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Un nouveau discours pour les écolos?

L’agence Science-Presse fait une douzaine de prévisions pour 2012. Une de celles-là, la cinquième, concerne « La quête d’un nouveau discours pour les écologistes ». On ne dit pas quelle en sera sa teneur, mais pour ma part j’ai ma petite idée quant à ce qu’il devrait être.

Si la photo qui trône au-dessus de ce billet ne vous sonne pas déjà une cloche, il s’agit de la pollution en lien direct avec la consommation humaine. Dans ce cas précis, qui se passait en Chine, il s’agit de la pollution de deux entreprises oeuvrant dans la teinturerie qui déversaient directement leurs eaux usées dans une rivière. Bien sûr, il y a bien pire comme pollution, mais l’image est assez frappante. Et pour clore l’histoire, les deux entreprises ont été fermées. Et on se doute que le contexte politique chinois y est pour beaucoup…

On sait que le point central des revendications des écologistes est la lutte aux changements climatiques, que l’on nomme aussi parfois « réchauffements climatiques ». Depuis longtemps, je pense qu’ils font fausse route. Bien que la contestation de la droite quant à la réalité d’un réchauffement climatique due à l’activité humaine est grandement ridiculisée, elle continue de miner les progrès mondiaux au niveau de l’environnement. Une preuve parmi tant d’autres est la position du gouvernement canadien, mené par un parti de droite, avec à sa tête un dénommé Stephen Harper qui se cache bien d’être un climato-sceptique.

Donc, ce que je pense, c’est que les écologistes devraient abandonner la cause du climat pour se tourner vers le problème plus général de la pollution, mais en lien avec la santé humaine. À une époque où par exemple on apprend que le « nombre de naissances avec anomalies aurait presque doublé au cours de la dernière décennie, passant ainsi d’un bébé touché sur 80 à un bébé sur 50 », c’est carrément se cacher la tête sous le sable que de ne pas concéder que ces nouveaux problèmes, comme aussi l’augmentation des cancers, sont vraisemblablement dus aux problèmes environnementaux.

Devant un discours qui pointerait les très possibles maux que pourraient nous causer ces pollutions, il serait beaucoup plus difficile de s’en laver les mains avec l’argument économique, comme c’est le cas en ce moment. Parce qu’il est bien évident que les problèmes de santé coûtent cher, même si ça rapporte au système de santé (qui se dirige tranquillement mais sûrement vers le tout privé) et les pharmaceutiques. Et puis, ce serait bien évidemment le discours de la prévention en contradiction avec celui, très hasardeux, de la réparation des pots cassés. Et encore plus, ne serait-il pas une très bonne avenue pour l’économie que de prendre le pari du développement des technologies vertes pour contrecarrer ces pollutions?

En fin de compte, ça ne consisterait pas en un si grand bouleversement ce changement de discours. Seulement aller toucher ce qui est au coeur de la vie humaine. Le climat est trop abstrait même s’il est essentiel. Et en vérité il n’est la plupart du temps qu’un sujet utile pour briser le silence. Raison de plus.

 

Pour commenter, suivre ce lien : http://leglobe.ca/blog/2012/01/un-nouveau-discours-pour-les-ecolos/

Bilan 2011

 

En guise de bilan de l’année, je vais fouiller dans mes billets.

Janvier

L’année 2011 a débuté en lion avec la remise par le commissaire Bastarache de son rapport lavant Jean Charest des allégations de Marc Bellemare. De mon côté, ç’a donné entre autres une caricature :

Février

Le deuxième mois de l’année a été malmené par la croisade du coloré maire de Saguenay, Jean Tremblay, pour la pérennité de la tradition de la prière lors des réunions municipales. Dans mon billet à ce sujet, entre autres, je soulignais « qu’il faudrait faire ressortir […] que les électeurs de la ville de Saguenay ont élu un homme politique et non un homme de foi », ce qui était déjà une bonne distinction à faire pour diriger le débat. Et, étant donné que j’aime bien la rigolade, je me suis permis d’imaginer ces mots sur une affiche « À mettre sur la porte de l’Hôtel de ville de Saguenay pour faire pomper Jean Tremblay » :

 

Prière
de ne pas
prier

Mars

Le mois de mars a fait vibrer les médias (de bas en haut), mais pas du tout le monde ordinaire, avec les néologismes « madamisation » (un terme explosif créé par le chroniqueur du Devoir Stéphane Bailargeon), « bonhomisation » (un premier mème par Simon Jodoin), « mouettisation » (une bonne blague de Martin Petit) et « dindification » (une blague non volontaire de Pierre Fraser…) :

 

La madamisation serait un mouvement médiatique qui mettrait de l’avant et à profusion les contenus légers, domestiques, ce qu’on retrouvait précédemment seulement dans les magazines comme Madame au foyer. La bonhomisation serait le phénomène de réduire les débats de société à un niveau simpliste, ce qu’on appelle communément « le gros bon sens ». La dindification serait la propension de la très grande majorité (pour ne pas dire : tout le monde sauf Pierre Fraser) à adopter une pensée toute faite, donc à laisser tomber son esprit critique.

 

Je suis bien content de le souligner avant que cela ne tombe totalement dans l’oubli…

Avril

En avril, les Québécois se sont déchirés alors que le chanteur Bertrand Cantat allait participer à une pièce de théâtre mise en scène par Wadji Mouawad. Comme on se souvient, tout a été annulé parce que le tollé a été trop gros. Pour ma part, après avoir été dans « la tornade du dilemme », j’ai finalement penché du côté Cantat-Mouawad. Devant l’impossibilité de condenser ma pensée, je vous invite à faire ces lectures :

http://www.renartleveille.com/mouwad-et-cantat-la-tornade-du-dilemme/
http://www.renartleveille.com/mouawad-et-cantat-apres-le-dilemme/

Mai

Début mai, un nouveau gouvernement conservateur a été élu, mais cette fois-là majoritaire. Et pour la première fois, le NPD a réussi à se hisser au rang d’opposition officielle grâce au Québec, qui a délaissé son traditionnel vote pour le Bloc.

