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La ventouse Marois, statu quo, dissension au PLQ, etc.

 

Avant même de savoir que « Legault mène, le PQ saigne », j’avais composé un statut relevant la détermination incroyable de Pauline Marois à vouloir demeurer chef du PQ malgré toutes les briques qui lui tombent dessus :

Marois, elle est vraiment pire qu’une croûte noire calcinée dans un four

L’image est voulue trop forte, mais elle illustre parfaitement mon opinion. Mais ce n’est vraiment pas le point central du propos que je veux bâtir ici.

C’est juste que le hasard a fait en sorte que quelqu’un est venu commenter à sa suite, sur Google+ :

Le problème c’est pas la Pauline, c’est l’option dont la vaste majorité ne veut pas. Après 4 décennies, on passe-TI à autre chose? ;-)

Ce à quoi j’ai répondu :

Coudonc, le pourcentage de souverainistes québécois aurait-il fondu comme neige sans que je m’en rende compte?

Y’a-t’il eu un autre sondage significatif à ce sujet depuis celui-là?

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/323376/sondage-leger-marketing-le-devoir-l-appui-a-la-souverainete-ne-flechit-pas

Avec une réponse négative à ces questions, il apparaitrait sans doute que l’expression « vaste majorité » est du domaine de l’exagération…

Et non, on ne passe pas à autre chose! Même un fédéraliste, ancien président de l’association libérale dans la circonscription de Jonquière, est d’accord que la question constitutionnelle est importante et doit être réglée…

http://detentiondevote.wordpress.com/2011/08/15/un-temps-nouveau-2/

Alors, si elle doit être réglée, pourquoi la solution de la souveraineté du Québec devrait-elle être mise de côté?

;-)

Réponse :

Cause perdue. Passons à autre chose de + important…

La discussion s’est terminée après que j’ai ajouté qu’il devrait laisser tomber la généralisation et qu’un autre, un souverainiste, ait annoncé qu’il bloquait cette personne…

Ça faisait longtemps que je n’avais pas lu ce genre de discours d’un statuquoïste (la version molle du fédéraliste). C’est tout simplement de la bouillie de cerveau. Le degré zéro de l’analyse et de l’opinion politique. Tout le contraire de ce que nous donne Alexis St-Gelais, l’ancien président du PLQ dans Jonquière, que je lui pointais (il faut vraiment lire son billet où il explique pourquoi il est parti).

Ce dernier n’est pas dans mon camp, mais je respecte tout à fait sa démarche (en plus d’être très content de relire ce blogueur qui était très actif avant son implication au PLQ, à l’ère pré-Twitter). J’irais même jusqu’à écrire qu’il a abandonné son parti beaucoup par dégoût de la culture du statu quo qui s’y est enracinée. Par contre, je ne crois pas que beaucoup de libéraux vont jusqu’à nier la réalité du mouvement souverainiste, comme le fait ledit statuquoïste. Est-ce qu’il pense qu’un mensonge maintes fois répété finit par devenir réalité?

Ça me dégoûte ce non-respect. Fallait que je le dise. C’est fait.

Mais la goutte qui fait déborder le vase, c’est le dernier billet de Nathalie Elgrably-Lévy. Se servir de l’exemple des 38 pays africains qui ont accédé à l’indépendance pour faire peur au monde, même si elle enrobe surtout sa logomachie de questions, c’est dans le très bas de gamme. Un Québec souverain ne deviendra pas automatiquement un régime communiste ou, pour son plus grand plaisir, la première contrée libertarienne, et elle le sait très bien.

Fin de l’épisode.

 

(Photo : mag3737)


 

Dans la mire d’Anders Behring Breivik

 

J’ai bien fait de ne pas trop commenter à chaud le « gauchocide » d’Anders Behring Breivik. Parce qu’avec les infos que j’ai pu grappiller çà et là, je me suis permis ce discutable statut Twitter :

Le gros problème avec #AndersBehringBreivik, c’est qu’il s’est mis sur la même balance de religiosité que les musulmans extrémistes.

