Finalement, selon le site « Friends of Soccer », la FIFA aurait confirmé qu’il est acceptable de porter un turban. Visiblement, on peut afficher clairement sa religion en jouant au soccer, mais ne pas afficher autre chose. (Lire la suite sur Le Globe)
Tag Archives: religion
Français : l’insulte de Kovalev
La question du fait d’apprendre le français pour les joueurs du Canadien venant d’un peu partout dans le monde a toujours été houleuse. Pour ceux qui refusaient de faire le pas (la grande Lire le billet sur Le Globe…
Attentat au bacon devant une mosquée
La Presse titrait : « Geste haineux en C.-B.: du bacon trouvé devant une mosquée ». Oui oui, vrai pour de vrai! L’article relate en gros les questionnements que suscitent la découverte, pour Lire le billet sur Le Globe…
Le racisme ordinaire de Jean Tremblay
Le très coloré (beige, brun et gris) maire de Saguenay, Jean Tremblay, se met encore les pieds dans le bénitier. Dans sa croisade anti-laïcité, il a écorché la candidate péquiste de Trois-Rivières, Lire le billet sur Le Globe…
Tout le monde en jase – 1 avril
Chronique télévisuelle à propos de Tout le monde en parle. Contiens une bonne dose de Twitter.
Arturo Brachetti
Aussitôt qu’il est arrivé sur le plateau, je me suis dit tout haut : « Arturo Brachetti Lire le billet sur Le Globe…
Le pouvoir de l’intolérance, ou comment sortir de l’impasse identitaire
J’en viens à comprendre de plus en plus pourquoi il est si facile de taxer d’intolérance toute personne remettant en question le multiculturalisme ou un élément religieux qui fait surface dans la Lire le billet sur Le Globe…
Abattage rituel halal : le choix de se fermer les yeux ou non?
Le sujet de la viande halal revient sur la table… alors que le « PQ demande au ministre responsable, Pierre Corbeil, de recenser et dévoiler le nombre d’abattoirs québécois qui utilisent des Lire le billet sur Le Globe…
Le multiculturalisme est aussi un choc des cultures
Vous m’excuserez, ça fait genre une semaine. Rima Elkouri relatait dans La Presse une histoire incroyable. Un jeune commis de station-service s’est fait agresser par un client parce qu’il Lire le billet sur Le Globe…
Le côté obscur de la création d’Israël
On m’a vivement conseillé de visionner un documentaire israélien qui a pour titre, sur Dailymotion : « Théodore Herzl, le côté antisémite du sionisme ». Au début du documentaire, on lit une phrase à des Israéliens dans un centre commercial et on leur demande qui, d’après eux, l’a écrite :
J’ai eu une idée formidable : attirer des antisémites honnêtes et les inciter à détruire les propriétés juives.
Tous répondent : « Hitler »!
Eh! non, cette phrase est tirée du journal intime de Theodor Herzl (1860-1904), grande figure juive de l’Histoire récente, fondateur du mouvement sioniste qui aboutira à la création de l’État d’Israël.
Ce que le documentaire démontre, c’est que la création d’Israël est basée sur un rejet profond du judaïsme traditionnel, un mépris du « juif de l’exil », même un rejet de la croyance tout court : le désir d’un État fondé sur un « nouveau modèle qui rejette complètement toute référence juive ». Très représentatif, Haïm Hazaz, idéologue de la direction sioniste à écrit, en 1943 :
Sionnisme et judaïsme ne sont pas la même chose, mais deux idées différentes et sûrement contradictoires.
Aussi, l’idéal sioniste n’était pas de regrouper tous les juifs dans un territoire, mais bien seulement ceux qui étaient intéressants pour le mouvement, dans une sorte de logique eugénique, où on ne voulait pas des juifs hassidiques s’ils ne désiraient pas s’affranchir de la tradition. Zeev Jabotinsky écrivit dans le journal Haaretz, à l’année de sa fondation en 1919 :
Dans notre Maison Nationale, nous allons déclarer tous ces juifs qui n’ôteront pas la rouille de l’exil, et refuseront de raser barbes et papillotes, des citoyens de deuxième catégorie. Nous ne leur donnerons pas le droit de vote.
