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La religion comme bâton dans les roues de l’éducation sexuelle

 

Pour le billet que j’ai publié mardi dernier, j’ai essayé de me tenir le plus près possible des faits. Pour ceux qui ne l’ont pas lu, j’y relatais l’histoire d’un ami enseignant qui va être suspendu trois jours par le directeur de son école parce qu’il a distribué des documents traitant de la sexualité à ses élèves.

Je veux y revenir parce qu’un des soupçons que j’ai quant à la raison de cette suspension a été soulevé dans un commentaire que j’ai eu sur Facebook en lien avec cette affaire. Et ce commentaire vient d’un autre enseignant qui raconte qu’un collègue à lui a été suspendu 5 semaines. Et la cause : des parents très religieux et très organisés. Je n’en doute point, ça pourrait tout à fait être cette même raison pour ce qui est de mon ami. Et, vous vous en douterez bien, ça me fait sortir la boucane par les oreilles!

Personnellement, je n’ai aucune patience quand il s’agit de la religion qui tente d’entrer d’une façon ou d’une autre dans l’espace commun. Et c’est bien de ça qu’il est question quand des ultrareligieux tentent de mettre des bâtons dans les roues de l’éducation sexuelle des jeunes. J’en viens même à me demander si l’abandon des cours de FPS avec la Réforme ne trouve pas plus ou moins sa source dans un lobby du genre…

Parce que là ils ont tellement le beau jeu. Le gouvernement s’est lavé les mains du problème en relayant la tâche aux profs et aux parents. Et, c’est bien connu, la plupart des parents sont mal à l’aise avec la sexualité (gracieuseté de notre civilisation judéo-chrétienne), et ça doit pas mal être la même chose avec les enseignants… Il ne reste qu’à ces brebis la tâche de débusquer les exceptions comme mon ami et d’appuyer sur le bouton-pression!

Alors, vivement le retour des cours d’éducation sexuelle. Des gens compétents qui vont faire le travail de démystification, des parents normaux qui vont être contents, et pour les autres, qu’ils continuent leur vaine croisade… En espérant qu’on en entendra de moins en moins souvent parler, et qu’ils finiront par disparaître. Optimisme, quand tu nous tiens…

Certains me trouveront sans doute trop dur, mais j’assume tout à fait mon propos. Dans un monde où la science nous montre que la sexualité est une chose normale, hautement humaine et importante pour l’équilibre mental de l’individu, ceux qui voudraient qu’elle soit régie par des préceptes doctrinaires archaïques m’apparaissent réellement anormaux.

Je sais bien que de pointer la normalité est dangereux. Surtout quand la normalité est pour beaucoup synonyme d’immobilité, que le terme inspire le contraire de la créativité. Mais ce n’est pas de cette normalité dont il s’agit. Plutôt celle-là qui donne une chance à quiconque d’avoir un bon départ dans la vie. Le choix, qui vient avec la connaissance, n’est-ce pas le plus beau cadeau qu’on puisse faire à un jeune?

Parce que d’enfermer les jeunes dans le noir jusqu’à ce que leurs hormones les poussent à expérimenter (ou pire, à se replier sur eux-mêmes devant l’épouvantable de l’inconnu), cela me semble beaucoup plus nocif. Les sujets, comme la contraception, les infections transmissibles sexuellement, etc., ne manquent pas. Et on voudrait laisser toutes ces questions à la merci de la religion : ce qu’il y a de moins « mis à jour » en terme de sens sur la planète?

Les gens peuvent bien croire en Dieu, ce n’est pas tellement ça le problème. C’est l’application aux réalités terrestres qui branle dans le manche! Certains pourraient faire ressortir l’importance de la tradition qui vient avec la religion, qui vient avec Dieu, mais il s’agit d’aujourd’hui, pas d’hier! L’écho de la réalité d’il y a (soi-disant) deux-mille quelques années (en tout cas du côté chrétien) est bien insuffisante pour nous aider aujourd’hui, à moins d’y mettre une énergie folle pour en extirper quelque chose. Si je ne m’abuse, nous avons la liberté de mettre notre énergie ailleurs, et c’est bien contre cette liberté que les ultrareligieux se battent.

Pour ma part, je me bats aussi, mais avec ces quelques mots. Soyez du nombre.

(Image : formfaktor)


 

Dans la mire d’Anders Behring Breivik

 

J’ai bien fait de ne pas trop commenter à chaud le « gauchocide » d’Anders Behring Breivik. Parce qu’avec les infos que j’ai pu grappiller çà et là, je me suis permis ce discutable statut Twitter :

Le gros problème avec #AndersBehringBreivik, c’est qu’il s’est mis sur la même balance de religiosité que les musulmans extrémistes.

Par contre, je ne renierai pas ces deux-là :

L’extrémisme est toujours le fléau de déshumaniser les questions sociales. #AndersBehringBreivik

Les apôtres du multiculturalisme doivent jubiler en ce moment… #AndersBehringBreivik

Alors voilà, après avoir lu un peu plus sur le sujet, je ne crois plus que les gestes d’Anders Behring Breivik étaient de nature religieuse (donc en lien avec l’épithète de « fondamentaliste chrétien » qu’on lui a prêté), même si cela me confortait agréablement dans ma haine des extrémismes que permet l’adhésion fanatique à une religion. (Sa vidéo « Knights Templar 2083 » est remplie de références à la chrétienté, mais je crois qu’il faut l’analyser plus dans un sens culturel. Aussi, peut-être, dans l’optique symbolique d’un combat entre le Bien et le Mal : le Mal étant représenté par la religion musulmane, toujours actuelle, le Bien, étant représentée par l’image des croisades, bien sûr moyenâgeuses.)

Non, il semble que tout soit plutôt relié à l’immigration musulmane que soutien le multiculturalisme norvégien. Alors oui, peut-être, nationalisme, conservatisme, extrême-droite dans ce sens-là, mais il faut faire attention, comme le souligne l’Antagoniste, de ne pas mêler les libertariens à ça, même si on a l’habitude de les classer à droite…

Et même, je me permets un bémol encore plus grand en mettant tout mon poids dans la balance. Je ne me cache pas d’être contre le multiculturalisme, tout comme Anders Behring Breivik, mais à la mesure de ma réalité francophone et américaine (et je ne crois pas avoir besoin de spécifier que je condamne comme la plupart les moyens qu’il a pris pour se faire entendre). Pourtant, je ne me considère pas nationaliste, ni conservateur, encore moins d’extrême droite. De ce fait, n’y a-t-il pas quelque chose qui cloche dans ce désir d’expliquer cette tragédie en pointant systématiquement le nationalisme, le conservatisme et l’extrême droite alors que tout pointe l’antimulticulturalisme? Alors que l’antimulticulturalisme est tout à fait capable d’être sans se faire cannibaliser? Il y a des amalgames qui semblent évidents, mais qui ne le sont pas. Ainsi, est-ce que cette tuerie serait l’instrument idéal pour donner le coup de grâce à la critique antimulticulturaliste?