Par contre, je ne renierai pas ces deux-là :

L’extrémisme est toujours le fléau de déshumaniser les questions sociales. #AndersBehringBreivik

Les apôtres du multiculturalisme doivent jubiler en ce moment… #AndersBehringBreivik

Alors voilà, après avoir lu un peu plus sur le sujet, je ne crois plus que les gestes d’Anders Behring Breivik étaient de nature religieuse (donc en lien avec l’épithète de « fondamentaliste chrétien » qu’on lui a prêté), même si cela me confortait agréablement dans ma haine des extrémismes que permet l’adhésion fanatique à une religion. (Sa vidéo « Knights Templar 2083 » est remplie de références à la chrétienté, mais je crois qu’il faut l’analyser plus dans un sens culturel. Aussi, peut-être, dans l’optique symbolique d’un combat entre le Bien et le Mal : le Mal étant représenté par la religion musulmane, toujours actuelle, le Bien, étant représentée par l’image des croisades, bien sûr moyenâgeuses.)

Non, il semble que tout soit plutôt relié à l’immigration musulmane que soutien le multiculturalisme norvégien. Alors oui, peut-être, nationalisme, conservatisme, extrême-droite dans ce sens-là, mais il faut faire attention, comme le souligne l’Antagoniste, de ne pas mêler les libertariens à ça, même si on a l’habitude de les classer à droite…

Et même, je me permets un bémol encore plus grand en mettant tout mon poids dans la balance. Je ne me cache pas d’être contre le multiculturalisme, tout comme Anders Behring Breivik, mais à la mesure de ma réalité francophone et américaine (et je ne crois pas avoir besoin de spécifier que je condamne comme la plupart les moyens qu’il a pris pour se faire entendre). Pourtant, je ne me considère pas nationaliste, ni conservateur, encore moins d’extrême droite. De ce fait, n’y a-t-il pas quelque chose qui cloche dans ce désir d’expliquer cette tragédie en pointant systématiquement le nationalisme, le conservatisme et l’extrême droite alors que tout pointe l’antimulticulturalisme? Alors que l’antimulticulturalisme est tout à fait capable d’être sans se faire cannibaliser? Il y a des amalgames qui semblent évidents, mais qui ne le sont pas. Ainsi, est-ce que cette tuerie serait l’instrument idéal pour donner le coup de grâce à la critique antimulticulturaliste?

Aussi, il y a la théorie qui va dans le sens que ces gestes seraient en lien avec le sionisme, ce qui met de la chair autour de l’os de l’accusation d’islamophobie. Et quand on ajoute à cela le fait qu’il soit franc-maçon, ça sent la position pro-Israël à plein nez… Pourtant, au Québec, nos médias « mainstream » n’ont aucunement soulevé cette possibilité (pour m’en assurer, j’ai fait des recherches sur Cyberpresse, Radio-Canada.ca et Canoë avec le nom du tueur, ainsi que les mots-clés « Israël », « sioniste » et « sionisme », sans aucun résultat concluant). L’ami qui m’a propulsé sur cette piste me disait que c’est pour cette raison que les autorités norvégiennes ont voulu le huis clos, prononcé bien sûr par le juge. Quoi qu’il en soit, cela donne le beau jeu à tous de tirer la couverture de son bord, puisqu’il y a un manque flagrant de transparence. Ce qui est dommage, puisque cet événement est éminemment important.

Mais s’il faut se poser la question « quoi sert qui? », la réponse ne pourrait qu’être nébuleuse. Même en lisant la totalité du document de 1500 pages, ce qui est bien sûr le contraire de la concision… Alors, je ne tenterai pas ici de proposer la mienne. Tout ce que je peux faire, c’est constater que la dynamique inscrite depuis septembre 2001 prend une tout autre allure alors que l’air du temps semble faire germer ce qu’on appelle le « loup solitaire ».

Dans un monde complexe comme le nôtre, il était peut-être temps de constater que l’« ennemi » est réellement d’un flou désarmant.


 

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Les partis politiques comme freins à la démocratie

Ce que la crise au Parti Québécois a bien fait ressortir, ce sont les problèmes qui viennent avec les partis politiques et la question de la ligne du parti. Encore plus avec un parti comme le PQ où ce qui cimente les membres est le parti-pris pour la souveraineté du Québec. Alors, il est bien normal qu’à tous les autres sujets ils ne fassent pas bloc (sans jeu de mots…).

