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Le Globe et la liberté d’expression

 

Les fortes réactions en commentaire à la suite du billet de notre collaborateur Patrick Lévesque (« Jouez à “Flushons Pauline” – les paris sont ouverts!!! ») sont une bonne occasion de mettre au clair que la liberté d’expression est une valeur importante ici, au Globe. Pour la petite histoire, il propose, dans un mode un peu caustique j’en conviens, un jeu où les lecteurs sont invités à deviner le moment où Pauline Marois va donner sa démission comme chef du Parti Québécois. Et bien évidemment, certains péquistes ne sont pas contents, au point de demander à ce qu’on jette le blogueur dehors, jusqu’à accuser notre « média » de mener cette action…

Pensez-vous vraiment que j’aurais pu me regarder dans le miroir après avoir censuré ce billet (que nous n’avons aucunement commandé…), seulement pour ménager la sensibilité de certaines personnes, alors que la question de la place de Pauline Marois à la tête de son parti est d’actualité depuis fort longtemps? Sinon, je suis bien d’accord qu’on puisse affirmer son désaccord devant le résultat, mais il ne faut pas pousser le bouchon trop loin. Ça tombe que ça ne me blesse pas du tout qu’on utilise la situation de Pauline Marois pour en rigoler sarcastiquement, mais ça reviendrait exactement au même si ça touchait une de mes cordes sensibles, j’aurais la même attitude. J’ai invité Patrick Lévesque à participer au site Le Globe parce que j’aime ce qu’il fait, même si je ne suis pas toujours d’accord avec lui. D’ailleurs, il a critiqué fortement le premier billet officiel que j’ai publié ici et il ne me serait jamais venu à l’esprit de le censurer. Sa liberté d’expression me tient autant à coeur que la mienne, et tant qu’il ne fait pas de diffamation, je ne vois pas où est le problème de le laisser s’exprimer!

Et au sujet de la direction idéologique que prennent nos blogueurs quand ils discutent de politique, vous aurez sans doute remarqué qu’ils penchent pas mal à gauche et que la plupart sont souverainistes. C’est bien normal, puisque j’ai fouillé dans mon réseau pour faire mes approches, et qui se ressemble s’assemble, c’est bien évident. Mais j’ai quand même approché quelques blogueurs de droite pour diversifier la palette des opinions (je ne me suis même pas forcé, je trouve plein de blogueurs de droite intéressants), mais malheureusement aucun n’a accepté mon invitation. J’espère que ça viendra, et pas seulement pour couper l’herbe sous le pied des spécialistes de la catégorisation à outrance. Mais j’ai quand même un doute, justement pour la raison de la catégorisation : qui voudrait s’acoquiner d’une bande de gauchistes… Et en plus de la droite, ce seul billet de Patrick Lévesque vient-il de nous mettre à dos les péquistes partisans de Pauline Marois? Et si on inclut un jour un ou plusieurs blogueurs de droite, est-ce qu’on va se mettre à dos la gauche? J’ai l’impression que oui, alors j’ai mal à ma conception de la liberté d’expression qui voudrait bien une plus grande diversité d’opinions. Tout cela me fait penser que nous aurons notre première réunion d’équipe dans pas trop longtemps, est-ce que vous nous conseillez de donner la directive à nos collaborateurs de ménager le plus possible la chèvre et le chou? Aussi bien fermer boutique tout de suite.

