Tag Archives: fédéral

Le présent, sous la loupe du passé

En 1873, la citoyenne des États-Unis et militante des droits civiques Susan B. Anthony a reçu une amende de 100$ pour avoir voté alors que la loi interdisait le vote pour les femmes. Elle a refusé de Lire le billet sur Le Globe…

Quand la partisanerie est plus forte que tout, le cynisme est roi!

Une situation hors du commun demande parfois une solution hors du commun. Je crois profondément que la situation politique actuelle demande ce genre de solution. Pierre Curzi avait une bonne piste en proposant Lire le billet sur Le Globe…

Chronique d’un enragé

Hier, dans un marché, mes yeux sont tombés sur une copie du journal La Presse. Line Beauchamp ne peut pas céder à l’intimidation. J’ai eu le goût de prendre le présentoir à journaux et Lire le billet sur Le Globe…

Charest, comme on l’aime…

 

Charest, charest… S’il n’existait pas, il faudrait l’inventer, mais seulement sous la forme d’un personnage de fiction s’il vous plaît!

Sa patente à gosse, qu’il nous promet améliorée, c’est tout simplement le désagrégement du mur étanche séparant le judiciaire et le politique :

Deux anciens ministres de la Justice, un libéral et l’autre péquiste, estiment que le premier ministre Jean Charest a créé un dangereux précédent en obligeant la juge France Charbonneau à lui demander certains pouvoirs, si elle le juge nécessaire, pour présider à son enquête.

Les pouvoirs manquants étant d’assujettir la Commission Charbonneau à la Loi sur les commissions d’enquête et de contraindre certaines personnes à venir témoigner devant la Commission.

«J’imagine mal qu’on puisse demander une telle chose à la magistrature», a commenté Linda Goupil, qui fut ministre de la Justice de 1998 à 2001, sous le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard.

La séparation qui doit exister entre les pouvoirs judiciaire et politique doit être à ce point étanche qu’un juge n’a pas à demander quoi que ce soit au gouvernement. «Il a la pleine liberté d’agir dans la mesure où il a le mandat de le faire», précise Me Goupil.

Aux yeux de Marc Bellemare, ministre de la Justice de 2003 à 2004, si jamais la juge Charbonneau s’adresse au gouvernement pour réclamer des pouvoirs additionnels, un «lien malsain» se créera aussitôt entre la Commission et l’exécutif du gouvernement, ce qui nuira inévitablement à sa très nécessaire indépendance.

Ça devrait s’ajouter aux récriminations du mouvement d’occupation au Québec, ça pourrait faire office de nonosse pour Éric Duhaime. Non, même pas… (Màj : finalement, Charest a plié, on aura une vraie commission : http://www.cyberpresse.ca/actualites/dossiers/commission-charbonneau/201111/09/01-4466190-charbonneau-aura-tous-les-pouvoirs-prevus-par-la-loi.php)

Et ça m’a fait bien rire quand j’ai lu que notre premier ministre « a mis le gouvernement fédéral en garde [...] de chercher à rétablir ses finances sur le dos des provinces. » Quelle carte a-t-il dans sa manche pour avoir un ton si bagarreur? Rien, nada, niet! Avec le PLQ à Québec, Harper peut faire ce qu’il veut (encore plus avec sa majorité) : il est impossible de faire miroiter qu’on peut claquer la porte! Charest n’est quand même pas Bourassa!

Et, concernant son gouvernement, on se rend compte que « la place de l’anglais comme langue de travail dans les services publics » est disproportionnée par rapport au poids démographique des anglophones. Je me disais, pratique comme tout, que les 2,2 milliards qui sont dépensés en trop pour offrir des services en anglais au Québec devraient être redirigés vers les programmes de francisation. Mais non, ça serait impossible, puisque la bande à Charest va déjà dans l’autre sens et a coupé plus d’une trentaine de « classes de français destinées aux immigrants en raison de compressions budgétaires. » Et il ose nous dire sans rire que le fait français compte pour lui…

Bon, une petite dernière pour la route! Charest se moque de la coalition CAQ-ADQ en soulevant que François Legault est un souverainiste de gauche et que Gérard Deltell est un fédéraliste de droite, mais avouez qu’il est en lui-même hautement risible : il est un conservateur dans un parti « libéral »… Alors qu’il s’exclamait que « Ça va être fascinant d’observer ça », avec tout le sarcasme que l’on peut y lire, une grande partie des Québécois n’en pense pas moins à son sujet, c’est le moins que je puisse écrire.


