Tout d’abord, je voudrais spécifier que le but de ce billet n’est pas de dénigrer la profession journalistique. Je pense que le travail des journalistes est très important et nécessaire. Lire le billet sur Le Globe…
Tag Archives: Journalisme
Grève étudiante : calme et négos recherchés
Les étudiants sont l’eau qui bouille et le gouvernement tient le couvercle de la marmite bien fermé. Et après, Jean Charest et Line Beauchamp se surprennent que la tension monte, que ça déborde. Lire le billet sur Le Globe… (Contient aussi ma dernière caricature, mettant en scène Line Beauchamp.)
Huffington Post Québec : l’éthique sous le tapis
Quand on est comme moi contre le modèle d’affaires du Huffington Post, cette journée de lancement de sa « franchise » québécoise donne le haut-le-coeur. L’événement attire le gratin médiatique Lire le billet sur Le Globe…
Grosse journée…
Grosse journée pour moi aujourd’hui sur le Globe :
Financement politique et chantage
Saga PQ-Duceppe : Marissal le fascinateur
Pourquoi le Huffington Post a échoué en Angleterre
Nick Denys, affilié au site britannique The Kernel, souligne l’insuccès de l’expérience Huffington Post en Angleterre et tente d’en expliquer le pourquoi dans un article publié hier. Il arrive à la conclusion que les raisons sont un manque de « leadership » et une qualité médiocre au niveau des collaborateurs. Dans l’optique où cette entreprise ouvrira très prochainement un espace destiné au public québécois, il serait intéressant d’en faire ressortir ici les grandes lignes. Et puis, transparence totale, j’ai été très critique de ce projet dans trois billets publiés à la fin de la dernière année : « Un tapis rouge souillé pour le Huffington Post? », « HuffPostQc : Québec solidaire en réflexion » et « HuffPostQc : QS ne recule pas et même avance vers nous ». Alors, nous verrons bien si le passé est garant de l’avenir, ou le contraire. Et ma critique concerne surtout le fait de ne pas payer les blogueurs.
L’article commence par une citation, ce que les deux compagnies ont affirmé lors de l’achat par AOL : « The combination of AOL’s infrastructure and scale with the Huffington Post’s pioneering approach to news and innovative community-building … will mark a seminal moment in the evolution of digital journalism and online engagement. » (Traduction libre : l’association de l’infrastructure d’AOL et de l’approche novatrice du Huffington Post au niveau de l’information et du développement de communauté virtuelle … va marquer un moment charnière dans la l’évolution du journalisme numérique et de l’engagement en ligne.)
Ensuite, ce que l’auteur note, c’est que les ambitieux projets d’expansion ont été exécutés avec une première opération en dehors de l’Amérique du Nord, soit le site britannique, mais que les résultats au niveau du trafic ont été décevants selon des sources proches de la compagnie. Pour ce qui est de l’implication des internautes, elle serait pratiquement inexistante (« virtually non-existent »).
Pour expliquer cela, Nick Denys pointe premièrement l’arrogance américaine (ou plutôt, ce que j’en comprends, celle de la fondatrice du populaire site états-unien). Il pense qu’Arianna Huffington surestimait les répercussions de l’ouverture du HuffPost Grande-Bretagne, comme si elle s’était aveuglée de son succès et n’avait pas pris en considération l’impressionnante pénétration du web dans ce pays. Il termine en disant que cette plateforme américaine, qui a été pionnière et innovante à l’époque, il y a six ans, lors de son lancement, n’a rien accompli pour faire avancer le débat public en Grande-Bretagne.
