Je suis très fatigué mes amis, mais on dit que la révolution ne dort pas… Pendant que je commence à écrire, il y a une manifestation de nuit. Mes jambes sont immobiles, mais je marche à ma manière, j’entends Lire le billet sur Le Globe…
Tag Archives: Internautes
Une rencontre avec Jean-Martin Aussant d’Option Nationale
Vendredi dernier, j’ai eu l’occasion d’aller suivre sur place l’événement web qui mettait en vedette Jean-Martin Aussant, le démissionnaire du Parti Québécois qui a fondé par la suite Lire le billet sur Le Globe…
Pourquoi le Huffington Post a échoué en Angleterre
Nick Denys, affilié au site britannique The Kernel, souligne l’insuccès de l’expérience Huffington Post en Angleterre et tente d’en expliquer le pourquoi dans un article publié hier. Il arrive à la conclusion que les raisons sont un manque de « leadership » et une qualité médiocre au niveau des collaborateurs. Dans l’optique où cette entreprise ouvrira très prochainement un espace destiné au public québécois, il serait intéressant d’en faire ressortir ici les grandes lignes. Et puis, transparence totale, j’ai été très critique de ce projet dans trois billets publiés à la fin de la dernière année : « Un tapis rouge souillé pour le Huffington Post? », « HuffPostQc : Québec solidaire en réflexion » et « HuffPostQc : QS ne recule pas et même avance vers nous ». Alors, nous verrons bien si le passé est garant de l’avenir, ou le contraire. Et ma critique concerne surtout le fait de ne pas payer les blogueurs.
L’article commence par une citation, ce que les deux compagnies ont affirmé lors de l’achat par AOL : « The combination of AOL’s infrastructure and scale with the Huffington Post’s pioneering approach to news and innovative community-building … will mark a seminal moment in the evolution of digital journalism and online engagement. » (Traduction libre : l’association de l’infrastructure d’AOL et de l’approche novatrice du Huffington Post au niveau de l’information et du développement de communauté virtuelle … va marquer un moment charnière dans la l’évolution du journalisme numérique et de l’engagement en ligne.)
Ensuite, ce que l’auteur note, c’est que les ambitieux projets d’expansion ont été exécutés avec une première opération en dehors de l’Amérique du Nord, soit le site britannique, mais que les résultats au niveau du trafic ont été décevants selon des sources proches de la compagnie. Pour ce qui est de l’implication des internautes, elle serait pratiquement inexistante (« virtually non-existent »).
Pour expliquer cela, Nick Denys pointe premièrement l’arrogance américaine (ou plutôt, ce que j’en comprends, celle de la fondatrice du populaire site états-unien). Il pense qu’Arianna Huffington surestimait les répercussions de l’ouverture du HuffPost Grande-Bretagne, comme si elle s’était aveuglée de son succès et n’avait pas pris en considération l’impressionnante pénétration du web dans ce pays. Il termine en disant que cette plateforme américaine, qui a été pionnière et innovante à l’époque, il y a six ans, lors de son lancement, n’a rien accompli pour faire avancer le débat public en Grande-Bretagne.
L’autre problème qu’il soulève, c’est la qualité de son personnel et de ses collaborateurs qui pour lui n’ont pas livré des textes d’opinion de qualité suffisante pour que le site se fasse un nom. Et dans un contexte où l’environnement des médias sociaux est dynamique, compétitif et bien ancré dans les habitudes des lecteurs et où les autres médias ont développé différemment leur présence web de leur présence physique, pour lui la direction du Huffington Post (AOL) n’a pas su aller plus loin que cette idée : ce qui a fonctionné aux États-Unis devrait fonctionner aussi bien au Royaume-Uni…
Aussi, en plus de viser l’absence de direction idéologique, il souligne que l’« offre » (en fait, le modèle d’affaires), basée sur la gratuité du contenu versus une plateforme et un public, devient obsolète grâce aux médias sociaux qui sont des lieux de promotion efficaces. Encore, selon différentes sources, il affirme que les billets soumis à HuffPost prennent deux jours à être publiés, ce qui pour lui est inconcevable dans un monde où l’instantanéité est si importante. Et pour terminer, il leur conseille de prendre plus en considération les différences entre les États-Unis et l’Angleterre, donc de se synchroniser le plus possible avec le pouls du lectorat britannique, et d’engager des journalistes et du personnel de direction talentueux.
