Au-delà de la légalité pure, la liberté d’expression est une notion très arbitraire et sujette à débat. C’est normal. Mais quand en plus on se sert de l’idée de la liberté d’expression Lire le billet sur Le Globe…
Tag Archives: Histoire
Gentilly-2 est seulement un enjeu politique pour le PLQ
Au sujet de la fermeture de Gentilly-2, et devant la levée de boucliers de gens d’affaires et des élus de la Mauricie et du Centre-du-Québec, selon un article de la Presse canadienne paru Lire le billet sur Le Globe…
Oui Foglia, éduquer l’humain ou le futur travailleur?
Il faut que je vous fasse une confession. Quand je me fais aller les méninges pour vous transmettre mes réflexions sur le web, et ce, depuis que j’ai commencé à le faire en 2007, j’ai le syndrome Lire le billet sur Le Globe…
Démocraticide
Le mot est faible, c’est incroyable ce qui se passe en ce moment. J’ai beaucoup de difficulté à quitter le fil Twitter, et j’ai l’impression que le temps s’accélère de plus Lire le billet sur Le Globe…
Démission de Line Beauchamp : quand une démission est un compromis…
On s’attendait à quelque chose comme un compromis de la part du gouvernement pour régler la crise, mais on a eu la démission de Line Beauchamp qu’elle a déguisée en compromis. À la blague, j’écrivais Lire le billet sur Le Globe…
Tout le monde en jase – 19 février
Voilà ma chronique hebdomadaire sur l’émission Tout le monde en parle, en lien avec mon expérience Twitter.
Mario Tessier
Un invité de TVA, ça jetait un peu de leste sur la guerre des réseaux, Lire le billet sur Le Globe…
Tout le monde en jase – 12 février
Comme tous les lundis, en tout cas les lendemains de Tout le monde en parle, ma chronique où je revisite ma soirée télévisuelle en compagnie de mon réseau Twitter et de quelques extras, parmi eux des Lire le billet sur Le Globe…
Le Globe et la liberté d’expression
Les fortes réactions en commentaire à la suite du billet de notre collaborateur Patrick Lévesque (« Jouez à “Flushons Pauline” – les paris sont ouverts!!! ») sont une bonne occasion de mettre au clair que la liberté d’expression est une valeur importante ici, au Globe. Pour la petite histoire, il propose, dans un mode un peu caustique j’en conviens, un jeu où les lecteurs sont invités à deviner le moment où Pauline Marois va donner sa démission comme chef du Parti Québécois. Et bien évidemment, certains péquistes ne sont pas contents, au point de demander à ce qu’on jette le blogueur dehors, jusqu’à accuser notre « média » de mener cette action…
Pensez-vous vraiment que j’aurais pu me regarder dans le miroir après avoir censuré ce billet (que nous n’avons aucunement commandé…), seulement pour ménager la sensibilité de certaines personnes, alors que la question de la place de Pauline Marois à la tête de son parti est d’actualité depuis fort longtemps? Sinon, je suis bien d’accord qu’on puisse affirmer son désaccord devant le résultat, mais il ne faut pas pousser le bouchon trop loin. Ça tombe que ça ne me blesse pas du tout qu’on utilise la situation de Pauline Marois pour en rigoler sarcastiquement, mais ça reviendrait exactement au même si ça touchait une de mes cordes sensibles, j’aurais la même attitude. J’ai invité Patrick Lévesque à participer au site Le Globe parce que j’aime ce qu’il fait, même si je ne suis pas toujours d’accord avec lui. D’ailleurs, il a critiqué fortement le premier billet officiel que j’ai publié ici et il ne me serait jamais venu à l’esprit de le censurer. Sa liberté d’expression me tient autant à coeur que la mienne, et tant qu’il ne fait pas de diffamation, je ne vois pas où est le problème de le laisser s’exprimer!