L’autre problème qu’il soulève, c’est la qualité de son personnel et de ses collaborateurs qui pour lui n’ont pas livré des textes d’opinion de qualité suffisante pour que le site se fasse un nom. Et dans un contexte où l’environnement des médias sociaux est dynamique, compétitif et bien ancré dans les habitudes des lecteurs et où les autres médias ont développé différemment leur présence web de leur présence physique, pour lui la direction du Huffington Post (AOL) n’a pas su aller plus loin que cette idée : ce qui a fonctionné aux États-Unis devrait fonctionner aussi bien au Royaume-Uni…
Aussi, en plus de viser l’absence de direction idéologique, il souligne que l’« offre » (en fait, le modèle d’affaires), basée sur la gratuité du contenu versus une plateforme et un public, devient obsolète grâce aux médias sociaux qui sont des lieux de promotion efficaces. Encore, selon différentes sources, il affirme que les billets soumis à HuffPost prennent deux jours à être publiés, ce qui pour lui est inconcevable dans un monde où l’instantanéité est si importante. Et pour terminer, il leur conseille de prendre plus en considération les différences entre les États-Unis et l’Angleterre, donc de se synchroniser le plus possible avec le pouls du lectorat britannique, et d’engager des journalistes et du personnel de direction talentueux.
Ici, pour le peu que nous en savons, il semble que le niveau des collaborateurs est prometteur, enfin, pour ce qui est des grosses têtes d’affiche. Et puis, pour ce qui est du côté anglais, il me manque une certaine connaissance des collaborateurs et du contexte là-bas pour me faire une idée. Par contre, le fait de constater les résultats décevants au niveau du trafic ne peut pas mentir.
Mais il n’y a pas qu’en Angleterre où le dossier Huffington Post créé la polémique. En France, là où la compagnie va ouvrir une filiale très prochainement (va-t-elle comme ici repousser et repousser le lancement?), des journalistes du journal Le Monde « demandent des garanties à leur direction » :
En effet, certains journalistes s’inquiètent du poids et du rôle d’Anne Sinclair, l’épouse de Dominique Stauss-Kahn, dans la version française du site américain Huffington Post, qui devrait être lancée le 23 janvier. Ils redoutent en effet que la présence de l’ancienne journaliste de TF1, qui sera partie prenante dans les choix éditoriaux, ne brouille l’image du Monde, qui détient toujours 34% du capital du Huffington Post.
Au Québec, le bateau semble voguer sur des eaux beaucoup plus calmes, mais l’avenir pourrait nous réserver quelques surprises.
Pour laisser un commentaire, suivre ce lien : http://leglobe.ca/blog/2012/01/pourquoi-le-huffington-post-a-echoue-en-angleterre/
Le cas Jodoin
(Crédits photos : Olivier Samson-Arcand/OSA Images + Twitter)
Si vous n’êtes pas un fervent utilisateur de Twitter et/ou un lecteur assidu du blogue Bang Bang et/ou du Voir, le nom de Simon Jodoin ne vous dit sans doute rien. Par malheur, je suis un fervent utilisateur de Twitter et un lecteur occasionnel du Voir (surtout pour les pertinents textes de Josée Legault). Et si vous êtes l’un de ses insupportables « yes men », il serait conseillé d’arrêter votre lecture ici. Autre avertissement : je sais très bien qu’il y a du noir, du gris et du blanc, mais je vais me contenter de dépeindre le noir dans les paragraphes qui vont suivre…
Si je me souviens bien, la genèse de cette histoire a trouvé son début un peu après la mise en demeure qu’a envoyée Michelle Blanc à Simon Jodoin (en lien avec un montage photographique publié sur le blogue Bang Bang la mettant en vedette essayant de poignarder Nathalie Petrowski dans le décor d’une peinture de Le Caravage). Dans le fond, c’était le début de la chicane qu’ils entretiennent encore aujourd’hui (Simon Jodoin arbore toujours sur le site de Voir et sur son compte Twitter sa dernière trouvaille : une photo de lui où il imite, bien sûr pour jouer au troll de luxe, la pose de Michelle Blanc sur la photo que l’on peut voir sur son deuxième livre; j’y reviendrai).
Je ne sais pas si cela a un lien ou non, mais je penchais beaucoup plus du côté de Michelle Blanc dans cette histoire qui la confrontait à Nathalie Petrowski. Pour ce qui est du reste, il m’est bien difficile de juger, n’ayant pas été dans leurs culottes depuis tout le temps qu’ils se sont tapés dessus par le verbe. Et, il faut l’avouer, le juge qui a donné raison au duo Jodoin/Péloquin dans cette affaire juridique n’y était pas non plus.
