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La majorité silencieuse et le gros bon sens sont des peureux

J’aimerais reprendre ici une réflexion de Jason Keays, réflexion partagée sur sa page Facebook. Ce qu’il dit, c’est que le « gros problème du mouvement des carrés rouges Lire le billet sur Le Globe…

La gratuité, vraiment?

Auparavant, j’étais un fervent défenseur de la gratuité scolaire. Dans le contexte où les travailleurs québécois sont déjà lourdement imposés et qu’ils participent majoritairement à Lire le billet sur Le Globe…

La pompe à cash

 

À mon sens, un texte paru le 9 juin sur Cyberpresse*, « Le Québec n’a pas d’argent… Vous voulez rire? », jette un éclairage nouveau sur (entre autres) la croisade québecorienne contre les subventions à la culture et pour celles demandées pour la construction d’un futur amphithéâtre à Québec :

Depuis 1995, le Québec a accordé entre 75 et 120 milliards de dollars en subventions aux entreprises, selon différentes études. Après l’échec du Oui, en 1995, Lucien Bouchard devient premier ministre et met en place l’agenda néo-libéral du Parti québécois (PQ) sous le slogan du «déficit zéro». Le rôle de l’État change de façon radicale et la social-démocratie en prend un coup. Remplacé par Bernard Landry, l’État se positionne de plus en plus comme la vache à lait de la grande entreprise, non plus sous forme de garanties de prêts par les banques ou de prêts par la Caisse de dépôt, mais sous forme de subventions directes et indirectes, et de crédits d’impôt. Sans le savoir, le contribuable va payer une bonne partie des salaires des Ubisoft, CGI, IBM, GM, Vidéotron ou Olymel de ce monde… La plupart des Québécois ignorent même qu’ils paient entre 60 et 65% des salaires de recherche des grandes compagnies pharmaceutiques, qui nous revendent les médicaments à gros prix.

L’arrivée du Parti libéral (PLQ) au pouvoir n’a rien arrangé. Jean Charest met en place les concepts de réingénierie de l’État et de partenariat public-privé. Le démantèlement de l’État s’accentue avec son lot de favoritisme, de collusion et parfois même de corruption. Convenons que le tout était déjà commencé sous l’ancien gouvernement péquiste. L’opposition Marois ne propose rien de nouveau et se garde de remettre en question sa position économique qui, dans les faits, se confond avec celle du PLQ.

Le reste du texte est absolument à lire et démontre bien que ce ne sont pas les subventions à la culture qui sont l’ultime pompe à cash…

Pointer les artistes sert bien à diriger l’opinion publique et à les mettre en rivalité avec ce qui semble cimenter le mieux le consensus social, soit le hockey. Que l’on parle de culture ou de sport, il reste que ce sont toujours de subventions dont il est question. Et même, de subventions à des entreprises. Et qui dit subvention, dit aide. Ça serait déjà hypocrite que de les mettre sur un même pied d’égalité, mais, encore plus, on isole la culture pour lui lancer des tomates…

Serait-ce le fruit du hasard?

*Découvert via le compte Twitter du poète Tony Tremblay


 

Serrer la ceinture

Signez la pétition de l’Assemblée Nationale. (Merci à Noisette Sociale!)

Une manifestation pour Kovalev…

alex_kovalev-thumb-130x124-22022.jpgOn essaye de forcer la main de Bob Gainey. Effectivement, hier, dimanche, une manifestation s’est déroulée devant le Centre Bell « pour que l’attaquant russe », Alex Kovalev, « revienne jouer à Montréal. » Aussi, deux pétitions accumulent les signatures actuellement sur le web.

(Pour lire la suite, ça se passe du côté de L’événement sur le web où je remplace Cécile Gladel pour la semaine. J’y expose quelques réactions, dont celles de Nicolas Racine et des blogueurs derrière Histoires de Geek!, Go Habs Go et Habs en Orbite.org.)

Encore Stéphane Gendron…

C’est grâce à Ya Basta que j’ai su que Stéphane Gendron fait l’objet d’une enquête pour harcèlement sexuel et qu’on s’apprête à porter plainte contre lui pour harcèlement criminel. La conseillère municipale Tonya Welburn est la plaignante dans cette dernière affaire.

« La conseillère a enfin tenu à rappeler que par le passé de nombreuses victimes de harcèlement ont été réduites au silence avec l’argent des contribuables de la municipalité. »

C’est gros ça. Celui qui a été radié pour 4 ans du Barreau se retrouvera peut-être derrière plusieurs…

Comme la blogueuse le souligne :

Ce n’est pas parce qu’il est à droite…qu’il est nécessairement droit !

Mais bon, je ne suis pas certain qu’il soit tellement « de droite » pour tout le monde… Certaines de ses positions penchent aussi pas mal à gauche, comme son point de vue sur les sacs de plastique, entre autres. Il a même dit qu’Israël égale nazi, ce qui est pas mal à l’antipode de la droite!

