Depuis un bon moment, il y a une information qui circule comme quoi le nombre d’arrestations depuis le début de la crise étudiante est plus élevé que celui durant la Lire le billet sur Le Globe…
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Confusions et hontes (màj)
Serait-ce un peu parce que de nos jours l’information ne pourrait se manger froide? Serait-ce parce que le fait de la grande quantité d’information rend plus propices les erreurs?
Mauvais moment pour un sondage politique
En tout cas, Le Devoir a publié en pleine crise post dévoilement du rapport de l’Unité anticollusion un sondage politique dont les données ont été compilées avant le dévoilement dudit rapport. Tous les ingrédients étaient présents pour créer une confusion. J’en ai été victime par la publication de mon billet « La honte ».
Justement, j’ai eu un peu honte de m’être fourvoyé de la sorte en analysant ce sondage sous la loupe de l’actualité très récente. C’est la première fois que je vois un sondage aller aussi à contre-courant de l’actualité. Certains pourraient me rétorquer que j’aurais dû faire moi-même cette petite vérification, mais de mon côté ça me semblait tellement aller de soi, et je me fie sur les médias et les journalistes pour faire correctement le travail de mise en perspective éditorial.
Je ne suis qu’un blogueur, malgré tout. Une voix citoyenne. Mon salaire, c’est le plaisir que j’en retire. Et mon plaisir est plus amplement du côté de la subjectivité, là où l’écrivain peut se déployer.
Nelly Arcan et TLMEP (québécois ou français?)
En parlant d’écriture et de honte, l’histoire autour de la sortie de la nouvelle « La honte » de Nelly Arcan et des mots de Nancy Huston portait aussi à confusion, et cette confusion tient dans le fait que l’émission Tout le monde en parle a une version québécoise et française. On a pensé que Nancy Huston parlait de l’émission québécoise alors qu’elle parlait de l’émission française. Je suis tombé dans le panneau comme tout le monde, même Chantal Guy qui a pondu le texte détonateur, où elle pointait seulement Guy A. Lepage et Dany Turcotte, jamais les protagonistes français de TLMEP.
Et je suis encore plus confus puisque je suis en train de me demander si le texte « La honte » ne fait pas référence aussi à l’émission française… C’est que je viens de me souvenir d’un détail qu’a fait ressortir la blogueuse derrière « Ma tuque est une perruque ». Nelly Arcan décrit dans sa nouvelle une robe verte alors qu’à TLMEP, au Québec, elle portait une robe noire. La blogueuse interprétait cette différence comme étant « toute la tension de sa propre analyse déformée d’elle-même ». Ce qui va dans le sens de rehausser le côté fictif de la nouvelle, et son trouble.
J’acquiesçais à cette analyse, mais là, je me dis qu’il est fort probable que Nelly Arcan, dans sa nouvelle « La honte », réagissait à un passage à TLMEP en France, plutôt qu’au Québec. Mais bon, peut-être que c’est un mélange des deux. Il me serait bien hasardeux d’arrêter mon choix.
Màj :
On m’a pointé sur Twitter un billet qui devrait confirmer que l’écrivaine s’inspirait vraiment de son passage à TLMEP au Québec :
http://melikahabdelmoumen.blogspot.com/2011/09/guy-croque-par-un-fantome.html
Jugez-en par vous-même.
Ajout :
À la demande de Mélikah Abdelmoumen, j’ajoute son deuxième billet :
http://melikahabdelmoumen.blogspot.com/2011/09/melikah-abdelmoumen-croquee-par-les.html
États-Unis : enlever la garde des enfants obèses à leurs parents?
L’épidémie d’obésité aux États-Unis a pris une allure très éthique depuis que le Journal of the American Medical Association a publié un article où il est question de retirer les enfants et adolescents gravement obèses de leurs milieux familiaux. Environ deux millions d’enfants y sont considérés obèses morbides. Il en est question dans un article de Lindsey Tanner (The Associated Press), publié sur le site de CTV News British Columbia.