Ici, pour le peu que nous en savons, il semble que le niveau des collaborateurs est prometteur, enfin, pour ce qui est des grosses têtes d’affiche. Et puis, pour ce qui est du côté anglais, il me manque une certaine connaissance des collaborateurs et du contexte là-bas pour me faire une idée. Par contre, le fait de constater les résultats décevants au niveau du trafic ne peut pas mentir.
Mais il n’y a pas qu’en Angleterre où le dossier Huffington Post créé la polémique. En France, là où la compagnie va ouvrir une filiale très prochainement (va-t-elle comme ici repousser et repousser le lancement?), des journalistes du journal Le Monde « demandent des garanties à leur direction » :
En effet, certains journalistes s’inquiètent du poids et du rôle d’Anne Sinclair, l’épouse de Dominique Stauss-Kahn, dans la version française du site américain Huffington Post, qui devrait être lancée le 23 janvier. Ils redoutent en effet que la présence de l’ancienne journaliste de TF1, qui sera partie prenante dans les choix éditoriaux, ne brouille l’image du Monde, qui détient toujours 34% du capital du Huffington Post.
Au Québec, le bateau semble voguer sur des eaux beaucoup plus calmes, mais l’avenir pourrait nous réserver quelques surprises.
Pour laisser un commentaire, suivre ce lien : http://leglobe.ca/blog/2012/01/pourquoi-le-huffington-post-a-echoue-en-angleterre/
Le mécontentement citoyen à la croisée des chemins
Nous sommes à la croisée des chemins. Le citoyen a déserté l’espace public, celui qui se trouve dans le grand air, pour y manifester. Je ne dis pas qu’il n’y a plus personne, mais on ne peut plus parler de « masse critique », ‘mettons (les mouvements d’occupations un peu partout restent modestes, quand même).
Le citoyen manifeste son mécontentement via les outils disponibles sur le web, peut-être « dans le vide », comme le souligne bien justement le blogueur Donavan :
Mais je ne rajouterai pas ici une couche de cynisme, au contraire. Je pense simplement qu’il faudra le temps que ça prend pour que la présence citoyenne sur le web ait autant de poids qu’un individu debout dans la rue avec sa pancarte. Bon, peut-être que ça n’arrivera jamais à ce point, mais tout est question de mesure.
Si le poids des internautes est même seulement à la moitié du poids des manifestants pour une cause et que le nombre est double, il y a un gain d’influence. L’avenir nous dira donc si nous sommes en route vers une gouvernance où le citoyen est écouté via le cybercanal de communication.
Personnellement, je crois que nous marchons tranquillement vers cette destination.
Troy Davis : dans l’intimité d’une exécution
Si vous n’avez pas entendu parler de cette histoire,Troy Davis est un condamné à mort depuis 1991 qui a subi sa sentence dans la nuit du 21 septembre 2011, malgré les doutes sérieux et le soutien « de nombreuses personnalités et organisations internationales ». Twitter s’est enflammé dans les jours précédents son exécution et les internautes pouvaient suivre en temps réel le déroulement des événements, et les nombreux retournements de situation. Je vous suggère de lire le compte-rendu de la blogueuse Chloé, sur son blogue « Le blog de l’Aristocraft ».
Nous avons là l’exemple suprême de l’absurdité de la peine de mort. Et gageons que l’avenir nous dira qu’il était vraiment non coupable et qu’il est mort seulement pour prouver que cette loi inhumaine n’a pas lieu d’être.
Et pour ce qui est de la question de suivre ce genre d’événement sur Twitter, je pense que ceux qui n’ont pas les nerfs assez solides pour suivre profitent quand même au bout du compte qu’il y en ait des capables… C’est la dynamique médiatique, somme toute, avec un petit plus qui donne froid dans le dos.
Les territoires et les ponts de la vie virtuelle
Ce que je remarque de plus en plus, c’est que le web n’est pas un territoire flou, loin de là. Les internautes n’ont pas tendance à prendre cette virtualité comme si elle était un territoire vierge, donc un espace à bâtir sur des bases neuves. Ils copient le schème du monde habituel pour le coller au web. Et je ne suis pas en reste.
J’en ai la preuve ici alors que je publie certains billets conjointement sur Les 7 du Québec. En dehors du fait qu’il semble y avoir un mouvement de boycottage (non organisé) dans la direction de ce blogue collectif, je constate que j’ai affaire à deux commentariats bien distincts, à part quelques exceptions. Les uns ne commentent jamais là-bas, les autres ne commentent jamais ici. Pourtant, il s’agit bien de la même personne, en occurrence, moi, qui écrit ces billets.
