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Ces derniers temps, l’ironie colore la réalité comme c’est pas possible. Au sujet des manifestations étudiantes, Claude Legault parle de la violence comme moyen d’arriver à ses fins, il se Lire le billet sur Le Globe…
L’ingratitude de la mort
Je me souviens quand j’étais tout jeunot d’avoir fantasmé ma propre mort, mais une mort toute fausse qui me permettrait enfin de combler ce besoin d’amour insatiable par une démonstration Lire le billet sur Le Globe…
Pornographie et romantisme
Ce dont je vais vous parler m’apparaît évident depuis longtemps, même si je sais très bien que c’est discutable, malgré tout. Dans la foulée du problème grandissant de l’hypersexualisation, surtout au niveau des jeunes (et des enfants), je crois qu’il serait bien de regarder le phénomène de la pornographie versus celui du romantisme (comprendre surtout par ce terme ce qu’on appelle les « films de filles », les « films d’amour », les « comédies romantiques », etc.).
J’aimerais parler de ce sujet parce que j’y trouve un lien avec l’histoire que je relatais récemment, celle de mon ami enseignant qui s’est fait taper sur les doigts pour avoir parlé de sexualité dans son cours (et même avec ma pointe antireligieuse qui a suivi). Le message qu’il tentait de communiquer à ses élèves, c’est que le rapport à la sexualité est généralement très différent pour les filles et les garçons. Et qu’il est important que tous aient conscience de ces différences.
Je suis tout à fait au courant qu’il n’est pas bien de généraliser, mais je devrai le faire ici pour ne pas surcharger mon billet d’explications. Alors, ayons en tête que ce n’est pas tous les hommes qui regardent de la porno, et que ce n’est pas toutes les femmes qui regardent des films de filles… Mais, ne nous cachons pas la tête dans le sable, la majorité de la porno est regardée par des hommes, les films de filles par des femmes. Ça va de soi.
Pour ceux qui ne comprendraient pas encore le parallèle, dans les deux cas il s’agit de fiction. Et le problème réside justement dans le cas où quelqu’un prend un ou l’autre pour la réalité. Les relations sexuelles mises en scène dans les films pornographiques ne sont pas en phase avec la réalité générale des relations sexuelles humaines. Comme les films d’amour ne sont pas en phase avec la réalité générale des relations amoureuses humaines. Si un homme s’attend à des relations sexuelles comme dans la porno, il risque fort d’être déçu, idem pour la femme qui s’attend à vivre une histoire d’amour comme dans les comédies romantiques.
Dans notre monde actuel, quand même, il n’y a que la pornographie pour être critiquée vertement (surtout par des féministes qui y voient une insulte à la Femme), alors que le romantisme cinématographique se voit au pire relayé à une sous-catégorie snobée culturellement. Pourtant, s’il y a écueil à avoir socialement, je le vois égal pour les deux (enfin presque, puisqu’il est bien évident que la porno a plus d’influence globalement que la culture du romantisme). Et la différence évidente, c’est que la pornographie est du tabou alors que sa contrepartie féminine ne l’est pas. Tout cela en proposant sérieusement que le film d’amour est comme de la pornographie, mais pour les femmes.
Sans blague, la comédie romantique est dangereuse parce qu’elle ne montre que de la performance. Le film de filles exploite l’image de l’homme (presque) parfait aux talents amoureux hors du commun. Le film d’amour rend l’homme ordinaire bien banal, si on le compare. Cela peut rendre les femmes bien déçues de leurs prétendants ou de leurs amoureux. Cela peut alors créer des conflits dans le cas où une femme prend trop ses désirs (ce qu’elle voit dans ces films) pour des réalités. Et, pour les célibataires, un sentiment de désillusion qui empêchera de trouver l’âme soeur. Et je ne crois pas exagérer.
Pour ma part, je pense que tout est question de mesure et d’équilibre. La pornographie n’est pas en soi un problème et en plus, à ce que je sache, les participantes le font de leur plein gré, autant que les participants. La question ne se pose pas de cette manière pour ce qui est des comédies romantiques puisque justement ce n’est pas du domaine du tabou. Mais au bout du compte, je le répète, c’est le caractère fictif qui est le plus important à considérer. Et cela ne veut pas dire qu’une femme n’a pas le droit de se permettre un peu de frivolité au lit, ni qu’un homme ne peut pas faire un coup d’éclat romantique pour sa compagne ou sa prétendante.