Aussi, il y a la théorie qui va dans le sens que ces gestes seraient en lien avec le sionisme, ce qui met de la chair autour de l’os de l’accusation d’islamophobie. Et quand on ajoute à cela le fait qu’il soit franc-maçon, ça sent la position pro-Israël à plein nez… Pourtant, au Québec, nos médias « mainstream » n’ont aucunement soulevé cette possibilité (pour m’en assurer, j’ai fait des recherches sur Cyberpresse, Radio-Canada.ca et Canoë avec le nom du tueur, ainsi que les mots-clés « Israël », « sioniste » et « sionisme », sans aucun résultat concluant). L’ami qui m’a propulsé sur cette piste me disait que c’est pour cette raison que les autorités norvégiennes ont voulu le huis clos, prononcé bien sûr par le juge. Quoi qu’il en soit, cela donne le beau jeu à tous de tirer la couverture de son bord, puisqu’il y a un manque flagrant de transparence. Ce qui est dommage, puisque cet événement est éminemment important.

Mais s’il faut se poser la question « quoi sert qui? », la réponse ne pourrait qu’être nébuleuse. Même en lisant la totalité du document de 1500 pages, ce qui est bien sûr le contraire de la concision… Alors, je ne tenterai pas ici de proposer la mienne. Tout ce que je peux faire, c’est constater que la dynamique inscrite depuis septembre 2001 prend une tout autre allure alors que l’air du temps semble faire germer ce qu’on appelle le « loup solitaire ».

Dans un monde complexe comme le nôtre, il était peut-être temps de constater que l’« ennemi » est réellement d’un flou désarmant.


 

Je suis guéri

 

Comme vous pourrez le constater, le « je » sera ici plus incisif qu’à l’habitude. C’est que cet été a été pour moi jusqu’à présent de me baigner dans le lâcher-prise. Alors, pour ceux qui me suivent ici depuis longtemps, vous avez sûrement remarqué un relâchement. Et pour les autres, je peux vous assurer qu’il n’est pas anodin!

Pour débuter, je puis dire que je me suis immergé jusqu’à avaler beaucoup d’eau dans la blogosphère et ses mondes parallèles. Parce qu’au-delà du simple plaisir personnel, j’avais misé tout ce que j’avais d’énergie et d’espoir dans ce projet d’expression et d’interaction. Et, pour ce qui est de sa limite, que je constate avec lucidité sans pour autant la prendre pour de l’argent comptant, je ne sais toujours pas si c’est moi qui ai fini par la dresser avec mon insuffisance. J’essaye donc de ne pas mettre la faute sur les autres. Sans m’autoflageller pour autant… Je préfère alors aller au plus simple et m’avouer et vous avouer que j’étais en quelque sorte accroc du 2.0, même si j’avais toutes les bonnes raisons et dispositions pour le devenir. Et je pense que j’en suis guéri.

Je suis guéri de cet état permanent d’urgence qui m’amenait à être toujours à l’affût, de peur de manquer quelque chose. Je suis guéri de cette peur de déplaire parce que ma vie est aussi ailleurs. Je suis guéri de cette maladive perception du temps qui faisait en sorte que ces moments investis étaient pour moi autant de billets de loto pour gagner une transformation extrême de mon dada en une grande carrière. Je suis guéri d’un sentiment de culpabilité qui m’absorbait bien malgré moi, même si j’en étais le talentueux maître d’oeuvre. Et si j’ai une rechute, elle sera au moins plus en connaissance de cause, plus empreinte de réalisme.

Et depuis, je m’imprègne de la chaleur de l’été, de ma douce, j’en suis devenu une éponge. Et j’ai un peu plus le temps de noter les pas de géant de ma petite bonne femme qui fait son petit bonhomme de chemin, et même de le lui tracer avec des miettes de pain.

 

(Photo : Cassiopée2010)


 

Les citoyens du monde

 

Dans son billet « Pour l’histoire », Mathieu Bock-Côté soulève une caractéristique majeure de notre époque, ce qu’il appelle le « présentisme », à prendre bien sûr dans son sens le plus négatif (l’auteur étant de la mouvance conservatrice) :

Le présentisme consiste à croire que le présent se suffit à lui-même. Il repose sur l’oubli de l’histoire, comme si le passé n’avait rien à nous apprendre, comme si nous n’avions pas reçu de nos ancêtres un héritage à préserver, à faire fructifier.

Dans ces propos, je ne suis pas d’accord qu’il faille absolument « préserver » quoi que ce soit sans le mesurer au présent (je ne suis pas un conservateur), mais en gros je suis d’accord que la fuite en avant n’est pas la meilleure solution pour régler les problèmes identitaires actuels qui viennent avec la mondialisation.

Et l’auteur vise tout à fait juste quand il pointe ce qu’il appelle la « Troisième faille » :

nous oublions les vertus de l’enracinement. Combien sont-ils à vouloir comme seul passeport celui de « citoyen du monde ». Dans l’angle mort de cette vision, toutefois, on trouve une terrifiante superficialité : celui qui aime toutes les cultures n’entretient-il pas finalement un rapport de consommateur avec chacune d’entre elles en se contentant de les explorer en surface ? Ce n’est pas parce qu’on est allé un jour à Zaghreb qu’on est familier avec la culture croate. Ce n’est pas parce qu’on aime les mets brésiliens que l’Amérique du Sud n’a plus de secrets pour nous.

Personnellement, si je suis un citoyen du monde, j’ai l’honnêteté de le placer à la bonne place, juste avant le fait d’être terrien dans l’univers : dans la possibilité où il existerait des habitants d’autres planètes… Quelqu’un qui peut véritablement se targuer d’être principalement un citoyen du monde, c’est tellement rare que c’est actuellement plus du domaine du fantasme. Qui peut bien faire assez le tour du monde pour bien s’imprégner des cultures et des langues à ce point? Et se servir seulement de sa connaissance de l’anglais pour ce faire, c’est mieux que rien, mais il y a mieux…

Alors, j’en arrive à la conclusion que de se dire citoyen du monde, c’est beaucoup faire fi de l’importance de la proximité, dans son sens le plus large. C’est en quelque sorte du snobisme pour ce qui a mijoté et ce qui mijote à notre portée immédiate, même s’il est impossible d’y échapper tout à fait; enfin, pour l’instant : si le web parvient un jour à tout à fait nous happer au quotidien il en sera autrement. Et, si je ne m’abuse, cette propension à dénigrer l’appartenance locale est justement une des conséquences du développement du web et de la possibilité d’avoir un sentiment d’appartenance planétaire par cela, bien qu’il soit encore plus superficiel que le tourisme. (Ici, je ne dis pas que ce que l’on vit via nos expériences sur internet ne vaut rien, mais bien qu’il faut au moins les remettre en perspective vis-à-vis de nos autres activités.)

Après le tourisme et le « surf des interwebs », il y a bien sûr l’immigration comme mécanique encourageant cet idéal de la citoyenneté mondiale. Justement, combien sont-ils à considérer le Québec comme une succursale du monde en occultant qu’il y a ici une culture (majoritaire) qui trouve son consensus dans une langue, héritée du colonialisme français et colorée d’américanité? Et qui osera réfuter que le multiculturalisme canadien ne soit pas dans cette même lignée?

Et encore, je soupçonne fortement que cette mode du « citoyen du monde » alimente le cynisme politique actuel. C’est bien clair, quand quelqu’un ne se sent pas citoyen de l’endroit où il vit, il peut bien se désister politiquement de ce qui se passe autour de lui : nos problèmes communs ne le concernent pas.

