Tag Archives: culture

Le racisme ordinaire de Jean Tremblay

Le très coloré (beige, brun et gris) maire de Saguenay, Jean Tremblay, se met encore les pieds dans le bénitier. Dans sa croisade anti-laïcité, il a écorché la candidate péquiste de Trois-Rivières, Lire le billet sur Le Globe…

CHI : le féminisme et l’humour

Je suis perplexe suite à ma lecture du texte du Comité Femmes GGI paru sur L’Axe du mad, en lien avec le spectacle de la Coalition des Humoristes Indignés (CHI), dont la CLASSE a refusé Lire le billet sur Le Globe…

Oui Foglia, éduquer l’humain ou le futur travailleur?

Il faut que je vous fasse une confession. Quand je me fais aller les méninges pour vous transmettre mes réflexions sur le web, et ce, depuis que j’ai commencé à le faire en 2007, j’ai le syndrome Lire le billet sur Le Globe…

Christine St-Pierre dans le rouge

Depuis quelque temps, on dirait que Christine St-Pierre a trop de Smarties dans la bouche et qu’elle n’arrête pas d’en laisser tomber, pour le plus grand plaisir des commentateurs comme moi qui Lire le billet sur Le Globe…

Tout le monde en jase – 30 avril

Je débute ma chronique du lundi post-TLMEP avec un tweet d’espoir : L’émission a commencé avec des gagnants #Artis, elle va terminer aussi avec des gagnants. #GGI #TLMEP #espoir #GND — Renart Léveillé Lire le billet sur Le Globe…

Tout le monde en jase – 15 avril

Voici ma chronique du lundi à propos de l’émission Tout le monde en parle, augmentée par une bonne dose de Twitter. C’était particulièrement, à mon sens, une bonne émission. Mon ami Dominic Lire le billet sur Le Globe…

Lettre d’un insurgé linguistique

Cher citoyen du monde, je sais que tu es très fâché de voir des nationalistes défenseurs du fait français vouloir redonner des dents à la loi 101. Je sais que tu te dis que ce n’est vraiment pas grave Lire le billet sur Le Globe…

Le pouvoir de l’intolérance, ou comment sortir de l’impasse identitaire

J’en viens à comprendre de plus en plus pourquoi il est si facile de taxer d’intolérance toute personne remettant en question le multiculturalisme ou un élément religieux qui fait surface dans la Lire le billet sur Le Globe…

Le multiculturalisme est aussi un choc des cultures

Vous m’excuserez, ça fait genre une semaine. Rima Elkouri relatait dans La Presse une histoire incroyable. Un jeune commis de station-service s’est fait agresser par un client parce qu’il Lire le billet sur Le Globe…

Tout le monde en jase – 5 février

Agréable soirée de télévision en compagnie de mon ami Dominique Ste-Croix. Pour lui, c’était son baptême de twivage!

Isabelle Gaston

Avant même le début de l’émission, le débat commençait Lire le billet sur Le Globe…

Français au Québec : langue officielle mon oeil!

 

Petite anecdote. J’habite Ste-Thérèse, une petite ville de la couronne nord où je suis revenu, après une escapade montréalaise de plus de 15 ans. Je me promenais dans un parc le jour de Noël 2011 en compagnie de ma conjointe (nous ne sommes pas mariés) et de notre fille de 3 ans, la traînant dans une luge.

À l’approche d’une dame et de son petit chien, j’ai dit à ma fille, assez fort : regarde le petit chien! La dame s’approche, lâche son chien qui accourt vers ma fille, et elle lance un commentaire en anglais en lien avec son chien et les enfants. Comme tout bon Québécois qui se respecte, nous avons répondu à son commentaire, que nous avons très bien compris, mais en français. Devant son silence qui nous démontrait très bien son incapacité, du moins, à nous répondre dans la langue de la majorité québécoise, nous sommes partis sans demander notre reste…

Tant qu’à être dans les anecdotes, Mathieu Bock-Côté publiait très récemment sur son profil Facebook ce fait vécu :

 

Hier, à la place Alexis Nihon.