Nous avons eu d’autres critiques qui rejoignent la question de la liberté d’expression et qui concernent le choix de certains auteurs de rester anonymes. La plupart ici signent de leur vrai nom, mais je me dois de respecter le choix de ceux qui en ont décidé autrement, et ce n’était pas quelque chose qui m’importait alors que je cherchais des collaborateurs. Pourquoi? Parce qu’à la base je crois que c’est leur contenu qui est le plus important. Et puis, les empêcher de s’exprimer pour cette raison reviendrait à dire qu’il n’y a aucune bonne raison de vouloir garder cachée son identité réelle. Je pense à plein de blogueurs qui sont enseignants et qui sont anonymes surtout parce que ça leur permet de critiquer le milieu de l’enseignement sans craindre des représailles. Et sans cet anonymat, ces opinions et informations importantes ne pourraient être exprimées. Alors dans ces cas, la liberté d’expression est vraiment possible grâce à l’anonymat, quoiqu’en disent les zélateurs de l’identité réelle. Mais le plus drôle, c’est que je remarque que la plupart du temps c’est surtout utile (et facile) de pointer l’anonymat de quelqu’un pour dénigrer son contenu, comme si c’était la seule présence d’un prénom et d’un nom plausible qui donnait de la légitimité à une opinion. Derrière un pseudonyme il y a quand même un cerveau, et c’est ce cerveau qui m’intéresse! Et si un jour un auteur anonyme nous cause des problèmes légalement, il devra autant en répondre qu’un autre, nous connaissons leur vraie identité. Et il faut à mon avis faire une différence entre un blogueur citoyen et un journaliste : pour le deuxième c’est son travail de se mettre possiblement dans l’eau chaude alors que pour le premier il est possible de se mettre dans l’eau chaude pour son futur travail!

Il est depuis quelque temps possible pour un programme de pondre des nouvelles journalistes simples dans le domaine des sports, mais je doute qu’un jour on réussisse à inventer un programme capable de pondre un texte d’opinion. Alors, on peut toujours être certain qu’il y a un humain derrière. Et cet humain à bien droit à la liberté d’expression.

(Photo : markfive)

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L’objectivité de la CSST

 

Retour sur le cas de Patrick Dugas, que je relatais sommairement le 22 décembre dernier après avoir été le rencontrer dans sa voiture, stationnée devant son ancien employeur, Intermat. Il y était pour manifester son mécontentement en cette fin d’année, et il compte bien y retourner dès que l’entreprise ouvre ses portes, le lundi 9 janvier.

Un des sujets de son mécontentement concerne la décision prise par la CSST de refuser sa réclamation « pour un trouble d’adaptation secondaire à harcèlement au travail ». On y indique dans la lettre de refus que « les faits allégués et les éléments présents au dossier relèvent du droit de gérance », en plus de lui demander un remboursement des montants déjà reçu. Ces faits, compilés en détail sur les sites de Patrick Dugas et racontés de vive voix lors de notre rencontre, pointent des événements conflictuels entre lui et un de ses patrons, qui l’ont conduit à une prise en charge rapide par le Centre de santé et de services sociaux d’Argenteuil parce qu’il était entre autres dépressif (il est depuis sous médication). Aussi, la Commission des normes du travail a accepté de donner suite à sa plainte pour harcèlement psychologique.

Concernant la CSST, la décision tient la route jusqu’à l’examen d’un autre cas semblable, qui a trouvé un jugement favorable, comme démontré sur le site de la Société québécoise d’information juridique. En effet, une infirmière qui demandait qu’on reconnaisse « qu’elle a subi une lésion professionnelle d’ordre psychologique » a reçu des dédommagements alors que les faits détaillés rappellent étrangement ceux rapportés par Patrick Dugas. Il est aussi question de manque de respect dans le milieu de travail, d’acharnement, de méchanceté, etc. Cela, pour donner en fin de compte les mêmes résultats : problèmes de sommeil, difficulté à se concentrer, perte d’appétit, angoisse, etc. Mais il faut sûrement spécifier une différence notable : dans le cas de l’infirmière en question il s’agit d’un conflit entre deux employés alors que pour Patrick Dugas, il est question d’un employé versus un supérieur hiérarchique.