 

Quand la Boussole électorale ne va pas dans le même sens pour le Québec et le Canada…

Lors de la dernière élection fédérale, la Boussole électorale ne semblait pas faire l’unanimité. Quoi qu’il en soit, les résultats sont maintenant en ligne, et « plus d’un million de Canadiens ont répondu » à ce sondage, ce qui semble un échantillonnage assez important. Il faut quand même regarder ces résultats avec prudence, mais il y a tout de même des tendances importantes qui en ressortent.

Ce qui ressort le plus, c’est que le Québec est sans conteste une société distincte. Chaque question est illustrée par une carte du Canada où les couleurs de chaque région démontrent dans quel sens vont les opinions. Et dans la majorité des cartes, on voit que les Québécois pensent différemment du ROC, cela dit en ne dissimulant pas la diversité d’opinion des Québécois eux-mêmes. Je le répète, il est bien sûr question de tendances.

Là où les Québécois sont vraiment différents de la majorité des Canadiens, il n’y a pas d’équivoque. Ils sont beaucoup plus contre la mission afghane, contre la présence militaire en Arctique, contre les dépenses militaires tout court. Aussi, ils sont pas mal les seuls à vouloir d’avantage de relations économiques avec les États-Unis et à vouloir se doter d’une taxe sur le carbone. Pour continuer dans les enjeux environnementaux, le Québec est vraiment plus du côté de croire que l’industrie des sables bitumineux d’Alberta cause des dommages, contrairement au ROC qui pense plus que c’est de l’exagération. Encore, le Québec partage avec une infime partie du Canada un désir plus grand de normes environnementales plus sévères, « même si elles entraînent une augmentation des prix pour les consommateurs ».

Pour ce qui est de la question de la place du secteur privé dans le système de santé, le Québec partage une préférence minoritaire pour davantage de place avec certaines autres régions. Pour ce qui est de l’immigration, le Québec est le plus favorable avec le fait d’exiger l’anglais ou le français comme condition d’admission pour les immigrants. Encore à ce sujet, et ce n’est pas très surprenant, ce sont les Québécois qui ont le plus, et de beaucoup, répondus « Préférence pour moins » à la question : « Combien d’efforts devrait-on faire pour accommoder les minorités religieuses au Canada? »

Encore, ils sont les plus modérés quant à juger comme des adultes les « jeunes délinquants qui commettent des crimes violents », les moins d’accord avec l’abolition du registre des armes à feu et plus en accord avec « le droit de mettre fin à leur vie avec l’aide d’un médecin » des « patients en phase terminale ». Du côté politique, ils sont le plus contre le Sénat, les moins d’accord avec des coupures au niveau du financement public des partis politiques et, la différence est extrême, pour que seules les personnes bilingues (anglais et français) puissent être nommées à la Cour suprême.

Pour ce qui est des questions constitutionnelles et du rapport entre le Québec et le Canada, à contrario du Québec, le ROC pense que « Le gouvernement fédéral devrait avoir son mot à dire dans les décisions concernant la culture au Québec », n’est franchement pas favorable à ce que « Le Québec [soit] formellement reconnu en tant que nation dans la Constitution » et, bien sûr, à ce que « Le Québec [devienne] un État indépendant ».

Et, pour terminer, les Québécois sont plus amplement d’accord que « Les travailleurs devraient contribuer davantage à leur régime de pension (RPC/RRQ) pour avoir des pensions plus généreuses », et que les plus riches devraient payer plus d’impôt, idem pour les entreprises.

À la lumière de tout cela, et avec les résultats de la dernière élection fédérale où le Québec a placé le NPD comme opposition officielle, il n’y a pas de doute que le Québec fait cavalier seul et ne se retrouve pas dans cette fédération centralisatrice, qui sera menée par un gouvernement conservateur, ce parti très impopulaire dans la belle province. Est-ce que les Québécois pourront continuer de faire du déni alors que le ROC est farouchement contre le caractère particulier du Québec? La quintessence de cette hypocrisie étant, pour les Canadiens hors Québec, le total refus de reconnaître la nation québécoise alors que le parti qu’ils ont porté au pouvoir se vante de l’avoir reconnu (bien que ce soit en réalité de la poudre aux yeux!).