Moi – Je prendrai des amandes, et un jus d’orange.

Le vendeur de 73 ans (en anglais) – 3,73$

Moi – Pardon ?

Lui (toujours en anglais) – 3,73$

Moi – Pardon ?

Lui – Oh ! vous voulez vous faire servir en français ?

Moi – C’est élémentaire, non ?

Lui – C’est rare les Québécois qui exigent d’être servis en français.

 

Je peux presque comprendre les rires gras, le dénigrement et le je-m’en-foutisme devant les réactions virulentes à la suite de la nomination de Randy Cunneyworth comme entraîneur du Canadien de Montréal (même si tout ça me fait rire très jaune), mais ici, on ne peut absolument pas faire passer quelconque intérêt devant la survivance du fait français au Québec, à moins d’être tout bonnement contre. Et si la description de ces deux situations vous glisse comme sur le dos d’un canard, assumez, vous êtes contre!

S’il est normal pour un commerçant de servir tous ses clients en anglais au Québec et s’il est possible pour une dame qui ne parle pas français de s’installer dans une petite ville très majoritairement francophone sans avoir besoin de l’apprendre, c’est qu’il y a un problème. Mais bon, c’est bien certain que ce problème n’existe tout simplement pas pour certains, comme en fait foi cette lettre d’un dénommé Michel Magnant, publiée sur le site du journal Le Devoir :

 

La loi 101 a rendu la souveraineté redondante.

L’objectif fondamental du mouvement souverainiste était de se séparer pour protéger la langue française et la culture québécoise. Or ces deux objectifs ont été atteints en très grande partie grâce à la loi 101. Nos institutions sont essentiellement francophones, l’économie est largement passée aux mains des Québécois, nos grandes firmes de haute technologie et d’ingénierie sont québécoises et en bout de ligne le français est devenu absolument la langue officielle du Québec, même pour les fédéralistes. Dans cette foulée la majorité des Québécois ne croit plus qu’il faille faire la souveraineté pour sauvegarder ce qui l’est déjà!

 

Je n’aurais même pas été surpris de lire dans ce texte que la corruption et la collusion n’existent pas au Québec…

Le Canadien et le français : Cunneyworth est un prétexte

(Photo : cdn.nhle.com)

Au Québec depuis quelque temps, tu es indigné par un entraineur temporaire unilingue anglophone ou tu es indigné de voir tant d’indignation pour soi-disant pas grand-chose. Pour ma part, je suis surtout content de constater que pour une fois le hockey (le sport — pas le phénomène social) est presque seulement un prétexte.

Parce que oui le hockey est un catalyseur, je ne peux pas le nier, même si personnellement je ne m’y intéresse pas tellement. Dans le fond, le gros du débat en lien avec l’entraineur unilingue anglo concerne le fait d’y voir ou non seulement une question sportive. Si on y voit seulement une question sportive, c’est bien certain que le fait de la non-capacité de s’exprimer en français d’un entraîneur est hautement secondaire. Sans conteste, Randy Cunneyworth est un personnage interchangeable dans cette histoire. Mais j’ai l’impression que certains se rangent de ce côté parce que c’est une manière facile d’avoir un argument qui a l’air intelligent contre ceux qui voient dans cette situation une occasion de parler de la problématique linguistique.

Sinon, je crois qu’on sous-estime la population et sa capacité d’analyse. La question du fait français ressort de plus en plus de tous les côtés et je pense que cette histoire est seulement la goutte qui a fait déborder le vase. D’autant plus qu’il s’agit du Canadien de Montréal, point d’ancrage important de l’identité québécoise qui est, comme on le sait, historiquement récente.