Durant la campagne électorale, on offrait aux Canadiens l’outil web nommé la Boussole électorale, pour les aider à faire leur choix. Les résultats de ce super sondage étaient très intéressants, et démontraient très bien que le Québec est une société distincte :

 

 

À la lumière de tout cela, […] il n’y a pas de doute que le Québec fait cavalier seul et ne se retrouve pas dans cette fédération centralisatrice, qui sera menée par un gouvernement conservateur, ce parti très impopulaire dans la belle province. Est-ce que les Québécois pourront continuer de faire du déni alors que le ROC est farouchement contre le caractère particulier du Québec? La quintessence de cette hypocrisie étant, pour les Canadiens hors Québec, le total refus de reconnaître la nation québécoise alors que le parti qu’ils ont porté au pouvoir se vante de l’avoir reconnu (bien que ce soit en réalité de la poudre aux yeux!).

Dans ces conditions, le statu quo qui prévaut encore en ce moment est une insulte à l’intelligence. Si le Québec était un individu, franchement, comment peut-il se regarder dans le miroir? L’amour-propre, cela veut-il encore dire quelque chose?

 

Juin

C’est à la fin du mois de mai que la crise au PQ a trouvé sa genèse avec le projet de loi privé présenté par Agnès Maltais pour sceller l’entente conclue entre la Ville de Québec et Quebecor dans la gestion d’un futur amphithéâtre. Et c’est au début de juin que l’histoire a enflammé les médias et la population. Fin juin, c’est le chroniqueur de La Presse, Alain Dubuc, qui était tout feu tout flamme en analysant la crise au PQ et la fonte de ses appuis dans les sondages. Son excitation l’a conduit à formuler que nous serions au début de « l’ère postsouverainiste ». Pourtant :

 

Beaucoup de souverainistes, dont moi, trouvaient que le Bloc était un frein à la souveraineté et il disparaît presque complètement. Beaucoup de souverainistes, dont moi, trouvent que Pauline Marois à la tête du PQ est un frein à la souveraineté et elle est en ce moment malmenée au point où si elle s’acharne à s’accrocher à son trône, c’est tout le château qui va s’effondrer…

 

Je pouvais bien trouver que son propos ressemblait à une « Nouvelle érotique pour fédéralistes »…

Juillet

Juillet a été sous la couleur de la folie des Guy Turcotte et Anders Behring Breivik.

Pour ce qui est de Turcotte, c’est mon incompréhension quant au verdict rendu qui a pris le dessus et qui le prend toujours, même aujourd’hui :

http://www.renartleveille.com/la-folie-ordinaire/

Et pour Breivik, c’est la constatation que notre seul point en commun (l’antimulticulturalisme) n’a vraiment pas réussi à me le faire comprendre :

http://www.renartleveille.com/dans-la-mire-danders-behring-breivik/

Août

Ce mois a été marqué au fer rouge par l’effondrement d’une structure de béton dans le tunnel Ville-Marie, au matin du 31 juillet. Personnellement, c’est la réponse de Sam Hamad, d’un optimisme insultant, qui a fait s’effondrer le très peu de confiance que j’avais en Jean Charest et son gouvernement :

 

je commence à en avoir ras le bol du discours rassurant des politiciens


C’est bien beau faire des déclarations après-coup, mais la population n’est pas stupide, elle a en tête le scénario de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment.


nul doute que Sam Hamad protège le bilan Charest ici. Ce que j’aurais au moins aimé entendre c’est : il y a un gros problème avec les infrastructures et nous allons tout faire en notre possible pour le régler!

 

Et j’ai pondu cette caricature, question d’en rire même si c’était difficile :

 

 

Septembre

On se rappellera que septembre a été pour Charest une suite de briques pour sa tête avec premièrement le départ de Nathalie Normandeau, qui n’a pas tellement fait vibrer les médias, même si ce même genre de nouvelle aurait pu bien nourrir le gonflement de la crise du PQ, si cela s’était passé de ce côté… Ensuite vint le rapport de l’Unité anticollusion qui a fait gonfler l’indignation citoyenne à l’instar des prix des soumissions de l‘industrie de la construction

Cette indignation a pris forme sous un projet de manifestation le 24 septembre qui a été finalement et malheureusement un pétard mouillé.

Octobre

La mort du géant Steve Jobs a été ce qui a le plus marqué ce mois d’octobre. Personnellement, j’ai trouvé que la reprise de cet événement dans les médias (traditionnels et sociaux) donnait l’impression d’être un concert d’opportunisme global :


Il est tout à fait normal de voir les médias traditionnels jouer le jeu du sensationnel, ceux qui critiquent ce fait sont à peine pris au sérieux. Le spectacle est roi. Alors quand nous devenons tous à différents degrés des médias en soi, l’indice consensuel d’un événement comme celui-ci est comme une lumière pour les moustiques dans la nuit.

 

Novembre

Ce qui a marqué novembre, c’est surtout le mouvement mondial des indignés qui avait commencé à faire parler de lui ici par son début le 15 octobre. Jusqu’à ce que les indignés se fassent sortir du Square Victoria, les réactionnaires de tout acabit se sont joints au concert de critiques. À mon sens, la critique la moins logique du lot consistait « à pointer le fait que certains de ces indignés ont assez d’argent pour posséder des gadgets électroniques, portables, téléphones intelligents, etc., alors qu’ils critiquent le capitalisme, et de qualifier tout ça de contradictoire » :

 

Cette logique bon marché, c’est de dire que c’est le capitalisme, et lui seul, qui permet aux gens d’avoir de l’argent : donc, qu’il n’y a pas de légitimité à critiquer « la main qui nous nourrit » (tout cela en délaissant bien sûr dans le calcul celui qui met l’épaule à la roue…). Cet argument est vide de sens dans l’optique où le système dans lequel nous sommes a été mis en place précédemment à la réalité de la critique que nous pouvons formuler aujourd’hui sur celui-ci. Et le fait de posséder ces outils, conséquence d’une certaine réussite de ce système, ne saurait à lui seul empêcher la critique de ses échecs.