Dans ces conditions, le statu quo qui prévaut encore en ce moment est une insulte à l’intelligence. Si le Québec était un individu, franchement, comment peut-il se regarder dans le miroir? L’amour-propre, cela veut-il encore dire quelque chose?

(Photo : topsteph53)


 

L’enjeu de la culture

 

Quand Nathalie Elgrably-Levy, ainsi que les autres droitistes de sa trempe, dit non au mécénat public, elle a tout à fait le droit. Je ne lui enlèverai pas, même si son droit de l’exprimer est magnifié par sa place de chroniqueuse dans un média tentaculaire et surtout, omniprésent. Média qui, on le sait, ne joue plus tellement dans le territoire de l’objectivité lorsqu’il est question d’opinions. Bon, de toute façon, objectivité et opinions ne font pas bon ménage, alors je parlerai plutôt d’un manque de diversité.

Selon moi, Simon Jodoin, du Voir, a très bien démonté l’argumentaire de sa chronique torchée à la va-vite. Un blogueur, Civil Rony, a très bien défendu le mécénat public dans une lettre adressée à la chroniqueuse. Mais ça ne reste que mon avis, celui que je forge selon mes valeurs. Hautement épicés oui par mon parcours artistique. Mais quand Nathalie Elgrably-Levy demande « L’État doit-il jouer le rôle de mécène ? », sa propre réponse se cogne surtout à celle de la collectivité. Et elle espère bien que son regard simpliste pourra émouvoir ceux à qui ce qualificatif sied le mieux…

Par contre, je n’ai pas trop de difficulté à croire que le Québec penche du côté du mécénat public. Si les Québécois n’ont pas eu de difficulté à voter en masse pour le NPD, clairement à gauche, ils doivent bien aussi donner leur aval à une participation étatique à la culture. Par contre, si Stephen Harper décide de couper là où ça fera le plus mal aux artistes, il ne nous restera qu’encore plus de dépit de n’avoir rien pu faire pour empêcher un gouvernement majoritaire conservateur.

Et là, on voit bien le topo qui s’en vient. Politiquement, Harper va couper tandis que le NPD va crier dans le vide. Le Québec va se joindre à ce cri alors que le ROC va ajouter à sa liste une autre raison de dénigrer les Québécois. Rendu-là, si le Québécois moyen ne comprend pas qu’il est très mal servi par le système fédéral de ce trop grand pays, il ne lui restera qu’à gueuler dans le vide, assis sur son balcon, ce qu’il semble seulement capable de faire… (Et hop! une autre raison de plus de désirer la souveraineté!)

Mais, pour rester dans la politique, je crois qu’il faut voir une double utilité à de possibles coupes dans la culture pour le gouvernement Harper. À court terme, c’est bien sûr de faire plaisir aux électeurs de la droite dite économique. Cependant, à long terme, de mettre des bâtons dans les roues de la culture québécoise pourrait d’autant miner, et la spécificité des Québécois, et leur désir de jalousement la préserver. Si l’État est un levier important pour le succès de certains artistes et la découverte d’autres, entre autres, il faut craindre un certain marasme qui se fera sentir collectivement. Et à un point de non-retour, le mouvement souverainiste sera relayé au folklore, la langue française pas trop loin derrière. Tout ça, bien sûr, avec toute l’exagération dont je suis capable, en occultant aussi le fait que le gouvernement provincial a aussi son mot à dire à ce sujet. Mais je crois que vous comprenez l’idée. Et puis, quand même, à ce que je sache, les Québécois payent encore des impôts au fédéral.