Comme il est expliqué, il est surtout question que l’État enlève provisoirement la garde d’un enfant obèse pour lui faire perdre du poids avec l’aide d’un programme, plutôt que d’attendre le point de non-retour où l’enfant devra subir une chirurgie, beaucoup plus dangereuse pour sa santé. Il y est aussi relaté que le but n’est pas de blâmer les parents, mais bien de le faire dans l’intérêt de l’enfant, et d’accorder cette aide sans tenir compte de la raison du manquement des parents.
La question éthique qui apparaît avec toute cette histoire englobe évidemment l’État versus la liberté individuelle. D’un côté, on arguera que l’État n’a pas à se mettre entre les parents et leurs enfants, et de l’autre, on dira que l’urgence dans laquelle se trouvent ces enfants outrepasse ces considérations. Pour ma part, je me dis surtout et premièrement que nous sommes très chanceux de ne pas en être rendus là ici. Et ce n’est pas dit que ça ne sera pas notre tour dans le futur.
Aussi, je ne peux pas m’empêcher de faire un lien avec le visionnement récent d’un documentaire que j’ai vu à la télé, au sujet de l’industrie agroalimentaire états-unienne. On y soulevait entre autres que grâce aux subventions de l’État pour la culture du maïs (dont les produits transformés sont très présents dans la restauration rapide), il est meilleur marché de se nourrir chez les McDo et autres chaînes du genre que de s’acheter des produits frais. Sans compter le temps de cuisiner qui est coupé en se nourrissant chez eux. Il me semble qu’ici aussi la restauration rapide est assez bon marché. Mais mon petit doigt me dit que la différence est énorme.
Si l’État américain a créé un problème, il est bien normal qu’il s’occupe d’en gérer les conséquences.
(Photo : jhmostyn)
Pornographie et romantisme
Ce dont je vais vous parler m’apparaît évident depuis longtemps, même si je sais très bien que c’est discutable, malgré tout. Dans la foulée du problème grandissant de l’hypersexualisation, surtout au niveau des jeunes (et des enfants), je crois qu’il serait bien de regarder le phénomène de la pornographie versus celui du romantisme (comprendre surtout par ce terme ce qu’on appelle les « films de filles », les « films d’amour », les « comédies romantiques », etc.).
J’aimerais parler de ce sujet parce que j’y trouve un lien avec l’histoire que je relatais récemment, celle de mon ami enseignant qui s’est fait taper sur les doigts pour avoir parlé de sexualité dans son cours (et même avec ma pointe antireligieuse qui a suivi). Le message qu’il tentait de communiquer à ses élèves, c’est que le rapport à la sexualité est généralement très différent pour les filles et les garçons. Et qu’il est important que tous aient conscience de ces différences.
Je suis tout à fait au courant qu’il n’est pas bien de généraliser, mais je devrai le faire ici pour ne pas surcharger mon billet d’explications. Alors, ayons en tête que ce n’est pas tous les hommes qui regardent de la porno, et que ce n’est pas toutes les femmes qui regardent des films de filles… Mais, ne nous cachons pas la tête dans le sable, la majorité de la porno est regardée par des hommes, les films de filles par des femmes. Ça va de soi.
Pour ceux qui ne comprendraient pas encore le parallèle, dans les deux cas il s’agit de fiction. Et le problème réside justement dans le cas où quelqu’un prend un ou l’autre pour la réalité. Les relations sexuelles mises en scène dans les films pornographiques ne sont pas en phase avec la réalité générale des relations sexuelles humaines. Comme les films d’amour ne sont pas en phase avec la réalité générale des relations amoureuses humaines. Si un homme s’attend à des relations sexuelles comme dans la porno, il risque fort d’être déçu, idem pour la femme qui s’attend à vivre une histoire d’amour comme dans les comédies romantiques.
Dans notre monde actuel, quand même, il n’y a que la pornographie pour être critiquée vertement (surtout par des féministes qui y voient une insulte à la Femme), alors que le romantisme cinématographique se voit au pire relayé à une sous-catégorie snobée culturellement. Pourtant, s’il y a écueil à avoir socialement, je le vois égal pour les deux (enfin presque, puisqu’il est bien évident que la porno a plus d’influence globalement que la culture du romantisme). Et la différence évidente, c’est que la pornographie est du tabou alors que sa contrepartie féminine ne l’est pas. Tout cela en proposant sérieusement que le film d’amour est comme de la pornographie, mais pour les femmes.
