec Solidaire. C’était moins évident avant, ça l’est de plus en plus.

Dans le contexte politique actuel, ce député est ce qui se rapproche le plus de l’intégrité aux yeux de plusieurs, dont moi.

Ajout :

C’est complètement absurde dans le fond, mais ça donne l’impression que ça fait peur…

(Dessin : détail d’une caricature de mon cru.)

Ajout (bis) :

Josée Legault parle aussi de ça (entre autres) : http://www.voir.ca/blogs/jose_legault/archive/2011/02/02/l-emp-234-cheur-de-penser-en-rond.aspx

Quand le PLQ se déguise en défenseur de la langue française

Ce billet est publié conjointement sur le blogue des 7 du Québec. Les commentaires sont fermés ici alors, pour en laisser ou les lire, cliquez sur l’hyperlien suivant : HYPERLIEN

La Presse Affaire titre « Offensive pour franciser les petites entreprises » et on se demande franchement si le terme « offensive » a perdu du mordant! La très crédible ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Charte de la langue française Christine St-Pierre nous a concocté un plan tout à fait emballant pour « convaincre les 2400 petites entreprises de Montréal employant moins de 50 personnes qu’elles brasseront de meilleures affaires si elles se mettent au français ». Aurais-je besoin de spécifier qu’il faut lire la phrase précédente avec autant d’ironie que le suggère cette idée?

Et comme l’écrit bien justement Lou Skannen sur Buffet complet à ce sujet :

les anglos n’ont pas fini de se foutre de notre gueule.

En effet, surtout quand on poursuit sa lecture :

le gouvernement Charest met en place un site internet et il annonce que cinq «démarcheurs» se consacreront à ce travail de persuasion.

Dans l’optique où le prochain Bye Bye parlerait de ça, les scénaristes n’auraient même pas besoin de rien changer, tellement c’est drôle à la base! Et imaginez comment la visite de ces « démarcheurs » sèmera le rire où ils passeront! On se croirait revenu à l’époque de l’annonce des clowns pour les personnes âgées!

Trêve de badineries, cette annonce est carrément une sorte de campagne marketing pour redorer l’image extrêmement assombrie de ce parti. C’est seulement de la partisanerie qui ne donnera aucun résultat. Le PLQ le sait, ce qu’il leur reste de partisan le sait, c’est un piège pour ceux qui ne vont pas politiquement plus loin que les gros titres. Et en ce début d’hiver, c’est se donner faussement des airs de Père Noël…

Il y a dans l’article relatant cette « offensive » un passage assez représentatif du problème que Christine St-Pierre ne veut surtout pas régler :

Seront aussi visés par cette campagne les étudiants d’universités anglophones qui décrochent souvent des petits boulots sans pour autant avoir une connaissance minimale du français.

Madame la ministre a beau penser que « la situation, loin d’être désespérante, est encourageante », son enthousiasme ne se rendra pas par magie jusqu’aux étudiants en question, pas même avec l’aide d’un « démarcheur », ce qui n’est pas synonyme de magicien…

Ce qu’elle n’a pas l’air de comprendre, c’est que le problème de la défense de la langue française au Québec ne peut pas se régler autrement que par la coercition ou l’accession du Québec à la souveraineté, deux solutions hors de question pour elle et sa famille de pleutres. Et on ne peut pas non plus compter sur une bonne partie des francophones pour donner l’exemple en insistant pour parler français le plus possible, ils sont aussi pleutres! Et avec la pression mondialisante anglophile, où tout anglo dans les parages est une bonne occasion de pratiquer, il peut bien alors y avoir une multitude d’unilingues anglos et d’allophones pour se foutre de connaître notre langue, car nous sommes loin d’être un exemple de fierté!

Si c’est la bonne manière de protéger le français, aussi bien distribuer des condoms troués pour contrer les grossesses non désirées…

(Photo : johncappiello)


 

Notes

Comme vous l’avez sans doute remarqué, je suis moins présent ici depuis quelque temps. C’est que mon travail de DJ m’accapare beaucoup depuis que je me suis équipé pour mixer avec seulement un portable et un contrôleur midi, délaissant ainsi les CDs.

Donc, ce que je fais depuis, c’est de classer et transférer toute ma musique, en faisant en sorte que je puisse me retrouver dans cette multitude, que j’ai en mémoire, surtout visuelle, le tout contenu dans une dizaine de livres de CD bien garnis. J’y vais un à la fois, et j’ai pas loin du 3/4 de fait.