 

Décembre

Et finalement pour décembre, je ne peux pas passer à côté de l’histoire de la nomination par la direction du Canadien de Montréal de l’entraîneur Randy Cunnyworth, unilingue anglophone, alors que le début d’une crise linguistique a malmené 2011 :

 

Cette situation est la métaphore parfaite pour démontrer l’ignorance de certains décideurs quant à l’importance accrue du fait français au Québec. Il ne faut vraiment pas avoir de flair politique pour avoir pris la décision de nommer cet unilingue, même temporairement. C’était bien évident que ça allait réagir beaucoup plus fort que pour l’affaire de la Caisse de dépôt, simplement parce que le hockey est omniprésent et est même pour certains pratiquement le seul contact qu’ils ont avec la société.

 

Sur ce, je ne peux que nous souhaiter une année 2012 plus positive. Du côté canadien, j’en doute avec les Conservateurs de Stephen Harper au pouvoir. Mais avec la très possible fin du règne libéral au Québec, il y a de quoi se réjouir!

 

Pour laisser un commentaire, suivre ce lien : http://leglobe.ca/blog/2011/12/bilan-2011-de-renart/

Charest, comme on l’aime…

 

Charest, charest… S’il n’existait pas, il faudrait l’inventer, mais seulement sous la forme d’un personnage de fiction s’il vous plaît!

Sa patente à gosse, qu’il nous promet améliorée, c’est tout simplement le désagrégement du mur étanche séparant le judiciaire et le politique :

Deux anciens ministres de la Justice, un libéral et l’autre péquiste, estiment que le premier ministre Jean Charest a créé un dangereux précédent en obligeant la juge France Charbonneau à lui demander certains pouvoirs, si elle le juge nécessaire, pour présider à son enquête.

Les pouvoirs manquants étant d’assujettir la Commission Charbonneau à la Loi sur les commissions d’enquête et de contraindre certaines personnes à venir témoigner devant la Commission.

«J’imagine mal qu’on puisse demander une telle chose à la magistrature», a commenté Linda Goupil, qui fut ministre de la Justice de 1998 à 2001, sous le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard.

La séparation qui doit exister entre les pouvoirs judiciaire et politique doit être à ce point étanche qu’un juge n’a pas à demander quoi que ce soit au gouvernement. «Il a la pleine liberté d’agir dans la mesure où il a le mandat de le faire», précise Me Goupil.

Aux yeux de Marc Bellemare, ministre de la Justice de 2003 à 2004, si jamais la juge Charbonneau s’adresse au gouvernement pour réclamer des pouvoirs additionnels, un «lien malsain» se créera aussitôt entre la Commission et l’exécutif du gouvernement, ce qui nuira inévitablement à sa très nécessaire indépendance.

Ça devrait s’ajouter aux récriminations du mouvement d’occupation au Québec, ça pourrait faire office de nonosse pour Éric Duhaime. Non, même pas… (Màj : finalement, Charest a plié, on aura une vraie commission : http://www.cyberpresse.ca/actualites/dossiers/commission-charbonneau/201111/09/01-4466190-charbonneau-aura-tous-les-pouvoirs-prevus-par-la-loi.php)

Et ça m’a fait bien rire quand j’ai lu que notre premier ministre « a mis le gouvernement fédéral en garde [...] de chercher à rétablir ses finances sur le dos des provinces. » Quelle carte a-t-il dans sa manche pour avoir un ton si bagarreur? Rien, nada, niet! Avec le PLQ à Québec, Harper peut faire ce qu’il veut (encore plus avec sa majorité) : il est impossible de faire miroiter qu’on peut claquer la porte! Charest n’est quand même pas Bourassa!

Et, concernant son gouvernement, on se rend compte que « la place de l’anglais comme langue de travail dans les services publics » est disproportionnée par rapport au poids démographique des anglophones. Je me disais, pratique comme tout, que les 2,2 milliards qui sont dépensés en trop pour offrir des services en anglais au Québec devraient être redirigés vers les programmes de francisation. Mais non, ça serait impossible, puisque la bande à Charest va déjà dans l’autre sens et a coupé plus d’une trentaine de « classes de français destinées aux immigrants en raison de compressions budgétaires. » Et il ose nous dire sans rire que le fait français compte pour lui…

Bon, une petite dernière pour la route! Charest se moque de la coalition CAQ-ADQ en soulevant que François Legault est un souverainiste de gauche et que Gérard Deltell est un fédéraliste de droite, mais avouez qu’il est en lui-même hautement risible : il est un conservateur dans un parti « libéral »… Alors qu’il s’exclamait que « Ça va être fascinant d’observer ça », avec tout le sarcasme que l’on peut y lire, une grande partie des Québécois n’en pense pas moins à son sujet, c’est le moins que je puisse écrire.


 

Harper, et la colonoscopie du Québécois

 

Je suis en furie. Parce ce que j’ai lu la dernière chronique de Michel David dans Le Devoir : « Free-for-all ». C’est en plein ça, c’est le free-for-all! Il y démontre que Stephen Harper en profite pour démanteler peu à peu le bilinguisme officiel canadien pendant que le Québécois regarde dans le vide. Et je me permets de rajouter : avec des yeux de lapin… non, de grenouille morte!