Et au sujet de la direction idéologique que prennent nos blogueurs quand ils discutent de politique, vous aurez sans doute remarqué qu’ils penchent pas mal à gauche et que la plupart sont souverainistes. C’est bien normal, puisque j’ai fouillé dans mon réseau pour faire mes approches, et qui se ressemble s’assemble, c’est bien évident. Mais j’ai quand même approché quelques blogueurs de droite pour diversifier la palette des opinions (je ne me suis même pas forcé, je trouve plein de blogueurs de droite intéressants), mais malheureusement aucun n’a accepté mon invitation. J’espère que ça viendra, et pas seulement pour couper l’herbe sous le pied des spécialistes de la catégorisation à outrance. Mais j’ai quand même un doute, justement pour la raison de la catégorisation : qui voudrait s’acoquiner d’une bande de gauchistes… Et en plus de la droite, ce seul billet de Patrick Lévesque vient-il de nous mettre à dos les péquistes partisans de Pauline Marois? Et si on inclut un jour un ou plusieurs blogueurs de droite, est-ce qu’on va se mettre à dos la gauche? J’ai l’impression que oui, alors j’ai mal à ma conception de la liberté d’expression qui voudrait bien une plus grande diversité d’opinions. Tout cela me fait penser que nous aurons notre première réunion d’équipe dans pas trop longtemps, est-ce que vous nous conseillez de donner la directive à nos collaborateurs de ménager le plus possible la chèvre et le chou? Aussi bien fermer boutique tout de suite.
Nous avons eu d’autres critiques qui rejoignent la question de la liberté d’expression et qui concernent le choix de certains auteurs de rester anonymes. La plupart ici signent de leur vrai nom, mais je me dois de respecter le choix de ceux qui en ont décidé autrement, et ce n’était pas quelque chose qui m’importait alors que je cherchais des collaborateurs. Pourquoi? Parce qu’à la base je crois que c’est leur contenu qui est le plus important. Et puis, les empêcher de s’exprimer pour cette raison reviendrait à dire qu’il n’y a aucune bonne raison de vouloir garder cachée son identité réelle. Je pense à plein de blogueurs qui sont enseignants et qui sont anonymes surtout parce que ça leur permet de critiquer le milieu de l’enseignement sans craindre des représailles. Et sans cet anonymat, ces opinions et informations importantes ne pourraient être exprimées. Alors dans ces cas, la liberté d’expression est vraiment possible grâce à l’anonymat, quoiqu’en disent les zélateurs de l’identité réelle. Mais le plus drôle, c’est que je remarque que la plupart du temps c’est surtout utile (et facile) de pointer l’anonymat de quelqu’un pour dénigrer son contenu, comme si c’était la seule présence d’un prénom et d’un nom plausible qui donnait de la légitimité à une opinion. Derrière un pseudonyme il y a quand même un cerveau, et c’est ce cerveau qui m’intéresse! Et si un jour un auteur anonyme nous cause des problèmes légalement, il devra autant en répondre qu’un autre, nous connaissons leur vraie identité. Et il faut à mon avis faire une différence entre un blogueur citoyen et un journaliste : pour le deuxième c’est son travail de se mettre possiblement dans l’eau chaude alors que pour le premier il est possible de se mettre dans l’eau chaude pour son futur travail!
Il est depuis quelque temps possible pour un programme de pondre des nouvelles journalistes simples dans le domaine des sports, mais je doute qu’un jour on réussisse à inventer un programme capable de pondre un texte d’opinion. Alors, on peut toujours être certain qu’il y a un humain derrière. Et cet humain à bien droit à la liberté d’expression.
(Photo : markfive)
Pour laisser un commentaire, suivre ce lien : http://leglobe.ca/blog/2012/01/le-globe-et-la-liberte-dexpression/
Réponses à « Doléances pour un Québec dépassé »
Jérôme Lussier a publié sur le site du Voir un texte nommé « Doléances pour un Québec dépassé ». Je crois que chacune de ses phrases mérite une réponse. Je ne lui ai pas demandé la permission pour le faire, au contraire de Jean-François Lisée, mais je l’ai fait quand même…
Ce n’est pas de l’idéologie de croire que le bilinguisme constitue un avantage et de vouloir en faire bénéficier ses enfants et ses concitoyens.
C’est premièrement une idéologie de croire que le bilinguisme au Québec est seulement une question d’anglais comme deuxième langue pour les francophones. C’est une idéologie de croire que l’anglais est essentiel à tous les francophones, comme si tous les aspects de la vie des francophones ne pouvaient se vivre pleinement sans une connaissance de l’anglais. Comme si, pour pointer l’aspect central de la propagande pro-bilinguisme, tous les emplois sans exception demandaient le bilinguisme (le marché de l’emploi le demande pour beaucoup aujourd’hui grâce au laxisme gouvernemental et des entreprises qui n’ont pas assez fait la promotion de la langue française au travail) : le service à la clientèle, et autre travail demandant vraiment la connaissance de l’anglais pour des raisons évidentes, ne sont pas une majorité des emplois au Québec à ce que je sache.