Quoi qu’il en soit, nos rapports au début courtois se sont envenimés au fil de nos divergences d’opinions. Rien de bien grave dans ce monde où les « amitiés » sont plus souvent des germes qui pourrissent dans le terreau de la multitude. Jusqu’à ce que l’expression « chercher des poux » devienne totalement représentative de ses apparitions dans ma bulle. Si ce n’était pas que ses dernières piques concernent mon projet « Le Globe », qui par ricochet implique beaucoup d’autres personnes, ce billet n’aurait pas eu lieu d’être, enfin, pas sous cette forme personnalisée. Quand une mouche nous tourne autour, la plupart du temps nous espérons juste qu’elle va trouver une autre cible rapidement et nous laisser tranquille, et c’est ce qui arrive la plupart du temps…
Je ne ferai pas ici l’étalage des talents de ce vicieux personnage dans l’art de faire suer le peuple, même si ça pourrait faire une excellente introduction à ce qui va suivre. Donc, ses abonnés Twitter ont pu lire ce message :
Dans l’optique où nous (mon partenaire et moi) étions visiblement encore en train de peaufiner les traductions du thème de base du site*, c’était assez chiant merci! (Et d’ailleurs, ce n’est même pas terminé, puisque chaque ajout d’extension* demande une traduction…) Mais ce qui est le plus sournois dans ce message, c’est qu’il fait référence à un de mes billets récent, qui a pour titre « Tout le monde s’en fout du français… », où je m’insurgeais contre les absences de sous-titres français à la télé francophone, parfois, et de l’apathie généralisée des gens au sujet du fait français. Et je n’ai aucun doute qu’il n’était pas du tout d’accord avec les propos dudit billet, ayant encore en tête les sujets de nos divergences.
Force est d’admettre que la technique pour me narguer est assez enfantine, mais ce n’était pas encore la goutte qui a fait déborder le vase de ma patience. Non, c’est plutôt cette autre vanne :
J’ai effectivement transféré une partie de mes archives de blogue dans le site* (d’où la référence au « duplicate content » – et c’était surtout dans un but pratique que j’ai fait ça, question d’avoir une base de billets pour meubler les sections*). Mais induire par cela que « Le Globe » ne serait qu’un dédoublement de mon blogue auquel j’ai ajouté « citoyen » est à la base une insulte au projet, et surtout, aux nombreux collaborateurs qui ont généreusement publiés sur le site dès son ouverture officielle. Et puis, je ne peux pas faire autrement que de voir dans cette pointe avec l’aide du terme « citoyen » un certain dégoût de sa clique et lui envers cette plèbe que nous sommes (enfin, à leurs yeux). Et je passerai sur le fait d’avoir inscrit « Renart Léveillé » au lieu de « @renartleveille » alors qu’il était bien évident que je tomberais de toute façon sur le tweet étant un gestionnaire du compte @LeGlobe; cette partie étant en lien direct avec un épisode connexe de cette saga.
Mais le plus drôle, c’est qu’en réfléchissant à ce projet (et surtout à son possible slogan), je me suis dit qu’il ne fallait absolument pas que je me serve du vocable tant honni : « journalisme citoyen ». Conséquemment, alors que le terme « regard » m’était apparu comme essentiel à un site qui veut regrouper les points de vue de différentes personnes, j’ai bien cherché un terme pour les désigner ces personnes-là. Le choix de « citoyen » m’apparaît toujours le meilleur pour plusieurs raisons, parce que c’est bien ce que nous sommes, des citoyens. Ça dit ce que ça a à dire : « regard citoyen ».
Ce qui m’enrage, c’est qu’on a bien pris soin de rabaisser la notion de « journalisme citoyen », peut-être avec raison, mais peut-on nous laisser en paix avec le terme « citoyen » alors que le « journalisme » qu’on y accolait a été pratiquement évacué du discours? Vous comprendrez que j’extrapole un peu, mais je sens encore là-dedans le mépris de nous voir prendre le légitime crachoir que nous pouvons prendre, mépris que je sentais bien avant que Nathalie Petrowski en endosse le blanc manteau. Ce manteau qui reflète super bien l’importance d’avoir un crachoir plus puissant que nous, pauvres blogueurs citoyens. Fin de l’essuyage de la goutte.