Depuis toujours, je comprends que cette attitude est une manière de se montrer tolérant à tous prix, puisque de pointer ouvertement où nous sommes et d’où nous venons (dans son sens le plus large) a été amalgamé au sectarisme. Si je dis et que je démontre de l’importance pour le fait que je suis un Québécois de langue française, donc par le fait même que je ne suis pas un citoyen du monde, j’ai l’air louche dans certains milieux qui se la jouent plus « évolués » en se proclamant citoyens du monde. Pourtant, il n’est même pas question de déprécier qui que ce soit, comme le font certains ultranationalistes, mais bien de prendre le pari du réalisme et de la conjoncture.

Parce qu’il ne faut pas se raconter d’histoires…


 

Taper sur plus petit que soi

 

Si vous ne le savez pas déjà, je trouve le « BS bashing » assez ordinaire… pour ne pas utiliser une expression plus mordante. Ça me semble toujours être une manière facile de taper sur plus petit que soi, puisque, mis à part les rares cas de fraudeurs, il faut vraiment être à bout de solution pour faire une demande d’assistance sociale. Quant à y rester longtemps, il faut être en proie à un lot de contraintes, ce qui est toujours plus simple quand c’est physique.

Je vous parle de ça parce que j’ai été choqué la semaine dernière par une partie d’un billet de Mike Tremblay sur Le Stupidarium, ce site qui se targue de débusquer la stupidité de notre monde. Visiblement, nous n’avons pas tout à fait la même notion de stupidité… Alors, pour aller à l’essentiel, pour expliquer son dégoût du Québec en ce jour dernier de la fête de la St-Jean (dégoût que je partage, mais pour d’autres raisons), Mike pointe une série de raisons, dont celle-là :

 

Ai-je vraiment le goût de fêter une province qui accepte ceux qui refusent de travailler et qui reçoivent de l’aide sociale sans avoir de contrainte physique à l’emploi?

 

J’aurais tendance à déduire qu’il n’y a pas pour Mike de distinction entre « ceux qui refusent de travailler » et ceux « qui reçoivent de l’aide sociale sans avoir de contrainte physique à l’emploi ». Pourtant, il est bien clair pour moi que de synthétiser la problématique des assistés sociaux sans « contrainte physique à l’emploi » par la généralisation du refus de travailler est un raccourci intellectuel, et ce n’est pas ma tasse de thé… Il n’y a pas de portrait type de l’assisté social capable (supposément) de travailler. Mais c’est vraiment plus pratique d’en dresser un portrait démoniaque pour mieux faire sortir les pieux, pelles, fourches et torches de la populace en mal de boucs émissaires!

En commentaire, alors que j’essayais de mettre de l’eau dans son vin, Mike m’a rétorqué que « Chaque année, [sa] famille donne près de 90,000$ à l’impôt! » C’est drôle, mais à la place de pointer le problème des « BS », je pointerais plutôt le problème de l’impôt progressif. Là je serais plus d’accord avec lui. Parce que j’ai l’impression que cela freine beaucoup de gens à travailler plus ou à avoir un meilleur salaire avec plus de responsabilités puisqu’au bout du compte, ça donne la même chose, ou si peu de plus. J’ai bien beau avoir tendance à trouver l’individualisme crasse, mais il y a des limites. On ne peut pas nier que tout individu fait des choix dans son propre sens. Pour ce qui est de la notion du « vivre ensemble », le mieux qu’on peut faire est de tendre vers l’équilibre.

Encore, si Mike veut absolument trouver une cible à sa perte de revenu (s’il faut vraiment l’appeler ainsi…), pourquoi ne s’attaque-t-il pas aux gros? Justement, j’ai fait un billet dernièrement sur les « BS de luxe » que sont certaines entreprises : La pompe à cash. Il faudrait que je vérifie pour être le parfait blogueur, mais je suis pas mal certain que ces derniers grugent beaucoup plus dans le 90 000$ de cette famille Tremblay!

Pour terminer, dans le fond, ce que je n’aime pas dans cette habitude de taper sur les « BS », c’est qu’elle est plus liée à l’émotivité qu’à la raison. Regarder le portrait global devrait empêcher de colporter les habituels clichés. Et je ne dis pas que le système de l’assistance sociale est parfait. Il pourrait être plus efficace pour aider les gens sans contrainte physique à l’emploi et les faire revenir plus rapidement sur le marché du travail. Mais le gros du problème est le côté psychosocial de la chose. On a beau penser que quelqu’un est apte à l’emploi parce qu’il n’a pas de handicap apparent, mais il en est autrement pour ce qui se passe dans sa tête.

La plupart des gens sont capables de se maintenir à flot ou de se relever d’un mauvais pas, mais qui sommes-nous pour condamner ceux qui n’en sont pas capables sans aide? Parce qu’il y a dans le lot quelques paresseux et fraudeurs? La vague existence de ceux-là justifierait-elle de couper l’aide à ceux qui en ont vraiment besoin? Serais-je naïf de penser que ceux qui reçoivent cette aide sont des candidats de moins pour commettre des actes criminels pour survivre, et que nous sommes globalement plus en sécurité pour cette raison?

S’il faut couper dans le gras de notre obèse État, l’assistance sociale serait la dernière chose que je couperais, parce que notre société riche peut bien se concerter pour se payer ce filet social. C’est un peu comme une assurance que pas grand monde pourrait individuellement se payer.


 

Le sens de la vie

 

Mon billet « La salade des croyants » a suscité beaucoup de débats, bien au-delà de la simple question de décorum que j’essayais de soulever. Le pire que cela a provoqué, c’est une remise en question de la capacité pour les athées de donner un sens à leur vie. Ce n’était pas la première fois que je l’entendais celle-là : sans Dieu, la vie n’a pas de sens.

C’est bien drôle de croire qu’on a ainsi le monopole de la finalité de l’existence. Mais c’est en même temps très logique : il faut bien absolument le justifier ce Dieu, cet absolu. Par contre, c’est un des pires syllogismes. Si Dieu réussit à condenser pour quelqu’un en un concept global tout le sens de la vie, c’est bien normal qu’en dehors de cette croyance il n’y ait point de salut. C’est un raisonnement qui tourne en rond, un cercle vicieux. Le serpent qui mord sa queue. Il ne permet pas vraiment la pluralité, l’éclatement analytique que permet l’hypothétique. C’est voler la recherche du sens à la philosophie et l’emprisonner dans une cage de verre. Une certaine religion en a fait un crucifix. Le sens de la vie devrait plutôt être un genre de cube Rubik impossible à compléter dont tout le monde a droit. Question d’avoir le droit de salir le sacré avec nos mains sales.

Certains rétorqueront : mais la spiritualité là-dedans? La spiritualité étant pour beaucoup de non-croyants une manière de désigner un possible système extra-corporel, qui est aussi une manière de trouver un sens à la vie, devant l’écueil du matérialisme (le monde visible), devant sa charge hautement dépressive pour certains, je l’admets. Comme si le monde physique qui nous entoure et les relations entre les êtres vivants n’étaient pas assez pour nous permettre de rêver. Mais il faut pour cela que le concept même d’incroyance en quoi que ce soit qui transcende la biologie soit équivalent à un grand vide, un vacuum qui nous aspirerait au fond du baril si on le regarde. Pourtant, notre réalité est déjà un velcro très efficace pour le sens.