Sans blague, la comédie romantique est dangereuse parce qu’elle ne montre que de la performance. Le film de filles exploite l’image de l’homme (presque) parfait aux talents amoureux hors du commun. Le film d’amour rend l’homme ordinaire bien banal, si on le compare. Cela peut rendre les femmes bien déçues de leurs prétendants ou de leurs amoureux. Cela peut alors créer des conflits dans le cas où une femme prend trop ses désirs (ce qu’elle voit dans ces films) pour des réalités. Et, pour les célibataires, un sentiment de désillusion qui empêchera de trouver l’âme soeur. Et je ne crois pas exagérer.
Pour ma part, je pense que tout est question de mesure et d’équilibre. La pornographie n’est pas en soi un problème et en plus, à ce que je sache, les participantes le font de leur plein gré, autant que les participants. La question ne se pose pas de cette manière pour ce qui est des comédies romantiques puisque justement ce n’est pas du domaine du tabou. Mais au bout du compte, je le répète, c’est le caractère fictif qui est le plus important à considérer. Et cela ne veut pas dire qu’une femme n’a pas le droit de se permettre un peu de frivolité au lit, ni qu’un homme ne peut pas faire un coup d’éclat romantique pour sa compagne ou sa prétendante.
Il va de soi que le réalisme total dans la représentation n’est pas très intéressant (même ce qui devrait être considéré comme le plus près du réalisme, soit la télé-réalité, est loin du compte). C’est que la fiction est une épice importante de la vie. Et c’est pourquoi il me semble futile de tenter de juger la fiction au-delà du lien qu’elle entretient avec le spectateur et de sa propre réaction. Il est alors question d’éducation quant à ce que la fiction propose, et non de s’en servir comme éducation.
Pour revenir au problème de l’hypersexualisation, cacher ce qu’implique la pornographie dans la société est de loin la pire manière d’y remédier. Et à propos des jeunes, particulièrement les jeunes filles, l’influence indue de la porno et de la filmographie romantique est une bombe à retardement, on le voit bien. Il y a contradiction : d’un côté les pratiques sexuelles mises de l’avant par la porno sont banalisées, et de l’autre le fantasme du garçon romantique à l’extrême se voit encouragé malgré son irréalisme. Tout est mis en place pour qu’il y ait décalages multiples, accompagné de tous les problèmes qui peuvent venir avec.
La solution? Tout ce que je sais, c’est qu’il faut en parler.
Ajout :
Pour continuer votre lecture : Pornographie ou érotisme?
La folie ordinaire
Mon titre, je l’ai piqué à Charles Bukowski, celui qui publiait en 1972 « Erections, Ejaculations, Exhibitions, and General Tales of Ordinary Madness », traduit simplement par « Les Contes de la folie ordinaire ». Je m’en sers dans un autre sens : et par cela je vais tenter de questionner, et la folie, et l’ordinaire, aujourd’hui, devant le verdict renversant de « non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux » du cardiologue Guy Turcotte.
Pour être franc, je n’ai aucunement suivi cette histoire, sinon de très loin (alors, je ne me suis pas trop fait manipuler par les médias). Le jeune père que je suis n’est aucunement capable de savoir (même si je l’ai quand même su, comme beaucoup d’autres choses…) des détails comme celui que Guy Turcotte a eu « conscience de ce qu’il faisait, quand il a entendu son fils lui dire d’arrêter ». Sentir son coeur virer à l’envers, le moins souvent possible… Et pour cette raison, je ne devrais même pas pouvoir écrire à ce sujet, encore plus parce que je n’ai pas assisté au procès, comme le rappelle la spécialiste en droit criminel Véronique Robert.
J’en prends note, mais je continue de voir qu’il y a un trop grand écart ici entre la Justice et ce que la moyenne des gens est capable d’en comprendre, surtout à la suite de ce verdict. Et ça me fait revenir à mon titre. On a l’impression que ce verdict rend la folie ordinaire. Plus précisément, que toute folie (ou ce que l’on considère comme tel devant la loi) est égale. Que la folie qui gagne quelqu’un suite à des problèmes relationnels est égale à la folie de quelqu’un qui est en proie à des épisodes schizophréniques, par exemple, qui sont franchement plus du domaine génétique.