Ce n’est pas naître pour un petit pain de rêver que sa fille étudie à Stanford, que son fils travaille à Shanghaï, que son neveu boxe à Las Vegas ou que sa nièce défile à Milan.
Non, mais n’est-ce pas un peu proposer, en le formulant ainsi, que quelqu’un qui veut rester ici ne peut pas faire aussi de grandes choses, qu’il ne peut pas être heureux avec ses « petits » rêves?
Ce n’est pas une perversion de préférer Bon Iver à Paul Piché, Adele à Céline, les Beastie Boys à Loco Locass, mais d’aimer aussi Jean Leloup, Arcade Fire, Malajube et Beau Dommage.
Je suis d’accord. Mais il ne faut pas oublier que beaucoup de francophones n’aiment pas du tout les artistes qui chantent en français parce que leur oreille s’est (trop) habituée à l’anglais. Ça existe. Sans oublier certains anglophones qui ne sont pas du tout intéressés par ce qui se fait ici en français. Est-ce que j’ai le droit de trouver ça triste même si j’écoute majoritairement de la musique anglophone parce que je n’aime majoritairement pas la musique francophone d’ici qui s’est repliée sur la musique de feu de camp et l’insipide imitation de ce qui se fait ailleurs?
Ce n’est pas de la rectitude politique d’affirmer que les questions environnementales, culturelles et économiques de notre époque dépassent le cadre des politiques nationales.
Il n’y a pas encore vraiment de gouvernement mondial (le souhaitons-nous vraiment?), alors nous n’avons pas vraiment le choix de composer avec les politiques nationales et de même faire l’analyse du choc entre les politiques nationales, provinciales et municipales. Seulement se concentrer sur le monde, c’est faire l’économie de la réalité de la proximité.
Ce n’est pas une religion de constater que Facebook, Twitter et Internet permettent de découvrir et entretenir en temps réel des communautés qui se moquent des frontières.
Et il est tout à fait possible de se servir de ces outils pour se créer un réseau francophone par exemple, même seulement québécois francophone si on le désire. La liberté peut se rendre dans ce sens aussi. Mais bon, le mépris à peine voilé de ceux qui vont dans l’autre sens a parfois de la difficulté à se contenir…
Ce n’est pas cynique de rappeler que l’univers ne commence pas à Hull et qu’il ne se termine pas à Gaspé et que les lois et les espoirs du Québec n’ont pas de portée extra-territoriale.
Quand je parlais de mépris…
Ce n’est pas une trahison de concéder que le Québec ne représente que 0,1% de l’humanité et que son statut constitutionnel n’y est pour rien.
Mais c’est bien trop regarder notre situation de haut pour je ne sais quel but (même si j’ai un doute de quel but il s’agit…). À ce compte-là, notre bonne Terre est immensément plus une goutte d’eau dans l’océan…
Ce n’est pas naïf de dire que le Québec a autant sinon plus besoin du reste du monde que le reste du monde a besoin du Québec.
À ce que je sache, le Québec n’a jamais été en autarcie donc il est clair pour moi que cette phrase vise plus amplement la donnée culturelle. Serait-ce une lecture trop négative que d’y lire un dénigrement de notre culture?
Ce n’est pas de la haine de soi de contempler sans complaisance ce qui pourrait rendre notre langue et notre culture sans attrait pour des immigrants ou des visiteurs.
Cela est la constatation que le Québec ne pourrait être qu’utilitaire pour des immigrants (gagner un meilleur niveau de vie, c’est tout). Au-delà de cette triste constatation qui me semble réaliste, voulons-nous vraiment cela? Mais le gros problème avec cette phrase, c’est que la question de savoir si notre langue et notre culture serait ou non sans attrait se pose parce que le Québec est une province dans un Canada majoritairement anglophone et qui fait la promotion du choix linguistique dans son approche avec les immigrants. Il n’y aurait pas d’équivoque pour un migrant qui choisirait un pays nommé Québec. Pour ce qui est d’un visiteur, il a tout à fait le loisir de venir cracher sur nous si ça lui chante…
Ce n’est pas déplacé de suggérer que le copinage, la corruption, les mauvaises écoles et les hôpitaux dysfonctionnels nuisent davantage au Québec que l’université McGill.
Comparer des bananes avec des oranges, tant qu’à y être?