On me répondra que si la culture québécoise a besoin de l’État pour fleurir, elle ne doit donc pas valoir grand-chose, qu’on la laisse donc mourir de sa belle mort. Mais je reviendrai à ce que j’écrivais au début de ce texte, soit que c’est un choix collectif. Si les Québécois veulent collectivement aider la culture en passant par l’État, c’est tout à fait légitime. Et jusqu’à ce qu’un mouvement de société assez fort pour renverser cela se pointe et réussisse à les faire changer d’avis, ce que Nathalie Elgrably-Levy et consorts tentent de faire, c’est de cette manière que ça se passe, et avec quand même beaucoup de bonheur. Quoi qu’ils en disent, même la raison la plus pure ne pourrait arriver à démontrer que l’investissement en culture ne donne absolument rien. Comme je ne dis pas d’ailleurs que la culture disparaîtrait obligatoirement avec la disparition des subventions étatiques.

Comme n’importe quel choix, il y a des pour et des contre. Malheureusement, la chroniqueuse tente clairement d’occulter les bons côtés du mécénat public et les mauvais côtés d’un désengagement de l’État dans la culture. Est-ce que ça surprend quelqu’un?


 

Le bon Jack monte et donne un mal de Bloc…

La montée du NPD dans les sondages m’a fait penser à un billet que j’ai écrit en lien avec le Bloc Québécois, en 2008, à la suite de la dernière élection fédérale. Je vais commencer par inclure ici un extrait :

 

Je sais que c’est utopique ce que je vais écrire, mais je crois que le Bloc Québécois devrait se saborder à l’annonce des prochaines élections fédérales pour aller grossir les rangs des souverainistes au niveau provincial, qui en ont bien besoin. Comme un artiste vieillissant, il faudrait que le Bloc tire sa révérence pendant qu’il est encore capable d’éblouir. Une lente perte de vitesse de ce parti ne sera qu’une preuve indélébile pour les fédéralistes de la faiblesse des souverainistes, ce qui se chargera de salir l’appui populaire, et de faire pencher de l’autre bord le clan des indécis déjà désillusionné. C’est la dernière chose que je voudrais. Par contre, il faut croire à l’immense importance du message pour le voir comme ça. Un coup d’éclat du genre serait comme un coup de fouet!

 

Alors, si les sondages disent vrai et que le NPD gruge beaucoup de comtés au Bloc, cela me donnera raison d’avoir craint de la sorte. Cela sera possiblement le début de la lente descente aux enfers, à moins d’un sabordement à un moment opportun.

Il reste quand même que les sondages sont à prendre pour ce qu’ils sont. Tout sauf toujours très précis, et surtout, biaisés à la source. Les bloquistes auront peut-être seulement eu bien chaud, Harper se retrouvera peut-être majoritaire, qui peut bien le prédire à 100%? La situation actuelle étant dans le très serré…

Quoi qu’il en soit, personnellement, je me dis que ce serait peut-être une bonne idée d’interdire la publication de sondages pendant les périodes électorales. Ça serait bien logique étant donné que cela est une forme d’influence indue. Surtout dans l’optique d’une fiabilité incertaine des sondages et surtout, manipulable.

Je sens que Gilles Duceppe serait d’accord avec moi là-dessus. Avec le sabordage, peut-être moins. Quoique…

 

 


 

La tyrannophobie

 

À la suite de mon billet de la semaine dernière au sujet (entre autres) du registre des armes à feu, certaines personnes ont argumenté en défaveur de ce registre avec l’idée de la possible menace d’un gouvernement tyrannique. Comme quoi le registre est une manière pour le gouvernement d’avoir le contrôle sur les armes à feu sur le territoire. Comme quoi s’il lui prend le goût de se radicaliser au point de provoquer le peuple à prendre les armes, le gouvernement aurait les moyens de l’empêcher. Ce qui est une autre manière d’expliquer ce qui sous-tend le deuxième amendement de la Constitution de États-Unis :

La codification du droit de porter des armes dans le Bill of Rights fut influencé par la peur que le gouvernement fédéral pourrait désarmer le peuple afin d’imposer des règles par l’intermédiaire d’une armée de métier ou d’une milice, puisque l’histoire avait montré la façon dont les tyrans éliminaient la résistance en retirant les armes au peuple et en rendant illégal le fait d’en conserver afin de supprimer les opposants politiques.