Dans ce cas, pour ce qui est des gens qui me lisent ici et qui auraient le goût de commenter sur mon blogue alors que c’est impossible, puisque je ferme mes commentaires (question de regrouper en un même endroit la discussion), c’est comme si le blogue Les 7 du Québec était trop inconfortable pour ce faire… Ça semble l’être réellement. Le web n’est pas une plaine, et ça ne sent pas pareil partout…
Pour ce qui est des ponts — les liens entre les territoires que sont entre autres les blogues, Facebook, Twitter, etc. —, la tendance ne semble pas être à une circulation fluide et généreuse des infos et des utilisateurs, mais ressemble plus à quelque chose comme du protectionnisme. On s’investit dans une plateforme de son choix en acceptant sans broncher ses limites inhérentes et on se retrouve à y vivre comme dans une tribu, autre calque du monde « sensible » sur le virtuel (sans pour autant dire qu’il n’est pas lui aussi sensible).
Ce constat, je le fais à force de remarquer le faible taux d’actes de communications entre les plateformes, avec l’impression qu’il n’y en a qu’une poignée à considérer les médias sociaux comme un tout. Nous sommes donc encore très loin de l’hypothétique monde virtuel interactif que l’on appelle communément 2.0. Il existe théoriquement et pratiquement, mais seulement quantitativement à un niveau embryonnaire.
Tout ça pour dire qu’il me faut être réaliste et revoir mes attentes à la baisse.
Le monde que je me suis construit ne s’avère qu’une chimère.
(Photo : CpaKmoi)
Un passeport virtuel, toujours d’actualité?
Pour plusieurs raisons, je pense depuis longtemps qu’il faudrait un passeport pour utiliser le web. Enfin, plutôt, je penche de ce côté comme je l’expliquais au début de cette année, en réponse à la question « Et vous, êtes-vous en faveur d’un passeport virtuel pour vous connecter à Internet? » :
Et je suis tombé tantôt sur un billet chez BRANCHEZ-VOUS! où j’ai appris qu’Eugène Kaspersky, « directeur général de l’entreprise russe du même nom », tente de remettre de l’avant cette idée avec ces quelques arguments :
En lisant cela, je me rends compte que mon opinion à cette question ne rejoint pas du tout celle de cet homme qui veut visiblement seulement du contrôle, du contrôle et encore du contrôle. On croirait entendre le gouvernement chinois…
Pour ma part, dans le fond, l’idée d’un passeport ne m’enchante que lorsqu’il est question des médias sociaux, incluant bien sûr la blogosphère, c’est-à-dire quand des gens interagissent. Il me semble important de jouer le plus franc-jeu possible lorsque nous conversons sur le web, mais qu’est-ce que ça donnerait d’épier tout le monde tout le temps quand il ne s’agit que de consultation d’information?
Certains pourraient arguer qu’il y a du contenu prohibé comme de la pornographie infantile, mais il y a justement déjà des policiers qui se penchent là-dessus.
Les internautes ne sont pas coupables a priori.
(Photo : sshb)
Narcisse
(Quelqu’un s’amuse à faire la critique de blogueurs, et là c’est mon tour. Ma réponse, par son trop grand nombre de caractères, n’a pas réussi à trouver place à la suite de l’analyse, alors elle sera confinée ici. De toute façon, comme vous pourrez le lire, c’était bien dans mes intentions.)