J’ai bien beau réagir (sûrement trop fort pour certains) à deux malheureuses publications qui ne font même pas 280 caractères au total, mais ce n’est pas grand chose comparé à la méchanceté qu’implique la photo qu’a choisi Simon Jodoin pour se représenter comme chroniqueur aux endroits où il est publié (en plus de Twitter). Cependant, ces deux messages sont assez représentatifs de son modus operandi dans l’art de se sauver après avoir sonné à une porte qui ne laissera pas le choix à l’occupant d’éteindre du pied un sac enflammé rempli de caca de chien. Ouf!
Ce qui est certain, c’est que Michelle Blanc avait quelque chose comme une prise légale sur le photomontage la représentant en femme à barbe alors qu’une photo la parodiant n’offre rien de la sorte. Et c’est bien là où on peut remarquer un talent certain pour l’insaisissable : le stratagème de Jodoin fait aussi mal, sinon plus, que de la diffamation, mais il est intouchable. C’est bel et bien de l’acharnement, et il pourrait continuer ad vitam aeternam… Et lui-même ne pourrait nier qu’il s’est fait un nom avec toute cette histoire, enfin, qu’il a cristalisé celui qu’il avait déjà.
Alors, je me demande où se trouve l’opinion du Voir et du blogue Bang Bang (vous remarquerez que depuis le début j’utilise la manière francophone de le désigner, contrairement à « Bang Bang Blog »…). Visiblement, tout ce beau monde derrière Simon Jodoin semble très à l’aise de le laisser s’afficher avec une photo qui envoie un double message (pathétique), selon si on comprend ou non la référence à Michelle Blanc. Dans le premier cas, il a l’air d’un extrémiste haineux qui utilise la représentation de sa propre personne pour passer son message, et pour quelqu’un qui ne comprend pas la référence, il a seulement un air hautement ridicule. Même que je n’arrive pas à trouver quelque chose de plus ridicule… J’écrirai donc que c’est le comble du ridicule, voilà! Et ses patrons sont d’accord avec ça? Vraiment? À moins que justement tout ce beau monde considère que même négative, toute publicité est bonne à prendre. Alors ce billet s’ajoutera à la liste.
Ce que j’en comprends, donc, c’est que cela est son choix. J’ose espérer qu’au moins un de ses nombreux (?) amis l’a tassé dans un coin et lui a dit : « Tu ne penses pas que la plaisanterie a assez duré? » Mais j’en doute, et fortement. La position de son entourage doit bien être seulement meublée de tapages de cuisses, de sourires complices et de rires flasques. J’aimerais vraiment qu’on vienne me donner tort à ce sujet, mais pour cela il faudrait que quelqu’un se mutine. Bonne chance. Ça me réconcilierait avec une partie du genre humain en tout cas.
Et puis, je ne peux pas croire que dans ses presque 4000 abonnements il n’y a eu personne pour au moins trouver que ses agissements sont discutables. J’espère qu’il y en a eu au moins un pour soulever la chose! Et même les gens qui n’aiment vraiment pas Michelle Blanc, ils trouvent ça correct? Il n’y a même pas une partie d’eux qui se réveille et qui se demande : « est-ce que j’aimerais qu’on me traite de la sorte? »
Pour terminer, je vais citer le principal intéressé qui statuait avec un titre, le 19 août dernier : « J’écrirai un jour un guide de voyage au pays de la connerie. » Je sais que le concept du voyage exclut son propre pied-à-terre, mais j’espère qu’il fera une exception cette fois-là, sa cour est pleine.
*J’écris tout ces détails techniques et je sais que cela donne l’impression d’une tentative de justification de ma part, mais c’est vraiment important puisque je sais pertinemment que Simon Jodoin comprends très bien tout ça, étant lui-même en charge de tout ce qui touche le web pour le Voir et consorts. C’est ce qui tue.