Parce qu’un parti, quel qu’il soit, reste une difficile tentative d’équilibre entre des individus dissemblables, malgré les points de convergences. Et le fait de son système hiérarchique n’est pas sans ajouter au problème. L’opinion d’un chef de parti est toujours possiblement discutable et c’est à sa discrétion d’en discuter ouvertement, voilà dans quoi se plongent ces femmes et ces hommes chez qui l’opinion est aussi importante (cela va de soi).

Alors, amusons-nous à détruire les partis politiques pour qu’il ne reste que des députés indépendants. À la place des partis, il pourrait y avoir des coalitions, destinées surtout à afficher les couleurs des candidats lors des élections. Ensuite, les députés seraient évidemment libres de voter lors des travaux et de se regrouper à leur guise selon leurs affinités, selon les questions soulevées.

Et j’y pense, pourquoi ne pas aussi abolir le poste de chef du gouvernement? De toute façon, comme partout, il y aura des députés qui réussiront à se démarquer pour être des meneurs pendant de courtes ou de longues périodes, selon les sujets. Et les élections se tiendraient à date fixe, bien sûr. Sans oublier qu’il faudrait que les coûts qui touchent à tout le processus démocratique soient partagés par tous, donc du domaine public.

Pour ce qui est de la finalité du processus de votation des lois, c’est là où la démocratie directe entrerait en jeu. Le peuple ferait office de Sénat. Chaque loi à adopter aurait à passer par un référendum. Et bien sûr, le processus devrait reposer sur une utilisation judicieuse, rapide, peu coûteuse et sécuritaire de la technologie (et tout citoyen devrait pouvoir exercer son droit de vote; donc, le gouvernement devrait aider le plus possible les analphabètes du numérique). Le pourcentage de participation ne serait pas important dans le sens où la décision appartiendrait à ceux qui se sont donné la peine d’y participer (et donc de s’y intéresser assez pour vouloir y participer — il n’y a pas très loin aussi l’idée du permis de voter). Ce qui de toute façon devrait être la même chose pour ce qui est des élections…

Je n’entrerai pas dans les détails du fonctionnement d’un tel gouvernement, cela donnerait un bouquin et le temps me manque, mais je crois que les talents des députés élus pourraient être mis à contribution de la meilleure manière possible par un processus hautement démocratique. Il me semble qu’un gouvernement de la sorte travaillerait pour (et avec) le peuple. Il me semble aussi que l’opportunisme n’y ferait pas son nid, comme on le voit actuellement.

Si la politique est le royaume du possible et n’a pas toute évacué sa part de créativité, il devrait être concevable de faire évoluer le système qui supporte la pratique, et ce, en phase avec les perspectives actuelles. La crise au Parti Québécois n’est qu’un symptôme du cynisme qui est aussi une crise en soi. C’est la preuve qu’il faut que les choses changent radicalement.

Je ne veux lire personne me dire que c’est impossible, puisque l’impossible est le dernier retranchement du cynisme.

(Photo : mcgraths)

Ajout :

À la lecture de cet article, je ne crois pas que les membres du mouvement citoyen Génération d’idées auraient tendance à être contre les idées que je lance dans mon billet :

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/325110/il-faut-refaire-le-pari-de-la-democratie?


 

Quand la Boussole électorale ne va pas dans le même sens pour le Québec et le Canada…

Lors de la dernière élection fédérale, la Boussole électorale ne semblait pas faire l’unanimité. Quoi qu’il en soit, les résultats sont maintenant en ligne, et « plus d’un million de Canadiens ont répondu » à ce sondage, ce qui semble un échantillonnage assez important. Il faut quand même regarder ces résultats avec prudence, mais il y a tout de même des tendances importantes qui en ressortent.

Ce qui ressort le plus, c’est que le Québec est sans conteste une société distincte. Chaque question est illustrée par une carte du Canada où les couleurs de chaque région démontrent dans quel sens vont les opinions. Et dans la majorité des cartes, on voit que les Québécois pensent différemment du ROC, cela dit en ne dissimulant pas la diversité d’opinion des Québécois eux-mêmes. Je le répète, il est bien sûr question de tendances.