Je suis abasourdi de constater qu’on puisse voir en mon personnage virtuel du narcissisme alors que je passe la majeure partie de mon temps sur le web à lire ce que font les autres et à les promouvoir dans mes billets, dans ma section « Billets choisis de mon agrégateur » et surtout sur Twitter. Mais je comprends tout à fait qu’on puisse interpréter mon « oeuvre » de cette manière, puisque c’est à cette bouée que la plupart de mes détracteurs s’accrochent. Je n’irai pas jusqu’à écrire que les ingrédients n’y sont pas pour en arriver à cette conclusion, mais je crois qu’il faut vraiment vouloir fort s’en donner la peine : pour ma part, je cultive depuis que je suis présent sur le web une assurance que j’avais en déficit (et même encore, cependant beaucoup moins) dans la réalitosphère… (À la place de « réalitosphère », j’aurais pu écrire « vie de tous les jours » mais dans ma vie de tous les jours je suis beaucoup sur le web, et je ne considère pas la vie sur le web comme une moindre vie — c’est une autre explication à mon néologisme si inutile…)
Sinon, en extirpant ce qui semble se trouver entre les lignes, je peux concéder que je suis ambitieux, mais « narcissique » n’en est pas un synonyme. Et j’ai fait le test de me mesurer le plus objectivement possible à la définition psychiatrique du narcissisme sur Wikipédia. Je ne m’« attend [pas] à être reconnu comme supérieur sans avoir accompli quelque chose en rapport » puisque je défends seulement ce que je fais, ce qui n’est pas du vent, il faut l’avouer. Je ne passerai pas à travers tous les points, mais je tiens à faire ressortir que je n’exploite pas les autres pour parvenir à mes fins, que je n’envie pas les autres, mais bien plutôt les admire, que je ne suis pas hautain et arrogant (sauf avec ceux qui je crois le méritent, ce qui est très rare), et surtout, je ne manque pas d’empathie envers les autres. C’est bien mal me connaître que de prétendre le contraire.
Quand même, j’accuse le coup et en tiens compte dans mon éternel examen de conscience. Par contre, je n’irai pas jusqu’à me diluer pour essayer de plaire à tout le monde. Justement, concernant « l’hypothèse que ce blogueur vise à faire tout ce qui est en son pouvoir pour être reconnu par les membres de la clique journalistique numérique », je ne peux pas nier que j’aimerais gagner ma vie de ma plume, de mes caricatures, etc., et que je sais que j’ai plus de chance que cela se réalise si je suis présent médiatiquement (seulement sur le web pour l’instant, on s’entend). Par contre, si je faisais à ce point tout en mon pouvoir pour que mon « plan » fonctionne, je commencerais par m’imposer la discipline d’écrire d’une manière à me faire comprendre facilement par le plus grand nombre, ce qui, j’en suis sûr, donnerait en plus de ma personne une impression moins narcissique (enfin, pour certains).
Pour ce qui est des sujets que je choisis, pour soi-disant m’aider à « obtenir un maximum de visiteurs par le biais des recherches », c’est bien la partie où je trouve qu’il a le plus de mauvaise foi dans l’analyse (après l’accusation de narcissisme bien sûr!), car cela ne repose sur rien d’autre que de la subjectivité « crasse ». Comment un blogueur qui se spécialise surtout dans l’opinion sur l’actualité pourrait-il arriver à parler seulement de sujets qui ne sont pas d’actualité? En plus, je n’arrive pas à m’imaginer mettre du coeur à l’ouvrage dans un texte si le sujet ne me touche pas. Et puis, je suis un citoyen comme tout le monde, je ne vis pas en vase clos, ce qui me touche a beaucoup de chance d’en toucher plusieurs. Voilà la dynamique, et on est bien libre de l’interpréter le plus négativement possible, comme ici.
Pour ce qui est de la réalité de mes statistiques concernant mes choix de sujet, je suis loin de la coupe aux lèvres. La majeure partie des internautes qui atterrissent chez moi via les moteurs de recherche y sont pour des mots-clés en lien avec mes billets plus légers, comme au sujet de Facebook par exemple. Pour être encore plus précis, seulement un quart de mes visiteurs proviennent des moteurs de recherche, un autre quart arrivent directement et les autres blogues et sites qui me réfèrent m’apportent la moitié de mes visiteurs. Cette dernière moitié confirme peut-être que j’ai bien joué mon jeu de me « faire voir et connaître du plus grand nombre possible », mais, à ce que je sache, je n’ai payé ni rien promis à personne pour me retrouver dans les blogolistes de beaucoup de blogueurs, et hyperlié et relayé un peu partout. Le narcissique que je suis ira jusqu’à écrire qu’une bonne partie de ce résultat est dû au fait que son travail est intéressant pour certaines personnes (ce que l’analyse soulève d’ailleurs).