Il va de soi que le réalisme total dans la représentation n’est pas très intéressant (même ce qui devrait être considéré comme le plus près du réalisme, soit la télé-réalité, est loin du compte). C’est que la fiction est une épice importante de la vie. Et c’est pourquoi il me semble futile de tenter de juger la fiction au-delà du lien qu’elle entretient avec le spectateur et de sa propre réaction. Il est alors question d’éducation quant à ce que la fiction propose, et non de s’en servir comme éducation.
Pour revenir au problème de l’hypersexualisation, cacher ce qu’implique la pornographie dans la société est de loin la pire manière d’y remédier. Et à propos des jeunes, particulièrement les jeunes filles, l’influence indue de la porno et de la filmographie romantique est une bombe à retardement, on le voit bien. Il y a contradiction : d’un côté les pratiques sexuelles mises de l’avant par la porno sont banalisées, et de l’autre le fantasme du garçon romantique à l’extrême se voit encouragé malgré son irréalisme. Tout est mis en place pour qu’il y ait décalages multiples, accompagné de tous les problèmes qui peuvent venir avec.
La solution? Tout ce que je sais, c’est qu’il faut en parler.
Ajout :
Pour continuer votre lecture : Pornographie ou érotisme?
La religion comme bâton dans les roues de l’éducation sexuelle
Pour le billet que j’ai publié mardi dernier, j’ai essayé de me tenir le plus près possible des faits. Pour ceux qui ne l’ont pas lu, j’y relatais l’histoire d’un ami enseignant qui va être suspendu trois jours par le directeur de son école parce qu’il a distribué des documents traitant de la sexualité à ses élèves.
Je veux y revenir parce qu’un des soupçons que j’ai quant à la raison de cette suspension a été soulevé dans un commentaire que j’ai eu sur Facebook en lien avec cette affaire. Et ce commentaire vient d’un autre enseignant qui raconte qu’un collègue à lui a été suspendu 5 semaines. Et la cause : des parents très religieux et très organisés. Je n’en doute point, ça pourrait tout à fait être cette même raison pour ce qui est de mon ami. Et, vous vous en douterez bien, ça me fait sortir la boucane par les oreilles!
Personnellement, je n’ai aucune patience quand il s’agit de la religion qui tente d’entrer d’une façon ou d’une autre dans l’espace commun. Et c’est bien de ça qu’il est question quand des ultrareligieux tentent de mettre des bâtons dans les roues de l’éducation sexuelle des jeunes. J’en viens même à me demander si l’abandon des cours de FPS avec la Réforme ne trouve pas plus ou moins sa source dans un lobby du genre…
Parce que là ils ont tellement le beau jeu. Le gouvernement s’est lavé les mains du problème en relayant la tâche aux profs et aux parents. Et, c’est bien connu, la plupart des parents sont mal à l’aise avec la sexualité (gracieuseté de notre civilisation judéo-chrétienne), et ça doit pas mal être la même chose avec les enseignants… Il ne reste qu’à ces brebis la tâche de débusquer les exceptions comme mon ami et d’appuyer sur le bouton-pression!
Alors, vivement le retour des cours d’éducation sexuelle. Des gens compétents qui vont faire le travail de démystification, des parents normaux qui vont être contents, et pour les autres, qu’ils continuent leur vaine croisade… En espérant qu’on en entendra de moins en moins souvent parler, et qu’ils finiront par disparaître. Optimisme, quand tu nous tiens…
Certains me trouveront sans doute trop dur, mais j’assume tout à fait mon propos. Dans un monde où la science nous montre que la sexualité est une chose normale, hautement humaine et importante pour l’équilibre mental de l’individu, ceux qui voudraient qu’elle soit régie par des préceptes doctrinaires archaïques m’apparaissent réellement anormaux.
Je sais bien que de pointer la normalité est dangereux. Surtout quand la normalité est pour beaucoup synonyme d’immobilité, que le terme inspire le contraire de la créativité. Mais ce n’est pas de cette normalité dont il s’agit. Plutôt celle-là qui donne une chance à quiconque d’avoir un bon départ dans la vie. Le choix, qui vient avec la connaissance, n’est-ce pas le plus beau cadeau qu’on puisse faire à un jeune?