Ce n’est pas que je suis un fervent défenseur du bilinguisme officiel, au contraire, j’ai toujours pensé que c’était de la poudre aux yeux! Mais il est bien évident que si Harper va ouvertement dans le sens de le démanteler à petit feu, c’est qu’il a bien compris, et que les Québécois ne vont pas trop rechigner, ainsi que les Canadiens francophones du ROC, et que le poids politique de tout ce beau monde est négligeable pour sa pérennité électorale.

Bien que Stephen Harper soit presque bilingue lui-même, son parti-pris n’est pas pour le fait français au Canada, et encore moins particulièrement pour le Québec :

Bien avant de devenir premier ministre, il avait décrété que le bilinguisme officiel souhaité par Pierre Elliott Trudeau avait échoué.

«Ne vous y trompez pas. Le Canada n’est pas un pays bilingue. En fait, il est moins bilingue que jamais. [...] La religion du bilinguisme est celle d’un dieu qui a échoué. Elle n’a conduit ni à l’équité ni à l’unité et elle a coûté aux contribuables canadiens des millions et des millions», écrivait-il en février 2002 dans une brochure publiée à l’occasion de la course au leadership de la défunte Alliance canadienne.

Sur le plan individuel, c’était évidemment une autre affaire. À l’époque où il dirigeait la National Citizen’s Coalition, M. Harper soutenait la cause des parents des francophones qui voulaient faire éduquer leurs enfants en anglais au Québec, comme il s’opposait à la règle de la «nette prédominance» du français dans l’affichage.



Quand même, il y a Harper d’un côté, et nous de l’autre. Il peut bien avoir autant d’opinions qu’il veut, c’est à nous de nous placer en porte-à-faux au besoin. Mais ce que je constate, c’est que nous nous comportons comme quelque chose qui ressemble à des colonisés, ce terme assez insultant j’en conviens. Par contre, ce terme, je le trouve actuellement insuffisant pour bien décrire ce que je pense du peuple québécois. J’ai trouvé le néologisme « colonoscopié », qui me semble beaucoup plus juste.

Je ne crois pas avoir à vous expliquer ce qu’est une colonoscopie, ni dans quelle position doit se placer celui qui s’en fait faire une.

Même seulement mentale, une image vaut toujours mille mots.

Ajout :

Très intéressant texte au sujet d’Harper et du Québec :

 

http://www.cyberpresse.ca/place-publique/opinions/201111/04/01-4464681-vers-la-separation.php


 

Les conservateurs et la liberté d’expression à la carte

 

Il ne fallait pas attendre bien bien longtemps avant de voir les fruits pourris de la dernière victoire conservatrice majoritaire. Une illustratrice, Franke James, qui avec son exposition devait « faire le tour de l’Europe dans le cadre d’une série de forums jeunesse sur le thème de l’environnement », s’est vue couper l’herbe sous les pieds par le gouvernement Harper, visiblement parce qu’une partie de ses oeuvres était trop critique politiquement à son endroit.

L’organisatrice de l’exposition, Sandra Antonovic, n’a pas réagi par des mots tendres :

C’est le genre de réaction qu’on attendrait de la Chine, du gouvernement Poutine ou du Kazakhstan, dit-elle. On considère le Canada comme un symbole de la liberté d’expression, un pays ouvert, mais ce n’est pas le cas.

Ce n’est pas le cas parce que les Canadiens n’ont pas bien mesurés le poids de leur vote. Et ce n’est pas comme s’ils n’étaient pas au courant que la liberté d’expression canadienne s’égrainait déjà, bien avant les dernières élections fédérales.

Mais bon, la liberté d’expression est toujours très liée aux artistes, alors, c’est beaucoup plus pratique pour faire passer le morceau…

(Illustrations : Franke James)

Ajout :

Ottawa aurait muselé une scientifique du ministère des Pêches et des Océans


 

L’enjeu de la culture

 

Quand Nathalie Elgrably-Levy, ainsi que les autres droitistes de sa trempe, dit non au mécénat public, elle a tout à fait le droit. Je ne lui enlèverai pas, même si son droit de l’exprimer est magnifié par sa place de chroniqueuse dans un média tentaculaire et surtout, omniprésent. Média qui, on le sait, ne joue plus tellement dans le territoire de l’objectivité lorsqu’il est question d’opinions. Bon, de toute façon, objectivité et opinions ne font pas bon ménage, alors je parlerai plutôt d’un manque de diversité.

Selon moi, Simon Jodoin, du Voir, a très bien démonté l’argumentaire de sa chronique torchée à la va-vite. Un blogueur, Civil Rony, a très bien défendu le mécénat public dans une lettre adressée à la chroniqueuse. Mais ça ne reste que mon avis, celui que je forge selon mes valeurs. Hautement épicés oui par mon parcours artistique. Mais quand Nathalie Elgrably-Levy demande « L’État doit-il jouer le rôle de mécène ? », sa propre réponse se cogne surtout à celle de la collectivité. Et elle espère bien que son regard simpliste pourra émouvoir ceux à qui ce qualificatif sied le mieux…

Par contre, je n’ai pas trop de difficulté à croire que le Québec penche du côté du mécénat public. Si les Québécois n’ont pas eu de difficulté à voter en masse pour le NPD, clairement à gauche, ils doivent bien aussi donner leur aval à une participation étatique à la culture. Par contre, si Stephen Harper décide de couper là où ça fera le plus mal aux artistes, il ne nous restera qu’encore plus de dépit de n’avoir rien pu faire pour empêcher un gouvernement majoritaire conservateur.