Là où les Québécois sont vraiment différents de la majorité des Canadiens, il n’y a pas d’équivoque. Ils sont beaucoup plus contre la mission afghane, contre la présence militaire en Arctique, contre les dépenses militaires tout court. Aussi, ils sont pas mal les seuls à vouloir d’avantage de relations économiques avec les États-Unis et à vouloir se doter d’une taxe sur le carbone. Pour continuer dans les enjeux environnementaux, le Québec est vraiment plus du côté de croire que l’industrie des sables bitumineux d’Alberta cause des dommages, contrairement au ROC qui pense plus que c’est de l’exagération. Encore, le Québec partage avec une infime partie du Canada un désir plus grand de normes environnementales plus sévères, « même si elles entraînent une augmentation des prix pour les consommateurs ».

Pour ce qui est de la question de la place du secteur privé dans le système de santé, le Québec partage une préférence minoritaire pour davantage de place avec certaines autres régions. Pour ce qui est de l’immigration, le Québec est le plus favorable avec le fait d’exiger l’anglais ou le français comme condition d’admission pour les immigrants. Encore à ce sujet, et ce n’est pas très surprenant, ce sont les Québécois qui ont le plus, et de beaucoup, répondus « Préférence pour moins » à la question : « Combien d’efforts devrait-on faire pour accommoder les minorités religieuses au Canada? »

Encore, ils sont les plus modérés quant à juger comme des adultes les « jeunes délinquants qui commettent des crimes violents », les moins d’accord avec l’abolition du registre des armes à feu et plus en accord avec « le droit de mettre fin à leur vie avec l’aide d’un médecin » des « patients en phase terminale ». Du côté politique, ils sont le plus contre le Sénat, les moins d’accord avec des coupures au niveau du financement public des partis politiques et, la différence est extrême, pour que seules les personnes bilingues (anglais et français) puissent être nommées à la Cour suprême.

Pour ce qui est des questions constitutionnelles et du rapport entre le Québec et le Canada, à contrario du Québec, le ROC pense que « Le gouvernement fédéral devrait avoir son mot à dire dans les décisions concernant la culture au Québec », n’est franchement pas favorable à ce que « Le Québec [soit] formellement reconnu en tant que nation dans la Constitution » et, bien sûr, à ce que « Le Québec [devienne] un État indépendant ».

Et, pour terminer, les Québécois sont plus amplement d’accord que « Les travailleurs devraient contribuer davantage à leur régime de pension (RPC/RRQ) pour avoir des pensions plus généreuses », et que les plus riches devraient payer plus d’impôt, idem pour les entreprises.

À la lumière de tout cela, et avec les résultats de la dernière élection fédérale où le Québec a placé le NPD comme opposition officielle, il n’y a pas de doute que le Québec fait cavalier seul et ne se retrouve pas dans cette fédération centralisatrice, qui sera menée par un gouvernement conservateur, ce parti très impopulaire dans la belle province. Est-ce que les Québécois pourront continuer de faire du déni alors que le ROC est farouchement contre le caractère particulier du Québec? La quintessence de cette hypocrisie étant, pour les Canadiens hors Québec, le total refus de reconnaître la nation québécoise alors que le parti qu’ils ont porté au pouvoir se vante de l’avoir reconnu (bien que ce soit en réalité de la poudre aux yeux!).

Dans ces conditions, le statu quo qui prévaut encore en ce moment est une insulte à l’intelligence. Si le Québec était un individu, franchement, comment peut-il se regarder dans le miroir? L’amour-propre, cela veut-il encore dire quelque chose?

(Photo : topsteph53)


 

Joindre la politique à l’agréable

Un chercheur de l’Université Laval, Thierry Giasson, est à la recherche de blogueurs politiques pour une étude pancanadienne. Si vous désirez y participer, voici le lien :

www.grcp.com.ulaval.ca/blogscan_fr

Pour ma part, je viens tout juste de terminer de remplir le questionnaire. C’est en majorité des questions à choix de réponse, mais il y a deux questions à développement, dont une que je vais reproduire ici, avec ce que j’ai répondu.

Question : Pourriez-vous nous présenter et nous expliquer les motivations qui vous encouragent à bloguer régulièrement sur l’actualité politique? Pourquoi est-ce important pour vous de bloguer sur la politique?