Mais bon, on ne peut pas être à la fois intéressant (pour certains), écrire avec style en s’inspirant de la manière plus directe du web, mettre de l’avant un vocabulaire un peu recherché, faire une promotion efficace de ses réalisations par les moyens disponibles, et surtout, démontrer de l’assurance sans avoir l’air d’être (pour certains, toujours) narcissique, égocentrique, nombriliste, etc. Ça devient gazant… Ne serait-ce pas une variante du réflexe bien répandu de dénigrer gratuitement les gens qui réussissent? (Cela sans insinuer que j’ai réussi : je serais bien stupide de penser qu’une renommée relative comme la mienne dans ce minuscule monde du web 2.0 soit un exemple concluant de réussite.) Et, aussi, j’aimerais bien avoir un exemple précis (ou encore mieux un ensemble d’exemples) qui illustrerait parfaitement mes manifestations narcissiques?
Et je sais bien que j’aggrave mon cas (encore pour certains) en pondant cette réponse plus touffue que l’analyse à laquelle je réponds. Encore plus en la publiant aussi sur mon blogue comme je vais le faire. Je prouverai ainsi que mon amour-propre se démène comme le diable dans l’eau bénite. Quand même, il va sans dire que le plus efficace aurait été de balayer ce billet sous le tapis, et c’est réellement ce que je voulais faire au départ (surtout, pour ne pas perdre mon temps). Mais, comme avec mes choix de sujet, et tout le reste, le moteur principal de mon activité est ce qui me touche, et je ne pouvais pas faire comme si cela ne me touchait pas!
En gros, je me sens pris au piège avec cette analyse. J’ai l’impression que ce qui sert les points positifs sert tout autant les points négatifs. Ça tourne en rond. Cependant, ce que j’y respecte beaucoup, c’est le bémol quant à l’appréciation de mes réalisations, ce qui est le propre de la critique. Je vis très bien avec ça pour un être narcissique… mais pas avec la psychanalyse de pacotille qu’on me sert ici.
Voilà, c’est dit!
(Image : Caravaggio – Narcisse)
Pierre Côté, l'interaction globale, les trolls, la monétisation, etc.
Hier soir, j’ai vécu une expérience intéressante. Avec Pierre Côté et quelques internautes, dont le sympathique blogueur Minic (Ste-Croix) et deux espèces d’ados attardés en guise de trolls (ça, c’était la partie moins intéressante…).
Je ne crois pas que Pierre Côté sera fâché que je dise de lui qu’il est un drôle de personnage. Pour ma part, je me suis cogné le nez quelques fois avant de pouvoir embarquer dans son univers… Mais, avant de continuer, ça demande des explications.
Son projet, c’est Realtime Réalité (« un show transmedia immersif interactif en direct »). Il utilise les outils que sont Twitter, Twitpic, Ustream, Blogger, Qik, YouTube et Facebook pour informer, divertir, provoquer, toucher, partager, enseigner et réfléchir (dixit son site web). Il compte sur la générosité des internautes pour le payer (il demande : « Quelle est la valeur de mes services? » et suggère : « C’est à vous de décider. ») et affiche son taux horaire (facultatif) selon les donations (je lui ai donné 5$ hier). « Son objectif: créer son propre emploi et en vivre. »
(Source de la citation précédente et de la suivante : un article d’Anne-Caroline Desplanques sur bénéfice.net.)
Il se décrit lui-même comme étant un, entre guillemets, journaliste nouveau genre, « puisqu’il se déplace avec son iPhone pour filmer discours, conférences de presse et autres évènements en tout genre en fonction de ses intérêts. » Mais en ce qui me concerne, je vais plutôt me concentrer sur ce qu’il a fait hier via Ustream. On pense à une ligne ouverte à la radio, mais magnifiée par les possibilités d’interaction qu’offre le web. Donc il est là, en direct, filmé par une webcam, il y a une section chat à côté, et il commente de vive voix ce qui s’y passe. Et il demande aux gens d’appeler, ce que j’ai fait.
Le thème de base étant « on parle de nos frustrations », j’ai un peu parlé de mon billet d’hier, de mon blues automnal, et ç’a bifurqué sur la situation médiatique, celle du web versus la traditionnelle, de la monétisation, etc. J’y reviendrai. Et plus tard il a demandé si quelqu’un pouvait l’appeler via Skype, et le dénommé Minic a répondu à l’appel : il s’est retrouvé coanimateur avec son image à côté de celle de Pierre.