Alors, on en arrive à la question à savoir si le « droit de gérance » excuse tous les comportements que les rapports entre deux employés n’excusent pas, comme on peut le voir dans le cas de l’infirmière. Pour ma part, je n’arrive pas à trouver plus acceptable qu’un patron traite son employé (Patrick Dugas) de bâtard qu’un collègue de travail qui dit à sa collègue (l’infirmière) que ça le « fait chier » qu’elle lui laisse un message sur son répondeur. Non plus, je n’arrive pas à trouver plus acceptable qu’un patron compare son employé à « Claude Julien en précisant que ce dernier n’était pas bon à Montréal mais qu’il venait de gagner la coupe Stanley à Boston » qu’un collègue qui mentionne à sa collègue « qu’il connaît un bénéficiaire qui voit un monstre derrière la porte lorsqu’il l’ouvre, lui, c’est lorsqu’il la voit, elle ». Encore, je ne trouve pas plus acceptable qu’un patron soit hostile envers son employé qu’un collègue envers une autre. L’hostilité du patron envers Patrick Dugas étant une accumulation assez incroyable de faits alors que celle envers l’infirmière tient dans ce passage du jugement :

 

Au cours de la rencontre, ledit psychiatre indique que lorsqu’il entre au [département A] il y a du bruit et cela le fait chier. Il ajoute ensuite qu’il « veut donner un coup de pied dans le ventre de S… » en la regardant.

 

Donc, je ne peux qu’appuyer le combat de Patrick Dugas, du moins celui concernant la CSST. D’ailleurs, il a l’appui du député de La Prairie François Rebello et du fondateur de la CSST, Pierre Marois, comme en fait foi un article publié sur le site du député où il est question du cas de Patrick Dugas.

Pour terminer, je viens de lui parler pour avoir des informations sur ce dernier fait. Il m’a avoué qu’il venait de reçevoir un appel d’un journaliste d’un média traditionnel. Souhaitons-lui la meilleure des chances. Tiens, qu’il se rende jusqu’à Tout le monde en parle pour parler de ce problème, qui concerne bien plus que son cas particulier.

 

Si vous volez laisser un commentaire, suivre ce lien : http://leglobe.ca/blog/2012/01/lobjectivite-de-la-csst/

Alaclair Ensemble : un secret trop bien gardé

 

S’il faut que je le spécifie, le hip-hop n’est pas vraiment mon style favori. Mis à part pour mon travail de DJ, c’est plutôt rare que j’en écoute. Mais un compagnon de travail m’a suggéré d’aller jeter une oreille sur la musique d’Alaclair Ensemble, groupe de hip-hop québécois, que l’on peut «télélourder » gratuitement sur leur site. J’étais bien content puisque les quelques pièces que j’avais déjà entendu de ce groupe me plaisaient beaucoup et j’avais le projet de m’acheter leur dernier effort : « 4,99 ». Depuis, j’ai écouté en boucle cet album et « Le roué c’est moé », et je viens de me procurer « Un PIOU PIOU parmi tant d’autres ». Et je me devais de remercier leur générosité en publiant ici mes (excellentes) impressions.

Tout d’abord, une mise au point s’impose concernant mon titre. À ce que je sais, Alaclair Ensemble est très connu dans le milieu du hip-hop québécois. Et je crois très sincèrement que ce groupe gagnerait à être connu d’un plus large public, même qu’on devrait échanger quelques tounes d’eux contre le folk rock insipide que l’on nous sert à la radio commerciale pour remplir les quotas francophones (concernant ces quotas, j’y reviendrai un peu plus tard en deuxième partie, en lien avec l’émission « Ghetto érudit » à CISM).

Leur univers est irrésistible. Au niveau des textes et du phrasé, le ton est généralement bon enfant, pour ne pas écrire humoristique. Et pour la musique, on sent fortement l’influence des années 80-90, même si sur certaines pièces la réalisation est totalement actuelle avec l’utilisation de sons électro distorsionnés. Je pense à la toune « Guerre nucléaire », sur « 4,99 », une de mes préférées avec « Patate chaude » sur « Le roué c’est moé », plus old school celle-là.