La politique (dans son sens non partisan) est pour moi le lien effectif entre les gens, au contraire du lien affectif. Il me semble alors très important pour le citoyen d’y contribuer, à différents degrés (selon les intérêts), par les moyens simples de diffusion des idées que nous offrent maintenant les technologies liés aux médias sociaux (dans son sens le plus large).

Pour ma part, étant donné l’intérêt que je porte à l’écriture, la pratique du blogue est un bon moyen de joindre l’utile à l’agréable.

Pourquoi Amir Khadir a été refusé?

Pourquoi Amir Khadir a-t-il été refusé de la commission parlementaire spéciale en lien avec le lock-out au Journal de Montréal? Tout simplement par partisanerie à mon avis.

Ce député est populaire, plein d’éclat et surtout, je vais même utiliser le terme à la mode, pugnace. Au-delà des idées qu’il défend, aussitôt qu’il prend la parole, il fait paraître les autres fades, c’est le moins qu’on puisse dire.

Serait-ce donc alors aussi un peu par jalousie que les autres députés l’ont mis de côté? Surtout quand on sait que l’orgueil humain est très fort?

Mais il ne faut pas oublier aussi que chaque fois qu’Amir Khadir marque des points médiatiquement, c’est de la bonne publicité pour son parti, Québec Solidaire. C’était moins évident avant, ça l’est de plus en plus.

Dans le contexte politique actuel, ce député est ce qui se rapproche le plus de l’intégrité aux yeux de plusieurs, dont moi.

Ajout :

C’est complètement absurde dans le fond, mais ça donne l’impression que ça fait peur…

(Dessin : détail d’une caricature de mon cru.)

Ajout (bis) :

Josée Legault parle aussi de ça (entre autres) : http://www.voir.ca/blogs/jose_legault/archive/2011/02/02/l-emp-234-cheur-de-penser-en-rond.aspx

Gaz de schiste : un libertarien notoire d’accord pour un moratoire

Ce billet est publié conjointement sur le blogue des 7 du Québec. Les commentaires sont fermés ici alors, pour en laisser ou les lire, cliquez sur l’hyperlien suivant : HYPERLIEN

J’ai bien l’impression que la mâchoire de quelques droitistes va tomber lorsqu’ils vont apprendre que le libertarien Martin Masse est pour un moratoire sur l’exploitation des gaz de schiste. Cela aura au moins l’avantage de séparer le grain de l’ivraie…

Et je mentirais si j’écrivais que ça ne m’a pas surpris. Mais en lisant l’argumentaire, j’ai constaté que c’est tout à fait logique. Si le libertarianisme est tout à fait contre l’État, il faut bien qu’il soit pour les citoyens, et pas seulement quand il s’agit des questions économiques. Et il est limpide que la question de l’exploitation des gaz de schiste n’est pas qu’économique, a contrario de ce que le gouvernement actuel et ses copains gazants essayent de nous faire croire.

Je vais me permettre ce citer l’auteur avant de continuer :

Le «développement économique» n’est pas une valeur en soi, il doit toujours se faire dans le respect de la propriété et des droits individuels de chacun. C’est ce point de vue qui différencie le libertarianisme d’une droite affairiste et corporatiste qui vise uniquement à engranger les recettes en exploitant tout ce qui s’offre à elle et par n’importe quel moyen, y compris en s’acoquinant avec l’État. C’est justement ce qui semble se produire dans cette industrie.

Donc, ici, l’État devient le contraire de ce que j’appellerais le « syndicat général des citoyens » (je le nomme ainsi même si je sais que cette formulation donnera pour certains l’impression d’être le son des ongles grattant fortement sur un tableau noir…). Pour le formuler autrement, les retombées positives pour les citoyens semblent être dans le bas de la liste du gouvernement, puisqu’on ne prend pas au sérieux la peur légitime de retombées négatives, alors qu’il n’est pas dit lesquelles retombées pèseraient le plus dans la balance, et s’il est acceptable qu’il y en ait des négatives, globalement ou en partie.

