Tag Archives: Social

Mon vote est dans l’urne

Voilà, c’est fait. Mon vote est dans l’urne. Je suis fébrile quant à ce que cet exercice démocratique va donner comme résultat. Et je ne tenterai pas de faire des projections, puisque Lire le billet sur Le Globe…

CHI et féminisme : humour et lieux communs

Depuis mon premier billet au sujet du féminisme et du spectacle de la Coalition des Humoristes Indignés (CHI), je suis en dialogue avec la blogueuse Catherine Voyer-Léger. Je lui posais sur Twitter Lire le billet sur Le Globe…

CHI : le féminisme et l’humour

Je suis perplexe suite à ma lecture du texte du Comité Femmes GGI paru sur L’Axe du mad, en lien avec le spectacle de la Coalition des Humoristes Indignés (CHI), dont la CLASSE a refusé Lire le billet sur Le Globe…

Oui Foglia, éduquer l’humain ou le futur travailleur?

Il faut que je vous fasse une confession. Quand je me fais aller les méninges pour vous transmettre mes réflexions sur le web, et ce, depuis que j’ai commencé à le faire en 2007, j’ai le syndrome Lire le billet sur Le Globe…

La crise étudiante comme débat gauche-droite

Depuis le début de la crise étudiante, j’ai tenté tant bien que mal de classifier seulement les deux camps comme étant les pro-hausses et les carrés rouges. Et la soi-disant position Lire le billet sur Le Globe…

Sommes-nous mûrs pour une révolution?

Il y a une tension dans l’air. Comme s’il était possible de franchir un point de non-retour. La foutue date butoir. C’est un mur qui se défonce et c’est déjà commencé. Le mouvement Lire le billet sur Le Globe…

Tout le monde en jase – 25 mars

Mon billet-fleuve du lundi au sujet de l’émission Tout le monde en parle où je donne mon avis et laisse une bonne place à l’opinion de mon réseau Twitter.

Pierre Nadeau

« Entrevue-hommage » à Lire le billet sur Le Globe…

19 janvier 2012 : début de la première infoguerre mondiale

© A.F.P. / Michael Gottschalk

Hier, le mouvement Anonymous a frappé certains sites du gouvernement des États-Unis, j’en parle plus amplement sur Le Globe à cette adresse : http://leglobe.ca/blog/2012/01/19-janvier-2012-debut-de-la-premiere-infoguerre-mondiale/

Le Canadien et le français : Cunneyworth est un prétexte

(Photo : cdn.nhle.com)

Au Québec depuis quelque temps, tu es indigné par un entraineur temporaire unilingue anglophone ou tu es indigné de voir tant d’indignation pour soi-disant pas grand-chose. Pour ma part, je suis surtout content de constater que pour une fois le hockey (le sport — pas le phénomène social) est presque seulement un prétexte.

Parce que oui le hockey est un catalyseur, je ne peux pas le nier, même si personnellement je ne m’y intéresse pas tellement. Dans le fond, le gros du débat en lien avec l’entraineur unilingue anglo concerne le fait d’y voir ou non seulement une question sportive. Si on y voit seulement une question sportive, c’est bien certain que le fait de la non-capacité de s’exprimer en français d’un entraîneur est hautement secondaire. Sans conteste, Randy Cunneyworth est un personnage interchangeable dans cette histoire. Mais j’ai l’impression que certains se rangent de ce côté parce que c’est une manière facile d’avoir un argument qui a l’air intelligent contre ceux qui voient dans cette situation une occasion de parler de la problématique linguistique.

Sinon, je crois qu’on sous-estime la population et sa capacité d’analyse. La question du fait français ressort de plus en plus de tous les côtés et je pense que cette histoire est seulement la goutte qui a fait déborder le vase. D’autant plus qu’il s’agit du Canadien de Montréal, point d’ancrage important de l’identité québécoise qui est, comme on le sait, historiquement récente.