Et là, on voit bien le topo qui s’en vient. Politiquement, Harper va couper tandis que le NPD va crier dans le vide. Le Québec va se joindre à ce cri alors que le ROC va ajouter à sa liste une autre raison de dénigrer les Québécois. Rendu-là, si le Québécois moyen ne comprend pas qu’il est très mal servi par le système fédéral de ce trop grand pays, il ne lui restera qu’à gueuler dans le vide, assis sur son balcon, ce qu’il semble seulement capable de faire… (Et hop! une autre raison de plus de désirer la souveraineté!)

Mais, pour rester dans la politique, je crois qu’il faut voir une double utilité à de possibles coupes dans la culture pour le gouvernement Harper. À court terme, c’est bien sûr de faire plaisir aux électeurs de la droite dite économique. Cependant, à long terme, de mettre des bâtons dans les roues de la culture québécoise pourrait d’autant miner, et la spécificité des Québécois, et leur désir de jalousement la préserver. Si l’État est un levier important pour le succès de certains artistes et la découverte d’autres, entre autres, il faut craindre un certain marasme qui se fera sentir collectivement. Et à un point de non-retour, le mouvement souverainiste sera relayé au folklore, la langue française pas trop loin derrière. Tout ça, bien sûr, avec toute l’exagération dont je suis capable, en occultant aussi le fait que le gouvernement provincial a aussi son mot à dire à ce sujet. Mais je crois que vous comprenez l’idée. Et puis, quand même, à ce que je sache, les Québécois payent encore des impôts au fédéral.

On me répondra que si la culture québécoise a besoin de l’État pour fleurir, elle ne doit donc pas valoir grand-chose, qu’on la laisse donc mourir de sa belle mort. Mais je reviendrai à ce que j’écrivais au début de ce texte, soit que c’est un choix collectif. Si les Québécois veulent collectivement aider la culture en passant par l’État, c’est tout à fait légitime. Et jusqu’à ce qu’un mouvement de société assez fort pour renverser cela se pointe et réussisse à les faire changer d’avis, ce que Nathalie Elgrably-Levy et consorts tentent de faire, c’est de cette manière que ça se passe, et avec quand même beaucoup de bonheur. Quoi qu’ils en disent, même la raison la plus pure ne pourrait arriver à démontrer que l’investissement en culture ne donne absolument rien. Comme je ne dis pas d’ailleurs que la culture disparaîtrait obligatoirement avec la disparition des subventions étatiques.

Comme n’importe quel choix, il y a des pour et des contre. Malheureusement, la chroniqueuse tente clairement d’occulter les bons côtés du mécénat public et les mauvais côtés d’un désengagement de l’État dans la culture. Est-ce que ça surprend quelqu’un?


 

Je vote (même si c’est à reculons)

 

 

Oui, je vais aller voter. Pas que je sois extrêmement excité par l’exercice, mais je vais y aller. Oui, notre système parlementaire est désuet, mais ce n’est pas une raison. Ce n’est pas un jeu, alors de se dire que les règles ne nous plaisent pas alors on ne joue plus, c’est un mélange de puérilité et d’irresponsabilité. Mais bon, je ne mettrai pas tout le monde dans le même panier parce que pour certains, c’est plus une réflexion gangrenée par cet utopisme qui fait théoriser bien sérieusement dans le sens qu’on peut faire avancer les choses en ne bougeant pas… Ce sont bien sûr des boutades, mais seulement pour ce qui est de la forme.

Même si c’est à reculons, je vais aller voter parce qu’en mon for intérieur je ne crois pas que n’importe quel résultat, c’est du pareil au même. Et dans les faits, c’est ridicule de penser, par exemple, qu’une décision de Harper ou de Layton, en situation de gouvernement minoritaire, c’est du pareil au même. Encore plus de penser que ça revient au même un gouvernement majoritaire ou minoritaire. Ça se vérifie avec n’importe quel scénario. L’Histoire n’est jamais dessinée d’avance, malgré les pronostics que quiconque peut faire. Justement, qui aurait prédit la montée actuelle du NPD dans les intentions de vote?

Oui, sûrement qu’au bout du compte on va se faire avoir encore par les promesses gonflées à l’hélium, mais de ne pas voter n’a aucune chance de changer quoi que ce soit à ces hypothétiques résultats. L’abstentionnisme n’est qu’un message trop flou pour être compris à sa juste valeur, contrairement à l’annulation du vote. Au moins, là-dessus, il n’y a pas d’ambiguïté possible.

Mais je ne suis pas plus pour l’annulation du vote que contre l’abstention. Parce que cette décision m’apparaît trop comme le résultat de la frustration de ne trouver aucun parti qui nous va comme un gant. Les individus étant à la base dissemblables, il faudrait alors autant de partis politiques que d’individus… Oui, en le regardant du côté négatif, il faut alors voter pour son moins pire, même si c’est à contrecœur : au moins, ça met une chance de plus de défaire son pire choix!

Par contre, je ne peux pas faire preuve de mauvaise foi, l’annulation du vote pourrait donner un sacré signal si cela atteignait quelque chose comme le nombre de votes d’un des partis en tête. Ou mieux encore, une majorité. Mais pour ça, il faudrait que cette majorité use de ses muscles jambiers et fessiers… Et mon petit doigt me dit que c’est loin d’être gagné!

Alors, oui à la votation même si elle est imparfaite. À moins d’un vrai soulèvement citoyen, notre démocratie continuera de faire son chemin avec ou sans nous. Aussi bien embarquer dans le train et se croiser les doigts pour que ça passe le mieux possible.


 

Le Bloc et le statut du Québec, et le fantasme de P.E.T.