Ce n’est pas fédéraliste d’être exaspéré par ceux qui parlent davantage de la Nuit des longs couteaux que du décrochage, du soin des personnes âgées et du suicide au Québec.
Moi je suis exaspéré par ceux qui voudraient enterrer un problème au nom d’autres problèmes qu’ils trouvent plus important à leurs yeux. Ce qui est fédéraliste, c’est justement de vouloir gommer certaines parties de l’Histoire et de ne pas vouloir que l’indignation se perpétue dans le temps.
Ce n’est pas de l’àplatventrisme de refuser d’imposer sa langue à quelqu’un qui la rejette, comme on refuserait de forcer une femme à nous aimer si on échoue à la séduire.
La différence, c’est que l’auteur va sûrement vouloir loin de lui cette femme qui lui a refusé son amour alors qu’il va parler avec plaisir anglais avec l’autre… La comparaison ne tient pas la route. Bien au contraire, il démontre que les unilingues et autres allophones qui ne veulent rien savoir du français sont dans une dynamique de rejet de la société dans laquelle il sont, et il est entièrement d’accord avec ça!
Ce n’est pas être à genoux de respecter la liberté des autres comme on souhaiterait qu’ils respectent la nôtre.
C’est bien malheureux de ne pas avoir ici pointé de quoi il s’agit exactement. Mais je lis entre les lignes qu’il s’agit de la question linguistique. Alors, si dans notre monde on nous impose (par la propagande pro-bilinguisme mondialisante) le fait de savoir parler anglais pour pouvoir respecter au final le choix des anglophones et des allophones de ne pas parler français au Québec, n’est-ce pas là la preuve que le concept de liberté au niveau linguistique ne peut pas être réduit à un énoncé aussi simpliste? Et, concernant l’apprentissage de l’anglais, il faut bien sûr avoir le moins d’accent possible, puisque c’est hautement honteux d’avoir un accent français au Québec!
Ce n’est pas du nombrilisme de considérer qu’il y a, en matière culturelle, une sphère intime qui échappe autant à la supervision de l’État que la chambre à coucher.
En effet, mais ne serait-ce pas en même temps nier l’influence extérieure de cette sphère intime que de le formuler aussi sommairement?
Ce n’est pas être défaitiste de plaider que, même dans la défense d’une langue et d’une culture, la fin ne justifie pas toujours les moyens.
Voilà la preuve que parfois une simple phrase égare la pensée plus qu’elle ne la fixe…
Ce n’est pas être vendu de douter de l’utilité d’une politique d’hostilité envers les serveuses anglophones comme mode de promotion de la langue officielle.
J’en doute aussi, mais je ne doute pas que si elles étaient mises en situation plus souvent de devoir parler français, elles seraient bilingues elles aussi.
Ce n’est pas être colonisé de parler anglais à l’occasion à Montréal, une ville qui a toujours été bilingue et cosmopolite.
Quiconque à le droit de parler anglais n’importe où. Être colonisé, c’est de ne pas être capable, parce qu’on est soi-disant amoureux de la liberté, de poser des gestes pour montrer l’importance du français comme langue commune alors que cette attitude est aussi une preuve de la liberté de chacun d’envoyer un signal clair.
Ce n’est pas de la gentillesse excessive de tolérer sans colère la présence de gens dont la langue, les idées et la culture diffèrent des nôtres.
Je ne crois pas qu’il est question ici de gens avec lesquels il n’y a aucun moyen de communiquer (donc l’auteur doit parler de gens avec lesquels il peut échanger quand même en anglais). La seule colère acceptable serait donc celle concernant une impossibilité de communiquer. Et la colère d’un unilingue francophone ne pourrait être acceptable puisqu’il est en soi coupable de ne pas avoir appris l’anglais… Sinon, il faut accepter avec bonne humeur les ghettos qu’a bien heureusement participé à créer le multiculturalisme canadien… (Les deux dernières phrases sont à lire avec en tête le mode ironique.)
Ce n’est pas de l’amnésie de revendiquer pour les Québécois d’aujourd’hui une identité qui n’est plus celle de leurs ancêtres de la Nouvelle France.
Bien d’accord. Ce n’est même pas contradictoire avec une position de défense du fait français que l’on pourrait qualifier d’extrémiste du côté des amants du multiculturalisme et du bilinguisme (obligatoire).
Ce n’est pas une hérésie de supposer qu’une nouvelle génération se reconnaisse davantage dans certaines valeurs universelles que dans un désir d’homogénéité culturelle.