Ce qui me plaît beaucoup aussi, c’est la largesse des références. Bien campés dans un univers post-adolescent, le groupe pointe ici l’Histoire en parlant du Bas-Canada, et là fait apparaître un personnage de « vieux routier » qui voudrait « une bonne Miller », après avoir spécifié qu’« y’a pas de malice ». Nous sommes loin du pauvre je-me-moi et du gonflage égotique si propre à beaucoup de MC. On se fait raconter des histoires. C’est riche. Et quand le propos est aussi bien servi par la trame musicale, on en redemande!

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Après ces fleurs particulières, un pot plus général. J’ai déjà parlé ici du malaise que je ressens avec le franglais si cher au hip-hop, et Alaclair Ensemble n’y fait pas exception. Et je n’ai pas boudé mon plaisir pour autant, vraiment pas. Mais je vais en profiter pour continuer sur la lancée de cet ancien billet, étant aujourd’hui jusqu’au cou dans le sujet. Et je m’étais promis de reparler ici d’une anecdote en lien avec l’émission « Ghetto érudit ».

En fait, ce sont les propos d’un des animateurs, il y a des mois. Et pour ceux qui ne sont pas au courant, cette émission fait la grande part au hip-hop francophone québécois. C’est toujours comme ça que je l’ai compris, et c’est pour cette raison que j’y trouvais de l’intérêt. Donc, à ma grande surprise, un animateur a critiqué fortement le fait d’avoir à respecter des quotas de musique francophone. Pour le paraphraser, il disait que sans ça ils pourraient mettre ce qu’ils veulent, soit du hip-hop anglophone (états-unien, si je me souviens bien), et que l’émission serait vraiment « mong » (un néologisme anglo-saxon voulant exprimer « l’aspect incroyable ou hors-norme de » quelque chose)…

J’ai été complètement soufflé par cette affirmation. Il n’était pas seul en studio et personne ne l’a contredit. Ça m’a complètement dégoûté et, ça tombait bien, j’ai découvert pas longtemps après qu’il y avait une excellente émission de musique reggae et dancehall en même temps à un autre poste. J’adore cette musique et en plus les animateurs sont en phase avec mes valeurs :


Ainsi en juin 90 naissait l’émission ‘’Basses fréquences’’ sur les ondes de CIBL FM, et il leur fallut “s’inventer” un vocabulaire francophone pour parler de la culture jamaïcaine et de la musique dancehall.

 

Quand je dis que ça m’a dégoûté, ce n’est pas parce que le hip-hop anglophone me dégoûte, loin de là. C’est l’espèce de fausse représentation qu’induisaient les propos de l’animateur. Comme quoi cette émission ne prend pas vraiment le parti-pris du hip-hop d’expression française pour vrai, qu’elle le fait, en tout cas en partie, par dépit.

Je ne doute pas que s’il y a une réponse, comme il y en a eu une à la suite de mon autre billet, on prétextera que c’est un avis isolé, ou que cela signifie simplement que les quotas sont un frein à leur liberté. Justement, si leur liberté totale faisait en sorte qu’ils n’auraient pas démarré une émission se concentrant sur le hip-hop franco d’ici, je me demande bien qu’elle légitimité elle réussit a avoir aujourd’hui.

Éducation sexuelle : un enseignant suspendu pour avoir fait son travail

Un très bon ami à moi est enseignant au secondaire. Cinquième secondaire pour être précis. Depuis très longtemps. Et depuis qu’il m’en parle, je ne peux plus douter qu’il est excellent, consciencieux et ayant très à coeur la réussite de ses élèves. Pourtant, il y a quelques jours, il m’a annoncé qu’il allait être suspendu trois jours par le directeur de son école. La raison : il a distribué des documents traitant de la sexualité à ses jeunes.