Parlant d’Histoire, mon collègue Patrick Lévesque a soulevé le fait avéré que le « hockey est un sport d’anglophones, créés par des anglophones, pour des anglophones » et que le « peuple de Canadiens Français soumis et assimilé n’a vu dans ce club qu’un moyen de se valoriser aux yeux de la majorité dominante du pays ». Normand Lester a d’ailleurs soulevé la même chose avec sa chronique « Le club de hockey Canadien est anglophone depuis 70 ans. Réveillez-vous que diable! »

Le message est limpide, mais je ne crois pas qu’il réussit à mettre un terme au débat, au contraire. Cela ne fait que l’attiser. Croyez-vous vraiment que la majorité de la population amateur du CH va se faire enlever à grands frais le tatouage qu’il a sur le coeur pour cette raison? C’est bien beau l’Histoire, mais la relation entre le Canadien et les Québécois s’est actualisée jusqu’à aujourd’hui et là où le bât blesse il ne fait pas moins mal parce que l’historique du club l’explique.

Cette situation est la métaphore parfaite pour démontrer l’ignorance de certains décideurs quant à l’importance accrue du fait français au Québec. Il ne faut vraiment pas avoir de flair politique pour avoir pris la décision de nommer cet unilingue, même temporairement. C’était bien évident que ça allait réagir beaucoup plus fort que pour l’affaire de la Caisse de dépôt, simplement parce que le hockey est omniprésent et est même pour certains pratiquement le seul contact qu’ils ont avec la société.

Randy Cunnyworth est un prétexte, mais surtout une étincelle. Comme le souligne Josée Legault : pour « que MÊME la ministre de la Culture, autrement connue pour sa capacité exceptionnelle à faire du surplace entêté sur la question linguistique – dénonce la nomination de cet entraîneur unilingue anglophone », c’est que la situation est pour le moins sensible. Le ras-le-bol n’attendait qu’une occasion de se manifester, et elle a été servie sur un plateau d’argent.

Et je ne crois pas que de ridiculiser ce ras-le-bol en pointant le fait que c’est une nomination temporaire va aider la cause des amateurs de vin dilué à l’eau, le mal est fait. Espérons que cela portera fruit. Je vous laisse imaginer dans quel sens…

 

Pour laisser un commentaire, suivre ce lien : http://leglobe.ca/blog/2011/12/le-canadien-et-le-francais-cunneyworth-est-un-pretexte/

L’image de la femme dans la société mercantile

 

Judith Lussier, une blogueuse d’Urbania, a jeté un pavé dans la mare du problème de l’imagerie féminine dans notre société mercantile avec sa défense d’H&M. En sous-titre, elle déclare, « Moi, les images de synthèse, ça me va », alors que cette chaîne de boutiques modes a fait scandale en utilisant sur son site « des images de synthèse comme mannequins », images qui sont tout près des images d’anorexiques que nous offre les mannequins en chair et en os — surtout en os.

L’argumentaire de la blogueuse tourne autour de l’idée que des femmes qui ont ce gabarit existent et qu’elle préfère personnellement ce modèle à celui des mannequins taille forte, comme elle l’indique en conclusion :

Depuis quelques années, on en est bien conscients. On sensibilise les gens à prendre soin de leur santé, à faire de l’exercice. Paradoxalement, on valorise les mannequins taille forte, moins menaçants pour l’estime de soi. Je n’ai rien contre les mannequins taille forte, mais je n’ai pas envie non plus qu’elles deviennent la norme. Même si c’est parce qu’elles ont des «gros os» et qu’en fait, elles sont en santé. Je n’ai pas envie que la norme, ce soit d’avoir quelques livres en trop. Que les gens regardent les vêtements sur des corps qui leur ressemblent, validant leur propre débordement lipidique.

À lire les nombreux commentaires qui ont été laissés à la suite du billet, c’est la finale qui a frappé le plus l’imaginaire :

Les filles d’H&M, selon moi, sont parfaites. Et si elles donnent envie d’aller au gym, pourquoi pas.