Aussi, il a passé quelques vidéos de musique que les internautes ont suggérés (ce qui à mon avis ne devrait pas trop faire partie de la formule) et les deux trolls ont monopolisé une bonne partie du temps qu’a duré l’« émission », puisque Pierre leur donnait beaucoup de jeu. Et il a fallu que quelques internautes, dont moi, insistent, pour qu’un des deux soit banni… Donc, si je peux lui donner un conseil, et surtout répéter une évidence : s’il veut que son projet d’interaction « live » fonctionne bien et qu’il ait du succès, il faudra qu’il soit vigilant avec les trolls, ces plaies…
Sinon, à l’instar du copain Le TViste et a contrario de Patrick Lagacé, je trouve sa démarche digne d’intérêt. Je ne dis pas que c’est parfait, et le principal intéressé non plus d’ailleurs, mais je peux au moins lui donner qu’il pave la voie, enfin une. Et je suis prêt à l’aider humblement ici.
Mais, avant de terminer, j’aimerais revenir sur le sujet de la monétisation du contenu web. Pour certains, je le sais, les cheveux se dresseront sur la tête. Donc, voilà, je trouve absolument courageux la dynamique qu’installe Pierre Côté à ce sujet. Parce que c’est clair que son projet repose essentiellement monétairement sur les épaules des internautes, et dans le contexte où nous sommes habitués de ne rien payer pour le contenu et où la pub est un mal nécessaire, mais visiblement insuffisant pour beaucoup. Le château de cartes tient en quelque sorte par la solidarité.
Et la question reste à savoir s’il va réussir à poursuivre son aventure en citoyen indépendant (enfin presque, il a déjà une commandite de Black Label) avec les contributions volontaires, s’il va être intégré à un autre média, ou carrément laisser tomber devant l’évidence de son frigidaire vide…
Et tout cela trouve grandement écho de mon côté, vous devez bien vous douter pourquoi.
C'est Ma Toune!
J’en ai parlé dans ma chronique Blogosphère du jour, mais je tiens quand même à le rapporter ici, parce que c’est très intéressant comme projet. Donc, voilà, Il Blogue a démarré un projet de musique en collaboration, Ma Toune, question de bâtir une chanson avec l’aide des internautes.
Personnellement, j’aimerais bien m’investir dans le projet, mais c’est l’élément temps qui me fait le plus défaut… Mais je serais bien prêt à être l’interprète de La Toune avec ma voix d’or si on veut bien de moi! Hé hé!
En tout cas, passez le mot!
Pour Rivière-Ouelle, c'est par là, pour la chicane, c'est par ici! (Réédité et avec ajout)

Je ne m’y attendais pas, mais je continue mon remplacement cette semaine du côté de Branchez-vous! J’ai pondu un texte en lien avec l’histoire autour de la mort de Nancy Michaud à Rivière-Ouelle. Pour le lire, suivez le guide!
Et un extrait pour vous mettre l’eau à la bouche (hé hé!) :
Même si l’histoire autour du meurtre de Nancy Michaud est prenante au premier abord, étant donné son caractère sordide, j’ai bien de la difficulté à m’y intéresser sérieusement… Derrière cette saga que tout le monde suit, il ne semble y avoir rien de plus qu’un fait divers. Et non, ce n’est pas un manque de compassion de ma part, au contraire, je pense même que ce petit village doit bien avoir hâte de s’enfermer dans la bulle du deuil, hors champ des caméras et des questions.
Autre chose dont je ne m’attendais pas, c’est les réactions exagérées de certains par rapport à mon billet précédent, comme si la blogosphère ne pouvait pas servir à régler des comptes, de temps en temps. Je ne savais pas que c’était tabou… Et en passant, j’écris premièrement parce que j’aime écrire! Si j’ai le goût d’écrire un poème et de le publier, je le fais, idem pour tout autre genre, pourquoi je ne pourrais pas publier un texte caustique qui vise un blogueur en particulier? Louis le fait et plein de gens applaudissent, je l’ai fait sur le dos de Stéphane Gendron, Richard Martineau, pour ne nommer que ceux-là. Dans les médias, les chroniqueurs se rentrent aussi dedans à l’occasion… C’est comme ça!
Ça me fait penser que j’ai reçu un commentaire tout à fait inutile d’un gars qui annonçait sacrer nos blogues (à moi et à Louis) à la poubelle et aller lire ailleurs… Il aurait pu tout aussi faire et ne pas gaspiller d’énergie pour le dire. Ça change quoi? Ça me fait penser au bar quand quelqu’un n’aime pas ma musique et qu’il tient absolument à venir me le dire, en grand champion! Si on regarde le fait que les gens ont des goûts assez différents, imaginez si tous les gens venaient me spécifier à chaque fois qu’ils n’aiment pas une chanson, ça serait l’enfer!