(Pour commenter, suivre ce lien : http://leglobe.ca/blog/2011/11/le-cas-jodoin/)
Legendre-Gate : une question de journalisme-spectacle
C’est dommage que l’homosexualité ne soit pas acceptée au point où Joël Legendre n’aurait pas eu de raisons de vouloir le garder secret. Mais nous ne sommes pas encore dans ce monde…
Il y a beau y avoir beaucoup de gens pour défendre le journaliste Marc Pigeon, j’aimerais qu’un de ceux-là contredise mon assertion comme quoi ce journalisme se rapproche plus du spectacle (assez inintéressant soit dit en passant) que de l’objectivité.
Même en cherchant l’absolue objectivité, un journaliste n’a pas le choix d’être subjectif, donc d’analyser les possibles répercussions de ce qu’il s’apprête à faire publier. Et là le journaliste a soit manqué de subjectivité (parce que cela crée un préjudice à Joël Legendre), soit en a trop abusé (parce que le but de toute l’affaire était de faire vendre de la copie, de faire parler de son média).
Qu’on n’essaye pas de me faire croire que nous sommes dans un autre monde que celui dans lequel nous sommes.
*
Daniel Lalonde fait un excellent compte-rendu de toute cette histoire, tout cela agrémenté de son opinion qui me rejoins beaucoup, pour ne pas dire totalement!
Ajout :
À écouter sans fautes – Jean-René Dufort donne une leçon de journalisme à Marc Pigeon :
(Photo : essygie)
J’ai gagné!
Finalement, pour ceux qui ne sont pas déjà au courant (la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre hier soir sur Twitter), j’ai gagné le Grand prix du journalisme indépendant (organisé par l’AJIQ) dans la catégorie « Illustration éditoriale » avec mon oeuvre « Gérald Tremblay, compteur d’eau ».
Et merci encore à tous ceux qui m’ont aidé ici à faire mon choix!
Travailler pour des pinottes sur le web
J’ai quelques crottes sur le coeur depuis un bon bout de temps et quelque chose vient de me tirer sur la manche pour que je les fasse sortir.
Un article paru sur « Trente — le blogue du journalisme » expose et critique une offre d’emploi parue sur le site Québec89 (associé au portail BRANCHEZ-VOUS!). 20 heures par mois pour un gros 10 $ de l’heure pour quelqu’un qui a :
* Une excellente maîtrise du français écrit
* Une expérience ou une formation universitaire en journalisme
* Une curiosité et un sens journalistique
* Un bon sens de l’organisation
* Autonomie, diplomatie et persévérance
Et c’est clair que ce travail demande plus que 20 heures par mois, alors on ne peut même plus parler de 10 $ l’heure…
J’ai moi-même travaillé pour BRANCHEZ-VOUS! dans la section Blogosphère. Et remplacé quelques fois des chroniqueurs, même très dernièrement Cécile Gladel. La principale raison pour laquelle j’ai laissé Blogosphère, c’est que finalement, avec toute la recherche et tout ce qui vient à côté de la rédaction, ça pouvait me payer environ 10-12 $ l’heure… Quand les astres étaient bien alignés, quelque chose comme environ 15 $ l’heure. Encore pire pour la section « L’événement sur le web », où là ça tombait souvent en deçà de 10 $ l’heure. (S’il faut que je le spécifie, je recevais le même montant par billet, quelle que soit la section.)
Il n’y avait dans le fond que les remplacements pour Pascal Henrard, Fabien Major et Christian Vanasse qui pouvaient me donner un salaire (presque) honnête. C’est que pour des textes d’opinion, il est plus facile de gérer son temps, contrairement à une chronique au sujet de ce qui se passe dans la blogosphère où on n’a pas le choix de faire beaucoup de veille (ça bouffe du temps) et une chronique sur ce qui se dit sur le web par rapport à l’actualité (des fois, ça pouvait me prendre une heure juste pour trouver un sujet avec assez de substance pour faire un billet).