Perso, je n’ai pas vraiment été choqué par ce billet. Ce que je trouve en fait, c’est que le débat se sépare trop entre deux extrêmes et que ça ne me semble pas très sain. La blogueuse apporte de bons points de réflexion et pourtant on les occulte parce qu’il y a de la prise pour un discours très émotif sur le problème de l’anorexie et des autres problèmes alimentaires. Ça devient presque « pour ou contre l’anorexie », mais je le comprends puisqu’il n’y a aucun doute que l’imagerie de la mode féminine actuelle entretient le culte de la minceur, qui semble une cause de ces problèmes psychologiques. Par contre, ça m’apparaît réducteur de seulement le voir sous cette loupe.

Mais où la blogueuse se plante vraiment à mon avis, c’est quand elle ne fait pas de franche distinction entre ce qu’elle appelle « les mannequins taille forte » et le fait « d’avoir quelques livres en trop ». Donc de mettre dans le même panier les obèses, celles qui « ont des « gros os » [et qui] sont en santé » et celles qui ont « quelques livres en trop » selon la norme irréaliste dictée par la mode. Et ce panier, de le mettre en contradiction avec les femmes qui ont un taux minime de gras sur elle (naturellement, ou avec beaucoup de travail et de sacrifices). Parce qu’avoir « quelques livres en trop » dans notre société, c’est la plupart du temps avoir un poids santé. C’est là où la science et la culture s’affrontent.

Personne ne sera trop surpris si j’écris ici que d’un point de vue masculin hétérosexuel ma préférence ne va vraiment pas du côté de la femme avec un taux minime de gras qui lui donne un air anorexique. J’ai vraiment de la grosse peine quand je vois à l’écran une Keira Knightley pourtant si belle représenter Chanel dans son nouveau corps où ses épaules osseuses rappellent plus l’Halloween que le romantisme que voudrait suggérer la pub. Et je ne crois vraiment pas être minoritaire à penser de même. Me trompé-je si j’écris qu’il y en a beaucoup (une majorité?) pour penser que le canon de beauté que représentait jadis Marilyn Monroe aurait dû faire des petits vigoureux au lieu de fondre comme neige? Mais je ne voudrais pas non plus ramener le débat à la seule préférence de l’homme hétérosexuel (quoique, j’ai souvent entendu que les femmes filiformes seraient la conséquence d’un milieu de la mode investit par les designers homosexuels qui auraient inconsciemment déféminisé les mannequins en leur enlevant leurs seins et leurs hanches…).

Si on ramène le débat au niveau strict de la santé, le modèle actuel est dommageable pour plusieurs raisons, on le sait, parce qu’il pousse dans un sens. Mais un modèle qui irait dans l’autre sens (les mannequins taille forte) le serait tout autant, sinon plus, simplement parce qu’il est plus facile de se rendre jusqu’à avoir un problème d’obésité. C’est déjà une tendance profondément ancrée dans les sociétés occidentales, alors il serait bien dangereux de l’alimenter de cette manière. Entre les lignes, c’est ce que j’ai compris du message de Judith Lussier et j’y acquiesce, même s’il me semble trop enrobé d’un grand parti-pris pour le modèle actuel, pour le statu quo.

Pour ce qui est de pointer la teneur de ce parti-pris, j’ai de la difficulté à choisir entre une résignation presque fataliste ou une constatation à tendance objective de la réalité. Parce qu’effectivement notre réalité culturelle est la causalité d’une lente évolution et qu’il serait bien impossible de la changer du tout au tout, là, tout de suite, en claquant des doigts. Parce que oui cette culture est en soi sujette à caution, mais elle est, elle existe malgré tout, quoi qu’on en pense. On a beau la remettre en question à coups d’arguments bien légitimes, mais la décision n’appartient pour l’instant qu’aux publicitaires et les entreprises qui les guident et les payent. C’est comme de s’époumoner à donner des coups d’épée dans l’eau…