Force est de constater que, comme beaucoup de lois, cela a mal vieilli. Ou plutôt, mal évolué. Nous ne sommes plus, au Canada ni aux États-Unis, dans des sociétés où le risque de se retrouver avec un dictateur dans le sens propre du terme est très élevé. Je vois peut-être la vie trop en couleur, mais notre vie est douce, comparée à certains pays où la démocratie n’est pas loin d’être utopique. Et puis, si nous pouvons sans trop de mal comparer nos dirigeants à des dictateurs, les armes qu’ils utilisent sont légères comme des cauchemars… Avec bien sûr quelques fiers-à-bras pour empêcher des journalistes de poser des questions embarrassantes.

Mais pour revenir en soi au registre des armes à feu, même dans l’optique d’une hypothétique tyrannie du gouvernement, je me demande s’il empêcherait quoi que ce soit : c’est à dire empêcher un soulèvement armé du peuple s’il fallait légitimement que cela se rende jusque-là. À ce que je sache, il est toujours possible de se procurer des armes sur le marché noir et j’ose espérer qu’un gouvernement tyrannique n’irait pas jusqu’à enlever tout l’argent disponible des citoyens pour les empêcher de s’en acheter… Encore, le registre des armes à feu n’empêche aucunement quiconque de se procurer une arme, s’il est dans son droit d’en posséder une, selon les lois et règlements (et, personnellement, je vois plus de dangers à ce que tous puissent se procurer une arme facilement qu’à continuer de tenir un registre avec le supposé risque de tyrannie gouvernementale). Encore plus, même si le registre permet de savoir où toutes les armes se trouvent, il faudra quand même aller les confisquer, ce qui n’est pas une mince affaire… Où est le problème alors?

À mon sens, cet argumentaire tyrannophobique ne tient pas la route parce qu’il réduit une problématique technique à un point philosophique pour le peu archaïque. Quand on entendra parler de cas de désarmement de citoyens sans fondements, ou que les lois changeront dans ce sens, je regarderai cet argumentaire avec un peu plus de sérieux.

Et puis, c’est quand même Stephen Harper qui veut couper le registre, et ce n’est sûrement pas pour empêcher la tyrannie du gouvernement, et ni pour cette raison que les états-uniens pro armes à feu militent…

La tyrannophobie est dans le fin fond une forme d’hypocrisie. Peut-être inconsciente.

Bang! Bang!

(Photo : upicks)


 

Opinion-minute : Harper, G8, confiance, transparence

 

Sous ses airs de bon papa qui promettait « la transparence », Stephen Harper et son gouvernement cachaient bien mal leur jeu. Les faits ont pris la part du lion sur la suspicion avec l’accusation « de s’être placé dans l’illégalité en disposant à sa guise, sans l’autorisation éclairée du Parlement, de fonds publics pour le sommet du G8. Le ministre Tony Clement aurait choisi lui-même, en concertation avec un maire et un entrepreneur local, les projets à financer dans sa circonscription.

Le gouvernement soutient que le rapport de la vérificatrice générale Sheila Fraser, ayant fait l’objet d’une fuite dans les médias, a été «considérablement» modifié pour la version définitive, mais les partis d’opposition y voient le pire exemple de favoritisme qui soit. Le public, lui, ne pourra pas se forger sa propre opinion avant le jour du scrutin, Mme Fraser ayant déclaré qu’il n’était pas question de publier en campagne électorale son rapport sur le sommet du G8. Il en va de son indépendance, elle qui est redevable au Parlement, pas aux partis politiques. »

Digne de confiance? Mon oeil.

 

*******

 

L’image qui chapeaute ce billet est inspirée d’une excellente idée de Dominique Noël, du blogue « Je me branle la cervelle » (ou vous pouvez y voir quelques versions). Rick Chasseur du blogue « Le Stupidarium » propose aussi quelques versions ainsi que l’image vierge de slogan à télécharger, ce dont je me suis servi pour concocter la mienne.