Si vous voyez où je veux en venir, c’est que rien dans les gestes de Guy Turcotte n’écarte l’histoire d’amour déchue. L’absurdité ne se retrouve que dans la teneur des gestes, pas dans ce qui y mène, dans le sens où la vengeance soutire le pire de l’humain, en tout cas au niveau du fantasme. Nous comprenons que le père cocufié ait fantasmé le pire (tuer ses enfants) pour détruire la mère qui ne voulait plus être son épouse, et c’est bien là où se trouve la capacité de faire « la distinction entre le bien et le mal » et « d’apprécier la nature et la qualité de ses actes ». Mais c’est tellement lié qu’il est difficile de croire que le chemin pour se rendre du fantasme à la réalité soit seulement de la pure folie. Comment Guy Turcotte a-t-il pu se perdre en chemin alors que tout le reliait au noyau de son trouble? Il y a dans la folie cette irrationalité que je n’arrive pas à percevoir dans ce cas-ci, puisque le lien de cause à effet me semble fluide. Le meurtre des enfants représente le comble de la vengeance et c’est ce qui a été fait. Guy Turcotte semble s’être planté lui-même ce germe comme un drogué consomme ce qui peut le rendre inconscient de la réalité. Mais un meurtrier drogué ne s’en tire pas même s’il était « inconscient » lors de l’acte, comme me l’a indiqué un ami avocat. Alors, la différence entre les deux me semble ténue.
Le jury a décidé qu’il s’était perdu en route dans la folie et je ne comprends pas, comme beaucoup de gens. Comme le blogueur Patrick Lévesque, je crois que notre « système de justice a [...] une responsabilité envers les citoyens, soit de les éduquer. Cette responsabilité est essentielle afin de conserver sa crédibilité, ce qui est en retour essentiel au maintien d’un système de droit, l’un des piliers de notre vie démocratique. Au-delà du choc, de la colère, de la tristesse, il est temps de passer à la compréhension. Les explications doivent venir; elles doivent être fournies rapidement, et elles doivent être fournies en tenant compte des émotions que vit en ce moment le grand public (dont je fais partie) ».
J’ai bien relu le texte de Véronique Robert, hyperlié plus haut, qui s’y connaît beaucoup plus que la majorité, et pourtant je ne comprends toujours pas. Quand j’y lis que le jury a décidé, « à l’unanimité, que « le monstre » était vraiment en état de déséquilibre mental au moment des faits », je me dis qu’il faut bien de toute façon être « en état de déséquilibre mental » pour tuer ses enfants, c’est un pré requis : une personne équilibrée mentalement ne va pas faire ça. Et pourtant, je ne doute pas que ce raisonnement ne fasse pas le poids au niveau de la Justice. Mais bon, je ne suis pas juriste. Et ça doit être le problème de la majorité de la population qui n’est pas d’accord avec ce verdict.
Voilà, la question de la folie est posée. Et elle n’est surtout pas simple. Quant à l’ordinaire, le choix du terme est peut-être abusif en soi, mais il sert au moins de contrepoids. La folie comme concept ultime ne peut pas être remise en question. En l’acoquinant à l’ordinaire je le rendais au moins un peu plus malléable. Et, il n’y a pas de doute pour moi, le concept de folie au niveau de la Justice est très discutable.
C’est ce que bien humblement j’ai essayé de faire ressortir ici.
Ajout :
L’affaire Turcotte: Le crime parfait?
http://www.centpapiers.com/l’affaire-turcotte-le-crime-parfait/
(Photo : amandajane)
Quand la Boussole électorale ne va pas dans le même sens pour le Québec et le Canada…
Lors de la dernière élection fédérale, la Boussole électorale ne semblait pas faire l’unanimité. Quoi qu’il en soit, les résultats sont maintenant en ligne, et « plus d’un million de Canadiens ont répondu » à ce sondage, ce qui semble un échantillonnage assez important. Il faut quand même regarder ces résultats avec prudence, mais il y a tout de même des tendances importantes qui en ressortent.
Ce qui ressort le plus, c’est que le Québec est sans conteste une société distincte. Chaque question est illustrée par une carte du Canada où les couleurs de chaque région démontrent dans quel sens vont les opinions. Et dans la majorité des cartes, on voit que les Québécois pensent différemment du ROC, cela dit en ne dissimulant pas la diversité d’opinion des Québécois eux-mêmes. Je le répète, il est bien sûr question de tendances.