Et, comme il est soulevé dans le texte au niveau de l’exploitation des ressources naturelles dans le sous-sol, la réglementation ne fait pas de différence entre un sous-sol en région sauvage, peu peuplée ou habitée, voilà où le bât blesse! Le gouvernement n’a qu’à décider de fermer ou d’ouvrir l’oreille selon ses désirs, selon ce que lui dicte la boule de cristal de l’électoralisme. Et en ce moment, avec un parti libéral en train d’imploser, est-ce que ce seront les décisions de la dernière chance? (« Take the money and go, Johnny go! »)

Quant à la question de la pollution versus les industries que Martin Masse soulève, je suis tout à fait d’accord, même que j’ai toujours considéré les pollutions comme étant liberticides :

avec la nationalisation non seulement du sous-sol, mais de l’environnement dans son ensemble, la pollution, qui devrait être considérée comme une atteinte à un droit de propriété, est devenu un problème d’«externalité» géré par l’État au moyen d’une réglementation. Dans les faits, l’État donne depuis plus d’un siècle des permis de polluer à des industries et empêche les victimes de poursuivre les pollueurs. On ne peut ainsi s’opposer au «développement économique» si ça fait l’affaire du gouvernement et de ses copains du secteur privé qui finance sa caisse électorale, même si ce développement nous agresse, détériore notre environnement et notre propriété et tue notre qualité de vie.

Par contre, j’ai un peu de difficulté avec l’idée du « droit de propriété » dans ce contexte, que je remplacerais par une formulation plus proche du « droit au respect », ce qui serait plus global. Je pense par exemple à un respect égal, à un endroit donné, des propriétaires et des locataires, ce que le « droit de propriété » ne suggère pas.

Autre bémol, j’en ai contre cette vision, détaillée en conclusion :

Voilà un bon dossier où les libertariens doivent absolument se démarquer de la droite affairiste et corporatiste et défendre les citoyens ordinaires pour rester crédibles, même si ça signifie qu’on se range pour une fois du côté des bien-pensants étatistes.

Je ne crois vraiment pas que l’expression « bien-pensants étatistes » ait tellement de prise sur la réalité. Combien de citoyens impliqués se réclament clairement et réellement de l’étatisme? Pour la plupart des gens, l’État est un (bien ou un) mal nécessaire, qui en soi relève plus de la tradition que du désir. Il est (supposément) utile et s’il s’avère franchement un jour ne plus l’être, j’espère bien que ce ne sera pas la tradition qui le maintiendra en vie…

Si les citoyens, même les artistes, se dressent pour contester le chemin qu’emprunte l’industrie gazière et le gouvernement, ce n’est assurément pas pour glorifier la pensée étatiste! Il ne faut pas prendre des vessies pour des lanternes!

(Photo : Shandchem)

Le dilemme Marois

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Au niveau provincial, l’ambiance politique actuelle oscille entre une possibilité de renouveau, qu’un gouvernement les deux pieds dans les plats n’arrête jamais de suggérer, et un quasi statu quo, puisque le parti capable d’en récolter les fruits pour l’instant n’y arrive pas assez. Il faut se le dire, Pauline Marois, malgré sa bonne volonté, n’arrive pas à cristalliser la grogne autour de sa personnalité. Peut-être que ses mauvais coups du passé l’enrobent comme des spectres assombrissant pour une partie de l’électorat, peut-être est-ce simplement ce qu’elle dégage, ce que je pourrais appeler son aura aristocratique. En tout cas, si c’est beaucoup pour la première raison, cela remettrait en cause la réflexion maintes fois soulevée au Québec comme quoi les gens oublient vite… (Et tout cela donne encore plus le signal de l’omnipotence et de l’importance actuelle des chefs sur leurs partis, ce qui n’est pas la preuve d’une démocratie tellement saine, avouons-le.)

Alors, il faut l’exprimer franchement (et moi je le peux, puisque je ne suis pas impliqué dans ce parti — ni dans d’autres d’ailleurs), si le Parti Québécois veut un gouvernement majoritaire aux prochaines élections, il lui faudrait une nouvelle personne à sa tête. Mais les questions qu’il faut poser sont : est-ce que Madame Marois est dans le déni de la réalité ou non, et est-ce qu’elle met au devant son parti ou sa carrière (puisque bien sûr cela serait beau dans un curriculum vitae : première Première Ministre du Québec — même dans un gouvernement minoritaire…)? Si j’étais elle, je ferais un tour de passe-passe du genre à Bernard Landry qui a démissionné pour cause d’un vote de confiance totalisant 76,2 % à un prochain congrès du parti. Mais elle n’est pas moi.

