Sur l'endoctrinement, l'éthique, la culture et la religion

Je me souviens avoir déjà pris la défense du cours d’éthique et de culture religieuse. Je le voyais comme une bonne manière de sortir la religion de l’école en l’incluant dans l’Histoire (globale), par la mise en contexte. Il semble que ce soit plutôt le contraire. La religion, avec tout ce que ça comporte, devient le filtre pour se mesurer aux autres. Et l’humain est bien mince sous cet aspect.

Quand je pensais à un déploiement de diversités, je me retrouve devant des cases bien définies, des boîtes traditionnelles à agencer. Un cours pour prévenir et guérir une maladie inventée de toutes pièces. L’éthique seule aurait pu servir de médicament pour la vraie maladie, le vivre ensemble, mais, comme un placebo, le terme est complètement vidé de son sens.

Si ce cours n’est qu’un outil pour préparer une noyade future dans le multiculturalisme, dans sa dilution politiquement correcte nommée l’interculturalisme ou, plus poétiquement, dans le mégaculturalisme, tant qu’à y être, mon appui se retrouve à néant, c’est bien certain. Pas parce que je n’en ai rien à battre de tout ça, plutôt parce que je pense que le respect devrait se gagner à la dure (dans le sens contraire à la mollesse).

Et il me semble bien galvaudé ce terme « culture », dans l’optique où jamais les accommodements ne sont en lien avec la culture, mais bien plutôt toujours avec la religion. Oui, je sais, c’est une évidence. Mais d’évidence en évidence, il ne semble plus rien y avoir d’évident…

Comme ceux qui ne voient pas de danger dans cette drôle de manière d’apprendre aux jeunes les différences. Et même ce prof malgré tout qui tente d’embourber le débat :

Come on… Une heure semaine, quand on a le temps et que ça adonne, ce n’est pas assez pour endoctriner qui que ce soit.

Si ça ne peut pas endoctriner, est-ce qu’au moins les jeunes apprennent quelque chose? Parce qu’endoctriner n’est qu’un mauvais penchant de l’apprentissage, à ce compte-là!

En toute mauvaise foi, combien ça prend d’heures pour que l’endoctrinement fonctionne?

(Photo : Nico & cie)

Ajout :

À lire, sur cette question :

http://www.voir.ca/blogs/jose_legault/archive/2009/12/16/201-thique-amp-culture-religieuse-prise-i.aspx

http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/trois-questions-au-sujet-du-cours-ethique-et-culture-religieuse/1110/

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25 réponses à Sur l'endoctrinement, l'éthique, la culture et la religion

  1. lutopium dit :

    Ayant la possibilité de jaser avec les professeurs lors des rencontres pour les parents, j’ai pris le temps de discuter brièvement avec deux professeurs du cours ECR. C’est évident que, comme dans toute matière, l’intérêt du prof pour le sujet est primordial afin de susciter l’intérêt des élèves.

    L’ensignante que j’ai rencontré hier soir est une des ambassadrices de ce cours. La première partie du cours (secondaire 1) est axée sur l’art du dialogue et de l’argumentation. J’en ai compris (nous n’avions que 10 minutes pour échanger) que l’objectif prncipal était d’amener les élèves à réfléchir sur la pensée critique, l’art du langage, la base de l’éthique…

    La deuxième partie du cours, qui débutera vers le mois de février, présentera certaines facettes de l’héritage religieux québécois. Les élèves découvriront le monde spirituel des premières nations, le patrimoine catholique canadien français et les particularités de la communauté juive du Québec.

    Avec cette présentation enjouée, je ne pouvais qu’être positif face au contenu de ce cours. Évidemment, à la maison il n’y a aucun endoctrinement religieux et nous ne sommes pas des nationalistes renfermés. Cette introduction à l’éthique et cette découverte des traditions me semblent très enrichissantes pour mes enfants.

    L’enthousiasme du prof pour le cours ECR y est pour quelque chose. Peut-être devrait-on donner la chance au coureur?

  2. Ce cours (comme tous les autres, dont les cours d’histoire) est prof-dépendant. J’ai un bon ami qui donne ce cours et il est profondément athée et anti-religion. Il a des élèves de toutes les religions et cultures dans sa classe (région de Montréal) et fait exprès pour « provoquer » et susciter des débats en comparant par exemple la croyance au Père-Noël avec celle en dieu, en montrant l’imbécilité et la non-historicité des textes religieux comme le coran et la bible, ou les contre-sens du bouddhisme, etc. Mais je l’accorde, il ne suit pas vraiment le programme officiel… Il a une formation d’historien à la base et a déjà étudié aussi la philo. Il fait sa propre propagande, bref, comme un prof d’université le ferait. Et à travers tout cela, il parle de cul à ses élèves et craint toujours les chiens pisteurs. Il va sans dire qu’il est le prof le plus apprécié de son école.