Pourtant, d’un autre côté, ce billet semble avoir intéressé beaucoup de gens : il a réussi à déclasser mon billet déconneur par rapport à Julie Couillard qui attire ici, comme des petits pains chauds le font auprès des affamés, les internautes en manque de craques féminines…
Et plus encore, nous qui avions complètement coupé les ponts, j’ai l’impression de me mouvoir aujourd’hui dans un peu plus de clarté, reste à voir si cela nous conduira vers un plein soleil ou encore plus de gris…
(Photo : -Antoine-)
Ajout :
Après m’être fait titiller par Anarcho-pragmatiste et L’écume des jours, je suis allé lire le dernier billet de Louis. Il me fait ses excuses. Mais je les prends avec un bémol de taille : pas un mot pour mon ami Alain B. et Angry French Guy…
♪On peut pas toute, awoir!♫
…
Sur le Web s'ouvre au commentariat
Sur le Web inaugure aujourd’hui la possibilité pour les internautes de laisser des commentaires à la suite de leurs chroniques. Super! Par contre, ils interdisent l’ajout d’hyperliens…
Le premier commentaire, d’un dénommé Olivier Bruel, de Montréal, affiché sur le site, va comme suit :
Un chronique Web sans commentaires, c’était un peu comme une boîte sans couvercle ! Bravo pour cet ajout, SUR LE WEB est maintenant un « vrai blogue » !
Ça m’a donné le goût de lui répondre, pour remettre les pendules à l’heure :
Désolé de contredire Olivier Bruel, mais dans un « vrai blogue » (voir la définition du web 2.0 et des blogues sur Wikipédia) il y a la possibilité d’ajout d’hyperliens par le lecteur dans les commentaires (ou, au pire, l’affichage de ces hyperliens en texte seulement), ici, il n’y a seulement que la possibilité d’inscrire des commentaires. Encore, pour les blogueurs, webmestres et toute personne impliquée dans un site, il y aura possibilité dans un blogue d’inscrire une signature-lien qui dirigera vers sa propre page. En somme, il faut que ce soit facile de faire entrer et sortir des informations, ça ne doit pas être un jardin secret… Aussi, habituellement, celui qui a un blogue, le blogueur, va un minimum interagir dans d’autres blogues, ce que les journalistes ne font généralement pas, et on les comprend.
Donc, nous avons affaire ici à des chroniques qui permettent les commentaires, bien que hautement modérés. Je trouve heureux que Radio-Canada n’utilise pas le terme blogue à mauvais escient, comme les sites corporatifs qui jouent la carte « blogue » sans que c’en soit réellement : cyberpresse qui ne permet pas les signatures-liens (malgré cela c’est quand même ce qui s’en rapproche le plus, ils ont évolué depuis le début), et Quebecor-TVA-Canöe qui ne permet que les commentaires comme ici, là c’est complètement du marketing, du surfing sur la mode « blogue ».
Je suis moi-même blogueur depuis un an et ce genre de détail est très important. D’habitude, quand j’écris, il est important pour moi que quiconque lit un de mes commentaires puisse avoir la possibilité d’un accès facile vers mon blogue si mon propos l’intéresse, ce qui n’est pas le cas ici, puisque je ne signe pas avec mon pseudonyme habituel, par peur que mon commentaire ne passe pas la modération si je l’utilise…
Passera-t’y, passera-t’y pas?
Je vérifie.
Il a passé!!! (C’est du rapide!)
Et je constate que L’intellexuelle a signé son commentaire d’un pseudo identifiable, Martyne L’Intellex, je ferai pareil la prochaine fois, si prochaine fois il y a…
En vrac
Avec toute cette histoire, j’ai délaissé un peu l’exploration de la blogosphère, et je dis bien un peu, car j’ai quand même quelques petits trucs intéressants pour vous.
Sur Blog Story, il est fait état d’une nouvelle invention assez cocasse, bien que cela semble tout à fait sérieux. Le HumanCar « est une automobile hybride alimentée électrique/humaine ».
En Russie, d’après Associated Press, via RadioActif, les blogueurs prennent la relève des médias, malgré les difficultés d’accès à internet, puisque ces derniers ne se risquent pas à critiquer Vladimir Poutine, quand ils ne sont pas carrément censurés. Bon point pour nous!