Et pour brouiller les cartes, il y a la possible formation d’un nouveau parti politique de droite, qui se présente pour l’instant comme un mouvement : Force Québec. Jean-François Lisée croit que cet hypothétique parti nuirait « davantage aux libéraux qu’aux péquistes », mais je n’en suis tellement pas certain, étant donné que la question constitutionnelle semble devenir, à mon grand dam, de plus en plus flottante, et surtout, non prioritaire. Le PQ ne semble pas vraiment moins à droite que le PLQ alors, ultimement, être certain aujourd’hui de la tendance que prendrait l’ajout d’une nouvelle « force » politique me semble encore du domaine de l’inattendu.

Dans ce cas, est-ce que Pauline Marois devrait suivre la logique de Jean-François Lisée et se dire qu’elle risque fort bien de se retrouver majoritaire grâce à Force Québec (qui se rendrait alors jusqu’à une case sur les prochains bulletins de vote électoral) ou, devant l’impossibilité de faire des prédictions aussi importantes, est-ce qu’elle devrait mettre toutes les chances du côté de son parti en trouvant le moyen de se retirer?

La balle est dans son camp.

Si la notion de stratégie est importante en politique, cela serait une bonne occasion de le montrer.


 

Payer pour un médecin de famille?

On apprend que le Groupe santé Physimed offre la possibilité d’avoir un médecin de famille aux gens qui se soumettent à un bilan de santé, moyennant 340$. Au-delà du fait que cela donne l’occasion aux gens plus fortuné d’obtenir un médecin dans un contexte de pénurie, cela démontre que le privé en santé ne s’accorde pas très bien avec le système public.

Quand on nous dit qu’il y a un manque de médecin de famille et qu’on nous donne un chiffre, ce chiffre est visiblement gonflé par les médecins et les places qui attendent de se voir distribués par Physimed et autres cliniques privées. Parce que ça ne s’invente pas en claquant des doigts un médecin de famille et sa disponibilité…

Donc, si je comprends bien le système, ces cliniques privées se montent des banques de médecins de famille avec des disponibilités (ce qui en soi augmente la pénurie) en échange d’un pourcentage sur lesdits frais du bilan de santé.

Ce qui me fait me poser beaucoup de questions sur le système d’attribution des places de médecin de famille, parce qu’il semble y avoir une belle grosse craque dans la règlementation.

Pour ma part, avec un jeune enfant, je serais bien tenté d’utiliser ce stratagème pour combler ce vide dans notre vie de famille. Mais j’irais à reculons, j’aurais le goût amer dans la bouche de celui qui s’est fait forcer la main pour mettre de côté ses valeurs. Ça ne me ferait pas plaisir d’avoir l’impression d’avoir volé la place de quelqu’un d’autre parce que j’ai plus de pouvoir d’achat.

Et je ne dis même pas que je ne tomberai pas dans ce piège un jour. Ça sera bien la preuve que les affairistes de la santé auront bien fait leur travail de destruction du système de santé public avec l’aide du gouvernement.

Je leur donne déjà une bonne note.

(Photo : zigazou76)

Le charme d'Henri-Paul Rousseau

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Interrogatoire

Est-ce que j’ai le droit d’écrire pour mon propre plaisir, et pour être lu à la fois?

Est-ce qu’il y a seulement une seule bonne manière d’entrevoir la problématique environnementale?

Est-ce que j’ai vraiment besoin d’avoir un BAC, une maîtrise ou un doctorat en politique pour avoir le droit d’émettre des opinions sur le sujet?

Est-ce qu’il est positif de croire que la révolution internet est parallèle à la constitution d’un cerveau virtuel commun où chaque individu est un de ses angles?

Est-ce que l’idée de la liberté n’est pas seulement un concept qui permet d’improviser à froid et de s’en servir comme défense quand ça tourne mal?

Est-ce qu’être ouvert d’esprit est seulement une manière de ne pas se trouver dans l’extrémisme?

Est-ce que se poser des questions est une perte de temps?

Est-ce que quelqu’un est tout à fait certain de ses réponses?

(Photo : William Kunz)