 

Une chose est certaine, c’est que l’existence du Bloc permet aux partis fédéraux de faire l’économie d’une position claire sur le statut du Québec. Et la reconnaissance fantoche de la nation québécoise par Stephen Harper en 2006, ça ne compte pas…

Lou Skannen de Buffet complet ironisait aujourd’hui dans ce sens, après avoir soulevé que Jack Layton et Michael Ignatieff ont été racoleurs dernièrement dans leurs discours sur la « question de la place du Québec au sein du CAnada » :

 

Essentiellement, les propos des deux chefs se rejoignent pour affirmer que la place du Québec se trouve entre l’Ontario et le Nouveau-Brunswick, pas aussi riche que l’une, mais beaucoup plus bilingue que l’autre.

 

Et si le Bloc mange une raclée à cette élection et qu’il se saborde finalement (comme je le prédis/souhaites — même si je vais voter Bloc), peut-être que l’avenir nous réserve la fin de la procrastination constitutionnelle. À moins que l’à-plat-ventrisme québécois gruge ce qu’il nous reste de fierté. Oui, la fierté, même l’arrogance, l’orgueil, qui est la dernière clé de notre survivance. Pour s’en convaincre, il faut encore et encore regarder l’hécatombe de la francophonie canadienne, à force de se plier aux fantasmes de Pierre-Elliott Trudeau, ici via le discours d’un certain Michel Fournier, franco-Albertain :

 

Mon idée du Canada, c’est que c’est un pays bilingue. Mais on me chie dessus! Depuis que je suis haut comme ça, je parle français et anglais. Je suis le rêve érotique de Pierre Trudeau. Mais je parle français avec un accent. Je parle anglais avec un accent. Et quand j’appelle quelque part, que j’appuie sur le 2 pour avoir du service en français, que ce soit à la banque ou au gouvernement, ben y en a pas de service en français!

 

Oui, je sais qu’il n’y a pas que la question linguistique, mais, quand même, ça fait réfléchir…


 

La tyrannophobie

 

À la suite de mon billet de la semaine dernière au sujet (entre autres) du registre des armes à feu, certaines personnes ont argumenté en défaveur de ce registre avec l’idée de la possible menace d’un gouvernement tyrannique. Comme quoi le registre est une manière pour le gouvernement d’avoir le contrôle sur les armes à feu sur le territoire. Comme quoi s’il lui prend le goût de se radicaliser au point de provoquer le peuple à prendre les armes, le gouvernement aurait les moyens de l’empêcher. Ce qui est une autre manière d’expliquer ce qui sous-tend le deuxième amendement de la Constitution de États-Unis :

La codification du droit de porter des armes dans le Bill of Rights fut influencé par la peur que le gouvernement fédéral pourrait désarmer le peuple afin d’imposer des règles par l’intermédiaire d’une armée de métier ou d’une milice, puisque l’histoire avait montré la façon dont les tyrans éliminaient la résistance en retirant les armes au peuple et en rendant illégal le fait d’en conserver afin de supprimer les opposants politiques.

Force est de constater que, comme beaucoup de lois, cela a mal vieilli. Ou plutôt, mal évolué. Nous ne sommes plus, au Canada ni aux États-Unis, dans des sociétés où le risque de se retrouver avec un dictateur dans le sens propre du terme est très élevé. Je vois peut-être la vie trop en couleur, mais notre vie est douce, comparée à certains pays où la démocratie n’est pas loin d’être utopique. Et puis, si nous pouvons sans trop de mal comparer nos dirigeants à des dictateurs, les armes qu’ils utilisent sont légères comme des cauchemars… Avec bien sûr quelques fiers-à-bras pour empêcher des journalistes de poser des questions embarrassantes.

Mais pour revenir en soi au registre des armes à feu, même dans l’optique d’une hypothétique tyrannie du gouvernement, je me demande s’il empêcherait quoi que ce soit : c’est à dire empêcher un soulèvement armé du peuple s’il fallait légitimement que cela se rende jusque-là. À ce que je sache, il est toujours possible de se procurer des armes sur le marché noir et j’ose espérer qu’un gouvernement tyrannique n’irait pas jusqu’à enlever tout l’argent disponible des citoyens pour les empêcher de s’en acheter… Encore, le registre des armes à feu n’empêche aucunement quiconque de se procurer une arme, s’il est dans son droit d’en posséder une, selon les lois et règlements (et, personnellement, je vois plus de dangers à ce que tous puissent se procurer une arme facilement qu’à continuer de tenir un registre avec le supposé risque de tyrannie gouvernementale). Encore plus, même si le registre permet de savoir où toutes les armes se trouvent, il faudra quand même aller les confisquer, ce qui n’est pas une mince affaire… Où est le problème alors?

À mon sens, cet argumentaire tyrannophobique ne tient pas la route parce qu’il réduit une problématique technique à un point philosophique pour le peu archaïque. Quand on entendra parler de cas de désarmement de citoyens sans fondements, ou que les lois changeront dans ce sens, je regarderai cet argumentaire avec un peu plus de sérieux.

Et puis, c’est quand même Stephen Harper qui veut couper le registre, et ce n’est sûrement pas pour empêcher la tyrannie du gouvernement, et ni pour cette raison que les états-uniens pro armes à feu militent…

La tyrannophobie est dans le fin fond une forme d’hypocrisie. Peut-être inconsciente.

Bang! Bang!

(Photo : upicks)


 

Est-ce que la campagne anti-Harper sert à quelque chose d’autre que de s’amuser?

 

J’ai publié hier ce message sur Twitter :

La campagne anti-Harper est presque futile : il faut vraiment avoir des valeurs X pour mettre son X sur la case de votation conservatrice.

Quelqu’un a trouvé le moyen de lire ça comme une insulte à Harper. Et pourtant, ce n’était vraiment pas mon but, au contraire. C’est bien le propos le plus raisonnable que j’ai écrit sur Harper et les conservateurs depuis le début de cette campagne électorale.