Qu’on soit en dehors ou en dedans de la religion et de la croyance en Dieu, la spiritualité semble servir à cristalliser la réflexion quant au pourquoi de l’existence humaine. Personnellement, je pense qu’il n’y a pas plus ni moins de raisons d’exister pour le genre humain que, par exemple, les insectes. Notre vie n’est pas plus utile à quoi que ce soit que celle des bactéries. Quoique, j’aurais même tendance à dire que notre vie est vraiment moins utile… si on pèse les pour et les contre. Mais bon, je n’irai pas jusqu’à promouvoir la disparition de l’humanité, je suis un humaniste : en fait, un éternel optimiste, étant donné sa performance discutable, dans certains domaines.

Mais qu’est-ce que la spiritualité, au fond? Une tentative d’organiser le mystère, ce que nos sens et notre entendement ne peuvent percevoir ni comprendre? L’espoir que nos corps ne sont que des prisons et qu’on pourra un jour en sortir, quel que soit le système occulte qui le permette? En fait, j’ai de plus en plus l’impression que le spiritualisme, la doctrine « qui affirme que l’esprit constitue une réalité indépendante et primordiale », est plutôt un concept fourre-tout, une manière de désigner le caractère abstrait de la vie, ce que cause finalement l’activité électrique dans nos cerveaux.

Pour l’auteur Dominique Loreau, loin « d’être une tâche, une corvée ou un mal nécessaire, le ménage serait en fait un art, rien de moins qu’une activité spirituelle revitalisante ». Alors oui, ça peut aller jusque-là… La spiritualité, serait-ce alors seulement la quête du bien-être?

Le sens de la vie est celui qu’on lui donne. Pas besoin de spiritualité pour ça. En tout cas, il n’y a pas d’obligation, on peut tout à fait être « aspirituel ». La spiritualité, c’est pour moi regarder le néant et espérer que cela change quelque chose dans notre vie. Je préfère regarder ce que je peux voir, alors que la science m’aide à toujours en voir un peu plus. J’accepterais même avec bonheur que la science prouve l’existence de l’esprit et de sa longévité après la mort. Mais jusque-là, je ne perdrai pas mon temps à spéculer là-dessus. « Je pense donc je suis. » Ça me suffit amplement pour être heureux.


 

La salade des croyants

 

Hier, à la fin de Tout le monde en parle, l’invité Mario Saint-Amand a fait des aveux quant à ses croyances religieuses. Personnellement, ce genre de truc me met toujours mal à l’aise, et j’ai finalement compris pourquoi. J’ai essayé de synthétiser ça dans un message Twitter :

 

Ce que j’aime avec les athées, c’est qu’ils ne passent pas leur temps à en parler…

 

Et j’avais relayé juste avant un message avec lequel je suis pas mal d’accord :

 

Tes pratiques religieuses c’est comme tes pratiques sexuelles préférées: j’veux pas les connaitre à moins d’être ton amie proche.

 

Quoique, concernant les pratiques sexuelles, qu’une vedette fasse des confidences à ce sujet me dérange beaucoup moins…

Imaginons la même entrevue avec un Mario St-Amant athée qui expliquerait que c’est le fait de ne pas croire en quelque chose de plus « haut » que lui qui l’a aidé à passer au travers de son épreuve. Qu’il a trouvé la force en lui-même, et avec l’aide de ses proches, ce qui lui a donné, et du courage, et confiance en l’humain. Même en n’allant pas jusqu’à dire qu’il n’a pas besoin de cette béquille…

Pas sûr que ce genre de discours passerait très bien. Même qu’il serait vraisemblable dans notre monde actuel. Les athées n’embarquent pas là-dedans, et avec raison. À moins, peut-être, de vouloir provoquer, mais je n’ai jamais vu quelqu’un faire ça à TLMEP, ni dans toute autre émission où on fait des entrevues avec des vedettes. Pourtant, le discours contraire passe comme dans du beurre. C’est la normalité. Et je ne dois pas être normal.

Toutes les fois où j’entends quelqu’un s’épancher dans les médias par rapport à ses croyances, j’ai l’impression qu’on a choisi pour moi de laisser entrer des Témoins de Jéhova. Et je ne parle pas d’émissions où il est franchement question de religions et autres sujets en lien avec la spiritualité (terme qui n’a vraiment pas de sens pour moi…). Sans blague, il n’y a pas d’athée pour vendre sa salade d’incroyant. Serait-ce parce que les incroyants ont plus de respect pour les croyants?

 

(Photo : richoz)


 

Abstention, proportionnelle, coalition, etc.

 

Cyberpresse publiait un texte d’opinion de François Geoffroy, professeur de littérature au collège Montmorency, ayant pour titre : « Pourquoi je n’irai pas voter ».

Il fait à sa façon la démonstration que chaque vote n’a pas le même poids :

Les dernières élections fédérales ont démontré par l’absurde les limites du système actuel. Le Bloc, avec 1 379 565 voix, y a remporté 49 sièges. Les Verts, avec 940 747 voix… aucun.

Bien que je sois très d’accord avec l’utilisation de l’adjectif « absurde », ce qu’il oublie dans son calcul, concernant le Bloc, c’est que ce parti n’a de candidats qu’au Québec, ce qui multiplie quand même sa représentativité. Avec un taux de participation de 59,1%, 1 379 565 voix au Québec, c’est autrement plus représentatif que les résultats des Verts au Canada. Comme on dit, ne comparons pas des pommes avec des oranges…

Sinon, il est bien vrai que notre système fait des laissés pour compte comme les électeurs du Parti Vert. Mais son texte, malgré son propos abstentionniste, me semble seulement un bon argumentaire pour un système proportionnel. Et, à la place de « rejoindre le rang des désabusés », il serait beaucoup plus constructif, par exemple, de se faire le chantre dudit changement de système et de quand même se déplacer pour « envoyer annuellement à peu près la valeur d’un timbre-poste en financement public au parti de [s]on choix ». En tout cas, ça serait clairement moins défaitiste. Ce défaitisme qui tient beaucoup trop lieu de conscience politique, par les temps qui courent.

Alors, qu’est-ce que ce serait si tous les citoyens (un peu d’utopisme ici) talonnaient tous les partis politiques quant à leur position sur un changement de votation pour un système de style proportionnel? (Un référendum sur la question? Oups! désolé, n’importe quoi sauf un référendum… Pourquoi? Parce que.) En plus, ça serait une bonne cause pour rejoindre les gens qui ne votent plus, par dégoût du système, comme ceux que je décris plus haut. Mais bon, quand le cynisme aigu a bien grugé un citoyen, il est bien difficile d’espérer une guérison… à moins que…

Et puis, question de continuer sur la lancée d’une évolution du système, juste l’idée d’accepter comme légitime (par tout le monde) la gouvernance par coalition serait déjà un bon début. Parce qu’il faut le rappeler, une coalition n’est pas une invention du diable… Personnellement, j’espère qu’un hypothétique gouvernement minoritaire conservateur se transformera assez rapidement en un gouvernement de coalition, et qu’il donnera de bons résultats (en tout cas, question représentativité, c’est déjà un pas en avant). Et surtout, qu’il durera.