Je pense à un autre exemple. On m’a déjà approché pour travailler comme « ghost writer » pour des blogues créés dans le cadre d’une campagne de promotion d’un site. On m’a fait faire un test que j’ai réussi. Je devais écrire un texte de 500 mots (si je me souviens bien) en une heure avec un nombre assez élevé de mots-clés à y répéter. Par chance, le sujet concernait la politique, mais j’ai quand même été sur le gros stress pour y arriver. Si ça avait été autre chose que je connais moins ou peu, je n’aurais pas réussi à terminer en dedans d’une heure, c’est certain. On m’offrait 15 $ par billet et je ne devais pas écrire sur la politique…
Visiblement, il y a des gens pour le faire, mais dans tous les cas, la charge de travail est sous-évaluée, et dans le dernier cas le niveau de stress. C’est rire du monde que de payer 15$ pour une heure quelqu’un capable de faire ce genre de travail très intellectuel. Pour ce qui est de BV! et de Québec89, je n’en pense pas moins, même si je sais qu’en l’écrivant je perds toute chance de me faire réengager par eux. Mais bon, si leur modèle d’affaires implique de payer très modestement (en tout cas à mon goût) leurs rédacteurs, ça ne m’intéresse pas.
Ça me fait penser à un texte récent de Nelson Dumais, chroniqueur pour Technaute, sur Cyberpresse. Dans « Le cul-de-sac du Web 2.0 », il démontre clairement tout ce qui vient maintenant avec la rédaction et la diffusion sur les plateformes web, sans que le salaire soit au rendez-vous :
Dans mon cas, la rémunération à la pièce (pratique courante dans le cas de journalistes à la pige) est beaucoup moins généreuse et encourageante que dans les années 80 et 90.
Même avec des machines-journalistes pour écrire des articles simples, il faudra toujours des humains compétents, avec pour la plupart des études ou en tout cas de l’expérience, pour faire preuve de créativité et d’analyse dans leurs textes. Ne mériteraient-ils pas de se faire traiter un minimum aux petits soins?
(Photo : tayto971)
Ajout :
Texte intéressant à ce sujet de Mario Asselin :
http://carnets.opossum.ca/mario/archives/2010/03/combien_vaut_le_travail_dun_journaliste.html
De retour à l'omission, après la pause…
L’histoire autour de Roman Polanski a été retournée de tous les côtés, étirée dans tous les sens, alors je n’en rajouterai pas une couche.
Par contre, quand j’ai lu la nouvelle parue le mardi 6 octobre sur le site de Radio-Canada selon laquelle il restera en prison, j’y ai vu un biais, dès la fin du deuxième paragraphe :
Il pourrait être extradé vers les États-Unis, où il est poursuivi pour avoir eu des relations sexuelles avec une adolescente de 13 ans en 1977.
Pourquoi ne spécifie-t-on pas le viol, la drogue et tout le reste?
Et on nous parle d’objectivité journalistique…
La Clique et ses claques…

Comme le disait très bien hier Joël Martel avec l’image de la Caramilk, je me foutais bien de savoir qui était la personne en chair et en os derrière La Clique du Plateau. Mais bon, ç’a l’air que du côté de La Presse le masque du clown était une trop grosse claque dans la face du journalisme, ce domaine où ce qui n’entre pas dans une case bien définie est un aimant à suspicion. On l’a acculé dans un coin (quelqu’un sait comment? avec quels arguments?) et on lui a fait cracher le morceau.
Marc Cassivi avait fait de gros yeux précédemment, démontré qu’il n’avait pas moins la susceptibilité dans le tapis que certains petits blogueurs (dont votre humble serviteur) qui n’ont pas eux à se plaquer le noble masque de l’objectivité, et ça donne ce que ça donne au bout du compte : Philippe Martin, un nom tout aussi anonyme dans le fond que son drôle de pseudonyme. On cherchait une vedette, ou quelque chose dans ces eaux, mais on a trouvé un quidam comme moi. Grosse déception…
Si le gars avait fait quelque chose d’illégal, je dis pas, la manoeuvre aurait été au moins un peu logique. Règlement de compte, règlement de compte… Nous voilà en plein dans l’Amérique des années 30, à l’époque de la pègre, des chapeaux, trench-coats et mitraillettes à chargeur en forme de bobine de film.