 

La pollution visuelle et mentale des pancartes électorales

 

En 2008, lors de la campagne électorale fédérale qui a mené Stephen Harper au pouvoir, j’ai fait à ma façon et à mon humble niveau la promotion de l’absence de pancartes électorales dans les rues. Comme je l’écrivais autrement, ces pancartes sont une grosse nuisance à l’esthétisme de l’environnement urbain et rural, en plus d’être un gaspillage de ressources. Ça ne s’arrêtait pas là :

Et question marketing, je me disais qu’un parti qui aurait eu le courage de me pas embarquer dans cette pollution visuelle aurait pu utiliser cet argent pour faire un beau coup de pub. Imaginez combien l’absence de pancarte d’un parti politique dans le paysage aurait eu d’impact si une pub avait réussi à lier fortement cette absence et ce parti.

Ce parti se serait retrouvé nulle part et partout à la fois.

Sans faire de lien de causalité, il s’est avéré qu’en 2009 Union Montréal et Vision Montréal ont décidé de ne pas s’afficher dans la ville pendant la campagne électorale municipale. On arguait que la raison principale était les coûts énormes de ce genre de campagne publicitaire. Question de mononcliser, dans mon livre à moi, c’est une autre bonne raison d’abandonner cette pratique.

Malgré cet exemple, il semble que tous les partis fédéraux vont placarder nos horizons de leurs slogans et autres sourires en plastique quand même. À notre grand dam. Alors, j’aimerais trouver une autre bonne raison de plus pour que l’avenir nous réserve un ciel plus monochrome…

Parce qu’il faut se le dire franchement, les pancartes électorales titillent tout sauf l’intelligence des gens. Elles ont peu à voir avec l’essence même de la démocratie représentative. On y présente les couleurs des partis, des slogans (l’antithèse du développement d’une idée) ainsi que des gueules figées dans le sens du plan de marketing choisi (même si la plupart du temps c’est d’un sourire plus ou moins réussi dont il s’agit). En gros, nous sommes dans le royaume des apparences, de la représentation. Ce qui est juste bon pour voter pour les mauvaises raisons.

Donc, voilà, j’accuse les pancartes électorales d’encourager la paresse intellectuelle auprès de ceux qui sont paresseux de nature. Pour qui va voter pour un candidat surtout parce qu’il a un air rassurant, nonobstant de ce qu’il prône réellement. Pour qui va voter pour cet autre parce qu’il le conforte dans ses préjugés physionomiques, avec tout ce qui vient avec : genre, origine. Sans oublier ceux qui n’iront pas voter en réaction de cette agression visuelle, quand c’est tout ce qu’ils peuvent retenir de la politique (contrairement à mes amis anarchistes abstentionnistes).

Dans ces conditions, la politique devrait se tenir aussi loin que possible de ces techniques publicitaires, qui sont par nature tapageuses, racoleuses, parfois même mensongères (et je ne me pencherai pas ici sur les messages publicitaires télé et radio). Puisqu’il n’est pas question de « vendre » quelque chose, mais bien de se choisir un moyen d’avancer. Et la meilleure façon de faire un choix de véhicule éclairé est sans conteste de faire fi des apparences et d’aller creuser, même si ça demande un effort. Qui achète une voiture en se basant seulement sur le design de la carrosserie?

Je pourrais continuer sur cette lancée en tentant de détruire aussi le traditionnel serrage de mains et même l’idée du porte-à-porte, mais bon, une chose à la fois…

(Photo : sashamd)

 


 

Politique-fiction : Stephen Harper provoquant la souveraineté du Québec

 

Si le Parti Conservateur gagne majoritairement les prochaines élections fédérales, mais tout juste, comme on se l’imagine, la clé de sa future majorité confortable se trouve peut-être du côté du Québec. (Et même s’il ne réussit pas, dans le fond.) Dans l’optique où le Québec continuerait toujours de s’accrocher au Bloc Québécois, Stephen Harper devrait possiblement songer à se débarrasser de cette épine au pied.

Parce qu’avec le poids du Québec qui ne semble pas réagir de la même manière que le ROC, c’est plutôt difficile de s’asseoir autrement que sur une fesse dans le trône du pouvoir. Et si les autres Canadiens (qui ne voient pas un danger dans Stephen Harper) mesurent la portée de cette différence politique, irréconciliable, il ne sera pas difficile de les convaincre du bien-fondé d’une pousse-putsch de la sorte.

Dehors à coups de pieds au cul bande de larves ingrates! Débarrassez les quêteux, les paresseux! Restez donc ensemble bande de perdants, croupissez avec votre langue en décadence!