À partir de là, tout est possible. Pourquoi pas une concertation des partis en coalition pour un système proportionnel? (Étant donné que personne n’est en situation majoritaire, ce qui on le sait, tend à refroidir les ardeurs pour le changement — s’il faut le rappeler, un gouvernement majoritaire a rarement la majorité des votes.) Et, bien sûr, un retour de François Geoffroy au bureau de scrutin aux prochaines élections!


 

Epic Fail Time

 

Tout le monde en parle recevait deux gars du groupe Epic Meal Time, qui fait des performances radicales de cuisine hypercalorique. J’ai failli en parler quand le phénomène était tout chaud dans les interwebs, mais bon, j’avais d’autres chats à fouetter. Alors, je vais en profiter aujourd’hui.

Le premier volet concerne le phénomène en soi. C’est simple, cela me semble tout à fait une réponse ironique à la mode du bien-manger-santé et de la charge contre la malbouffe qui sévit depuis un bon bout de temps. Cependant, pour aller au plus simple, c’est en quelque sorte un « Jackass » gastronomique. Faut aimer le genre. Très peu pour moi. Mais encore, le problème, c’est que tout le monde peu essayer ça à la maison…

Sinon, ce qui est remarquable, c’est que l’entrevue à TLMEP était sous-titrée, puisque les deux gars sont unilingues anglophones, et natifs de Montréal. Cela a suscité une tonne de réactions sur le fil Twitter #TLMEP, contrairement à l’émission elle-même où le sujet à été à peine souligné par une question de Guy A Lepage. Vous vous douterez que je n’étais pas du côté de leurs défenseurs.

Non, vraiment, je ne suis pas à l’aise avec l’unilinguisme de certains de nos concitoyens anglophones. Et pour illustrer cela, je vais vous raconter une anecdote. J’étais en voyage au Mexique voilà presque une vingtaine d’années avec un ami. Un québécois qui s’était installé là-bas nous accueillait sur son humble domaine où il pouvait abriter et nourrir une dizaine de personnes. Il engageait quelques Mexicains pour l’aider à la cuisine et avec le service.

J’avais le réflexe de parler avec eux en anglais alors que j’allais commander, etc., mais le patron n’aimait vraiment pas ça. Donc, il essayait de m’apprendre quelques rudiments d’espagnol pour qu’au moins je puisse me débrouiller. Cependant, je retombais souvent dans mon habitude de retourner à l’anglais. Je me faisais taper sur les doigts par le maître des lieux, même si, dans le fond, j’étais un client, alors que le client devrait toujours avoir raison… J’ai fini par comprendre quand il m’a parlé de respect. C’était bien ça, le respect. Et c’est exactement l’illustration d’un manque de respect total que j’ai eu devant moi en ce dimanche soir. Un manque de respect que certains prennent pour un choix personnel indiscutable.

Il me vient des histoires d’horreur de dénigrement de notre langue bâtarde par leurs parents et leur milieu pour expliquer cet unilinguisme, mais je vais plutôt me rabattre sur la démolition de quelques arguments de leurs défenseurs, pour la plupart des chantres d’une conception particulièrement étriquée de la liberté individuelle. Je commence avec un hypothétique exemple : comment réagirions-nous devant un citoyen québécois unilingue chinois qui serait ici depuis un assez long moment? Est-ce que devant son refus de s’intégrer un minimum linguistiquement quiconque le défendrait avec l’argumentation de la sacro-sainte liberté individuelle? Rien n’est moins certain, à moins d’être complètement déconnecté de la réalité.

Nous sommes en société et il est bien évident que le langage commun est important. Jusque-là, tout va bien. Mais ça tombe qu’ici au Québec, province francophone, nous sommes encore dans le Canada, pays bilingue. Il est donc bien évident que les défenseurs de nos « enrobeurs » de bacon peuvent se permettre d’envelopper leurs beaux discours de liberté individuelle parce que ce sont des anglophones, parce qu’ils parlent la bonne langue. C’est de l’hypocrisie pure. Et c’est évacuer l’importance du caractère francophone pour la majorité québécoise, et, carrément, amoindrir presque à néant le poids linguistique du Québec dans le Canada. Réflexe de minoritaire quand tu nous tiens!

Sur Twitter, c’était assez pathétique d’en lire certains excuser l’unilinguisme des deux gars en le comparant avec l’unilinguisme de certains francophones, ici. Pour être logique, il faudrait le comparer avec l’unilinguisme de francophones dans des provinces et territoires anglophones, si cela existe. J’en doute. Quoi qu’il en soit, il est surtout question d’adaptation à sa société, et un Ontarien qui ne parle pas anglais, et un Québécois qui ne parle pas français sont deux exemples du même problème. Et ce problème porte une signature, celle de Pierre Elliott Trudeau, le père du bilinguisme et, bien sûr, du multiculturalisme. Vivez heureux dans vos ghettos qu’il disait!

Mais, pour revenir à nos champions de la liberté individuelle, je me permets de faire remarquer ici que je n’ai jamais composé ma critique dans une perspective étatique et juridique. J’use de ma liberté de critiquer dans l’optique où cela me semble un moyen d’arriver à un résultat, avec l’ajout de la liberté de critique des autres. La masse critique. Il y a plus de chances qu’un jour nos unilingues anglophones se mettent au français s’ils sentent un malaise que d’avoir vu toute leur vie les francophones (bilingues, en grande majorité) faire les carpettes, comme ça semble être le cas, visiblement. Si, depuis qu’ils sont nés, personne n’a osé leur mettre le nez dans l’absurdité de leur situation, ils peuvent bien avoir besoin de sous-titres dans une des émissions francophones les plus populaires au Québec.

Il faudrait maintenant une âme charitable pour traduire ce texte et leur faire parvenir…

(Source de l’image remixée : 917press)


 

Un rat devenu hamster

 

Voilà environ deux semaines, un troll a commencé à sévir sur Twitter. Il est même allé jusqu’à faire des menaces très sérieuses à une utilisatrice, comme quoi il allait la trouver et lui faire du mal. Et, pour ce que j’ai pu voir, il a dû répéter ça sur d’autres personnes, à différents degrés.

Les gens avaient beau le dénoncer à Twitter et faire fermer son compte, il s’en créait un nouveau, avec le même nom suivi de chiffres différents. Son petit manège continua jusqu’à ce qu’il commence à faire suer beaucoup de vedettes avec son concert d’insultes de tous genres.

Un de ceux-là, Guy A. Lepage, a pris le mors aux dents à son sujet et, bien que beaucoup d’utilisateurs lui répétaient de ne pas nourrir le troll (puisque c’est bien connu que de répondre à un troll est le meilleur moyen de l’exciter), il le narguait entre autres en le traitant de rat. L’animateur a aussi promis de se mettre sérieusement sur son cas (avec l’aide de ses contacts) et quelques jours plus tard, hier, le gars se retrouve dans un poste de police, son ordinateur saisi. Aujourd’hui, il comparaît « au Palais de justice de Montréal sous des accusations de harcèlement criminel et de menaces ».