C’est un discours bien pensant que de mettre en contradiction ainsi les valeurs des mondialistes et des nationalistes comme si un excluait nécessairement l’autre. Ouverture contre fermeture. Selles de boeuf! (Et s’il faut que je traduise : bullshit!)
Ce n’est pas de la propagande de soutenir que le contrôle politique, culturel et linguistique ne peut plus s’exercer en 2011 comme en 1971.
Bien sûr, car les rapports de force ne sont plus les mêmes. Et cela dépend aussi toujours de l’analyse qu’on en fait. Avec la mondialisation, l’omniprésence de la culture états-unienne et l’anglomanie mondiale, on ose penser et dire qu’en 1971 c’était trop… alors que la mollesse actuelle est toujours trop…
Ce n’est pas déconnecté de sentir, comme Dany Laferrière, qu’il est urgent de “sortir le Québec du Québec”.
Ce n’est pas déconnecté de sentir qu’il faut aussi garder un pied dans le Québec. L’équilibre, toujours l’équilibre.
Ce n’est pas complexé d’être convaincu que le Québec est plus fier quand il affronte la concurrence et triomphe que quand il s’isole et se déclare gagnant.
J’aimerais savoir où le Québec s’isole et quand il « se déclare gagnant »? Il est bien évident que cette phrase s’est construite dans l’optique où la fierté québécoise (qui n’est pas la même que la fierté d’être un terrien) est contre-productive.
Ce n’est pas faible d’imaginer que nous sommes plus forts quand on montre ce qu’on sait faire que quand on interdit aux autres de faire différemment.
Encore ici un talent certain pour mettre en contradiction deux notions qui ne devraient pas l’être. Et puis, en réalité, je ne comprends pas où « on interdit aux autres de faire différemment ». Encore un problème avec cette idée d’essayer d’être clair avec seulement une phrase. L’idée est bonne, mais elle a ses limites…
Ce n’est pas suicidaire de proposer que le Québec a plus à gagner à participer à la mouvance contemporaine qu’à tenter en vain de se protéger du reste du monde.
Le Québec ne participe pas déjà « à la mouvance contemporaine »? Force est de constater que la vision de l’auteur par rapport au Québec est sombre et aveuglée par on ne sait trop quoi. Une minorité d’anglophobes primaires qui l’ont trop impressionné? Quelques nationalistes ultraconservateurs qui ne jurent que par leur petit bout de campagne québécoise et qui seraient pour lui extrêmement représentatifs du portrait collectif québécois?
Et puis, pour revenir à la langue, n’est-ce pas un discours qui occulte le fait que, dans le « reste du monde », il y a des pays pour donner du chien à leurs politiques linguistiques, et même des pays anglophones?
Il n’est pas question de se replier sur soi ni de rejeter les autres. Mais bien de clarifier le contrat social pour faire en sorte que soit sans équivoque la volonté que la langue française continue de s’épanouir auprès de tous les habitants du Québec comme langue de communication commune et véhicule de la culture d’ici, au moins ici (il serait naïf de croire qu’on pourrait exporter notre culture majoritairement en français québécois, l’histoire ne nous ayant pas donné autant raison que les colonies britanniques). J’écris « la volonté », mais il est certain que ce n’est pas partagé par tous, les propos de Jérôme Lussier en faisant foi.
Alors, il est bien triste de constater qu’une partie de la nouvelle génération, ainsi que bien des gens des autres générations, ne se rend pas compte du piège dans lequel elle a mis le pied. Un gros oui à l’ouverture aux autres, mais cette ouverture à une limite, et c’est celle de ne pas se nier soi-même pour accommoder le mépris ou la paresse des autres.
Parce que je crois que nous sommes importants à notre façon, pas seulement une vulgaire tache dans l’Histoire.
Pour laisser un commentaire, suivre le lien suivant : http://leglobe.ca/blog/2011/12/reponses-a-%C2%AB-doleances-pour-un-quebec-depasse-%C2%BB/
Sans possibilité d’euthanasie, une mort lente et cruelle
Le débat sur l’euthanasie et le suicide assisté continue de se faire. Et il est vraiment toujours d’actualité.
J’aimerais mettre ici ma contribution à ce débat en parlant d’une histoire vraie qui se déroule en ce moment même parmi mes proches. Mais il faut que je spécifie d’abord qu’il n’y a pas de démarche dans le sens de l’euthanasie. Par contre, l’histoire parle d’elle-même.