Ce qui est bien avec ça, c’est que je réécoute et redécouvre des trucs que j’avais complètement oublié. Ça paraît déjà dans mes soirées, ça apporte plus de variété. Et avec cette nouvelle manière de travailler, plus dynamique (changements plus rapides), je peux mettre plus de tounes puisque je perds moins de temps à chercher. Et puis il y a la possibilité de chercher la musique par BPM, ce qui est considérablement intéressant pour un DJ (je les savais approximativement par coeur, mais maintenant c’est beaucoup plus simple).

Voilà où j’en suis et j’ai bien hâte de terminer tout ça pour revenir à la normale dans ma vie virtuelle, la seule qui en souffre.

*

Pour le peu de temps que je passe sur Twitter, je suis quand même tombé sur la liste des 5000 plus gros comptes Twitter francophone. Sur le coup, je me suis dit que je ne devais pas m’y retrouver. Mais bon, le buzz aidant, voyant que plusieurs que je suis y étaient, j’ai quand même vérifié (et c’est pas facile : la personne qui a monté ça l’a fait avec les avatars et non avec les noms de compte, alors impossible de faire « pomme + F »…).

Finalement, je me situe au 1205e rang, pas mal pour un gars qui pensait ne pas y être! Et la plus belle surprise pour moi, c’est que le compte que je gère pour le Edgar Hypertaverne s’y retrouve aussi, au 2943e rang.

À l’instar de Marie Julie Gagnon, je sais très bien qu’il faut prendre tout ça avec un « grain de sel », mais ça fait plaisir à voir quand même!

*

Et je vous laisse avec une petite vidéo mignonne mettant en vedette ma fille qui, quand elle ne nous met pas les nerfs en boule, nous fait bien rire :

Image de prévisualisation YouTube

(Photo : Peter Guthrie)


 

WikiLeaks d’un autre oeil

Ce billet est publié conjointement sur le blogue des 7 du Québec. Les commentaires sont fermés ici alors, pour en laisser ou les lire, cliquez sur l’hyperlien suivant : HYPERLIEN

Il y a l’histoire officielle WikiLeaks. On m’a pointé une série de textes qui la remet en question. J’ai bien voulu m’y ouvrir.

Nous sommes assurément en terrain conspirationniste, mais, contrairement à ce qu’on voit habituellement, les États-Unis ne sont pas le personnage principal. Plutôt quelque chose comme l’arroseur arrosé, ou encore mieux, un bouc émissaire :

De façon plus anecdotique, un bouc était envoyé par certains bergers d’Amérique du sud pour attirer sur lui les piranhas infestant les rivières tandis que le reste du troupeau passait sans dommage à un autre gué.

Se basant sur le fait qu’aucune information diplomatique coulée par ce site ne met en danger Israël, on argue que le but de tout cela est de déstabiliser les États-Unis et d’ainsi pointer l’éclairage sur ce pays (lire : détourner l’attention du public) tandis qu’on ouvre la voie à une attaque de l’Iran. Je reste sur ma faim quant à l’Iran et je ne me taperai pas la lecture de toute l’information sur WikiLeaks pour vérifier l’assertion comme quoi Israël est plus blanc que blanc dans cette histoire, d’autres semblent avoir déjà fait le travail, et très bien en plus!

Autre théorie, cette avalanche de documents mis en disponibilité pour le public et les médias justifierait dans le futur une guerre globale des gouvernements contre la liberté d’information que permet le web, parce que cela constituerait une menace pour la sécurité internationale.

Pour justifier ces théories, il y a quand même un argument assez intéressant du côté de Pierre Bellefeuille :

J’ai visité le site Wikileaks pour la toute première fois hier. Tiens donc on aurait eu le temps de classer par catégorie des centaines de milliers de documents! Intéressant! Cela nécessite certainement une très grande coordination, et une gestion centralisée pour ne pas perdre la rigueur de classification, ce qui n’est pas en soi un travail d’amateur! Pour les sources, il me semble qu’on doit être très au fait de tout ce qui se passe sur notre belle planète au niveau diplomatique, ce qui ne pourrait provenir que de quelques centres très précis d’où il serait difficile de laisser sortir autant d’information. Pourquoi ces infos sortent-elles tout d’un coup? Je ne crois pas au hasard, ni à la bonne volonté de quelques bien intentionnés individus à l’égard de la communauté internationale. Peut-être que je fais erreur ici et que je ne comprends rien à tout ça.