Là où les Québécois sont vraiment différents de la majorité des Canadiens, il n’y a pas d’équivoque. Ils sont beaucoup plus contre la mission afghane, contre la présence militaire en Arctique, contre les dépenses militaires tout court. Aussi, ils sont pas mal les seuls à vouloir d’avantage de relations économiques avec les États-Unis et à vouloir se doter d’une taxe sur le carbone. Pour continuer dans les enjeux environnementaux, le Québec est vraiment plus du côté de croire que l’industrie des sables bitumineux d’Alberta cause des dommages, contrairement au ROC qui pense plus que c’est de l’exagération. Encore, le Québec partage avec une infime partie du Canada un désir plus grand de normes environnementales plus sévères, « même si elles entraînent une augmentation des prix pour les consommateurs ».
Pour ce qui est de la question de la place du secteur privé dans le système de santé, le Québec partage une préférence minoritaire pour davantage de place avec certaines autres régions. Pour ce qui est de l’immigration, le Québec est le plus favorable avec le fait d’exiger l’anglais ou le français comme condition d’admission pour les immigrants. Encore à ce sujet, et ce n’est pas très surprenant, ce sont les Québécois qui ont le plus, et de beaucoup, répondus « Préférence pour moins » à la question : « Combien d’efforts devrait-on faire pour accommoder les minorités religieuses au Canada? »
Encore, ils sont les plus modérés quant à juger comme des adultes les « jeunes délinquants qui commettent des crimes violents », les moins d’accord avec l’abolition du registre des armes à feu et plus en accord avec « le droit de mettre fin à leur vie avec l’aide d’un médecin » des « patients en phase terminale ». Du côté politique, ils sont le plus contre le Sénat, les moins d’accord avec des coupures au niveau du financement public des partis politiques et, la différence est extrême, pour que seules les personnes bilingues (anglais et français) puissent être nommées à la Cour suprême.
Pour ce qui est des questions constitutionnelles et du rapport entre le Québec et le Canada, à contrario du Québec, le ROC pense que « Le gouvernement fédéral devrait avoir son mot à dire dans les décisions concernant la culture au Québec », n’est franchement pas favorable à ce que « Le Québec [soit] formellement reconnu en tant que nation dans la Constitution » et, bien sûr, à ce que « Le Québec [devienne] un État indépendant ».
Et, pour terminer, les Québécois sont plus amplement d’accord que « Les travailleurs devraient contribuer davantage à leur régime de pension (RPC/RRQ) pour avoir des pensions plus généreuses », et que les plus riches devraient payer plus d’impôt, idem pour les entreprises.
À la lumière de tout cela, et avec les résultats de la dernière élection fédérale où le Québec a placé le NPD comme opposition officielle, il n’y a pas de doute que le Québec fait cavalier seul et ne se retrouve pas dans cette fédération centralisatrice, qui sera menée par un gouvernement conservateur, ce parti très impopulaire dans la belle province. Est-ce que les Québécois pourront continuer de faire du déni alors que le ROC est farouchement contre le caractère particulier du Québec? La quintessence de cette hypocrisie étant, pour les Canadiens hors Québec, le total refus de reconnaître la nation québécoise alors que le parti qu’ils ont porté au pouvoir se vante de l’avoir reconnu (bien que ce soit en réalité de la poudre aux yeux!).
Dans ces conditions, le statu quo qui prévaut encore en ce moment est une insulte à l’intelligence. Si le Québec était un individu, franchement, comment peut-il se regarder dans le miroir? L’amour-propre, cela veut-il encore dire quelque chose?
(Photo : topsteph53)
Le Berger Blanc : éthique versus profits
Au-delà de l’indignation que cela provoque, sans nul doute que la question de l’éthique est soulevée. Et dans ce cas précis, il est bien sûr question d’une entreprise privée. Donc, est-ce que parfois, en tout cas dans ce cas précis, l’éthique et la recherche de profits seraient irréconciliables?