À la suite de cette citation, on montre une prise de vue d’un somptueux palais qui porte le nom de l’auteur de ces lignes. Et ensuite, on refait le même manège qu’avec Herzl, la faisant lire entre autres à un directeur du « mouvement de jeunesse juif radical, sioniste » Bétar, fondé par Jabotinski qui n’en revient tout simplement pas…
Mais il faut spécifier ici que le mouvement sioniste n’a pas eu le choix d’intégrer la religion dans son projet pour qu’il prenne de l’ampleur, pour y trouver des adhérents, et cela a bien sûr fonctionné.
Vient ensuite David Ben Gourion, « fondateur et chef de l’État pendant de nombreuses années » qui écrivait dans son livre « La marque de Caïn » :
La Terre d’Israël a besoin d’une immigration sélective : le sionisme n’est pas une oeuvre de bienfaisance. Nous avons besoins de juifs de « qualité supérieure ».
Et le clou du spectacle, ce sont les efforts qui ont été mis pour ne pas aider des juifs condamnés à l’extermination. Oui, oui, pour aider indirectement le génocide, la Shoa, menée par Adolf Hitler! On prend quelques grandes respirations et on continue…
En vérité, un sioniste, du nom de Yaël Brand, se fit convoquer par un nazi du nom de Adolf Eichman. Ce dernier offrit de « vendre » 1 million de juifs hongrois qu’ils s’apprêtaient à exterminer contre de la marchandise, des camions, du café, thé, etc. Brand accepta de faire les démarches pour que cet échange se fasse. Mais on lui mit des bâtons dans les roues et ce sont surtout les sionistes eux-mêmes qui firent en sorte que ce projet de sauvetage tomba à l’eau.
Ce qui est relaté ici ne couvre même pas la première moitié des faits exposés dans le reportage et tout est bien sûr hautement vulgarisé.
Pensez-vous que je vais trop loin avec mon choix de titre pour « Le côté obscur de la création d’Israël »?
Théodore Herzl, le côté antisémite du sionisme (partie 1)
Théodore Herzl, le côté antisémite du sionisme (partie 2)
Théodore Herzl, le côté antisémite du sionisme (partie 3)
Théodore Herzl, le côté antisémite du sionisme (partie 4)
Théodore Herzl, le côté antisémite du sionisme (partie 5)
(Photo : commensa)
Harper, et la colonoscopie du Québécois
Je suis en furie. Parce ce que j’ai lu la dernière chronique de Michel David dans Le Devoir : « Free-for-all ». C’est en plein ça, c’est le free-for-all! Il y démontre que Stephen Harper en profite pour démanteler peu à peu le bilinguisme officiel canadien pendant que le Québécois regarde dans le vide. Et je me permets de rajouter : avec des yeux de lapin… non, de grenouille morte!
Ce n’est pas que je suis un fervent défenseur du bilinguisme officiel, au contraire, j’ai toujours pensé que c’était de la poudre aux yeux! Mais il est bien évident que si Harper va ouvertement dans le sens de le démanteler à petit feu, c’est qu’il a bien compris, et que les Québécois ne vont pas trop rechigner, ainsi que les Canadiens francophones du ROC, et que le poids politique de tout ce beau monde est négligeable pour sa pérennité électorale.
Bien que Stephen Harper soit presque bilingue lui-même, son parti-pris n’est pas pour le fait français au Canada, et encore moins particulièrement pour le Québec :
Bien avant de devenir premier ministre, il avait décrété que le bilinguisme officiel souhaité par Pierre Elliott Trudeau avait échoué.
«Ne vous y trompez pas. Le Canada n’est pas un pays bilingue. En fait, il est moins bilingue que jamais. [...] La religion du bilinguisme est celle d’un dieu qui a échoué. Elle n’a conduit ni à l’équité ni à l’unité et elle a coûté aux contribuables canadiens des millions et des millions», écrivait-il en février 2002 dans une brochure publiée à l’occasion de la course au leadership de la défunte Alliance canadienne.
Sur le plan individuel, c’était évidemment une autre affaire. À l’époque où il dirigeait la National Citizen’s Coalition, M. Harper soutenait la cause des parents des francophones qui voulaient faire éduquer leurs enfants en anglais au Québec, comme il s’opposait à la règle de la «nette prédominance» du français dans l’affichage.
Quand même, il y a Harper d’un côté, et nous de l’autre. Il peut bien avoir autant d’opinions qu’il veut, c’est à nous de nous placer en porte-à-faux au besoin. Mais ce que je constate, c’est que nous nous comportons comme quelque chose qui ressemble à des colonisés, ce terme assez insultant j’en conviens. Par contre, ce terme, je le trouve actuellement insuffisant pour bien décrire ce que je pense du peuple québécois. J’ai trouvé le néologisme « colonoscopié », qui me semble beaucoup plus juste.