    Non, il ne parle pas de souveraineté ou de politique dans ce cours.

    Personnellement, je pense que la philo devrait être enseignée, dans une perspective historique et critique, à la place. Cela afin d’aider à former un jugement critique et d’augmenter la culture générale qui est déficiente au Québec.

  3. Éléonore dit :

    @ Lutopium « Évidemment, à la maison il n’y a aucun endoctrinement religieux  »
    Je trouve ça triste comme commentaire :( comme si pratiquer une religion ou avoir la foi (ce qui est deux choses distinctes) étaient automatiquement un acte d’endoctrinemment des parents envers les enfants.

    De toute façon, j’ai toujours cru perso que l’absence d’éducation religieuse était une prise de position aussi forte et aussi significative donc aussi formatrice… (je n’aime pas le terme endoctrinment dans ce contexte)
    Ce que je veux dire c’est que l’absence de discours « religieux » dans la plupart des foyers québécois est en soit un discours.

    Pour la question comme telle en tant que personne ayant une solide formation en histoire, je dirais que l’enseignement de l’histoire est primordiale. Par contre je crains aussi que le cours repose beaucoup sur le « filtre » du professeur. ont-ils tous la culture et l’ouverture nécessaire pour donner ce cours ?

  4. «comme si pratiquer une religion ou avoir la foi (ce qui est deux choses distinctes) étaient automatiquement un acte d’endoctrinemment des parents envers les enfants.»

    Entièrement. Entraîner des enfants dans des faussetés religieuses en leur faisant croire que cela est la vérité (si le parent ne croyait pas que c’est la vérité, il n’aurait pas la foi et ne pratiquerait pas la religion, sauf dans les pays comme l’Iran ou l’Arabie Saoudite ou ce n’est pas un choix de ne pas pratiquer…), cela est totalement trompeur. C’est de l’endoctrinement aveugle, par des parents eux-mêmes endoctrinés et aveugles.

    Étudier les religions dans une perspective philosophique ou historique critique (par exemple, comparaison des mythes pour montrer les origines communes de ces mythes dans l’Antiquité), cela serait beaucoup mieux que dans une perspective multiculturaliste dont l’objectif est de créer une tolérance et une ouverture à l’absurdité environnante au lieu d’une intolérance critique comme il se devrait d’être.

  5. Éléonore dit :

    @ Vincent « C’est de l’endoctrinement aveugle, par des parents eux-mêmes endoctrinés et aveugles. » Wow !
    Je ne peux qu’en rire. Et après on dira que ce sont les personnes pratiquant une religion x y ou z qui sont fermées :)

    « J’ai un bon ami qui donne ce cours et il est profondément athée et anti-religion » …ça prend un minimun de respect pour l’objet de son enseignement pour être un bon prof. Le prof qui transpire le mépris est également coupable d’endoctrinement (et là je garde le terme).
    Pour ce qui est d’être un prof « populaire » au secondaire, on en fera pas un baromètre de la compétence quand même…

    « Le parent ne croyait pas que c’est la vérité, il n’aurait pas la foi et ne pratiquerait pas la religion, sauf dans les pays comme l’Iran ou l’Arabie Saoudite ou ce n’est pas un choix de ne pas pratiquer… » Je ne suis pas d’accord, bien des gens pratiquent une religion par habitude et pour suivre le groupe, ou parce qu’ils font partie d’un groupe social ou ethnique dans lequel culture, ethnicité et religion sont étroitement imbriqués. Dans le même ordre d’idée beaucoup de personne ne pratique plus une religion officielle exactement pour la même raison: soit de suivre le groupe, même si plusieurs n’ont pas perdu la foi. Il n’y a jamais eu autant de croyances en des anges, des fées et des protecteurs de toutes sortes de spiritualités diverses que depuis que les écglises catholiques sont vides.

  6. «Je ne peux qu’en rire.»

    Pas moi, malheureusement. Avoir la «foi» en une religion, c’est avoir une croyance en quelque chose qui a été fabriqué et enseigné. C’est ne pas pousser sa réflexion assez loin pour y permettre le doute et l’auto-remise en question.

    Je vous recommande à ce sujet de lire Max Stirner, «l’Unique et sa propriété», pour y trouver des réflexions sur la foi en dieu, la foi en l’homme et la spiritualité. On retrouve la même chose dans Nietzsche, mais plus vitrioliquement.

    Mais je concède que parmi les athées, il y a des spirituels qui croient eux aussi à n’importe quoi, ce qui n’est guère mieux au plan de la pensée critique.