Parce que d’enfermer les jeunes dans le noir jusqu’à ce que leurs hormones les poussent à expérimenter (ou pire, à se replier sur eux-mêmes devant l’épouvantable de l’inconnu), cela me semble beaucoup plus nocif. Les sujets, comme la contraception, les infections transmissibles sexuellement, etc., ne manquent pas. Et on voudrait laisser toutes ces questions à la merci de la religion : ce qu’il y a de moins « mis à jour » en terme de sens sur la planète?
Les gens peuvent bien croire en Dieu, ce n’est pas tellement ça le problème. C’est l’application aux réalités terrestres qui branle dans le manche! Certains pourraient faire ressortir l’importance de la tradition qui vient avec la religion, qui vient avec Dieu, mais il s’agit d’aujourd’hui, pas d’hier! L’écho de la réalité d’il y a (soi-disant) deux-mille quelques années (en tout cas du côté chrétien) est bien insuffisante pour nous aider aujourd’hui, à moins d’y mettre une énergie folle pour en extirper quelque chose. Si je ne m’abuse, nous avons la liberté de mettre notre énergie ailleurs, et c’est bien contre cette liberté que les ultrareligieux se battent.
Pour ma part, je me bats aussi, mais avec ces quelques mots. Soyez du nombre.
(Image : formfaktor)
Éducation sexuelle : un enseignant suspendu pour avoir fait son travail
Un très bon ami à moi est enseignant au secondaire. Cinquième secondaire pour être précis. Depuis très longtemps. Et depuis qu’il m’en parle, je ne peux plus douter qu’il est excellent, consciencieux et ayant très à coeur la réussite de ses élèves. Pourtant, il y a quelques jours, il m’a annoncé qu’il allait être suspendu trois jours par le directeur de son école. La raison : il a distribué des documents traitant de la sexualité à ses jeunes.
La majorité des textes proviennent du site Français CareVox « Partageons l’Info Santé ». Un article sur le fait que le Brésil autorise maintenant la masturbation sur les lieux de travail. Un article au sujet d’un livre de Hilda Hutcherson, gynécologue et obstréticienne : « Le guide du plaisir : Manuel pratique du sexe à l’usage des femmes… DE TOUTES LES FEMMES ». Un article sur le problème de la dépendance sexuelle, ainsi qu’un autre sur Cyberpresse traitant du même sujet. Un article paru sur le site de CNN, malheureusement indisponible en ce moment, relatant une étude parue dans « The Journal of Sexual Medecine », qui arrive à la conclusion que la durée optimale d’une relation sexuelle est de 3 à 13 minutes (selon une autre étude, le temps moyen d’une relation serait de 7.3 minutes). Donc, que la clé d’une vie sexuelle satisfaisante est l’endurance (selon les thérapeutes impliqués dans la première étude, une relation durant de 1 à 2 minutes serait trop courte). Aussi, trois textes aux titres très révélateurs : « Mythes sur ce que les femmes veulent vraiment au lit », « Sexe : Dix bonnes et étonnantes raisons de faire l’amour » et « Sexe : 10 choses que les femmes aiment… ».
Sans conteste, des textes écrits par des professionnels, sérieux et utiles pour aider les jeunes dans le contexte de l’hypersexualisation et de la pornographie très accessible (et qui tient malheureusement trop lieu d’éducation sexuelle, par défaut). Rien de déplacé, à moins bien sûr d’avoir un blocage sur tout ce qui touche à la sexualité. Et, de toute manière, mon ami ne faisait que son devoir, puisqu’avec la Réforme de l’éducation, selon un document du Ministère datant de 2003, « l’éducation à la sexualité ne relève maintenant plus d’une seule matière ou d’un seul intervenant, mais devient la responsabilité d’un ensemble de partenaires. » C’est-à-dire les parents, « le personnel enseignant, le personnel professionnel et le personnel de soutien des réseaux de l’éducation et de la santé et des services sociaux » :
« Plus ou moins efficace » semble ici une formule peut-être trop optimiste. Il semble plutôt que tout ce beau monde se soit lancé la patate chaude puisque, comme me le disait mon ami, la grande majorité de ses élèves (de secondaire cinq, il ne faut pas l’oublier) ont avoué ne jamais avoir entendu parler de sexualité dans leurs autres cours (à part dans leur cours de biologie — où l’accent n’est vraiment pas mis sur le relationnel…). Il est là le problème.