Le lien entre les deux est fluide et surtout, direct. S’assurer de faire parfaitement les choses au niveau éthique (on pourrait aussi dire : plus proprement) ralenti tout le processus, augmente les coûts, etc., donc amoindrit du coup les profits. Et puisqu’il est question d’animaux, et que la plupart des gens consomment des produits animaliers sous une forme ou une autre, peut-être que l’éthique prend plus facilement le bord…
Et même si on fait une distinction entre par exemple la boucherie et tout ce qui touche les animaux de compagnie, il reste qu’à la base il est question de consommation. Serait-ce donc que l’éthique ne concerne que les animaux à partir du moment où il s’est développé un lien sentimental au niveau humain? Je ne crois pas, et sûrement que la plupart des gens non plus, même si c’est l’achat compulsif d’animaux dans les animaleries qui cause le problème de l’euthanasie à la chaîne et ainsi la demande pour le service qu’offre une entreprise comme Le Berger Blanc.
C’est sans doute très facile de le soulever après coup, mais une entreprise privée (dont le but premier est de faire du profit) qui doit s’occuper d’animaux de compagnie (qui doit donc respecter une certaine éthique) n’est-elle pas en situation de conflit d’intérêts? En rédigeant cette question, j’avais en tête les cliniques vétérinaires, entreprises privées qui s’occupent d’animaux de compagnie elles aussi. Et il est clair pour moi que la différence est grande. La recherche de profits des cliniques vétérinaires repose sur le lien privilégié entre les propriétaires d’animaux et les vétérinaires, ainsi que sur la réputation générale de la pratique, que participe à maintenir l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec. On pourrait aussi dire que la clientèle des cliniques vétérinaires est composées essentiellement de gens qui aiment leurs animaux au point de payer très cher pour des soins, contrairement à ceux du Berger Blanc qui veulent simplement s’en débarrasser.
Dans le cas des cliniques vétérinaires, comme on a pu le voir, l’éthique est magnifiée par le processus qui mène au profit. Dans le cas du Berger Blanc, on se demande si l’éthique n’est pas qu’un luxe que l’entreprise ne peut pas se payer (ou plutôt ne voulait pas se payer). En tout cas, les images atroces qu’on a pu voir donnent cette impression.
Politique-fiction : Stephen Harper provoquant la souveraineté du Québec
Si le Parti Conservateur gagne majoritairement les prochaines élections fédérales, mais tout juste, comme on se l’imagine, la clé de sa future majorité confortable se trouve peut-être du côté du Québec. (Et même s’il ne réussit pas, dans le fond.) Dans l’optique où le Québec continuerait toujours de s’accrocher au Bloc Québécois, Stephen Harper devrait possiblement songer à se débarrasser de cette épine au pied.
Parce qu’avec le poids du Québec qui ne semble pas réagir de la même manière que le ROC, c’est plutôt difficile de s’asseoir autrement que sur une fesse dans le trône du pouvoir. Et si les autres Canadiens (qui ne voient pas un danger dans Stephen Harper) mesurent la portée de cette différence politique, irréconciliable, il ne sera pas difficile de les convaincre du bien-fondé d’une pousse-putsch de la sorte.
Dehors à coups de pieds au cul bande de larves ingrates! Débarrassez les quêteux, les paresseux! Restez donc ensemble bande de perdants, croupissez avec votre langue en décadence!
Personnellement, je recevrais ce genre d’insultes avec un sourire!
(Photo : k-ideas)
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L’homophobie : facile à enlever d’une liste, beaucoup moins d’une chanson…
Un génie, avec toute la science infuse que lui procure son épanchement pour les individus du même sexe que le sien, m’a fait la morale parce que je m’émouvais de la présence de l’homosexualité dans la liste des diagnostics de la RAMQ. En fait, la pensée de ce prodige se réduisait à me reprocher de pointer ce problème en particulier alors que la problématique est beaucoup plus large. Une chance qu’il y a des surdoués pour soulever ce genre d’évidence, sinon l’humanité serait bien mal en point…
Quoi qu’il en soit, on apprend que cette dénonciation n’a pas été aussi futile qu’il n’y parait puisqu’on a enlevé l’homosexualité de cette liste, finalement. Cela n’a évidemment pas réglé tous les problèmes, mais c’est un pas dans la bonne direction, n’en déplaise aux virtuoses comme celui susmentionné. Mais, pour comparer, étant donné le scandale « Money For Nothing », je me demande si le fait de censurer cette chanson de Dire Straight, où est répété le terme « faggot » (tapette), fait de même. J’aurais tendance à dire que non.