Que quelqu’un hésite entre les libéraux et le NPD, ça se défend, mais hésiter entre les conservateurs et le NPD, c’est plutôt drôle, étant donné que ce sont des partis qui ont des visions totalement différentes. Même chose pour le PLC versus le PCC. Même le PVC (les Verts), dans le fond. Et, pour ce qui est du bloc, sa position se rapproche aussi de celle du NPD et des libéraux, même des Verts, la position souverainiste en plus!

Il me semble qu’il ne faut vraiment pas être politisé pour pouvoir balancer entre un parti du bloc plus gauchiste et les conservateurs. Ou baser son choix de votation sur seulement un enjeu, comme la réfection du pont Champlain ou l’amphithéâtre à Québec. J’espère que la plupart des gens font une analyse plus globale…

Mais bon, nous sommes au courant qu’il y a des batailles qui feront pencher la balance en faveur des conservateurs ou un des autres partis. Une histoire d’indécis et du taux de votation. C’est une réalité. Même si elle me semble absurde au niveau de l’indécision. Quand même, je suis tombé dernièrement sur une nouvelle qui me donne encore plus cette impression :

Vos orientations politiques seraient-elles décelables à la simple analyse de votre cerveau? Des chercheurs britanniques affirment qu’il est possible de déterminer les préférences idéologiques d’une personne en scrutant ses structures cérébrales.

Alors, je répète, est-ce que la campagne anti-Harper sert à quelque chose d’autre que de s’amuser?


 

Opinion-minute : Harper, G8, confiance, transparence

 

Sous ses airs de bon papa qui promettait « la transparence », Stephen Harper et son gouvernement cachaient bien mal leur jeu. Les faits ont pris la part du lion sur la suspicion avec l’accusation « de s’être placé dans l’illégalité en disposant à sa guise, sans l’autorisation éclairée du Parlement, de fonds publics pour le sommet du G8. Le ministre Tony Clement aurait choisi lui-même, en concertation avec un maire et un entrepreneur local, les projets à financer dans sa circonscription.

Le gouvernement soutient que le rapport de la vérificatrice générale Sheila Fraser, ayant fait l’objet d’une fuite dans les médias, a été «considérablement» modifié pour la version définitive, mais les partis d’opposition y voient le pire exemple de favoritisme qui soit. Le public, lui, ne pourra pas se forger sa propre opinion avant le jour du scrutin, Mme Fraser ayant déclaré qu’il n’était pas question de publier en campagne électorale son rapport sur le sommet du G8. Il en va de son indépendance, elle qui est redevable au Parlement, pas aux partis politiques. »

Digne de confiance? Mon oeil.

 

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L’image qui chapeaute ce billet est inspirée d’une excellente idée de Dominique Noël, du blogue « Je me branle la cervelle » (ou vous pouvez y voir quelques versions). Rick Chasseur du blogue « Le Stupidarium » propose aussi quelques versions ainsi que l’image vierge de slogan à télécharger, ce dont je me suis servi pour concocter la mienne.


 

Question de tirer au fusil sur les subventions publiques aux partis…

Durant cette campagne électorale, il y a deux thèmes chers aux conservateurs qui me font tiquer : la promesse de Stephen Harper d’abolir une grande partie du registre des armes à feu et son voeu de couper les subventions publiques aux partis politiques.

Pour ce qui est des armes à feu, il y a quelque chose qui me semble contradictoire. N’est-il pas celui qui donne beaucoup d’importance à la lutte contre la criminalité (à sa manière) en allongeant « les peines minimales pour les crimes graves commis avec des armes à feu »? N’est-il pas celui qui a fait augmenter les dépenses dans les services correctionnels « de près de 80 % »?

Il ne veut pas améliorer le registre, mais bien l’abolir, enfin, « abolir l’obligation d’enregistrer les armes longues, comme les fusils de chasse » (lire : faire plaisir aux chasseurs). Ça dépasse l’entendement quand on ne comprend pas ce que cela signifie entre les lignes. ll y a un lien à faire avec ce satané désir de liberté calqué sur nos voisins du sud, comme quoi l’État ne va pas nous dire quoi faire (je suis d’accord en partie avec ça, mais il y a des limites : posséder une arme n’est pas la même chose que faire ce qu’on veut dans notre chambre à coucher). Pourtant, ça prend un permis pour conduire une voiture et il faut qu’elle soit enregistrée (même que le coût de tout ça n’est jamais remis en question). On parle d’armes, pas de jouets pour les enfants. Et quand on sait que les « corps de police canadiens, dont la SQ et la GRC, sont contre l’abolition », c’est encore plus absurde.

D’un côté, on amplifie la répression alors que le taux de criminalité baisse (au Canada — et aux États-Unis, où « on incarcère cinq fois plus qu’au Canada »). Et de l’autre on veut laisser libre court à la liberté des armes de chasse, celles-là mêmes qui peuvent autant tuer des humains que les autres. C’est là où le bât blesse. Parce qu’en soi, une arme, c’est un condensé de possibilités de meurtres. Le seul fait qu’elle existe crée un danger qu’il faut au moins baliser. C’est la moindre des choses. Et puis, je ne comprends tout simplement pas ce qu’il y a de si excitant pour les chasseurs et agriculteurs dans cette promesse électorale. Est-ce vraiment une si grande insulte à leur intelligence que de leur demander d’inscrire leurs armes dans un registre? À moins que cette obligation ne soit prise comme une injure, l’injure d’être mis dans le même panier que les membres des clubs de tirs…

Pour ce qui est de la question de couper les subventions publiques aux partis politiques, elle est très certainement partisane. C’est bien connu, le parti conservateur n’a pas trop de problèmes, comparativement aux autres partis, à remplir ses coffres. Il ferait ainsi une pierre deux coups! Couper l’herbe sous le pied de ses adversaires et, pour l’avenir, s’installer comme nouveau parti naturel de gouvernance du Canada « (Natural Governing Party) ». Mais, globalement, le plus grave dans tout ça, c’est que ce possible abandon des subventions aux partis ouvre toute grande la porte à une augmentation du pouvoir des plus riches, à une ploutocratie. Déjà que la démocratie comme on la vit est déjà bien malmenée.