Et pour sa démarche (et pour sa défense on s’en doute!), il s’est inspiré entre autres de deux articles parus en 2010 sur Cyberpresse, un sur une mobilisation demandant le retour des cours d’éducation sexuelle et l’autre (d’où la citation précédente est tirée) sur l’annonce de Québec de les réintégrer. Ce qui n’est pas encore fait en 2011… Et on lui reproche d’avoir fait simplement son travail en attendant que le Ministère de l’Éducation se décide à le donner à d’autres!
Pour l’instant, il y a un flou autour de la ou des raisons précises de cette suspension. Peut-être une partie de texte ou l’ensemble, la direction qu’il prend en proposant ce corpus. Même des pressions de parents serait dans le domaine du possible. Ce n’est vraiment pas clair. Lui et moi avons bien quelques idées là-dessus, mais il serait trop hasardeux de les soulever ici. D’autant plus que cette histoire n’en est pas encore à son dénouement, loin de là.
Mais avant de vous quitter, il faut que je vous dise que mon ami se fout des trois jours de salaire qu’il pourra perdre, c’est pour le principe qu’il se bat.
(Photo : haleynealphotography)
En direct de quelques petites tempêtes
C’est directement de la tempête qui se poursuit dans ma tête que je vous écris. Je viens de tomber sur la magnifique histoire d’un enseignant qui a concocté une drôle de question dans un cahier servant au cours Éthique et culture religieuse pour des jeunes de 12-13 ans :
Indiques [sic] tes caractéristiques, tes goûts et tes intérêts : 1) Je suis un garçon:_________, Une fille: __________ Je ne sais pas encore ________
Mario Asselin semble se ranger du côté de l’enseignant Daniel Gougeon, tandis que Le Tviste va jusqu’à dire qu’on devrait arrêter de donner ce cours. Pour ma part, presque à froid… je trouve simplement qu’il y a trop de libertés pour les rédacteurs de ces cahiers, puisque le Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport n’a « rien à voir avec [le] contenu ». Mais vous verrez plus tard que si ça pouvait être aussi simple…
C’est parce que si on regarde la question au premier degré, ça n’a pas de sens, enfin, ce n’est pas clair. On en vient à penser aux rares cas d’ambiguïtés sexuelles, dont l’hermaphrodisme, tant la question est… ambiguë! On mélange un fait biologique à des considérations d’identité sexuelle qui, quand on repense à la clientèle cible, semblent inappropriées. Discuter de ce sujet est bien trop important pour l’introduire de cette manière, à mon avis.
Et là, en cherchant le contexte de ladite entrée de formulaire sur le blogue Mario tout de go, soit le document complet, sans le trouver, je me suis laissé entraîné dans la section commentaire où Daniel Gougeon s’exprime par rapport aux critiques :
Ce passage un peu saugrenu ne fait effectivement pas partie du programme d’ÉCR. Il n’a pas non plus pour objet d’amorcer une situation d’apprentissage. Il est là pour rendre moins banale la fameuse question posée partout dans tous les questionnaires et formulaires administratifs sur l’identité de quelqu’un. C’est là pour surprendre, peut-être pour faire sourire, mais en faire la psychanalyse constitue un dérapage.
OK, je comprends, c’est seulement une coquetterie… Tout ça est finalement une tempête dans un verre d’eau ultra design!
Et je regarde dehors, la neige qui recouvre la rue, le vent qui se lève, parfait pour déraper…
(Photo : gmayster01)
Amir sur la défensive
Ce billet vient de paraître parallèlement sur le blogue « Les 7 du Québec ». Les commentaires seront ici fermés, alors si vous désirez en laisser un ou bien les lire, suivre l’hyperlien précédent.

Après un Temps des Fêtes assez chargé personnellement, mais beaucoup moins au niveau politique (et mes jours de publication sont tombés en plein le jour de Noël et le Jour de l’An!), je reviens en douceur ici avec une caricature. Bien sûr, comme vous pouvez le voir, cela est en lien avec la défense d’Amir Khadir face à la plainte qu’a déposée un enseignant du cégep Ste-Foy, en banlieue de Québec, s’il faut le spécifier…
Pour ma part, je crois que cette plainte aurait eu plus de sens si elle était apparue dans le comté de Mercier, où le politicien de Québec Solidaire a été élu. Mais bon, cet enseignant a le droit de faire une plainte, les instances qui la regardent feront leur boulot. J’espère qu’elle se retrouvera à la poubelle.