Alors, il faudrait bien s’armer de lois bien difficiles à créer pour contrer tout ça (ou une campagne massive de boycottage — et je doute fortement que ce soit possible dans notre monde…). Parce que quand, comme je l’ai fait, suggérer une loi pour « Interdire la pub à caractère sexuel avec des modèles ayant moins de 18 ans » est déjà un casse-tête extrêmement difficile, je n’ose m’imaginer à quoi ressemblerait une réglementation régissant ce à quoi devraient avoir l’air les femmes dans les publicités pour plaire le plus possible à tous et contrer les effets pervers.

Devant la quasi-inéluctabilité de la situation, ce qui est quand même optimiste, on ne peut qu’espérer que le hasard (et un peu de volonté) ferait en sorte que la mode changera d’elle-même vers une diversité plus représentative de la femme.

(Photo : weelakeo)

Pour laisser un commentaire, suivre ce lien : http://leglobe.ca/blog/2011/12/limagerie-feminine-dans-la-societe-mercantile/

Réponses à « Doléances pour un Québec dépassé »

 

Jérôme Lussier a publié sur le site du Voir un texte nommé « Doléances pour un Québec dépassé ». Je crois que chacune de ses phrases mérite une réponse. Je ne lui ai pas demandé la permission pour le faire, au contraire de Jean-François Lisée, mais je l’ai fait quand même…

 

Ce n’est pas de l’idéologie de croire que le bilinguisme constitue un avantage et de vouloir en faire bénéficier ses enfants et ses concitoyens.

 

C’est premièrement une idéologie de croire que le bilinguisme au Québec est seulement une question d’anglais comme deuxième langue pour les francophones. C’est une idéologie de croire que l’anglais est essentiel à tous les francophones, comme si tous les aspects de la vie des francophones ne pouvaient se vivre pleinement sans une connaissance de l’anglais. Comme si, pour pointer l’aspect central de la propagande pro-bilinguisme, tous les emplois sans exception demandaient le bilinguisme (le marché de l’emploi le demande pour beaucoup aujourd’hui grâce au laxisme gouvernemental et des entreprises qui n’ont pas assez fait la promotion de la langue française au travail) : le service à la clientèle, et autre travail demandant vraiment la connaissance de l’anglais pour des raisons évidentes, ne sont pas une majorité des emplois au Québec à ce que je sache.

 

Ce n’est pas naître pour un petit pain de rêver que sa fille étudie à Stanford, que son fils travaille à Shanghaï, que son neveu boxe à Las Vegas ou que sa nièce défile à Milan.

 

Non, mais n’est-ce pas un peu proposer, en le formulant ainsi, que quelqu’un qui veut rester ici ne peut pas faire aussi de grandes choses, qu’il ne peut pas être heureux avec ses « petits » rêves?

 

Ce n’est pas une perversion de préférer Bon Iver à Paul Piché, Adele à Céline, les Beastie Boys à Loco Locass, mais d’aimer aussi Jean Leloup, Arcade Fire, Malajube et Beau Dommage.

 

Je suis d’accord. Mais il ne faut pas oublier que beaucoup de francophones n’aiment pas du tout les artistes qui chantent en français parce que leur oreille s’est (trop) habituée à l’anglais. Ça existe. Sans oublier certains anglophones qui ne sont pas du tout intéressés par ce qui se fait ici en français. Est-ce que j’ai le droit de trouver ça triste même si j’écoute majoritairement de la musique anglophone parce que je n’aime majoritairement pas la musique francophone d’ici qui s’est repliée sur la musique de feu de camp et l’insipide imitation de ce qui se fait ailleurs?

 

Ce n’est pas de la rectitude politique d’affirmer que les questions environnementales, culturelles et économiques de notre époque dépassent le cadre des politiques nationales.