Je ne crois pas avoir à vous expliquer ce qu’est une colonoscopie, ni dans quelle position doit se placer celui qui s’en fait faire une.
Même seulement mentale, une image vaut toujours mille mots.
Ajout :
Très intéressant texte au sujet d’Harper et du Québec :
http://www.cyberpresse.ca/place-publique/opinions/201111/04/01-4464681-vers-la-separation.php
Crimes d’horreur
Le procès de la « famille Shafia » débute. Vous savez, le procès en lien avec ce quadruple meurtre, d’il y a environ deux ans, qui a tous les airs d’un « crime d’honneur ». Concernant cette expression, Pascal Henrard soulignait à la suite du billet de Cécile Gladel à ce sujet :
permettez-moi de souligner que l’expression « Crime d’honneur » n’est pas du tout appropriée même si, dans d’autres cultures, elle est utilisée. L’honneur est un bien trop beau sentiment pour être ainsi galvaudé. « Crime de déshonneur » eut été plus juste.
Personnellement, je ne suis pas certain d’être d’accord que l’« honneur est un bien trop beau sentiment ». Parce que ce concept, relié à cette notion de crime, renvoie à quelque chose de figé et de franchement archaïque. Ce qui n’est pas dans le sens d’une considération, d’un traitement spécial, d’une « marque de distinction qu’on accorde aux personnes que l’on veut célébrer », de ce « qui apporte de la distinction dans la société. » C’est carrément, selon le dictionnaire Antidote :
Respect de principes moraux par qqn qui entraîne la fierté de cette personne et qui mérite la considération des autres.
Je ne vois rien de beau là-dedans, surtout si cela peut justifier des meurtres, et quand en plus cela est encouragé par la religion, ce terreau de principes moraux qui se veulent intouchables, puisque sacrés. Et quand on ne voit pas la moralité comme quelque chose de figé et d’intimement lié au passé, l’honneur et le déshonneur perdent tous leurs sens. Enfin, il y a des cas où quelque chose comme le déshonneur influence quelqu’un qui a les moyens de demander légalement compensation… Ou, encore, on se doute que le monde interlope carbure à l’honneur qui a en horreur de se faire contredire.
Parlant d’horreur, je suis tombé sur une histoire sordide qui je trouve a un lien avec ce qui précède (avec le « crime d’honneur » en général, pas le cas de la famille Shafia en particulier, puisque le procès n’est évidemment pas terminé). Parce que c’est bien le même genre de dynamique d’inconscience mentale qui a permis cette mort.
Un couple états-unien adopte une fillette éthiopienne d’une dizaine d’années en 2008. Ils ont « choisi d’élever leurs enfants selon les préceptes de la Bible » et de se fier à un guide d’un dénommé Michael Pearl (lui-même « fidèle à l’enseignement biblique ») :
Le plus surprenant, c’est qu’ils tentent de rejeter la faute sur le livre (« Le guide de Michael Pearl serait aussi lié à la mort d’au moins deux autres enfants »). Pour ma part, ce que je soupçonne, c’est qu’ils ont délaissé leur raison à leur Dieu et qu’elle n’est bien sûr jamais revenue…
Hampstead : passer la tondeuse sur la rigidité religieuse?
Ça ne semble pas très loin d’un fait divers, mais cette interdiction par la ville d’Hampstead de faire du bruit durant des jours de fête juive donne des munitions à ceux qui ont en horreur le mot « accommodement »…
D’abord, le bruit. Il n’y a pas besoin d’être religieux pour ne pas aimer se faire déranger par des bruits assourdissants. Qui n’a pas déjà levé les yeux en l’air en entendant le voisin passer la tondeuse? (Les gens qui ont toujours habité en ville dans les quartiers où il n’y a pas vraiment de gazon, pensez à un autre bruit!) Mais bon, il y a toujours le moment : pour un lève-tôt ou un lève-tard (comme moi), un zélé qui décide de rafraîchir sa pelouse pas très longtemps après que le soleil se soit levé n’a pas le même impact.