À la base, il est question de confronter les propos d’un individu (un parolier) et une classification officielle, tous les deux que l’on se doit de replacer à une certaine époque. Comme on le voit, il est plus aisé de modifier une liste qu’une oeuvre d’art. Une liste n‘est pas représentative, mais bien utilitaire, et la mettre à jour est dans un sens nécessaire. Pour ce qui est d’une chanson, c’est beaucoup moins simple.
On a beau ne pas être d’accord avec les propos d’un artiste, nous sommes garants de l’époque, sans possibilité de revenir en arrière. Il ne reste alors que la censure comme punition, soit en interdisant la diffusion, soit en gommant d’un son strident le terme honni. Et le révisionnisme historique en cours, qui rend non-fumeur des fumeurs entre autres, n’est pas des plus joyeux, n’en déplaise aux amants du politiquement correct. Il est une insulte au jugement humain, comme si nous n’étions pas capable de faire la différence entre le passé et le présent. Quant à l’utilité de changer une liste (puisqu’on le peut), c’est justement d’officialiser l’évolution des moeurs dans le présent.
Je ne dis surtout pas que c’est bien l’homophobie qui se dégage de la chanson (même que ça reste encore à démontrer). Cependant, s’il faut la censurer, il faudrait aussi le faire pour toutes les pièces musicales où on entend des termes comme « nigger », « bitch », etc., où c’est encore plus évident. Ce sont des symptômes de la xénophobie toujours incluse dans la culture, actuelle et ancienne. Je ne crois pas que de nettoyer plus blanc que blanc participera à changer quoi que ce soit, au contraire. À force de dire des conneries, cela devient pas mal moins excitant de les dire…
Si on veut du changement, vaut mieux travailler à la source. Quand le respect des différences sera dans les moeurs, il n’y aura plus d’artistes pour exprimer des idioties. Parce que, comme on le sait, les artistes sont les reflets de leur époque.
Et l’Histoire n’est-elle pas un bon moyen de constater le chemin parcouru?
(Photo : yxelle)
Pourquoi ne pas avoir consulté les citoyens pour l’exploitation du gaz de schiste?
Le gouvernement du Québec met en branle en ce moment une consultation publique au sujet de l’euthanasie et du suicide assisté. Mais pourquoi ne pas l’avoir fait au sujet de l’exploitation du gaz de schiste dans le sous-sol québécois?
À mon avis, c’est deux poids deux mesures. Si pour le gouvernement les citoyens sont assez intelligents pour se prononcer sur un sujet hautement éthique comme l’euthanasie et le suicide assisté, pourquoi ils ne le seraient pas assez sur un sujet concernant l’économie, et par ricochet l’environnement, le social, etc.?
De un et de l’autre, il est autant question de notre avenir, cela dit sans pour autant me prononcer sur ces questions. Je ne fais que constater l’ironie de cette démocratie élastique que nous sert ce gouvernement arrogant.
Parce qu’objectivement, il y en a des deux côtés des spécialistes pour se pencher sur ces questions, et le grain de sel du citoyen compte tout autant. Mais quelle est la réelle différence entre ces deux enjeux? L’argent. S’il y en avait autant à faire avec des gens en fin de vie, à l’agonie, etc., cette consultation publique n’aurait pas lieu.
Tenez-vous-le pour dit!
(Image : Les ami(e)s du Richelieu)
La procréation assistée gratuite au Québec, bon plan?
Selon La Presse, le gouvernement rendra gratuite la procréation assistée « pour trois cycles de fécondation in vitro, incluant toutes les activités médicales qui y sont liées, de même que les médicaments. »
Nul doute que beaucoup de couples sauteront au plafond à l’annonce de cette nouvelle. Mais je crois que cette problématique mérite un examen, enfin, de ma part, puisqu’entre la procréation assistée et l’adoption internationale, pour plusieurs raisons, je penche éthiquement plutôt vers la deuxième option pour aider les couples désirant fonder une famille.