Parlant d’Histoire, mon collègue Patrick Lévesque a soulevé le fait avéré que le « hockey est un sport d’anglophones, créés par des anglophones, pour des anglophones » et que le « peuple de Canadiens Français soumis et assimilé n’a vu dans ce club qu’un moyen de se valoriser aux yeux de la majorité dominante du pays ». Normand Lester a d’ailleurs soulevé la même chose avec sa chronique « Le club de hockey Canadien est anglophone depuis 70 ans. Réveillez-vous que diable! »

Le message est limpide, mais je ne crois pas qu’il réussit à mettre un terme au débat, au contraire. Cela ne fait que l’attiser. Croyez-vous vraiment que la majorité de la population amateur du CH va se faire enlever à grands frais le tatouage qu’il a sur le coeur pour cette raison? C’est bien beau l’Histoire, mais la relation entre le Canadien et les Québécois s’est actualisée jusqu’à aujourd’hui et là où le bât blesse il ne fait pas moins mal parce que l’historique du club l’explique.

Cette situation est la métaphore parfaite pour démontrer l’ignorance de certains décideurs quant à l’importance accrue du fait français au Québec. Il ne faut vraiment pas avoir de flair politique pour avoir pris la décision de nommer cet unilingue, même temporairement. C’était bien évident que ça allait réagir beaucoup plus fort que pour l’affaire de la Caisse de dépôt, simplement parce que le hockey est omniprésent et est même pour certains pratiquement le seul contact qu’ils ont avec la société.

Randy Cunnyworth est un prétexte, mais surtout une étincelle. Comme le souligne Josée Legault : pour « que MÊME la ministre de la Culture, autrement connue pour sa capacité exceptionnelle à faire du surplace entêté sur la question linguistique – dénonce la nomination de cet entraîneur unilingue anglophone », c’est que la situation est pour le moins sensible. Le ras-le-bol n’attendait qu’une occasion de se manifester, et elle a été servie sur un plateau d’argent.

Et je ne crois pas que de ridiculiser ce ras-le-bol en pointant le fait que c’est une nomination temporaire va aider la cause des amateurs de vin dilué à l’eau, le mal est fait. Espérons que cela portera fruit. Je vous laisse imaginer dans quel sens…

 

Pour laisser un commentaire, suivre ce lien : http://leglobe.ca/blog/2011/12/le-canadien-et-le-francais-cunneyworth-est-un-pretexte/

Un tapis rouge souillé pour le Huffington Post?

 

À bien des égards, je partage l’indignation de Simon Jodoin au sujet de l’annonce de la contribution bénévole de huit personnalités au Huffington Post Québec. Cela n’est aucunement étranger du fait que je suis le cofondateur du site Le Globe, qui est aussi un webjournal regroupant des blogueurs, et qui espère prendre du galon dans le paysage médiatique québécois.

Mais il y a une différence majeure, et je me dois de l’écrire puisque ce n’est pas évident pour le lecteur : notre plus grand désir est de générer des revenus pour pouvoir payer nos blogueurs, même si ce sont des « citoyens » (contrairement au site états-unien qui a fait son « modèle d’affaires » d’exploiter leur légendaire générosité et leur talent). Il n’y a pas bien sûr pour l’instant encore de revenus à la clé (nous venons de passer le cap du premier mois d’existence), mais nous espérons en générer au courant de l’année 2012. Pour nous, aller dans le même sens que le HuffPost serait de nous mettre dans une position éthique très discutable.

Mais ce qui est remarquable dans toute cette histoire, c’est que l’annonce de la contribution bénévole des huit personnalités est emblématique de l’accueil qu’on réserve à l’arrivée de ce site. Depuis qu’on sait que le HuffPost vient s’implanter chez nous, à la lumière de ma propre veille dans les médias (sociaux inclus), il n’y a pratiquement pas une journée où il n’en est pas question. Et ce, malgré le fait bien évident que ce site s’en vient extrêmement bien plus prendre qu’il ne vient donner. Et l’annonce de ces nominations est vraiment une bonne occasion de bien marquer le tout au fer rouge (en harmonie avec le tapis rouge que l’on déroule majestueusement pour ce site…).

En guise de parenthèse, je peux vous avouer qu’on m’a demandé via Twitter si j’étais intéressé de recevoir une offre de collaboration de la part du Huffington Post. J’ai acquiescé à la demande en espérant un changement de cap de l’entreprise, donc en espérant une offre de travail rémunéré (j’aurais très bien pu le faire tout en continuant de développer Le Globe). Mais non, c’était seulement une offre de visibilité (que visiblement je me coupe en ce moment même…). Fin de la parenthèse.