La majorité des textes proviennent du site Français CareVox « Partageons l’Info Santé ». Un article sur le fait que le Brésil autorise maintenant la masturbation sur les lieux de travail. Un article au sujet d’un livre de Hilda Hutcherson, gynécologue et obstréticienne : « Le guide du plaisir : Manuel pratique du sexe à l’usage des femmes… DE TOUTES LES FEMMES ». Un article sur le problème de la dépendance sexuelle, ainsi qu’un autre sur Cyberpresse traitant du même sujet. Un article paru sur le site de CNN, malheureusement indisponible en ce moment, relatant une étude parue dans « The Journal of Sexual Medecine », qui arrive à la conclusion que la durée optimale d’une relation sexuelle est de 3 à 13 minutes (selon une autre étude, le temps moyen d’une relation serait de 7.3 minutes). Donc, que la clé d’une vie sexuelle satisfaisante est l’endurance (selon les thérapeutes impliqués dans la première étude, une relation durant de 1 à 2 minutes serait trop courte). Aussi, trois textes aux titres très révélateurs : « Mythes sur ce que les femmes veulent vraiment au lit », « Sexe : Dix bonnes et étonnantes raisons de faire l’amour » et « Sexe : 10 choses que les femmes aiment… ».

Sans conteste, des textes écrits par des professionnels, sérieux et utiles pour aider les jeunes dans le contexte de l’hypersexualisation et de la pornographie très accessible (et qui tient malheureusement trop lieu d’éducation sexuelle, par défaut). Rien de déplacé, à moins bien sûr d’avoir un blocage sur tout ce qui touche à la sexualité. Et, de toute manière, mon ami ne faisait que son devoir, puisqu’avec la Réforme de l’éducation, selon un document du Ministère datant de 2003, « l’éducation à la sexualité ne relève maintenant plus d’une seule matière ou d’un seul intervenant, mais devient la responsabilité d’un ensemble de partenaires. » C’est-à-dire les parents, « le personnel enseignant, le personnel professionnel et le personnel de soutien des réseaux de l’éducation et de la santé et des services sociaux » :


Actuellement, l’éducation sexuelle au secondaire est censée être faite par l’ensemble des professeurs, à travers l’enseignement de leurs matières régulières, une formule plus ou moins efficace, selon les intervenants du milieu.

 

« Plus ou moins efficace » semble ici une formule peut-être trop optimiste. Il semble plutôt que tout ce beau monde se soit lancé la patate chaude puisque, comme me le disait mon ami, la grande majorité de ses élèves (de secondaire cinq, il ne faut pas l’oublier) ont avoué ne jamais avoir entendu parler de sexualité dans leurs autres cours (à part dans leur cours de biologie — où l’accent n’est vraiment pas mis sur le relationnel…). Il est là le problème.

Et pour sa démarche (et pour sa défense on s’en doute!), il s’est inspiré entre autres de deux articles parus en 2010 sur Cyberpresse, un sur une mobilisation demandant le retour des cours d’éducation sexuelle et l’autre (d’où la citation précédente est tirée) sur l’annonce de Québec de les réintégrer. Ce qui n’est pas encore fait en 2011… Et on lui reproche d’avoir fait simplement son travail en attendant que le Ministère de l’Éducation se décide à le donner à d’autres!

Pour l’instant, il y a un flou autour de la ou des raisons précises de cette suspension. Peut-être une partie de texte ou l’ensemble, la direction qu’il prend en proposant ce corpus. Même des pressions de parents serait dans le domaine du possible. Ce n’est vraiment pas clair. Lui et moi avons bien quelques idées là-dessus, mais il serait trop hasardeux de les soulever ici. D’autant plus que cette histoire n’en est pas encore à son dénouement, loin de là.

Mais avant de vous quitter, il faut que je vous dise que mon ami se fout des trois jours de salaire qu’il pourra perdre, c’est pour le principe qu’il se bat.