Alors, il m’aurait semblé préférable d’aider monétairement les couples à adopter. Mais bon, à la base, l’adoption internationale est beaucoup plus coûteuse que la procréation assistée. L’adoption va chercher dans les 10000 $ alors que pour la procréation assistée, ça joue plutôt dans les 2000-3000 $. (Voir la mise à jour qui suit.)
Je pense que le nombre d’humains sur Terre est trop élevé pour justifier une aide à la procréation alors qu’il y a tant d’enfants qui ne demanderaient qu’à profiter d’une vie un peu plus douce par ici. Mais sans le problème de la différence de coût, est-ce que cette solution aurait été mise de l’avant quand même?
J’en doute, parce que j’ai l’impression que le désir de reproduction génétique est plus fort que celui d’être parent, même si au bout du compte c’est la parentalité qui va prendre le dessus. (Étant père, je trouve bien rigolo d’analyser ce que ma fille semble avoir hérité de moi, mais c’est bien plus de sa vie à elle, de son éducation dont il est le plus question. Et c’est ça le plus important.)
Et pour ce qui est de l’adoption internationale, c’est toute une problématique que je ne pourrais décortiquer efficacement dans un court billet de blogue. Cela me semble une bonne solution théoriquement, mais qui en pratique est loin de l’être, justement. Si c’était facile et peu coûteux d’adopter, j’ai bien peur que le problème du trafic d’humains fasse surface.
Rien n’est parfait.
(Photo : noctiluca)
Màj :
Au sujet des frais de la procréation assistée et de l’adoption, mes approximations provenaient de quelques chiffres que j’ai trouvés pendant mes recherches. Il semble que ça ne soit pas les bons.
Pour ce qui est de l’adoption internationale, Dominique Noel me reprend en m’écrivant que les coûts tournent autour de 25 à 50 000 $. Pour ce qui est de la procréation assistée, Geneviève m’écrit « que les frais peuvent varier entre 8 000$ et 16 000$. »
Loi 94 : laïcité ouverte ou couverte?
Alors que je jonglais avec la timidité du projet de loi 94 (« un projet de loi qui vise à encadrer les demandes d’accommodement au sein des organismes publics et parapublics »), je me suis mis à fantasmer.
Imaginez un employé de l’État qui afficherait son adhésion au satanisme en arborant dans son cou une croix à l’envers ou encore mieux, un tatouage sur son front (une version avec le 666 ne serait pas si mal non plus!). Je serais bien curieux de voir ce qui se passerait! (Lire le dernier billet de Le TViste pour des exemples plus abstraits — et le cas intéressant d’un employé de la Faculté des études supérieures et postdoctorales au bureau des bourses à l’Université de Montréal, responsable des communications, qui diffusait et peut-être même diffuse encore sa propre opinion par courriel dans le cadre de son travail à la clientèle.)
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Et ça me fait penser au décorum qui existe au niveau vestimentaire dans les entreprises, et encore plus sûrement chez nos fonctionnaires qui oeuvrent au service à la clientèle. Pour le peu de fois que j’ai pu me trouver en leur présence, je ne me souviens pas avoir déjà vu des coupes mohawks vertes ni rien d’extravagant au niveau de l’apparence. J’en conclus que les gens qui ont un look qui sort de l’ordinaire sont soit découragés, soit carrément pas engagés. Ce qui semble très différent quand il est question de religion. Et en écrivant cette dernière phrase, j’en viens à trouver dommage que le code vestimentaire chrétien soit si peu flamboyant et que la barbe longue en soit parfois, ça complique les choses…
Si vous voyez où je veux en venir, la neutralité générale semble de mise, alors pouvoir afficher sa religion est un accommodement consenti. Autrement, si c’est justifié par la religion, la différence est acceptable (et je ne parle bien sûr pas de différence ethnique/génétique — n’oubliez pas, il n’y a pas de races humaines!).
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En conclusion, au lieu de laïcité ouverte, je parlerais plutôt de laïcité couverte, comme mon titre le suggère, puisque c’est une laïcité qui se cache, qui a honte de s’affirmer clairement. Et le contraire de « clair », c’est très certainement « flou ».
(Photo : kaight_ashbury)