C’est bien beau la visibilité, mais elle a ses limites. C’est pourquoi je comprends tout à fait les raisons « du blogueur Jonathan Tasini qui réclame que les quelque 9000 contributeurs non rémunérés aux États-Unis soient payés pour la valeur qu’ils ont créée ». Parce que si on divise par 9000 les 315 millions qu’a reçus Ariana Huffington pour son site par AOL (pour aller au plus simple), ça donne quand même 35 000$, ce qui n’est pas rien. (À moindre mesure, cela me fait étrangement penser à l’achat par Rogers de Branchez-vous! pour 25 millions en 2010 – cette acquisition s’est produite pas très longtemps après que je sois parti de BV! pour cause de salaire de crève-faim, alors imaginez ma réaction…)

Mais pour revenir à nos huit personnalités, j’espère qu’ils comprennent bien dans quoi ils s’embarquent. Le Huffington Post Québec va se servir d’eux pour faire grandir sa crédibilité, qui est déjà bien en selle grâce entre autres au travail des journalistes des grands médias, ce qui va faire en sorte d’attirer comme des mouches les blogueurs « citoyens » qui mettront l’épaule à la roue pour permettre à AOL d’engranger de super profits sans trop faire grand chose d’autre que d’ouvrir ses poches.

Alors, ce que je peux dire à Amir Khadir, Steven Guilbault, Normand Baillargeon, Françoise David, Évelyne de la Chenelière, Charlotte Laurier, Jean Barbe et Djemila Benhabib, c’est que s’ils sont disponibles bénévolement pour aider, Le Globe serait très heureux de les accueillir dans son équipe. C’est un projet québécois qui veut créer de l’emploi pour les gens d’ici. Et qui veut devenir entre autres un lieu important de rencontre de ceux qui s’engagent dans le débat social sur le web. Pour l’instant, nous n’avons pas à offrir la visibilité que devrait avoir le Huffington Post Québec si ça continue sur cette lancée, mais avec leur aide et celle d’autres, cela pourrait changer, et très positivement.

Il y a en ce moment une guerre pour faire taire le cynique en moi, alors j’espère que j’aurai eu raison de le bâillonner aussi violemment.

(Photo : nnova)

Pour laisser un commentaire, suivre ce lien : http://leglobe.ca/blog/2011/12/un-tapis-rouge-souille-pour-le-huffington-post/

Tout le monde en jase – 20 novembre

 

Première chronique hebdomadaire au sujet de l’émission Tout le monde en parle. Cela sera un condensé de mon expérience télévisuelle en compagnie de l’outil social Twitter.

Normand Legault et Gaétan Frigon

Invités pour présenter l’émission « Dans l’oeil du dragon », à Radio-Canada à partir du printemps 2012, on a soulevé avec raison que le choix éditorial de les avoir comme premiers invités est « vraiment triste »… Alors que Radio-Canada tapait sur les doigts de Quebecor via « Enquête » au sujet de la convergence et de l’auto-promotion dernièrement, c’est plutôt contradictoire.

Au-delà de ça, je trouve personnellement que cette émission à venir est une bonne chose. Le Québec a besoin de voir des entrepreneurs mis en vedettes, si ça peut en encourager d’autres à se lancer!

Et, quand même, dans le cas de ces deux invités et du sujet de cette émission, le concept de « Tout le monde en parle » est encore un peu élastique. Mais bon, on peut toujours arguer que l’expression « tout le monde en parle » peut s’appliquer au futur…

Sophie Fontanel

Invitée pour présenter de son dernier livre, « L’Envie », qui parle de son abstinence sexuelle durant 10 ans. Il va sans dire que le sujet est sensible en cette ère où l’hypersexualisation est un terme très à la mode.

J’ai noté ce tweet de @kiwibruissant :

Geste éminemment politique dans ce monde qui carbure à la porno

Il faudrait que je lise le livre pour me faire une idée en lien avec la démarche de la dame, mais en soi ça se tient, même si je ne crois pas que la porno c’est le diable.