(Photo : haleynealphotography)


 

La FFQ défend le port du voile intégral dans les garderies

La Fédération des femmes du Québec est contre l’interdiction du « port du niqab ou de la burqa aux travailleuses de garderie en milieu familial ». « Selon Mme Conradi, [la présidente de la FFQ] des femmes victimes d’exclusion sociale pourraient se retrouver encore plus marginalisées, et sans revenu, si l’Etat leur impose de travailler à visage découvert. »

Tout d’abord, je ne comprends pas ce qu’est pour cette fédération la différence entre une travailleuse « de la fonction publique et des services publics » et une éducatrice « des services de garde en milieu familial », puisqu’elle « souscrit à l’interdiction du port du voile intégral » pour la première. Ça me semble deux poids deux mesures et je ne vois que la hauteur du salaire comme différence…

Sinon, je sais qu’il n’y a qu’une poignée de femmes voilées de la sorte, donc que cette loi ne servirait pas pour beaucoup de cas. Et, franchement, il n’y aurait que des parents culturellement compatibles pour laisser leurs enfants à une éducatrice déguisée à l’année en fantôme foncé. Mais je crois quand même que cette loi est logique comme elle est, question de message. Je suis contre la laïcité à la carte.

La FFQ parle « d’exclusion sociale » pour ces femmes et c’est bien ce dont il s’agit, mais c’est une exclusion forcée qui ne vient pas de l’extérieur, elle est interne. C’est leur « culture » qui les place dans cette position de victime. Et ce n’est pas en les accommodant qu’elles s’en affranchiront.

Traitez-moi d’intolérant tant que vous le voudrez, je suis pour la méthode des bâtons dans les roues quand il est question de la religion dans ce qu’elle a de plus extrémiste.

Qu’on ne me dise pas qu’un accoutrement de la sorte encourage le « vivre ensemble ».


 

Dors, Jean Charest dors…

J’aurais bien pu faire cette caricature deux semaines avant, même deux semaines plus tard, voire beaucoup plus, tellement Jean Charest repousse le moment d’acquiescer aux demandes pressantes de la majorité des citoyens qui veulent une commission d’enquête sur le milieu de la construction.

Est-ce qu’il essayerait de nous endormir?

Tony Tomassi, Hitler, Godwin et Clearasil!

Sur L’événement sur le web, je viens tout juste de publier un billet au sujet de Tony Tomassi, ministre de la Famille, soupçonné « de copinage pour l’octroi de places à des garderies privées (propriétés de donateurs libéraux) » qui « a réagi bien malhabilement en accusant le Parti québécois de racisme ».

Est-ce qu’on a vraiment besoin de ce genre d’enfantillage en politique? Au-delà du flagrant syllogisme fallacieux (voir le billet sushyperlié), c’est vraisemblablement la version grandeur nature du concept de la loi de Godwin :

La loi de Godwin est un adage, partie du folklore Usenet, énoncé en 1990 par Mike Godwin : « Plus une discussion sur Usenet dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler s’approche de 1. » Dans un débat, atteindre le point Godwin revient à signifier à son interlocuteur qu’il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin.

Bien sûr, si on change la « comparaison impliquant les nazis ou Hitler » pour une accusation de racisme, ce qui revient pratiquement au même, Hitler étant quand même l’emblème, l’icône du racisme. (Tout cela en gardant en tête que le racisme est un concept assez flou étant donné qu’il n’y a, à proprement parler, pas de races humaines selon les critères scientifiques.)

Je ne sais pas pour vous, mais cette histoire ressemble à un bouton d’acné sur le visage que semble vouloir nous cacher le PLQ en refusant la Commission d’enquête sur le milieu de la construction tant demandée. Si des cas comme celui-là réussissent à sortir sans même les gros moyens d’une enquête publique, on convient que de la mettre en branle aurait des répercussions dignes d’une bonne couche de Clearasil!

Alors, j’irais même jusqu’à utopiquement écrire qu’il nous faudrait une Commission d’enquête globale sur la politique québécoise, tant qu’à y être.

C’est agréable parfois de rêver en couleur.