J’espère que pour la majorité des gens le mystère entourant l’identité dudit blogueur n’était pas ce qui créait le gros de l’afflux de popularité du blogue. Parce que là les journalistes auront trouvé l’aiguille dans la botte de foin pour dégonfler la baloune (esprit de bottine, quand tu nous tiens!). Mais bon, ça me surprendrait.
En tout cas, pour ma part, je vais continuer à me divertir en sa compagnie. Encore et toujours sans culpabilité. En espérant que sa nouvelle nudité ne le rendra pas moins caustique.
(Photo via Le Détesteur – un autre qui va devoir assurer ses arrières…)
Màj :
La réponse (hilarante) de La Clique à cette histoire : L’équipe de la Clique!!!
Pot particulièrement pourri électoral
Ce billet vient de paraître parallèlement sur le blogue « Les 7 du Québec ». Les commentaires seront ici fermés, alors si vous désirez en laisser un ou bien les lire, suivre l’hyperlien précédent.
Petite chronique électorale que je vais démarrer en citant un billet de Burp :
Jean Dussault, journaliste politique, était invité hier midi à [...] Radio-Canada pour discuter des élections provinciales. Dussault a alors affirmé que, des 41 députés adéquistes élus lors des dernières élections, 28 n’avaient pas fait campagne. Ça veut dire qu’ils n’ont pas ouvert de bureau, n’ont pas installé de ligne téléphonique, n’ont pas dépensé un sou, ne sont jamais sorti de leur maison.
Voilà bien la preuve flagrante que la vieille façon de faire est complètement inutile. Les élections se font médiatiquement. Même si je hais les pancartes électorales, je pense qu’elles influencent plus que le tripotage d’épiderme, que le becquetage de poupons. Au moins, elles rappellent d’aller voter… Et les rassemblements ne servent que de décor pour nourrir le factuel si cher au journalisme. Wow! des gens se sont déplacés pour aller écouter des politiciens!
La politique devrait être le royaume des idées, mais tout est axé sur le paraître. C’est le concours à savoir comment diriger la perception de la population. À la télé, Mario Dumont a misé sur la variété où il avait plus de chance de la contrôler cette perception. Mais son problème, c’est qu’il n’a pensé qu’à court terme…
À ce sujet, j’aimerais citer un excellent commentaire de Noisette Sociale laissé sur le blogue Le Satellite Voyageur :
Les téléspectateurs du dimanche soir ont deux choix devant eux. TLMEP ou Dieu Merci. TLMEP n’est pas une émission intellectuelle à proprement parler mais elle l’est certainement beaucoup plus que Dieu Merci. Les gens qui regardent TLMEP se soucient nécessairement un tant soit peu de l’actualité politique.
Je crois sincèrement que plus le public est intello, moins il est réceptif à l’ADQ.
Par contre, le public qui préfère Dieu Merci à TLMEP est probablement beaucoup plus réceptif au discours populiste de l’ADQ. Une bonne partie de ce public doit être du genre à trouver ça important qu’on voit nos politiciens dans des contextes moins sérieux. Mario Dumont est probablement au courant que ça. Il sait qu’avec sa performance, il va sûrement aller chercher des votes de sympathie. C’est son électorat-cible.
Rien à rajouter.
Autre sujet, le blogueur de Scotch et Sloche se pose la question à savoir comment démêler la promesse de Charest d’abolir la taxe de vente sur les produits culturels Québécois. Parce qu’il y a réellement des cas dilemmatiques, comme « Arcade Fire ou Celiiiiine, Québécois signés sur un label » états-unien, pour ne nommer que ceux-là.
Les élections, du côté des citoyens, serait-ce beaucoup l’art de séparer le bon grain de l’ivraie?