Et il y a l’arrestation du grand manitou de WikiLeaks, Julian Assange, pour une affaire de « viol, d’agression sexuelle et de coercition » perpétrée sur deux Suédoises. À la base, le fait qu’il s’est rendu lui-même aux autorités est assez surprenant. Et du côté du site infowars.com on écrit que cela ressemble à un coup monté politique, car il a été révélé qu’une des deux femmes, une militante féministe qui a publié un guide sur « comment se venger des hommes et les faire souffrir », a des liens avec la CIA.

Personnellement, j’ai peine à m’y retrouver. Si tout cela s’avère véridique, c’est risible comment les États-Unis se font manipuler. Mais si c’était plutôt nous, en fin de compte, qui étions manipulés, et à plusieurs degrés?

Je n’ai malheureusement pas la réponse, mais ça donne froid dans le dos.

*

Autres lectures relatées :

Le hoax Wiki

Wikileaks ? Une intox sioniste

L’acide toxique de Wikileaks fuit dans toutes les directions, sauf vers Israël

Wikileaks – la connexion Tel-Aviv


 

L’entreprise de charme de Jean Charest à Tout le monde en parle

Depuis que j’ai écouté l’entrevue de Jean Charest à Tout le monde en parle, je n’arrête pas de penser au fait que même un criminel est capable d’être charmant et sympathique en société. Donc, humain. Je lisais avant-hier dans le dernier numéro d’Urbania (spécial Escrocs) un article racontant les péripéties du grand fraudeur et imposteur Christophe Rocancourt et c’est bien de cette manière qu’on le décrit.

Je ne dis pas que notre Premier ministre est un fraudeur et un imposteur, loin de là, mais il ne faut pas s’enlever de la tête que malgré sa bonhomie et son air candide, ça ne l’empêche pas de possiblement au moins maquiller la vérité quant à son refus obstiné de tenir une enquête publique au sujet de vous savez quoi! Il doit tellement se répéter que sa position est la bonne qu’il donne une impression de sincérité, ce à quoi sont aussi capable les acteurs, en passant…

Mais pour aller plus directement au fait, ne pensez-vous pas que ses explications au sujet de l’inutilité d’une enquête publique, comme quoi cela donnerait l’immunité (il l’a répété deux fois en plus), ne tiennent pas la route? En vérité, si on se réfère à quelque chose de similaire, l’enquête publique sur le scandale des commandites ne semble pas avoir empêché aucune arrestation. Pourquoi cela serait-il différent aujourd’hui?

Et, pour justifier ses positions, John James tentait de nous expliquer que le gouvernement fait sont travail et qu’il va de l’avant quoiqu’en pense la population et les médias parce qu’on doit le juger à la lumière d’un mandat. La belle affaire! Pourtant, depuis qu’il est là, l’automobile dans laquelle il a supposément les deux mains sur le volant n’a vraiment pas fait qu’avancer, rappelons-nous l’histoire autour du Mont Orford…

Rien dans cette entrevue ne m’empêchera de penser que le refus pour une commission concerne la peur de se voir éclaboussé et que le refus du moratoire (et de nationaliser l’exploitation des gaz de schiste) concerne du copinage partisan avec l’industrie gazière.

Mais bon, je ne suis qu’un petit citoyen qui ne comprend rien…

*

Justement, mon amie Noisette Sociale aimerait bien que notre PM lui explique tout ça, lors d’un entretien convivial, au début de l’an prochain. Peut-être qu’avec le pouvoir des médias sociaux son rêve deviendra réalité!

*

Quand un belle brique tombe :

Des jeunes du PLQ veulent le départ de Charest

Ajout : http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/vincent-marissal/201012/07/01-4349854-un-grand-leader-incompris.php


 

Quelques mots sur « Comment devenir une star des médias sociaux »

Je viens de terminer la lecture du livre « Comment devenir une star des médias sociaux » de Dominic Arpin et Patrick Dion, ce guide qui ratisse assez large concernant l’utilisation de Twitter et Facebook. Même si je connaissais beaucoup ce dont il est question (à part les trucs techniques concernant Facebook), ma lecture fut agréable, gracieuseté des plumes imagées des deux auteurs.

C’est extrêmement bien fait, le travail de recherche est colossal, je ne peux que le conseiller. Par contre, je préconiserais un achat assez rapide, puisque cette minutie a un défaut : toute cette information peut devenir désuète assez rapidement! Mais ce conseil concerne surtout la section technique sur Facebook, qui fait quand même la majorité de la deuxième moitié, mais pour le reste, quant aux conseils sur l’utilisation, les codes et la « culture » des médias sociaux, ça ne devrait pas changer trop vite, ça reste du « social ».