Quoi qu’il en soit, il est toujours question de bon sens. Certaines activités font du bruit et nous devons vivre avec. Les réglementations des villes à ce sujet sont toutes différentes, mais quand il est question par exemple de musique trop forte, saviez-vous que l’idée bien répandue qu’on a le droit de faire du bruit jusqu’à 23h est tout simplement un mythe? Ma source : des policiers. Ma conjointe ne s’est pas gênée pour faire une plainte de jour voilà un peu plus d’un an. Et cela, en lien avec des voisins qui mêlaient musique forte et bidouillage, avec multiples essais, d’une petite moto qui décharge plus de décibels qu’une Harley Davidson modifiée pour marquer son territoire par le son.
Mais quand il est question de religion, on passe à un autre niveau. Le bon sens fout tout simplement le camp, ne pouvant pas s’immiscer dans un système de prescriptions dogmatiques. Impossible. C’est bien là où la minorité non-juive de la population de la ville d’Hampstead est prise au piège. C’est un peu comme si l’interdiction musulmane de manger du porc était imposée à tous.
Quand la liberté des uns ne s’arrête pas là où la liberté des autres débute.
(Photo : vero-b)
Fondamentalisme
J’ai toujours eu un préjugé favorable envers le bouddhisme étant donné qu’on me l’a toujours pointé comme étant « une philosophie plutôt qu’une religion ». Oui, vous le savez, je suis un condensé de mauvaise foi… Quoi qu’il en soit, le chef spirituel actuel du bouddhisme, le dalaï-lama, m’a fait déchanter dernièrement en prenant la part des religions et en repoussant d’autant la liberté d’expression :
Je comprends tout à fait son point, mais je me demande où se trouve la ligne entre pointer le débordement extrémiste d’un fidèle d’une religion – en soulignant obligatoirement celle-ci – et « condamner en bloc » cette religion? En serons-nous bientôt à demander aux médias d’exclure toute référence à la religion quand il est question d’un attentat terroriste, par exemple? D’autant plus qu’il y a divers degrés entre le fidèle modéré et l’extrémiste, et qu’il y a les paroles et les actes comme possibilités d’expressions de la dévotion, positivement ou négativement. J’ai l’impression qu’on tente de contenir la critique envers les manifestations du religieux dans un espace aussi propre que ce que tentent de nous imposer par la publicité les fabricants de produits domestiques : l’ultime stérilité. J’en comprends aussi qu’il est question de respect. Mais serait-ce que le respect est unilatéral?
Parce que la critique envers le phénomène religieux ne se résume pas à pointer les manifestations extrémistes. Elle est globale. Voudrait-on alors lui couper l’herbe sous le pied en passant par le chemin facile, celui de condamner ceux qui réprouvent les « fidèles qui portent en eux les germes de sentiments destructeurs »? Et, par ricochet, de bannir l’ensemble de l’oeuvre, comme le souligne Mathieu Bock-Côté : de tout bonnement enlever « Le droit au blasphème »?
Il ne faut pas oublier que les propos du dalaï-lama ont eu comme écrin la Deuxième conférence mondiale sur les religions du monde où on jetait dans la mare de la Déclaration universelle des droits de l’homme la proposition d’un nouvel article, 12.4, qui se lit comme suit :
Chacun a le droit que sa religion ne soit pas dénigrée dans les médias ou dans les maisons d’enseignement.
Cette idée porte sans aucun doute pour moi la signature du fondamentalisme. Parce qu’elle fait la promotion de l’idée que la religion est fondamentale à l’humain, ce avec quoi je suis profondément en désaccord. Et le chemin n’est pas loin pour laisser de côté les droits des areligieux… C’est même implicite. On a beau essayer d’échafauder une structure démontrant que l’athéisme est une religion, il n’en est rien. Il est question d’absence, il est question d’opposition claire, si bien sûr on peut toujours s’entendre sur le sens des mots. L’agnostique, l’antireligieux, l’irréligieux, l’impie, l’incroyant, le non-croyant n’auraient pas ce droit, puisque son existence même est en soi du dénigrement.
Mais il n’est pas tellement besoin d’un nouvel article de la Déclaration universelle des droits de l’homme pour bâillonner. Les exemples fusent, et pas seulement du côté musulman, et pas seulement du côté critique. L’exemple qui suit est à classer dans l’anodin (et elle est classée sur Cyberpresse dans la section « Insolite »), et pourtant…
C’est déjà bien planté, et très profondément. Là où il y a de la (grande) noirceur.
Ajout :
Un autre bel exemple de dérive religieuse :