Avec tout ça, le mystère Gendron grandit.

Comme une savonnette qui nous glisse entre les doigts.

(Image : Yan / rang10.com)

Ajout :

Le point de vue du maire :

http://www.cnw.ca/fr/releases/archive/January2009/21/c9673.html

Nourrir le feu

Le Détracteur m’a allumé sur une campagne de pub gouvernementale du côté anglo qui a pour but de promouvoir la langue française dans les conversations. Le slogan est « Bonjour is the best beginning » et cette campagne a coûté 1.5 million. J’ai trouvé un article sur le site de la CBC qui en parle. Il semble que ça fait saigner les oreilles des anglos…

Un de ceux-là, un dénommé Ted Duskes, patron d’une entreprise d’équipement technologique, argumente en disant que les Montréalais ne veulent pas entendre ça, spécialement quand la province a de gros problèmes sur les bras. Il en rajoute en disant qu’on ne devrait pas dépenser tout cet argent quand on n’en a pas, que des gens attendent dans les couloirs des hôpitaux, qu’il n’y a pas d’infirmières et que c’est frustrant. Bla, bla et rebla que j’imagine, et qui n’ont pas été cités dans l’article…

Je ne dis pas non plus, comme mon ami blogueur, que c’est la meilleure manière de dépenser l’argent des contribuables et de promouvoir le fait français, mais j’ai le goût de jouer à l’avocat du diable. Par exemple, ce 1.5 million ne s’est pas évaporé, il a été injecté dans l’économie tout de même… Mais bon, gageons que ce Ted trouverait bien d’autres raisons sans lien avec le débat linguistique pour se mettre la tête dans le sable si la situation était rose… Mais il y a toujours des problèmes, certains plus urgents que d’autres pour certaines personnes. Est-ce que cette problématique importante pour une bonne partie de la population devrait toujours être à la remorque des diverses problématiques comme David Suzuki considère que le mouvement souverainiste devrait se mettre en veilleuse pour le bien de la question environnementale?

D’un côté, on refuse de se faire dire qu’on devrait « peut-être » faire un pas vers les francophones, et de l’autre, nous nous faisons traiter par le ROC « de racistes, d’idiots et de maudits profiteurs » via leurs deux plus grands journaux parce que nous n’avons pas voulu voter pour Stephen Harper.

C’est encourageant encore!

L'épouvantail de viande

Jana Sterbak, Vanitas, robe de chair pour albinos anorexique, 1987, robe en viande de boeuf.

Jana Sterbak, Vanitas, robe de chair pour albinos anorexique, 1987, robe en viande de boeuf.

À la suite d’un billet paru sur 10putes, au sujet de la position anti-artiste de Christian Rioux et de tous les puritains culturels de ce monde, un petit débat à couteaux qui volent bas a fait rage. Quand le rigolo droitiste (qui se réclame du centre, rien de moins!) a sorti de sa manche l’histoire de la robe de viande de l’artiste Jana Sterbak pour appuyer son dénigrement, je me suis replongé dans cette saga qui avait fait les manchettes en 1991.

Topo (via les archives de Radio-Canada) :

L’exposition Corps à corps de l’artiste contemporaine montréalaise Jana Sterbak n’a pas plu à tout le monde. Une des pièces présentées au Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa était une robe faite de plusieurs kilos de viande se décomposant au fil des jours. Cette unique pièce, baptisée Vanitas, fit parler plus d’elle que l’exposition dans son ensemble.

Plusieurs, dont le député conservateur Fernand Jourdenais, ont été offusqués et l’ont fait savoir. Leur principal argument étant que le financement de l’œuvre sortait des poches des contribuables.

Ce n’est pas la première fois que l’on invoque l’argent des contribuables pour tenter de faire interdire une œuvre ou une exposition. En 1989, ce même Musée des beaux-arts du Canada acquiert un tableau de l’artiste Barnett Newman. Dans ce cas, ce n’est pas tant l’œuvre elle-même que ses détracteurs contestent, mais les 1,8 millions de dollars que dépense le musée pour l’acquérir.

C’est quand même drôle comment l’histoire semble se répéter. Le conservatisme aime bien se faire la main sur les artistes quand il en a l’occasion. Leitmotiv redondant. Quand il n’a pas de scandale sous la main, il le crée de toutes pièces.

Ce que ça démontre le plus, c’est la triste incapacité de voguer au-delà du premier degré. Quand un scandale peut se matérialiser dans ce premier degré, ce dénominateur commun, ce sel consensuel, le jugement binaire peut se mettre en branle. Et les perpétuels entartistes sans tarte ni crème qui remettent en question le réel deviennent des punchin’  bags, et les yeux du bon peuple s’éclairent de rouge, la poussière et la crasse se colle par la moiteur à leur peau, des piques et des fourches en guise d’argument.

L’argent des contribuables ne peut pas servir à financer les rebelles, seulement les guerriers…