Une petite déception minuscule, c’était de voir des illustrations en noir et blanc alors que la couleur aurait été essentielle pour l’ambiance… (Ce détail aurait été la cerise sur le sundae! – mais je sais très bien que ce n’était pas le désir des deux auteurs…)

Donc, voilà, en gros, mon appréciation de cet ouvrage, qui, en passant, accompagne bien celui de Michelle Blanc, paru précédemment; plus « sociologique » et autobiographique celui-là.


 

Découvertes musicales, par là!

Pour ceux qui ne savent pas, je m’occupe des médias sociaux pour le bar où je travaille comme DJ, le Edgar Hypertaverne, sur le Plateau, à Montréal.

J’ai commencé à publier voilà pas si longtemps des billets sur l’Hyperblogue, des annonces d’événements, des publications de photos, et surtout, des textes où je livre mes découvertes musicales. Je me suis donné comme mission de pointer plutôt des pièces musicales que des albums, étant donné que le travail du DJ se concentre plus là-dessus, ça va de soi.

Et pour ce qui est des choix des musiques, c’est certain que c’est toujours des trucs avec du rythme.

Donc, si vous voulez découvrir de la nouvelle musique, vous pouvez suivre ce blogue. Nous avons aussi un compte Twitter où j’interagis et diffuse certaines pièces que je joue pendant mes sets de DJ. Nous avons aussi un compte Facebook et un groupe.

Vous êtes bien sûr les bienvenues!


 

Payer pour un médecin de famille?

On apprend que le Groupe santé Physimed offre la possibilité d’avoir un médecin de famille aux gens qui se soumettent à un bilan de santé, moyennant 340$. Au-delà du fait que cela donne l’occasion aux gens plus fortuné d’obtenir un médecin dans un contexte de pénurie, cela démontre que le privé en santé ne s’accorde pas très bien avec le système public.

Quand on nous dit qu’il y a un manque de médecin de famille et qu’on nous donne un chiffre, ce chiffre est visiblement gonflé par les médecins et les places qui attendent de se voir distribués par Physimed et autres cliniques privées. Parce que ça ne s’invente pas en claquant des doigts un médecin de famille et sa disponibilité…

Donc, si je comprends bien le système, ces cliniques privées se montent des banques de médecins de famille avec des disponibilités (ce qui en soi augmente la pénurie) en échange d’un pourcentage sur lesdits frais du bilan de santé.

Ce qui me fait me poser beaucoup de questions sur le système d’attribution des places de médecin de famille, parce qu’il semble y avoir une belle grosse craque dans la règlementation.

Pour ma part, avec un jeune enfant, je serais bien tenté d’utiliser ce stratagème pour combler ce vide dans notre vie de famille. Mais j’irais à reculons, j’aurais le goût amer dans la bouche de celui qui s’est fait forcer la main pour mettre de côté ses valeurs. Ça ne me ferait pas plaisir d’avoir l’impression d’avoir volé la place de quelqu’un d’autre parce que j’ai plus de pouvoir d’achat.

Et je ne dis même pas que je ne tomberai pas dans ce piège un jour. Ça sera bien la preuve que les affairistes de la santé auront bien fait leur travail de destruction du système de santé public avec l’aide du gouvernement.

Je leur donne déjà une bonne note.

(Photo : zigazou76)

Surqualification et surdiplomation

David Gendron posait une question :

Sur-qualification et sur-diplomation des sans-emplois au Québec: des suggestions pour des causes?

Ma réponse :

Le problème, je crois, c’est que l’augmentation des chances de succès dans le marché du travail avec la diplomation de haut niveau est surévaluée.

Il y a peut-être aussi beaucoup le hasard des choix d’études qui joue. Et l’idée que l’on doit absolument étudier dans un domaine qui nous intéresse et non dans un domaine avec des perspectives d’emploi.

Donc, un gros problème qui prend sa source dans l’individualité, dans le sens où il n’est pas question de satisfaire un besoin de société, mais bien un désir d’accomplissement personnel.

En écrivant ça, je ne juge pas, mais je constate seulement que la surdiplomation et surqualification sont les contrecoups de l’évolution sociétale démocratique.

Et je rajouterais, concernant l’idée d’ « évolution sociétale démocratique », qu’il n’est surtout pas question de la démocratie comme hypothétique système politique que nous nous affublons, mais bien de la démocratisation : l’illusion de la liberté que l’offre et la demande du marché du travail ne permet que bien partiellement. Il n’y aura alors que les gens avec des qualités d’entrepreneur et les moyens requis pour y arriver pour bien goûter à la perspective du choix.

(Photo : totalaldo)