Il s’avère que Michelle Blanc était aussi sous le feu de ce fou furieux. Comme elle le raconte dans son billet, « JeffSabres , la saga, les enjeux et les limites », c’est elle qui a permis cette arrestation :

 

Après avoir fait le tour des options possibles qui s’offraient à moi, j’ai dû me résoudre à prendre le taureau par les cornes et à hacker moi-même cet individu, via des techniques de social engineering, afin d’amasser suffisamment de preuves factuelles, pour monter un dossier solide devant servir d’outil pour la poursuite criminelle.

 

Quoi qu’il en soit, tout est bien qui finit bien. Le rat s’est transformé en hamster (en cage), comme l’avait surnommé Guy A. Lepage à partir du moment où il s’est retrouvé sous les barreaux. Et puis, quelques utilisatrices (sûrement aussi quelques utilisateurs) ont pu revenir à un compte public au lieu de privé (afin de se protéger du troll).

J’espère que cette histoire fera réfléchir, et les trolls en devenir pour les dissuader, et les policiers pour qu’ils prennent au sérieux ce problème. Il n’y aura pas toujours des « vedettes » pour les dénoncer et des spécialistes comme Michelle Blanc pour faire le travail assez complexe de trouver des preuves pour les freiner et les traduire en Justice.

Le web n’est plus qu’une curiosité, un divertissement comme l’est la télé, c’est une extension importante de notre monde sensible. Nous avons autant le droit de nous y sentir bien et en sécurité.

Ajout :

 

Plus d’infos sur cette histoire via TVA Nouvelles :

http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/faitsdivers/archives/2011/03/20110330-071806.html


 

Les langues : derniers remparts de l’uniformisation culturelle?

 

Le blogue Antagoniste publie de temps en temps des statistiques concernant le poids média des nouvelles au Québec et dans le ROC ainsi que des « Top 5 Twitter » des mots, noms et « hashtags » (mot-clic?) les plus populaires au Québec, au Canada, aux États-Unis et dans le monde. Mais je ne pointerai ici que la partie concernant Twitter.

Pour la semaine du 15 au 21 mars 2011, pour le Canada, les États-Unis et le monde, la première et la deuxième position sont, dans l’ordre, occupées par « Rebecca Black » et « #threewordstoliveby ». « Nate Dogg » est en troisième position pour ce qui est du Canada et des États-Unis et se retrouve en quatrième position dans la section « Monde ». « #supermoon » est en cinquième au Canada, quatrième aux États-Unis et troisième dans le monde. Les États-Unis et le monde partagent « #ificouldiwouldbringback » en cinquième position alors que cet « hashtag » ne se trouve pas dans le « Top 5 » du Canada, mais bien plutôt « #100factsaboutme », en quatrième position.

Pour ce qui est du Québec, les cinq positions sont occupées, en ordre, par « Lachute », « Ryan White », « Justin Trudeau », « Subban » et, finalement, « Jean Lapointe ». Comme vous pouvez le constater, il n’y aucune concordance avec le Canada, les États-Unis et le monde. Et si on regarde d’autres billets de cette série, parues auparavant sur le même blogue, c’est pratiquement toujours le même genre de concordances entre le Canada, les États-Unis et le monde, et de non-concordances avec le Québec.

Ne me dites pas que ça ne vous sonne pas une cloche? Qu’il n’y a pas de lien à faire entre l’anglais comme langue de la mondialisation et l’uniformisation culturelle? Cela dit, en prenant bien sûr l’idée du culturel dans son sens le plus large, soit ce qui est « Relatif aux comportements sociaux » (via le dictionnaire du programme de correction Antidote).

C’est certain que cette comparaison se fait dans le contexte d’une plateforme qui ne rend pas compte de toute la teneur de ce qui intéresse les gens, et des échanges d’informations au Québec, au Canada, aux États-Unis et dans le monde. Par contre, cela reste un bon indicateur de ce que nous réserve l’avenir. La langue anglaise sur le web semble vibrer au diapason du monde alors que, par exemple, le français cultive les particularismes, enfin, encore. Parce que c’est bien évident que les cinq positions québécoises relatées plus haut ne représentent pas grand-chose pour nos cousins de l’Hexagone et des autres pays francophones.

Est-ce que c’est une bonne nouvelle ou est-ce que c’est une mauvaise nouvelle? Pour ma part, dans l’optique de la diversité culturelle, ce n’est pas une très bonne nouvelle, enfin, surtout pour ce qui est des pays de langue anglaise. S’il se développe une culture anglo-saxonne monolithique de plus en plus en phase avec les États-Unis, son poids deviendra de plus en plus lourd dans le contexte d’une mondialisation s’appuyant sur le caractère utilitaire de cette langue. Et on peut se demander si c’est profitable pour tout le monde, culturellement.

Quoi qu’il en soit, quand le monde entier connaîtra la langue anglaise, il faudra espérer que les gens garderont jalousement leurs langues maternelles. Parce qu’à partir de ce moment-là, il faudra craindre l’unilinguisme anglophone, car tout sera en place pour qu’il gonfle et gonfle, jusqu’à uniformiser culturellement pour de bon l’humanité. En espérant aussi que la proximité physique entre les gens continuera d’influer sur la culture. Mais dans un monde où la communication se rit exponentiellement des frontières, vouloir en deviner davantage relève de la science-fiction.

(Image : bartvandamme)


 

Madamisation, bonhomisation, mouettisation, dindification, etc.

 

Lectures (et visionnement) obligatoires :

Madamisation : http://www.ledevoir.com/societe/medias/319211/medias-la-madamisation

Bonhomisation : http://www.voir.ca/blogs/cyberboom/archive/2011/03/22/la-bonhomisation.aspx

Mouettisation : http://blogue.martinpetit.com/2011/03/22/bonhomisation-et-madamisation-et-quoi-encore/

Dindification : http://www.youtube.com/watch?v=a3R1fCyrmvc

C’est quand même drôle cet effet de domino à la suite de l’article de Stéphane Baillargeon. Et dans cette suite de néologisme, il n’y a que la dindification qui n’a pas de lien direct, et pourtant, il y a des liens à faire, surtout avec la bonhomisation. Pour ce qui est de la mouettisation de Martin Petit, c’est bien la preuve que l’humour n’est pas seulement un déclic pour le rire gras.

Quand la madamisation fait surfer sur la surface de la société et que la bonhomisation ne fait faire que de la nage, avec à peine la possibilité de plonger en apnée pas bien bien longtemps, la dindification cacherait tout le matériel pour faire de la plongée sous-marine. Si vous n’avez pas lu les textes plus haut et la vidéo, même si c’était indiqué « obligatoire » — bande de rebelles! — c’est certain que c’est pour vous du charabia… Bon, je vais faire oeuvre de synthèse.

La madamisation serait un mouvement médiatique qui mettrait de l’avant et à profusion les contenus légers, domestiques, ce qu’on retrouvait précédemment seulement dans les magazines comme Madame au foyer. La bonhomisation serait le phénomène de réduire les débats de société à un niveau simpliste, ce qu’on appelle communément « le gros bon sens ». La dindification serait la propension de la très grande majorité (pour ne pas dire : tout le monde sauf Pierre Fraser) à adopter une pensée toute faite, donc à laisser tomber son esprit critique.