Chávez, les Russes, les États-unis, Haïti…

Il y a une rumeur qui court dans les milieux conspirationnistes comme quoi Hugo Chávez aurait dit que, « Selon les armées russes, les Etats Unis ont provoqué le tremblement de terre à Haïti ». Regardons ça de plus près. Est-ce que ça serait possible que les États-Unis aient provoqué un tremblement de terre (pas nécessairement à Haïti)? Je crois que oui. Les armes sismiques sont une réalité (à lire, à ce sujet, un dossier les concernant sur le site du scientifique Jean-Pierre Petit — eh! oui, je sais, le bonhomme est controversé…).

Mais revenons au début, « Chávez aurait dit que ». Le problème c’est qu’il est impossible de trouver un extrait même seulement écrit de cette déclaration. J’ai pas mal cherché et on trouve toujours et seulement un même extrait d’un bulletin de nouvelles anglophone russe, d’où est partie la rumeur, visiblement. Et, « Selon les armées russes », maintenant. J’ai cherché sur le site russe, très sérieux, RIA Novosti, et puis rien. Ça porte à réfléchir.

Tout le monde sait qu’Hugo Chávez n’est pas le grand ami des États-Unis. Avouez que lui faire tenir le rôle de celui qui dit des énormités est une bonne chose en soi pour ses ennemis, non? Si, et seulement si, le tremblement de terre haïtien à été causé par une arme sismique états-unienne, c’est déjà classé dans les farces et attrapes. Donc, tous les conspirationnistes participeraient à rendre cette thèse invraisemblable qu’elle soit vraie ou non.

Il est clair que ce n’est pas la vérité qui est au centre de la question. Si ça l’était, il n’y aurait déjà aucun doute sur les dires de ceux qui prétendument accusent, soit les Russes. Dans cette histoire il n’y a pas de faits, seulement des hypothèses, qui tiennent vaguement en équilibre sur le désir de connaître comment est construit le monde, si l’image qu’on en a est dissemblable.

Ajout :

C’est pas peu dire, même l’Antagoniste s’est fait prendre…

Départs, ajouts et slogans

Aujourd’hui, multiplillet, sur une première note douce-amère. Deux autres départs avoués dans ma blogosphère, et peut-être aussi dans la vôtre, soit CaroG qui se déleste de sa vie de blogueuse pour se concentrer sur d’autres lieux créatifs, et Michel Hébert qui s’en va se faire étourdir par les nouvelles règles du journalisme au convergé Journal de Québec, ce qui ne lui laissera pas, selon ses dires, le loisir de tenir son blogue libre à son goût. Il faudrait bien au moins convaincre ce dernier de laisser son blogue en ligne. (Ajout : il semble revenir sur sa décision et songe à simplement ralentir de beaucoup la cadence.)

Les uns partent et d’autres s’ajoutent, et cela sera le moment d’en parler, le 31 août, lors du 310g Day 2008 (lire Blog Day) ce qui sera l’occasion de faire la promotion de 5 nouveaux blogues que vous trouvez intéressants. Cela sera l’occasion d’élargir encore plus nos horizons en nous promenant de blogue en blogue participant. Je me souviens m’être bien amusé l’an passé.

Du côté de Martin Petit, il y a un concours pour trouver un slogan d’insulte à l’endroit de Stephen Harper pour mettre sur sa pancarte, qu’il brandira mercredi matin lors d’un rassemblement des artistes et des travailleurs du milieu culturel. J’en ai pondu deux, pas très concluants, mais ce qui compte, c’est la participation…

Et vous vous demandez sûrement pour le choix de l’image? Je suis tombé là-dessus par hasard en cherchant autre chose, mais j’ai gardé l’onglet pour ne pas la perdre. C’est tellement étrange que ça parle tout seul… En tout cas, ça vient de .

Ajout :

Un autre qui tire la plogue, l’ami Tétoine, qui n’avait pas donné signe de vie depuis avril. Un petit soubresaut pour marquer sa décision : je ne peux m’empêcher de penser à un dernier battement de coeur. Je vais m’ennuyer de ses analyses.