Personnellement, je recevrais ce genre d’insultes avec un sourire!

 

(Photo : k-ideas)

*

*

*

*

*

*

*


 

Harper courtise les aînés…

Au-delà de la blague, je n’ai rien contre le fait de vouloir aider nos aînés. Cependant, j’aurais préféré voir un gouvernement le faire surtout et premièrement parce que ces gens en ont besoin, pas par opportunisme électoral…

L’anglais au travail : échec à la francisation des nouveaux arrivants

« L’anglais prend de la vigueur au Québec ». Ce n’est pas moi qui le dit sur la seule foi de ses observations au jour le jour, mais bien le chercheur Charles Castonguay de l’Université d’Ottawa, un « anglophone francisé », soit dit en passant. Et ce qu’il dit, c’est que cette vigueur s’explique auprès des nouveaux arrivants qui se voient incités à adopter l’anglais parce que cela leur donne un avantage « à la fois pour l’intégration sur le marché du travail et pour atteindre un meilleur niveau de rémunération ». En regard de cela, la montée aux barricades en lien avec le Festival d’été de Québec qui ne ferait pas assez de place aux artistes de langue française m’apparaît assez futile. Entre la question de la langue d’expression artistique et la question de la langue de communication au travail, il n’est pas bien difficile de voir là où le bât blesse le plus.

Alors, l’auteur semonce le gouvernement actuel (qui a bien besoin de ça…) :

Il faut que le gouvernement ajuste ses flûtes. Si on veut que le français demeure la langue majoritaire au Québec, il faut agir dans le monde du travail, et il ne faut pas lésiner sur les moyens pour obliger les PME à franciser la langue de travail [...] Le gouvernement actuel n’essaie aucunement d’agir. Il a coupé les programmes de francisation. Il tient un discours pour la défense du français, mais ses actions sont contraires à la francisation

Et il va encore plus loin : il « considère comme un véritable affront pour les Québécois francophones le fait que l’on accorde le droit de vote à un individu qui ne comprend pas le français ». J’imagine déjà les gros yeux devant cette insulte à la Charte canadienne des droits et libertés, mais gageons que dans le ROC le taux de citoyens ne maîtrisant pas l’anglais est beaucoup plus bas que le taux de citoyens québécois ne maîtrisant pas le français…

Personnellement, cela me semble un moyen extrême pour régler un problème qui ne l’est pas (encore). Alors, le coup de semonce  qu’il faudrait ressemblerait plus à mon sens à couper les ponts politiquement avec ce trop grand pays dont on s’éloigne de plus en plus, étant donné entre autres que le grand rêve du bilinguisme s’effrite, comme le soulevait dernièrement Jean-François Lisée.

Et avec le mouvement de contestation de Québec inc. contre la Commission centralisée que propose le gouvernement fédéral, il est clair que la cohabitation n’est pas des plus saines. En espérant que de plus en plus de gens s’ouvrent les yeux. La souveraineté du Québec n’est pas une question de mode.

(Image trouvée ici.)

Le ridicule ne tue pas…

Je vis en ce moment un profond désabusement de la politique provinciale (le fédéral et le municipal n’étant pas trop en reste). Il a beau sembler y avoir une file d’attente de briques pour tomber sur la tête du gouvernement Charest, je ne vois pas le bout des prochaines années qu’il lui reste à pourrir dans sa situation de pouvoir.

Et puis l’alternative? Peut-être que je me trompe, mais mon antenne sur l’opinion publique ne me fait pas voir Pauline Marois autrement que comme une chef transitionnelle. Et comme ça prend souvent une défaite électorale pour amorcer un changement de garde, ça mène loin… Et pour l’ADQ, il n’y aura que les gens en surdose d’optimisme pour les voir prendre les rênes. Et pour QS, je ne vois pas les gens voter en massse ailleurs que sur le Plateau des artissses pour des communissses! Et pour les partis à thème comme le Parti Vert, ça me semble à la base incompatible avec le pouvoir. Et il y a l’hypothétique création d’un autre parti de droite, vous dire que ça m’excite…

Alors, il me reste l’option de ridiculiser, comme la caricature qui trône en haut de ce billet.