Mais il faut bien se comprendre, tous ces concepts pointent des fantômes. Dans le sens que seulement ceux qui vont se sentir interpellés par ces concepts auront la capacité de les voir. Il faut bien être intellectuel un minimum pour y être intéressé. (Et pour ce qui est de l’anti-intellectualisme ambiant, même parmi ceux qui pourtant pensent ouvertement, c’est là où se trouve la zone d’ombre dans toute cette histoire.) On enlève ainsi la moitié de la population qui est analphabète ou quasi, puis ceux qui n’ont rien à cirer de sujets aussi pointus. Il ne reste pas grand monde. Mais on peut bien s’amuser comme on peut entre amis et ennemis…

Je sais que c’est presque élitiste comme discours, mais ça revient toujours à l’idée de prêcher ou non pour des convaincus. On peut bien parler de ceux qui sont ailleurs, il restera toujours que ceux qui entendent ne se déclareront jamais vaincus. Les nombreuses réactions sont assez représentatives de ça. Stéphane Baillargeon aura beau me dire que je participe à la madamisation en consommant beaucoup d’émissions de cuisine, ça ne m’enlève pas mon cerveau pour autant, pendant et après. Simon Jodoin aura beau me dire que mes impressions ne valent absolument rien, je vais continuer de les prendre pour ce qu’elles sont, à toujours les remettre en perspectives, à mesure que les occasions se présenteront. Pierre Fraser aura beau essayer de me faire croire que je suis une dinde comme une autre, je vais continuer de penser qu’il n’en est pas moins une, lui aussi, peut-être même la dinde en chef!

Dans le fond, ce que je pense, c’est qu’à trop vouloir généraliser on se perd en chemin. L’explosion de la communication, ce qu’on vit en ce moment, fait en sorte de multiplier les offres et les points de vue, tout simplement. Il y en a pour les « madames », les « bonhommes », les femmes, les hommes, les filles et les garçons, sans oublier les bébés et les « gens du bel âge »… Le malheur, c’est que ça ne rend personne grandement plus intelligent, et ça serait très surprenant que cela abêtisse, n’en déplaise à certains. Pour être optimiste, peut-être que cela en encourage quelques-uns à lire un peu plus, ou même à s’y mettre finalement, à aller plus loin que le dos des boîtes de céréales. Quelqu’un viendra consolider ou non mes impressions. Et je vis très bien avec ça.

Et pour ce qui est de Pierre Fraser, car son « dindification » est bien le néologisme le plus dangereux du lot, je ne vois sa démarche que comme celle d’un homme qui tente par tous les moyens de se conforter dans ses opinions et d’essayer de les enrober dans un contenant intellectuellement vendeur. Mais bon, si on suit vraiment sa logique de ne pas suivre quoi que ce soit du « prêt-à-penser », on considère alors son livre dans le lot. Soit on ne le lit pas, soit on le lit, mais avec des pincettes… J’ai choisi la première option, étant donné que j’ai assez lu au sujet de la dindification gratuitement sur le web.

Encore, il faut ne pas oublier que ce dernier est le seul à se prendre vraiment au sérieux. Moi je prends plus au sérieux l’humoriste.

Entre madamisation, bonhomisation, mouettisation et dindification, il y a des mots qui nous tiennent toujours trop à distance de l’humain. Ce billet en est bien la preuve, comme vaine tentative de trouver quelque chose que l’on pourrait nommer « vérité ». Je vous laisse donc avec le mot « humilité ».

À vous de faire le reste du chemin.

 

(Photo : lyot)


 

Ce qui me gosse de la gauche

Je commence de plus en plus à comprendre ce qui me dérange de la gauche, bien que je partage beaucoup de la pensée de ceux qui s’en réclament. En gros, si je puis mettre le plus métaphoriquement possible le doigt dessus, je dirais que la gauche se complaît dans une orgie de tolérance. Quand la gauche est le concert des « bons sentiments ».

J’en viens à me dire que la tolérance à l’extrême me semble presque aussi dangereuse que l’intolérance. Ne trouvez-vous pas que l’extrême tolérance empêche souvent la prise de position sur certains sujets? L’autruche avec sa tête dans le sable me semble une assez bonne image pour illustrer cette question.

Prenons le multiculturalisme. Si on le regarde superficiellement, c’est la quintessence des bons sentiments. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. C’est mettre de côté ce qui fait en sorte que cette politique n’est pas parfaite. Et, mondialement, il semble même qu’elle en vient à faire accepter l’inacceptable, comme l’islamisme radical.

J’ai un exemple récent. J’ai mis sur Twitter un lien vers un billet du blogue « Poste de veille » qui relate que des « musulmans veulent remplacer la Statue de la Liberté par un minaret ». Ce blogue québécois s’abreuve un peu partout (grands médias et sources alternatives) et diffuse des informations concernant « l’islamisme, le multiculturalisme, la liberté d’expression et la langue de bois ».

Un blogueur, Cinoche, m’interpelle au sujet dudit blogue et conteste son sérieux en arguant qu’il semble faire dans le conspirationnisme, « sent l’extrême droite à plein nez » et que c’est « à peu près le même genre de propos que tienne tous les Duhaime et les Bock-Côté de ce monde ». Jugez-en par vous même, mais ce blogue démontre simplement que les musulmans extrémistes existent (qui en doute?) et, bien sûr, prend le parti de les dénoncer.

Cela revient à dire que de prendre parti contre l’islamisme radical est de l’intolérance, puisque c’est se mettre en porte à faux contre des musulmans, ce qui est se mettre en opposition à une autre culture, à une autre religion, ce qui ne cadre pas du tout dans la pensée multiculturelle. Encore mieux, on gomme complètement l’existence de l’islamisme radical par une accusation de conspirationnisme comme c’est bien pratique de le faire. Alors, dans l’oeil d’un vrai gauchiste, en extrapolant un peu, je me retrouve du côté de l’ennemi, tout bonnement un xénophobe par association. Et l’accusation de racisme n’est pas bien bien loin.

Est-ce bien vrai qu’en tant qu’homme québécois francophone blanc je ne peux que prendre position contre des hommes québécois francophones blancs?

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Pour mes amis gauchistes qui se sentiront visés par ce billet, je parle de la « gauche » parce que c’est le terme qui me semble le plus près de ce vers quoi je vise. J’ai jonglé avec « progressisme », mais pour moi prendre position contre l’islam radical c’est justement progressiste, dans le sens de se débarrasser socialement et politiquement de la religion dans ce qu’elle propose de plus dictatorial, de moins respectueux envers les femmes et les homosexuels, par exemple. Encore plus simplement, c’est une position progressiste parce que cela va à l’encontre du traditionalisme que sous-tendent les phénomènes religieux (ce qui est différent de la spiritualité).

Une chose expliquant l’autre, il est clair que cette position se retrouve majoritairement et généralement du côté de la droite, alors cela va de soi que la gauche en est contradictoire. Cependant, je conviens que de parler de tout ça en terme de dualité gauche-droite peut sembler réducteur.

Désolé, mais c’est le chemin que j’ai pris pour me faire comprendre.

(Photo : laurentis)

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Vaine tentative de régler la question de la perception et de l’utilisation des médias sociaux

Dans la vie, tout est question de mesure. Les médias sociaux n’y échappent pas. Et quand j’écris « médias sociaux », il faut bien comprendre qu’il est question des humains derrière les outils. Un marteau, sans la force d’un bras, ce n’est que du bois prêt à pourrir, que du métal prêt à rouiller.