La personne en question est confinée dans un lit, paralysée, et elle ne parle pas. Tout dernièrement, on lui a diagnostiqué une infection bactérienne qui lui rongera le corps à petit feu, jusqu’à ce qu’elle en décède. Étant donné qu’elle ne parle pas ni ne réussit à communiquer autrement, elle ne peut pas dire ni pointer où ça lui fait mal et sa condition empêche les médecins de faire des tests pour savoir où les bactéries se sont logées très exactement. Ils n’ont pu faire que des approximations. Encore pire, ils ne pourront pas suivre la progression de la maladie. On m’a raconté tout ça assez rapidement et c’est ce que j’en ai retenu.
Personnellement, je ne peux pas faire autrement que de me dire que l’euthanasie serait la meilleure solution dans son cas. Et j’avoue que c’est un cas extrême, mais justement, n’est-ce pas là une bonne raison de légiférer autrement pour soulager parfois ce genre de cas? Parce que la seule solution actuellement pour cette personne est de la « geler » complètement en espérant qu’elle ne sente plus rien (ni non plus ne vive d’ailleurs). La différence entre ça et une mort programmée consiste seulement à rallonger le supplice pour ses proches (et peut-être la personne malade) dans la situation actuelle.
Au nom de quoi empêche-t-on encore une solution qui allégerait des souffrances?
(Photo : timsamoff)
Le côté obscur de la création d’Israël
On m’a vivement conseillé de visionner un documentaire israélien qui a pour titre, sur Dailymotion : « Théodore Herzl, le côté antisémite du sionisme ». Au début du documentaire, on lit une phrase à des Israéliens dans un centre commercial et on leur demande qui, d’après eux, l’a écrite :
J’ai eu une idée formidable : attirer des antisémites honnêtes et les inciter à détruire les propriétés juives.
Tous répondent : « Hitler »!
Eh! non, cette phrase est tirée du journal intime de Theodor Herzl (1860-1904), grande figure juive de l’Histoire récente, fondateur du mouvement sioniste qui aboutira à la création de l’État d’Israël.
Ce que le documentaire démontre, c’est que la création d’Israël est basée sur un rejet profond du judaïsme traditionnel, un mépris du « juif de l’exil », même un rejet de la croyance tout court : le désir d’un État fondé sur un « nouveau modèle qui rejette complètement toute référence juive ». Très représentatif, Haïm Hazaz, idéologue de la direction sioniste à écrit, en 1943 :
Sionnisme et judaïsme ne sont pas la même chose, mais deux idées différentes et sûrement contradictoires.
Aussi, l’idéal sioniste n’était pas de regrouper tous les juifs dans un territoire, mais bien seulement ceux qui étaient intéressants pour le mouvement, dans une sorte de logique eugénique, où on ne voulait pas des juifs hassidiques s’ils ne désiraient pas s’affranchir de la tradition. Zeev Jabotinsky écrivit dans le journal Haaretz, à l’année de sa fondation en 1919 :
Dans notre Maison Nationale, nous allons déclarer tous ces juifs qui n’ôteront pas la rouille de l’exil, et refuseront de raser barbes et papillotes, des citoyens de deuxième catégorie. Nous ne leur donnerons pas le droit de vote.
À la suite de cette citation, on montre une prise de vue d’un somptueux palais qui porte le nom de l’auteur de ces lignes. Et ensuite, on refait le même manège qu’avec Herzl, la faisant lire entre autres à un directeur du « mouvement de jeunesse juif radical, sioniste » Bétar, fondé par Jabotinski qui n’en revient tout simplement pas…
Mais il faut spécifier ici que le mouvement sioniste n’a pas eu le choix d’intégrer la religion dans son projet pour qu’il prenne de l’ampleur, pour y trouver des adhérents, et cela a bien sûr fonctionné.
Vient ensuite David Ben Gourion, « fondateur et chef de l’État pendant de nombreuses années » qui écrivait dans son livre « La marque de Caïn » :
La Terre d’Israël a besoin d’une immigration sélective : le sionisme n’est pas une oeuvre de bienfaisance. Nous avons besoins de juifs de « qualité supérieure ».