Départs, ajouts et slogans

Aujourd’hui, multiplillet, sur une première note douce-amère. Deux autres départs avoués dans ma blogosphère, et peut-être aussi dans la vôtre, soit CaroG qui se déleste de sa vie de blogueuse pour se concentrer sur d’autres lieux créatifs, et Michel Hébert qui s’en va se faire étourdir par les nouvelles règles du journalisme au convergé Journal de Québec, ce qui ne lui laissera pas, selon ses dires, le loisir de tenir son blogue libre à son goût. Il faudrait bien au moins convaincre ce dernier de laisser son blogue en ligne. (Ajout : il semble revenir sur sa décision et songe à simplement ralentir de beaucoup la cadence.)
Les uns partent et d’autres s’ajoutent, et cela sera le moment d’en parler, le 31 août, lors du 310g Day 2008 (lire Blog Day) ce qui sera l’occasion de faire la promotion de 5 nouveaux blogues que vous trouvez intéressants. Cela sera l’occasion d’élargir encore plus nos horizons en nous promenant de blogue en blogue participant. Je me souviens m’être bien amusé l’an passé.
Du côté de Martin Petit, il y a un concours pour trouver un slogan d’insulte à l’endroit de Stephen Harper pour mettre sur sa pancarte, qu’il brandira mercredi matin lors d’un rassemblement des artistes et des travailleurs du milieu culturel. J’en ai pondu deux, pas très concluants, mais ce qui compte, c’est la participation…
Et vous vous demandez sûrement pour le choix de l’image? Je suis tombé là-dessus par hasard en cherchant autre chose, mais j’ai gardé l’onglet pour ne pas la perdre. C’est tellement étrange que ça parle tout seul… En tout cas, ça vient de là.
Ajout :
Un autre qui tire la plogue, l’ami Tétoine, qui n’avait pas donné signe de vie depuis avril. Un petit soubresaut pour marquer sa décision : je ne peux m’empêcher de penser à un dernier battement de coeur. Je vais m’ennuyer de ses analyses.
La fin de ma rétrospective et le début des tempêtes
Le début du mois de novembre a été marqué par la tragédie de la mort de la petite Bianca Leduc, le 31 octobre. Cet événement a sonné le glas d’un large débat par rapport à la conduite automobile et aux règles l’entourant. Et les restaurateurs ont eu peur.
Du côté de la politique internationale, on a appris premièrement que Yahoo! a contribué par ses informations à faire arrêter un journaliste chinois dissident. Aussi, que les États-Unis se sont basés sur un faux témoignage d’un imposteur pour justifier la guerre en Irak, et que Nicolas Sarkozy a été formé par son département d’État.
Plus près de nous, Super Duper Mario a tenté de sabrer les commissions scolaires, la piètre qualité du français a encore refait surface, la baloune a été pétée et Mia Farrow a traité de porcs nos diri-géants sur le plateau de TLMEP.
Aussi, les OVNIS se sont affranchis un peu plus de la fiction, je me suis fait attaqué par la pub à mon travail, le cardinal Marc Ouellet s’est excusé à la place de l’Église, Fred Chichin est mort, Christian Mistral a craché du bon et beau venin sur Richard Martineau et le journalisme professionnel a rejeté avec grand fracas le journalisme citoyen.
En décembre, le film de Denys Arcand a fait quelques remous, dont une instrumentalisation conservatrice, l’hypermédiatisation du personnage Schreiber nous a tapé un peu sur les nerfs, l’histoire autour de Ladygripette aussi, les produits chimiques nous ont sautés dans la figure et Mario a sauté à pieds joints sur le cours d’éthique et de culture religieuse.
Pour terminer en beauté, l’inutile Just-Inn St-Clair-Trudeau a fait parler de lui, s’est rétracté, je me suis amusé à faire un lien entre Celine Dion, Richard Martineau et Stéphane Gendron, et j’ai commencé cette longue rétrospective, ouf!
Voilà c’est fait!Je suis presque prêt à commencer la nouvelle année, mais je vais vous la souhaiter bonne en bonne et due forme demain avec une petite surprise…
(La photo provient d’ici)