Tweet qui représente bien mes réflexions durant l’entrevue :

10 ans sans sexe pour un homme c’est un exploit, pour une femme c’est un choix! #ProposGénéraliste #biologie #psychologie

 

Dany Laferrière

Cette émission donnait une bonne place aux livres avec celui-là qui venait présenter « L’art presque perdu de ne rien faire ». L’entrevue était à mon sens assez fouillis, à l’image de l’impression que me donnent ses interventions dans le livre « De quoi le Québec à-t-il besoin? » Justement, pour condenser ses propos, il a répondu que « le Québec a besoin de sortir du Québec ».

Donc, si je comprends bien, il nous accuse d’être refermés sur nous-mêmes. Personnellement, je crois qu’il faut un équilibre, et dans le contexte de la mondialisation, il est tout à fait normal, et de s’ouvrir au monde, et de prendre soin de soi. Je pense qu’en tant qu’immigré lui-même il le voit trop gros ce réflexe de protection chez les Québécois (dont il semble lui-même s’exclure), alors qu’il n’y a pas, à mon humble avis, de disproportion avec l’influence extérieure.

Francois Legault

Je ne sais trop si, le plus objectivement possible, ça l’a aidé ou non cette apparition à TLMEP. Mais, personnellement, je trouve qu’il a marqué un point en exposant sa position sur l’immigration (baisser le nombre de gens reçu, le temps de rattraper le retard au niveau de l’intégration et de la francisation). Par contre, là où il a foiré solide, c’est quand il a dit bien sérieusement que « les Québécois ne veulent pas entendre parler des questions constitutionnelles ». Il est bien clair pour moi qu’il ne fait que participer au concert des fédéralistes (qui se sentent bien au chaud dans le nid douillet du statu quo) même si très dernièrement un sondage donnait comme résultat que 70% des Québécois veulent une modification de la Constitution. Un mensonge maintes et maintes fois répété peut devenir une vérité, c’est ce qu’on dit…

Mais pour revenir à sa position sur l’immigration, j’ai lu beaucoup de réactions négatives qui m’ont fait écrire cette réflexion :

Drôle comment on peut confondre « réduire le nombre d’immigrants à recevoir » pour des raisons techniques et des raisons racistes.

Marina Orsini

Durant son entrevue, elle a fait un parallèle entre l’omniprésence des médias sociaux et la solitude, comme si cela y participait. Murphy Cooper a mis plus vite que moi les mots qu’il fallait sur Twitter :

J’me demande si en 2011 c’est encore à jour de dire qu’on est seul avec les médias sociaux…

Pour aller au plus simple, je crois qu’un jour on réussira à effacer la cloison entre la communication dans le monde physique et la communication dans le monde virtuel. Une relation reste à la base une relation, même si ensuite on peut toujours la qualifier.

Et à notre collaboratrice Marilène Pilon, qui disait qu’on se retrouvait seuls après avoir fermé l’écran, je répondais qu’il vaut mieux vivre la solitude avec les médias sociaux que sans, comme quoi…

Emmanuel Carrère

Ça m’a juste donné le goût d’aller m’acheter son roman. Mission accomplie.

Lara Roxx et Mia Donovan

C’est un sujet qui a beaucoup fait réagir les gens sur Twitter. On a beaucoup trop à mon goût donné de l’importance au fait que l’ancienne actrice porno répétait « double pénétration anale », mais je dois avouer qu’il fallait quand même du front pour laisser ça au montage!

À un moment donné durant l’entrevue, on a soulevé l’exemple d’un viol collectif où les jeunes hommes ne semblaient pas comprendre le mal qu’ils avaient fait, puisqu’ils n’ont fait que reproduire ce qu’ils ont vu dans les films pornos. J’ai cru bon remettre les pendules à l’heure :

Ne pas confondre : « écouter de la porno » et « ne pas être éduqué au niveau de la sexualité »… #TLMEP

 

*******

Et pour le mot de la fin, je vais citer un tweet de Dany Paquin :

 

Ouin ben, #TLMEP est allé d’un extrême à l’autre ce soir #10anssanssexeVSdoublepénétrationanale

 

Traduction de la phrase-clic (hashtag) : 10 ans sans sexe vs. double pénétration anale.