Et le clou du spectacle, ce sont les efforts qui ont été mis pour ne pas aider des juifs condamnés à l’extermination. Oui, oui, pour aider indirectement le génocide, la Shoa, menée par Adolf Hitler! On prend quelques grandes respirations et on continue…
En vérité, un sioniste, du nom de Yaël Brand, se fit convoquer par un nazi du nom de Adolf Eichman. Ce dernier offrit de « vendre » 1 million de juifs hongrois qu’ils s’apprêtaient à exterminer contre de la marchandise, des camions, du café, thé, etc. Brand accepta de faire les démarches pour que cet échange se fasse. Mais on lui mit des bâtons dans les roues et ce sont surtout les sionistes eux-mêmes qui firent en sorte que ce projet de sauvetage tomba à l’eau.
Ce qui est relaté ici ne couvre même pas la première moitié des faits exposés dans le reportage et tout est bien sûr hautement vulgarisé.
Pensez-vous que je vais trop loin avec mon choix de titre pour « Le côté obscur de la création d’Israël »?
Théodore Herzl, le côté antisémite du sionisme (partie 1)
Théodore Herzl, le côté antisémite du sionisme (partie 2)
Théodore Herzl, le côté antisémite du sionisme (partie 3)
Théodore Herzl, le côté antisémite du sionisme (partie 4)
Théodore Herzl, le côté antisémite du sionisme (partie 5)
(Photo : commensa)
Alaclair Ensemble : un secret trop bien gardé
S’il faut que je le spécifie, le hip-hop n’est pas vraiment mon style favori. Mis à part pour mon travail de DJ, c’est plutôt rare que j’en écoute. Mais un compagnon de travail m’a suggéré d’aller jeter une oreille sur la musique d’Alaclair Ensemble, groupe de hip-hop québécois, que l’on peut «télélourder » gratuitement sur leur site. J’étais bien content puisque les quelques pièces que j’avais déjà entendu de ce groupe me plaisaient beaucoup et j’avais le projet de m’acheter leur dernier effort : « 4,99 ». Depuis, j’ai écouté en boucle cet album et « Le roué c’est moé », et je viens de me procurer « Un PIOU PIOU parmi tant d’autres ». Et je me devais de remercier leur générosité en publiant ici mes (excellentes) impressions.
Tout d’abord, une mise au point s’impose concernant mon titre. À ce que je sais, Alaclair Ensemble est très connu dans le milieu du hip-hop québécois. Et je crois très sincèrement que ce groupe gagnerait à être connu d’un plus large public, même qu’on devrait échanger quelques tounes d’eux contre le folk rock insipide que l’on nous sert à la radio commerciale pour remplir les quotas francophones (concernant ces quotas, j’y reviendrai un peu plus tard en deuxième partie, en lien avec l’émission « Ghetto érudit » à CISM).
Leur univers est irrésistible. Au niveau des textes et du phrasé, le ton est généralement bon enfant, pour ne pas écrire humoristique. Et pour la musique, on sent fortement l’influence des années 80-90, même si sur certaines pièces la réalisation est totalement actuelle avec l’utilisation de sons électro distorsionnés. Je pense à la toune « Guerre nucléaire », sur « 4,99 », une de mes préférées avec « Patate chaude » sur « Le roué c’est moé », plus old school celle-là.
Ce qui me plaît beaucoup aussi, c’est la largesse des références. Bien campés dans un univers post-adolescent, le groupe pointe ici l’Histoire en parlant du Bas-Canada, et là fait apparaître un personnage de « vieux routier » qui voudrait « une bonne Miller », après avoir spécifié qu’« y’a pas de malice ». Nous sommes loin du pauvre je-me-moi et du gonflage égotique si propre à beaucoup de MC. On se fait raconter des histoires. C’est riche. Et quand le propos est aussi bien servi par la trame musicale, on en redemande!
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Après ces fleurs particulières, un pot plus général. J’ai déjà parlé ici du malaise que je ressens avec le franglais si cher au hip-hop, et Alaclair Ensemble n’y fait pas exception. Et je n’ai pas boudé mon plaisir pour autant, vraiment pas. Mais je vais en profiter pour continuer sur la lancée de cet ancien billet, étant aujourd’hui jusqu’au cou dans le sujet. Et je m’étais promis de reparler ici d’une anecdote en lien avec l’émission « Ghetto érudit ».