 

Il n’y a pas encore vraiment de gouvernement mondial (le souhaitons-nous vraiment?), alors nous n’avons pas vraiment le choix de composer avec les politiques nationales et de même faire l’analyse du choc entre les politiques nationales, provinciales et municipales. Seulement se concentrer sur le monde, c’est faire l’économie de la réalité de la proximité.

 

Ce n’est pas une religion de constater que Facebook, Twitter et Internet permettent de découvrir et entretenir en temps réel des communautés qui se moquent des frontières.

 

Et il est tout à fait possible de se servir de ces outils pour se créer un réseau francophone par exemple, même seulement québécois francophone si on le désire. La liberté peut se rendre dans ce sens aussi. Mais bon, le mépris à peine voilé de ceux qui vont dans l’autre sens a parfois de la difficulté à se contenir…

 

Ce n’est pas cynique de rappeler que l’univers ne commence pas à Hull et qu’il ne se termine pas à Gaspé et que les lois et les espoirs du Québec n’ont pas de portée extra-territoriale.

 

Quand je parlais de mépris…

 

Ce n’est pas une trahison de concéder que le Québec ne représente que 0,1% de l’humanité et que son statut constitutionnel n’y est pour rien.

 

Mais c’est bien trop regarder notre situation de haut pour je ne sais quel but (même si j’ai un doute de quel but il s’agit…). À ce compte-là, notre bonne Terre est immensément plus une goutte d’eau dans l’océan…

 

Ce n’est pas naïf de dire que le Québec a autant sinon plus besoin du reste du monde que le reste du monde a besoin du Québec.

 

À ce que je sache, le Québec n’a jamais été en autarcie donc il est clair pour moi que cette phrase vise plus amplement la donnée culturelle. Serait-ce une lecture trop négative que d’y lire un dénigrement de notre culture?

 

Ce n’est pas de la haine de soi de contempler sans complaisance ce qui pourrait rendre notre langue et notre culture sans attrait pour des immigrants ou des visiteurs.

 

Cela est la constatation que le Québec ne pourrait être qu’utilitaire pour des immigrants (gagner un meilleur niveau de vie, c’est tout). Au-delà de cette triste constatation qui me semble réaliste, voulons-nous vraiment cela? Mais le gros problème avec cette phrase, c’est que la question de savoir si notre langue et notre culture serait ou non sans attrait se pose parce que le Québec est une province dans un Canada majoritairement anglophone et qui fait la promotion du choix linguistique dans son approche avec les immigrants. Il n’y aurait pas d’équivoque pour un migrant qui choisirait un pays nommé Québec. Pour ce qui est d’un visiteur, il a tout à fait le loisir de venir cracher sur nous si ça lui chante…

 

Ce n’est pas déplacé de suggérer que le copinage, la corruption, les mauvaises écoles et les hôpitaux dysfonctionnels nuisent davantage au Québec que l’université McGill.

 

Comparer des bananes avec des oranges, tant qu’à y être?

 

Ce n’est pas fédéraliste d’être exaspéré par ceux qui parlent davantage de la Nuit des longs couteaux que du décrochage, du soin des personnes âgées et du suicide au Québec.

 

Moi je suis exaspéré par ceux qui voudraient enterrer un problème au nom d’autres problèmes qu’ils trouvent plus important à leurs yeux. Ce qui est fédéraliste, c’est justement de vouloir gommer certaines parties de l’Histoire et de ne pas vouloir que l’indignation se perpétue dans le temps.

 

Ce n’est pas de l’àplatventrisme de refuser d’imposer sa langue à quelqu’un qui la rejette, comme on refuserait de forcer une femme à nous aimer si on échoue à la séduire.