 

P.S. Dorénavant, je vais fermer mes commentaires ici pour les billets que je publie sur Le Globe. Vous pourrez quand même lire le billet ici, mais si l’envie vous prend d’y réagir, vous n’aurez pas le choix de vous rendre sur l’autre site (et ça vous donnera l’occasion d’aller le voir si ce n’est déjà fait… ;-) ). Voici donc le lien : http://leglobe.ca/blog/2011/11/tout-le-monde-en-jase-20-novembre/

De quoi le Québec a-t-il besoin?

 

Je me suis procuré le livre « De quoi le Québec a-t-il besoin? », un projet mené par Jean Barbe, Marie-France Bazzo et Vincent Marissal, en lien avec l’émission Bazzo.tv. Avant de m’y plonger, je me suis dit qu’il serait intéressant, au moins pour moi-même, de répondre à la question. J’espère aussi que cela vous intéressera.

De quoi le Québec a-t-il besoin? Le cynique en moi répondra tout de suite qu’il aurait besoin d’un cataclysme quelconque — économique, social, linguistique, religieux, géographique, etc. — qui agirait comme une poussée d’adrénaline. Parce que la simple rationalité semble impuissante à provoquer le peuple au point qu’il fasse vraiment peur aux puissants, au point de s’amadouer ce concept tellement vague qu’est le changement. Alors que le changement est aussi synonyme d’évolution, avec sa tendance à la lenteur, mais ce qui est désiré par plusieurs, dont moi, c’est la rapidité. C’est surtout la rapidité qui fait en sorte que le lézard Jésus-Christ réussit à courir sur l’eau…

Ce cataclysme pourrait être provoqué par le peuple lui-même qui aurait le courage de s’embarquer dans l’aventure de la liberté nationale, soit la souveraineté du Québec. Mais pour cela, il faudrait un alignement circonstanciel assez rapide, avant que cela ne devienne tout simplement impossible. Par conséquent, que ce soit à l’interne ou à l’externe, cet événement (ou cet ensemble d’événements synchrones) reste encore trop du domaine de la prophétie…

Donc, pour être plus réaliste, le Québec a besoin de reprendre contact avec ceux qui tentent de classer l’immobilisme dans la catégorie des espèces en voie de disparition, soit les intellectuels. C’est par cela que passerait le début de quelque chose de porteur. Mais le cynique en moi refait surface : notre société de divertissement conserve bien poliment les intellectuels dans l’ombre étant donné que le divertissement est antinomique du royaume de la pensée.

Faudrait-il alors que les intellectuels se drapent du manteau clinquant du divertissement? Cela serait une avenue à considérer même si pour certains c’est déjà le cas avec les faiseurs d’opinions, qui sont par définition des gens qui brassent des idées, quelle que soit la direction qu’elles prennent et de quelle profondeur elles proviennent. Il y a aussi les artistes engagés. C’est déjà plus évident pour eux de percer la bulle du divertissement. Mais j’ai l’impression qu’ils prêchent seulement pour des « convertis ». Et n’imaginons même pas un staracadémicien se tremper le pied dans la boue politique… Impossible pour un symbole vivant du politiquement correct.

Le problème alors, c’est que les vecteurs de changement sont confinés. Le Québec a besoin de se donner de l’air, a besoin de changer son eau, elle est stagnante. L’attirance pour l’individualisme n’y est surtout pas étrangère, alors que la solution se trouve inexorablement du côté de son contraire, la solidarité.


 

La Bourse et/ou la vie!?

 

Les récents soubresauts de la Bourse donnent des sueurs froides à certains plus qu’à d’autres, mais au final le risque reste somme toute assez généralisé. Si le château de cartes s’effondre, les répercussions se feront sentir partout.