En fait, ce sont les propos d’un des animateurs, il y a des mois. Et pour ceux qui ne sont pas au courant, cette émission fait la grande part au hip-hop francophone québécois. C’est toujours comme ça que je l’ai compris, et c’est pour cette raison que j’y trouvais de l’intérêt. Donc, à ma grande surprise, un animateur a critiqué fortement le fait d’avoir à respecter des quotas de musique francophone. Pour le paraphraser, il disait que sans ça ils pourraient mettre ce qu’ils veulent, soit du hip-hop anglophone (états-unien, si je me souviens bien), et que l’émission serait vraiment « mong » (un néologisme anglo-saxon voulant exprimer « l’aspect incroyable ou hors-norme de » quelque chose)…
J’ai été complètement soufflé par cette affirmation. Il n’était pas seul en studio et personne ne l’a contredit. Ça m’a complètement dégoûté et, ça tombait bien, j’ai découvert pas longtemps après qu’il y avait une excellente émission de musique reggae et dancehall en même temps à un autre poste. J’adore cette musique et en plus les animateurs sont en phase avec mes valeurs :
Quand je dis que ça m’a dégoûté, ce n’est pas parce que le hip-hop anglophone me dégoûte, loin de là. C’est l’espèce de fausse représentation qu’induisaient les propos de l’animateur. Comme quoi cette émission ne prend pas vraiment le parti-pris du hip-hop d’expression française pour vrai, qu’elle le fait, en tout cas en partie, par dépit.
Je ne doute pas que s’il y a une réponse, comme il y en a eu une à la suite de mon autre billet, on prétextera que c’est un avis isolé, ou que cela signifie simplement que les quotas sont un frein à leur liberté. Justement, si leur liberté totale faisait en sorte qu’ils n’auraient pas démarré une émission se concentrant sur le hip-hop franco d’ici, je me demande bien qu’elle légitimité elle réussit a avoir aujourd’hui.
Crimes d’horreur
Le procès de la « famille Shafia » débute. Vous savez, le procès en lien avec ce quadruple meurtre, d’il y a environ deux ans, qui a tous les airs d’un « crime d’honneur ». Concernant cette expression, Pascal Henrard soulignait à la suite du billet de Cécile Gladel à ce sujet :
permettez-moi de souligner que l’expression « Crime d’honneur » n’est pas du tout appropriée même si, dans d’autres cultures, elle est utilisée. L’honneur est un bien trop beau sentiment pour être ainsi galvaudé. « Crime de déshonneur » eut été plus juste.
Personnellement, je ne suis pas certain d’être d’accord que l’« honneur est un bien trop beau sentiment ». Parce que ce concept, relié à cette notion de crime, renvoie à quelque chose de figé et de franchement archaïque. Ce qui n’est pas dans le sens d’une considération, d’un traitement spécial, d’une « marque de distinction qu’on accorde aux personnes que l’on veut célébrer », de ce « qui apporte de la distinction dans la société. » C’est carrément, selon le dictionnaire Antidote :
Respect de principes moraux par qqn qui entraîne la fierté de cette personne et qui mérite la considération des autres.
Je ne vois rien de beau là-dedans, surtout si cela peut justifier des meurtres, et quand en plus cela est encouragé par la religion, ce terreau de principes moraux qui se veulent intouchables, puisque sacrés. Et quand on ne voit pas la moralité comme quelque chose de figé et d’intimement lié au passé, l’honneur et le déshonneur perdent tous leurs sens. Enfin, il y a des cas où quelque chose comme le déshonneur influence quelqu’un qui a les moyens de demander légalement compensation… Ou, encore, on se doute que le monde interlope carbure à l’honneur qui a en horreur de se faire contredire.
Parlant d’horreur, je suis tombé sur une histoire sordide qui je trouve a un lien avec ce qui précède (avec le « crime d’honneur » en général, pas le cas de la famille Shafia en particulier, puisque le procès n’est évidemment pas terminé). Parce que c’est bien le même genre de dynamique d’inconscience mentale qui a permis cette mort.
Un couple états-unien adopte une fillette éthiopienne d’une dizaine d’années en 2008. Ils ont « choisi d’élever leurs enfants selon les préceptes de la Bible » et de se fier à un guide d’un dénommé Michael Pearl (lui-même « fidèle à l’enseignement biblique ») :
Le plus surprenant, c’est qu’ils tentent de rejeter la faute sur le livre (« Le guide de Michael Pearl serait aussi lié à la mort d’au moins deux autres enfants »). Pour ma part, ce que je soupçonne, c’est qu’ils ont délaissé leur raison à leur Dieu et qu’elle n’est bien sûr jamais revenue…