 

La différence, c’est que l’auteur va sûrement vouloir loin de lui cette femme qui lui a refusé son amour alors qu’il va parler avec plaisir anglais avec l’autre… La comparaison ne tient pas la route. Bien au contraire, il démontre que les unilingues et autres allophones qui ne veulent rien savoir du français sont dans une dynamique de rejet de la société dans laquelle il sont, et il est entièrement d’accord avec ça!

 

Ce n’est pas être à genoux de respecter la liberté des autres comme on souhaiterait qu’ils respectent la nôtre.

 

C’est bien malheureux de ne pas avoir ici pointé de quoi il s’agit exactement. Mais je lis entre les lignes qu’il s’agit de la question linguistique. Alors, si dans notre monde on nous impose (par la propagande pro-bilinguisme mondialisante) le fait de savoir parler anglais pour pouvoir respecter au final le choix des anglophones et des allophones de ne pas parler français au Québec, n’est-ce pas là la preuve que le concept de liberté au niveau linguistique ne peut pas être réduit à un énoncé aussi simpliste? Et, concernant l’apprentissage de l’anglais, il faut bien sûr avoir le moins d’accent possible, puisque c’est hautement honteux d’avoir un accent français au Québec!

 

Ce n’est pas du nombrilisme de considérer qu’il y a, en matière culturelle, une sphère intime qui échappe autant à la supervision de l’État que la chambre à coucher.

 

En effet, mais ne serait-ce pas en même temps nier l’influence extérieure de cette sphère intime que de le formuler aussi sommairement?

 

Ce n’est pas être défaitiste de plaider que, même dans la défense d’une langue et d’une culture, la fin ne justifie pas toujours les moyens.

 

Voilà la preuve que parfois une simple phrase égare la pensée plus qu’elle ne la fixe…

 

Ce n’est pas être vendu de douter de l’utilité d’une politique d’hostilité envers les serveuses anglophones comme mode de promotion de la langue officielle.

 

J’en doute aussi, mais je ne doute pas que si elles étaient mises en situation plus souvent de devoir parler français, elles seraient bilingues elles aussi.

 

Ce n’est pas être colonisé de parler anglais à l’occasion à Montréal, une ville qui a toujours été bilingue et cosmopolite.

 

Quiconque à le droit de parler anglais n’importe où. Être colonisé, c’est de ne pas être capable, parce qu’on est soi-disant amoureux de la liberté, de poser des gestes pour montrer l’importance du français comme langue commune alors que cette attitude est aussi une preuve de la liberté de chacun d’envoyer un signal clair.

 

Ce n’est pas de la gentillesse excessive de tolérer sans colère la présence de gens dont la langue, les idées et la culture diffèrent des nôtres.

 

Je ne crois pas qu’il est question ici de gens avec lesquels il n’y a aucun moyen de communiquer (donc l’auteur doit parler de gens avec lesquels il peut échanger quand même en anglais). La seule colère acceptable serait donc celle concernant une impossibilité de communiquer. Et la colère d’un unilingue francophone ne pourrait être acceptable puisqu’il est en soi coupable de ne pas avoir appris l’anglais… Sinon, il faut accepter avec bonne humeur les ghettos qu’a bien heureusement participé à créer le multiculturalisme canadien… (Les deux dernières phrases sont à lire avec en tête le mode ironique.)

 

Ce n’est pas de l’amnésie de revendiquer pour les Québécois d’aujourd’hui une identité qui n’est plus celle de leurs ancêtres de la Nouvelle France.

 

Bien d’accord. Ce n’est même pas contradictoire avec une position de défense du fait français que l’on pourrait qualifier d’extrémiste du côté des amants du multiculturalisme et du bilinguisme (obligatoire).

 

Ce n’est pas une hérésie de supposer qu’une nouvelle génération se reconnaisse davantage dans certaines valeurs universelles que dans un désir d’homogénéité culturelle.

 

C’est un discours bien pensant que de mettre en contradiction ainsi les valeurs des mondialistes et des nationalistes comme si un excluait nécessairement l’autre. Ouverture contre fermeture. Selles de boeuf! (Et s’il faut que je traduise : bullshit!)