C’est pourquoi il serait intéressant de regarder la dynamique sociétale qu’accompagne le système de la spéculation boursière. Puisque justement ce jeu est plus qu’un simple jeu. On pourrait aller jusqu’à dire que la santé de la société en dépend : dans l’optique où l’économie y compte pour beaucoup, étant donné qu’elle est liée à la satisfaction des besoins essentiels. L’économie est bien sûr aussi très liée aux autres besoins (ceux qui ont entre autres été créés pour l’alimenter dans la fuite en avant de la croissance rapide) mais nous nous entendrons pour pointer l’importance de la survie (ou le confort) du plus grand nombre. Et avec en tête qu’une crise financière importante ne fait jamais en sorte que « les derniers seront les premiers »…

Alors, il est très facile de faire une ligne directe entre la spéculation boursière et l’équilibre sociétal, pour ne pas dire le bonheur social (selon le contexte actuel, sans pour autant occulter son imperfection et ses problèmes). Il serait donc honnête d’affirmer que la pérennité du bonheur social n’est pas entre les mains de tous, mais bien entre les mains d’une élite ayant les moyens financiers de mettre son poids dans la balance (de la Bourse). Parce qu’il faut se le dire franchement, ce qu’on pointe comme étant « la confiance dans les marchés » a tout à voir avec l’individualité, rien avec la collectivité.

À la base, les choix d’un investisseur ne concernent que son propre investissement. Il n’a pas de lien avec la causalité externe dans son cheminement décisionnel. Son but n’est que de préserver ou de faire fructifier son portefeuille, ce qui semble tout à fait légitime d’un point de vue individualiste. Pourtant, c’est l’addition de décisions de non-confiance dans les marchés qui est dangereuse pour le château de cartes (l’externalité que le spéculateur n’a pas en tête lors de sa prise de décision transactionnelle). Beau paradoxe.

Dans la possibilité d’un krach, suite à un effet domino, c’est là où la multiplication d’individualités ne va pas dans un sens positif pour le plus grand nombre : c’est par conséquent l’individu contre la collectivité. Devant ce paradoxe, serait-il utile de se poser la question à savoir pourquoi un pouvoir décisionnel aussi important est laissé à des individus qui n’ont qu’un intérêt individuel, et qui en plus n’ont aucunement conscience de son hypothétique portée collective? Sans oublier l’intrinsèque absence de coupables! (C’est à dire que le point de départ d’un effet domino ne pourrait être pointé, ni même accusé s’il pouvait être pointé; donc, aucune imputabilité possible.)

Mis à part la possibilité de faire de l’« investissement socialement responsable », il semble que l’éthique échappe tout à fait à cette activité. Et la morale de même. Il est toujours seulement question de profitabilité pure sans calcul de responsabilité. C’est pourquoi il serait bien difficile de culpabiliser qui que ce soit. Cependant, la question reste la même : sommes-nous à la merci d’un pouvoir extérieur à la société, puisque ce pouvoir n’a jamais en tête le bien de son ensemble (même si le système financier participe quand même à faire « rouler l’économie »)?

Toute cette analyse donne à penser que le système actuel n’a jamais pris en compte dans sa construction ses incohérences. C’est comme si le château de cartes avait un système d’autodestruction activé par un levier que personne ne voit, mais que quiconque peut accrocher par inadvertance (l’inadvertance étant ici la peur de tout perdre). Nous pouvons sérieusement nous demander si ce système est déjà désuet dans son évolution quand même récente. Au lieu d’un système d’autodestruction, il lui faudrait un système d’autorégulation. L’on pourrait pointer comme solution l’État ou son absence, mais cela serait beaucoup trop facile…

 Ajout :

 

Lecture intéressante :

« Il faut laisser les Etats et les banques faire faillite »

http://www.courrierinternational.com/article/2011/08/11/il-faut-laisser-les-etats-et-les-banques-faire-faillite

 


 

Taper sur plus petit que soi

 

Si vous ne le savez pas déjà, je trouve le « BS bashing » assez ordinaire… pour ne pas utiliser une expression plus mordante. Ça me semble toujours être une manière facile de taper sur plus petit que soi, puisque, mis à part les rares cas de fraudeurs, il faut vraiment être à bout de solution pour faire une demande d’assistance sociale. Quant à y rester longtemps, il faut être en proie à un lot de contraintes, ce qui est toujours plus simple quand c’est physique.