(Justement, parlant marteau, pour répondre à la vidéo virale où on essaye de nous convaincre de lâcher Facebook, Alexandre Champagne (via Sylvain Marcoux) s’en sert :

Prenez un groupe de 1000 personnes qui ont chacun dans leur main un marteau. Ces 1000 personnes cognent des clous. Au bout d’un moment, un seul d’entre eux n’est pas capable de l’utiliser. Il se lève, attire l’attention de la bande et s’écrie “Arrêtez d’utiliser cet outil, ça ne vaut pas de la merde” Pourtant, tous ceux autour de lui en font bon usage. Que devraient faires (sic) les 999 autres ?

Exactement, lui dire de se taire et continuer ce qu’ils faisaient.

Voilà pour cette longue parenthèse.)

Allons à l’essentiel : la perception et l’utilisation qu’on fait des médias sociaux sont bien personnelles. Mais qui dit « sociaux », dit rencontre (ou, plus réalistement, affrontement) des manières d’en voir l’utilisation. J’ai deux exemples concernant Twitter et Facebook.

Twitter

C’est bien connu, une des utilisations que je fais de Twitter est de publiciser mes billets de blogue. Depuis que j’ai eu le conseil de le faire plusieurs fois pour chaque billet pour rejoindre un peu plus de monde (j’écris pour être lu — et la plupart des gens ne sont pas 24 heures sur 24 devant Twitter et ne lisent pas la totalité des messages que leurs abonnés publient…), je programme deux tweets à paraître plus tard avec l’outil de programmation inclus avec TweetDeck. Techniquement, étant donné que je ne peux pas simplement republier exactement le même message, j’ajoute « Reprise » au premier et « aRT » au deuxième (aRT étant autoReTweet). Je pourrais simplement aussi ajouter deux espaces à deux endroits différents, mais j’aime bien l’idée de transparence qui vient avec ces ajouts.

Le problème, c’est que quelqu’un m’a fait savoir dernièrement qu’il n’était pas d’accord avec ce que je fais à un point que je trouve plutôt exagéré. La personne en question en a même parlé dans un billet expliquant sa vision de Twitter (qui est très différente de la mienne, à certains égards, vous le devinerez) :

Le pire, ce sont toutefois les blogueurs qui ne font que ploguer leurs articles. Oui, oui, plogue-les tes articles, mais de grâce, ne fait pas que majoritairement cela et, surtout, ne le fait pas plus d’une fois pour le même article. Il y en a que c’est à la limite du spam.

Je ne fais pas que « ploguer » mes articles, mais je ne crois pas qu’à ses yeux ce que je fais est moins « à la limite du spam » pour cette raison… Et pour utiliser la même expression qu’il utilise dans son billet pour qualifier le parti-pris qu’ont des gens comme moi et Patrick Dion pour le « principe de réciprocité », « Je trouve ça con. » Plus que « con » même, ça frôle l’intransigeance. Sérieux, ça reste seulement trois « plogues » pour un billet, chacun diffusé à environ 5-6 heures d’intervalles…

Ce que je retiens de ça, c’est que certaines personnes ont développé pas loin d’un sens du sacré pour ce qui est diffusé dans leur espace. Pour eux, et pour cette raison, l’accusation de faire du bruit ou de polluer n’est jamais bien loin alors que c’est la plupart du temps très loin d’être justifié, en tout cas à mon sens. Mais, comme ma mère me disait, il faut de tout pour faire un monde!

Facebook

ll est arrivé un événement assez fâcheux à mon amie Noisette Sociale en lien avec Facebook. Parce qu’il n’y avait plus d’échange entre elles, elle a arrêté d’être « amie » avec deux personnes de ses contacts, deux anciens membres de la blogosphère, et cela ne s’est pas très bien passé :

Insultes virulentes à mon endroit, harcèlement, incompréhension grandissante et menaces au point où ça m’a rendue physiquement malade.

Je suis de tout coeur avec elle et trouve que des réactions de la sorte sont inacceptables, mais en même temps je ne vois pas toute cette question de la même manière. Je lui en ai parlé de vive voix, mais je pense que cela serait intéressant de le formuler ici par écrit et de le partager avec vous. Cela me semble représentatif des différentes manières de voir les médias sociaux, surtout du côté de la dynamique des liens qui sont créés.

Oui, les liens. Leur rigidité versus leur élasticité.

Je dirais que la plupart des liens que nous entretenons en dehors de la virtualité, dans la « vraie vie » (l’autre n’étant quand même pas moins vraie, quoi qu’on en dise…), sont la plupart du temps élastiques. Les cassures sont plutôt rares, comme dans les cas de ruptures amoureuses. Un ami très proche peu sortir de notre vie pour un long moment et y revenir sans que cela soit problématique. Le lien ne s’est jamais brisé, il s’est étiré, simplement, pour se resserrer au gré du hasard.

Tandis que du côté des liens qui se créent sur le web, les médias sociaux, je dirais qu’ils sont rigides (dans le sens antonymique au terme « élastique »). Pourquoi? Pour la simple et bonne raison que ces liens sont officialisés, inscrits, informatisés, autant matériellement que « sentimentalement », bien sûr à la mesure de ce que peu susciter une relation sans la proximité corporelle. Mais quand même, il ne faut surtout pas sous-estimer ces liens parce que, comme on le voit, ils sont cassants (pensez à l’expression « je casse avec toi »), voire hypothétiquement explosifs!

Une relation qui n’a pas été officialisée sous une forme ou une autre via les médias sociaux peut très bien se terminer unilatéralement « sans douleur » : l’élastique se dissout tout simplement et la personne à l’autre bout ne s’en rend pas trop compte, à moins qu’elle pose la question directement, ce qui est moins simple qu’il n’y paraît, on le sait. Par contre, un geste comme retirer quelqu’un de sa blogoliste, arrêter de suivre quelqu’un sur Twitter ou supprimer un contact sur Facebook est sans équivoque, c’est un bris relationnel, même si pour certains cette relation se limite au partage d’information.

Étant donné que la valeur des liens sur le web n’est pas la même pour tout le monde, je crois qu’il ne faut pas prendre à la légère cette problématique. Il n’est pas non plus question de se laisser prendre en otage de la toile qu’on a tissée entre soi et les autres, mais bien plutôt d’en être pleinement conscient et de prendre les décisions en conséquence alors qu’on gère son réseau.

Personnellement, pour revenir aux raisons qui ont poussé mon amie Noisette à briser ces deux liens, je me dis que des liens inactifs ne me coûtent rien. Encore plus, je me dis même que de les conserver laisse au moins la possibilité d’une « réactivité » future. Un peu comme la possibilité de rencontrer par hasard une connaissance, un ancien ami proche, une ancienne flamme au détour d’une rue. C’est certain qu’ils ont accès à une part de mon intimité (ce que je veux bien laisser voir), mais c’était implicite en acceptant de les inclure dans mon monde virtuel. Voilà ma vision. Ni meilleure, ni pire qu’une autre. Par contre, j’ose espérer que grâce à elle je me suis évité des ennuis…

Les médias sociaux sont comme des mondes en perpétuelle construction. Alors, c’est plutôt normal que l’envers, la destruction, laisse des traces.

(Photo : soerenheuer)