 

Ce n’est pas de la propagande de soutenir que le contrôle politique, culturel et linguistique ne peut plus s’exercer en 2011 comme en 1971.

 

Bien sûr, car les rapports de force ne sont plus les mêmes. Et cela dépend aussi toujours de l’analyse qu’on en fait. Avec la mondialisation, l’omniprésence de la culture états-unienne et l’anglomanie mondiale, on ose penser et dire qu’en 1971 c’était trop… alors que la mollesse actuelle est toujours trop…

 

Ce n’est pas déconnecté de sentir, comme Dany Laferrière, qu’il est urgent de “sortir le Québec du Québec”.

 

Ce n’est pas déconnecté de sentir qu’il faut aussi garder un pied dans le Québec. L’équilibre, toujours l’équilibre.

 

Ce n’est pas complexé d’être convaincu que le Québec est plus fier quand il affronte la concurrence et triomphe que quand il s’isole et se déclare gagnant.

 

J’aimerais savoir où le Québec s’isole et quand il « se déclare gagnant »? Il est bien évident que cette phrase s’est construite dans l’optique où la fierté québécoise (qui n’est pas la même que la fierté d’être un terrien) est contre-productive.

 

Ce n’est pas faible d’imaginer que nous sommes plus forts quand on montre ce qu’on sait faire que quand on interdit aux autres de faire différemment.

 

Encore ici un talent certain pour mettre en contradiction deux notions qui ne devraient pas l’être. Et puis, en réalité, je ne comprends pas où « on interdit aux autres de faire différemment ». Encore un problème avec cette idée d’essayer d’être clair avec seulement une phrase. L’idée est bonne, mais elle a ses limites…

 

Ce n’est pas suicidaire de proposer que le Québec a plus à gagner à participer à la mouvance contemporaine qu’à tenter en vain de se protéger du reste du monde.

 

Le Québec ne participe pas déjà « à la mouvance contemporaine »? Force est de constater que la vision de l’auteur par rapport au Québec est sombre et aveuglée par on ne sait trop quoi. Une minorité d’anglophobes primaires qui l’ont trop impressionné? Quelques nationalistes ultraconservateurs qui ne jurent que par leur petit bout de campagne québécoise et qui seraient pour lui extrêmement représentatifs du portrait collectif québécois?

Et puis, pour revenir à la langue, n’est-ce pas un discours qui occulte le fait que, dans le « reste du monde », il y a des pays pour donner du chien à leurs politiques linguistiques, et même des pays anglophones?

Il n’est pas question de se replier sur soi ni de rejeter les autres. Mais bien de clarifier le contrat social pour faire en sorte que soit sans équivoque la volonté que la langue française continue de s’épanouir auprès de tous les habitants du Québec comme langue de communication commune et véhicule de la culture d’ici, au moins ici (il serait naïf de croire qu’on pourrait exporter notre culture majoritairement en français québécois, l’histoire ne nous ayant pas donné autant raison que les colonies britanniques). J’écris « la volonté », mais il est certain que ce n’est pas partagé par tous, les propos de Jérôme Lussier en faisant foi.

Alors, il est bien triste de constater qu’une partie de la nouvelle génération, ainsi que bien des gens des autres générations, ne se rend pas compte du piège dans lequel elle a mis le pied. Un gros oui à l’ouverture aux autres, mais cette ouverture à une limite, et c’est celle de ne pas se nier soi-même pour accommoder le mépris ou la paresse des autres.

Parce que je crois que nous sommes importants à notre façon, pas seulement une vulgaire tache dans l’Histoire.

 

Pour laisser un commentaire, suivre le lien suivant : http://leglobe.ca/blog/2011/12/reponses-a-%C2%AB-doleances-pour-un-quebec-depasse-%C2%BB/