Je vous parle de ça parce que j’ai été choqué la semaine dernière par une partie d’un billet de Mike Tremblay sur Le Stupidarium, ce site qui se targue de débusquer la stupidité de notre monde. Visiblement, nous n’avons pas tout à fait la même notion de stupidité… Alors, pour aller à l’essentiel, pour expliquer son dégoût du Québec en ce jour dernier de la fête de la St-Jean (dégoût que je partage, mais pour d’autres raisons), Mike pointe une série de raisons, dont celle-là :

 

Ai-je vraiment le goût de fêter une province qui accepte ceux qui refusent de travailler et qui reçoivent de l’aide sociale sans avoir de contrainte physique à l’emploi?

 

J’aurais tendance à déduire qu’il n’y a pas pour Mike de distinction entre « ceux qui refusent de travailler » et ceux « qui reçoivent de l’aide sociale sans avoir de contrainte physique à l’emploi ». Pourtant, il est bien clair pour moi que de synthétiser la problématique des assistés sociaux sans « contrainte physique à l’emploi » par la généralisation du refus de travailler est un raccourci intellectuel, et ce n’est pas ma tasse de thé… Il n’y a pas de portrait type de l’assisté social capable (supposément) de travailler. Mais c’est vraiment plus pratique d’en dresser un portrait démoniaque pour mieux faire sortir les pieux, pelles, fourches et torches de la populace en mal de boucs émissaires!

En commentaire, alors que j’essayais de mettre de l’eau dans son vin, Mike m’a rétorqué que « Chaque année, [sa] famille donne près de 90,000$ à l’impôt! » C’est drôle, mais à la place de pointer le problème des « BS », je pointerais plutôt le problème de l’impôt progressif. Là je serais plus d’accord avec lui. Parce que j’ai l’impression que cela freine beaucoup de gens à travailler plus ou à avoir un meilleur salaire avec plus de responsabilités puisqu’au bout du compte, ça donne la même chose, ou si peu de plus. J’ai bien beau avoir tendance à trouver l’individualisme crasse, mais il y a des limites. On ne peut pas nier que tout individu fait des choix dans son propre sens. Pour ce qui est de la notion du « vivre ensemble », le mieux qu’on peut faire est de tendre vers l’équilibre.

Encore, si Mike veut absolument trouver une cible à sa perte de revenu (s’il faut vraiment l’appeler ainsi…), pourquoi ne s’attaque-t-il pas aux gros? Justement, j’ai fait un billet dernièrement sur les « BS de luxe » que sont certaines entreprises : La pompe à cash. Il faudrait que je vérifie pour être le parfait blogueur, mais je suis pas mal certain que ces derniers grugent beaucoup plus dans le 90 000$ de cette famille Tremblay!

Pour terminer, dans le fond, ce que je n’aime pas dans cette habitude de taper sur les « BS », c’est qu’elle est plus liée à l’émotivité qu’à la raison. Regarder le portrait global devrait empêcher de colporter les habituels clichés. Et je ne dis pas que le système de l’assistance sociale est parfait. Il pourrait être plus efficace pour aider les gens sans contrainte physique à l’emploi et les faire revenir plus rapidement sur le marché du travail. Mais le gros du problème est le côté psychosocial de la chose. On a beau penser que quelqu’un est apte à l’emploi parce qu’il n’a pas de handicap apparent, mais il en est autrement pour ce qui se passe dans sa tête.

La plupart des gens sont capables de se maintenir à flot ou de se relever d’un mauvais pas, mais qui sommes-nous pour condamner ceux qui n’en sont pas capables sans aide? Parce qu’il y a dans le lot quelques paresseux et fraudeurs? La vague existence de ceux-là justifierait-elle de couper l’aide à ceux qui en ont vraiment besoin? Serais-je naïf de penser que ceux qui reçoivent cette aide sont des candidats de moins pour commettre des actes criminels pour survivre, et que nous sommes globalement plus en sécurité pour cette raison?

S’il faut couper dans le gras de notre obèse État, l’assistance sociale serait la dernière chose que je couperais, parce que notre société riche peut bien se concerter pour se payer ce filet social. C’est un peu comme une assurance que pas grand monde pourrait individuellement se payer.