Dans la veine du grand débat en cours sur la santé, il y a une pétition à signer qui se place contre le privé, c’est ici. (Ils en sont à 5213 personnes alors que j’édite ce billet.)
Vous avez peut-être entendu parler du moteur de recherche « soi-disant » éthique « Ethicle » qui donnerait (dans le sens de don monétaire) alors que les internautes l’utilisent? D’après Michelle Monette, il faut faire attention, plus de détails ici.
L’ami Détracteur Constructif a pondu un excellent texte par rapport aux sujets des conversations dans les bureaux qui monopolisent l’espace social, avec le hockey en tête de liste. Je ne suis pas un amateur de hockey, je trouve que c’est une perte de temps et d’énergie (le pire, c’est que j’y trouve quand même une certaine beauté, mais il y a de la beauté partout, même en politique, même si c’est difficile à voir…), alors je peux bien l’écrire là-bas et le répéter ici, quand bien même c’est du blasphème, que « le hockey, c’est un analgésique social… »
Et je pense ici à la gent féminine et son légendaire amour pour les chats en vous dirigeant vers une vidéo montrant un chat qui aime l’eau, le rêve! (Trouvé via Le Blog à Max.) Vous ne pouvez pas dire que je ne vous aime pas!!!
De retour bientôt avec un sujet un peu plus sérieux, et surtout, un peu plus approfondi!
(Photo : freddie2310)
Aventure abitibienne (entrevue radio et retour)
Donc, voilà, je continue mon récit.Après avoir fait ma conférence, je me sentais beaucoup plus en confiance pour l’entrevue à la radio de Radio-Canada le lendemain matin. On a même fêté un peu la veille, moi, Benoit Duverneuil et Pierre Sauvé (le président du festival), qui nous hébergeait (merci beaucoup!). Malgré le peu de sommeil, ça s’est assez bien passé pour l’entrevue, avec le très sympathique Frédéric Laflamme, mon hôte m’a chaudement félicité, mais vous pouvez en juger par vous-même ici (c’est le lien en date du 23 novembre). (J’ajoute le lien direct aussi, au cas.)
Comme vous pouvez l’entendre, il est clair que le phénomène des blogues intrigue et questionne (peut-être encore trop négativement) le milieu du journalisme. Avant ce jour, je le pressentais, mais là, je m’en suis vraiment rendu compte. Et c’est compréhensible, car c’est tout le lien de confiance qui est encore à bâtir du côté de la blogosphère, même s’il semble que le lien de confiance au niveau des médias traditionnels soit aussi en péril. D’où mon optimisme par rapport au fait que l’ajout des citoyens dans la formule pourra faire évoluer tout ce qui touche l’information, mais dans un sens de plus en plus critique. Il est terminé le temps où on se faisait bourrer comme des cruches!
Nous avons rencontré après l’entrevue un homme, un employé de Radio-Canada, et il nous a parlé de sa méfiance envers la blogosphère, pour toutes les raisons négatives à laquelle nous pouvons penser. Après avoir discuté quelques minutes, il m’a avoué avoir maintenant confiance en ma bonne foi et qu’il pourrait bien venir faire un tour ici. Je le salue s’il y a lieu! Je vois dans cette anecdote la démonstration qu’il faut bien faire ses preuves pour penser être pris au sérieux. Je ne pourrai pas rencontrer comme ça tout mon lectorat potentiel, il faut donc par ricochet que la blogosphère politique (et même son entièreté, des blogueurs aux commentateurs) s’organise autour d’un projet de justification par le raisonnable de nos interventions.
Alors, maintenant, il faut vraiment que les internautes se responsabilisent. Comme le dit bien Patrick Lagacé dans un de ses derniers billets, par rapport aux commentaires gratuits et irrespectueux des internautes qui profitent de l’anonymat que procure les pseudonymes :
Des fois, je lis les commentaires et je me sens comme un gars qui invite des amis à souper et qui, au milieu de la soirée, se retrouve avec des convives encagoulés, qui n’avaient pas été invités, et qui écoeurent les autres, en vomissant au passage dans ma salle de bain.
Donc, si vous voulez intervenir où que ce soit, faites-le avec intelligence, ça vous profitera, et à tout le monde!
Pour terminer, le retour s’est bien passé, il y a juste que tout ça m’a bien vidé de mon jus, en plus du spleen automnal. Mais je sens que ça revient…