Dans le fond, il n’y a rien de plus simple comme calcul. Ce ne sont pas les pauvres ni même la classe moyenne qui ont les moyens d’encourager les partis politiques. Quel que soit le parti qui donnera le plus de bonbons à la classe riche, il obtiendra le plus d’argent. Oublions alors l’idée même d’équité en politique et quelque chose qui ressemblerait un peu à l’équilibre des chances. Encore plus loin, imaginons tous les partis tentant de séduire la classe riche dans le but de simplement survivre. Pour contrer cela, il faudrait un puissant mouvement populaire qui ne semble pas près de poindre à l’horizon.

Certains argueront qu’il est question de liberté individuelle versus de la mainmise de l’État, mais ils oublieront de dire qu’au final cette idée de liberté se monnaye. Dans ce cas, peut-on encore parler de liberté?

 

(Photo : roel1943)

La pollution visuelle et mentale des pancartes électorales

 

En 2008, lors de la campagne électorale fédérale qui a mené Stephen Harper au pouvoir, j’ai fait à ma façon et à mon humble niveau la promotion de l’absence de pancartes électorales dans les rues. Comme je l’écrivais autrement, ces pancartes sont une grosse nuisance à l’esthétisme de l’environnement urbain et rural, en plus d’être un gaspillage de ressources. Ça ne s’arrêtait pas là :

Et question marketing, je me disais qu’un parti qui aurait eu le courage de me pas embarquer dans cette pollution visuelle aurait pu utiliser cet argent pour faire un beau coup de pub. Imaginez combien l’absence de pancarte d’un parti politique dans le paysage aurait eu d’impact si une pub avait réussi à lier fortement cette absence et ce parti.

Ce parti se serait retrouvé nulle part et partout à la fois.

Sans faire de lien de causalité, il s’est avéré qu’en 2009 Union Montréal et Vision Montréal ont décidé de ne pas s’afficher dans la ville pendant la campagne électorale municipale. On arguait que la raison principale était les coûts énormes de ce genre de campagne publicitaire. Question de mononcliser, dans mon livre à moi, c’est une autre bonne raison d’abandonner cette pratique.

Malgré cet exemple, il semble que tous les partis fédéraux vont placarder nos horizons de leurs slogans et autres sourires en plastique quand même. À notre grand dam. Alors, j’aimerais trouver une autre bonne raison de plus pour que l’avenir nous réserve un ciel plus monochrome…

Parce qu’il faut se le dire franchement, les pancartes électorales titillent tout sauf l’intelligence des gens. Elles ont peu à voir avec l’essence même de la démocratie représentative. On y présente les couleurs des partis, des slogans (l’antithèse du développement d’une idée) ainsi que des gueules figées dans le sens du plan de marketing choisi (même si la plupart du temps c’est d’un sourire plus ou moins réussi dont il s’agit). En gros, nous sommes dans le royaume des apparences, de la représentation. Ce qui est juste bon pour voter pour les mauvaises raisons.

Donc, voilà, j’accuse les pancartes électorales d’encourager la paresse intellectuelle auprès de ceux qui sont paresseux de nature. Pour qui va voter pour un candidat surtout parce qu’il a un air rassurant, nonobstant de ce qu’il prône réellement. Pour qui va voter pour cet autre parce qu’il le conforte dans ses préjugés physionomiques, avec tout ce qui vient avec : genre, origine. Sans oublier ceux qui n’iront pas voter en réaction de cette agression visuelle, quand c’est tout ce qu’ils peuvent retenir de la politique (contrairement à mes amis anarchistes abstentionnistes).

Dans ces conditions, la politique devrait se tenir aussi loin que possible de ces techniques publicitaires, qui sont par nature tapageuses, racoleuses, parfois même mensongères (et je ne me pencherai pas ici sur les messages publicitaires télé et radio). Puisqu’il n’est pas question de « vendre » quelque chose, mais bien de se choisir un moyen d’avancer. Et la meilleure façon de faire un choix de véhicule éclairé est sans conteste de faire fi des apparences et d’aller creuser, même si ça demande un effort. Qui achète une voiture en se basant seulement sur le design de la carrosserie?

Je pourrais continuer sur cette lancée en tentant de détruire aussi le traditionnel serrage de mains et même l’idée du porte-à-porte, mais bon, une chose à la fois…

(Photo : sashamd)

 


 

Politique-fiction : Stephen Harper provoquant la souveraineté du Québec

 

Si le Parti Conservateur gagne majoritairement les prochaines élections fédérales, mais tout juste, comme on se l’imagine, la clé de sa future majorité confortable se trouve peut-être du côté du Québec. (Et même s’il ne réussit pas, dans le fond.) Dans l’optique où le Québec continuerait toujours de s’accrocher au Bloc Québécois, Stephen Harper devrait possiblement songer à se débarrasser de cette épine au pied.

Parce qu’avec le poids du Québec qui ne semble pas réagir de la même manière que le ROC, c’est plutôt difficile de s’asseoir autrement que sur une fesse dans le trône du pouvoir. Et si les autres Canadiens (qui ne voient pas un danger dans Stephen Harper) mesurent la portée de cette différence politique, irréconciliable, il ne sera pas difficile de les convaincre du bien-fondé d’une pousse-putsch de la sorte.

Dehors à coups de pieds au cul bande de larves ingrates! Débarrassez les quêteux, les paresseux! Restez donc ensemble bande de perdants, croupissez avec votre langue en décadence!

Personnellement, je recevrais ce genre d’insultes avec un sourire!

 

(Photo : k-ideas)

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