    Je vous suggère aussi de lire «Le mythe de Sisyphe», de Camus. Il y traite intéressement de l’absurde, du suicide, et notamment l’erreur que font les religieux ou les rationalistes devant l’absurde. Les uns se donnent un dieu, les autres se donnent des raisons.

  7. Lutopium,

    c’est drôle comment le portrait que tu dresses est loin de celui qu’on nous dessine depuis quelque temps, qui est le programme en tant que tel, si je ne m’abuse.

    Vincent,

    « Personnellement, je pense que la philo devrait être enseignée, dans une perspective historique et critique, à la place. Cela afin d’aider à former un jugement critique et d’augmenter la culture générale qui est déficiente au Québec. »

    en effet!

  8. Darwin dit :

    «Sur Blogosphère, Josiane Massé fait le tour»

    … des blogues. Et Radio-Canada fait le tour des réactions, surtout dans les journaux :

    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2009/12/16/002-querin_ecr.shtml

    À moins de se taper la lecture du programme et des livres sur ce cours et de faire des stages un peu partout au Québec pour avoir une idée de ce qui s’y enseigne vraiment, c’est dur d’avoir une idée éclairée sur le sujet.

    Chose certaine, les nationalistes à la Joëlle Quérin (j’ai quand même lu ce qu’elle appelle son «étude», qui n’est en fait qu’un long billet d’opinion…) et à la Mathieu Bock-Côté qui s’amusent à prétendre qu’il n’y a pas de différence entre l’interculturalisme (ou pluralisme) à la québécoise et le multiculturalisme à la canadienne m’irritent profondément.

  9. lutopium dit :

    Renart, on peut tirer les conclusions qu’on veut! Ce cours vient de naître. Le programme est incomplet et pas encore « roadé ». Certains profs semblent confortables avec le cours, d’autres sont probablement perdus…

    Je trouve que le nationalisme fait parfois déraper les choses. D’ailleurs, Mme Marois veint de retirer le dossier à M. Curzi. Je crois qu’il a dérapé un peu. L’avenir nous le dira.

    Éléonore, nous ne parlons pas d’athéisme, d’agnostisme, de phénomènes paranormaux ou de religion à la maison. Y’a tellement de belles discussions à avoir sur des trucs réels que nous ne perdons pas notre temps à tomber dans l’abstrait. Si la curiosité de nos enfants les attire vers la religion, ça sera leur choix. Pas le mien. Pas le nôtre. Ça fait longtemps que j’ai mis une croix là-dessus…

  10. Darwin,

    « Chose certaine, les nationalistes à la Joëlle Quérin (j’ai quand même lu ce qu’elle appelle son «étude», qui n’est en fait qu’un long billet d’opinion…) et à la Mathieu Bock-Côté qui s’amusent à prétendre qu’il n’y a pas de différence entre l’interculturalisme (ou pluralisme) à la québécoise et le multiculturalisme à la canadienne m’irritent profondément. »

    peut-être qu’ils font de l’enflure du côté subjectif, mais je ne crois pas qu’ils soient totalement dans le champ.

    Lutopium,

    « Je trouve que le nationalisme fait parfois déraper les choses. »

    en effet, la plupart du temps. Mais j’ai de la difficulté à voir ça de cette manière avec cette question. La pression nationaliste est là pour contrebalancer, ici. Si c’est pour équilibrer les choses, pourquoi pas?

  11. David Gendron dit :

    Ah, la maudite école étatique qui crée de tels faux débats!

  12. David Gendron dit :

    Pourquoi les étudiants ne peuvent pas choisir eux-mêmes les cours qu’ils veulent suivre, avec les suggestions potentielles de leurs parents?

  13. David Gendron dit :

    « Les nationalistes à la Joëlle Quérin (j’ai quand même lu ce qu’elle appelle son «étude», qui n’est en fait qu’un long billet d’opinion…) et à la Mathieu Bock-Côté qui s’amusent à prétendre qu’il n’y a pas de différence entre l’interculturalisme (ou pluralisme) à la québécoise et le multiculturalisme à la canadienne m’irritent profondément. »

    Idem pour moi!

  14. « «Sur Blogosphère, Josiane Massé fait le tour»

    … des blogues. »

    Mais elle ne me cite pas, ce qui démontre bien que j’ai un blogue discret et confidentiel :)

  15. C’est quand même curieux. J’ai pas l’habitude de me prétendre en avance sur mon temps, mais ça fait quand même cinq ans que j’ai formulé (pas sur blogue, je ne bloguais pas à l’époque) pour la première fois mes réserves sur le cours d’ECR. Et au milieux des controverses, j’ai toujours été très inconfortable par rapport au mouvement d’opposition. Et maintenant, ils COMMENCENT à se poser les questions que je me posais à l’époque, à prendre en compte ce « détail » qu’est l’instruction et la culture.
    Ils commencent juste au moment où moi, je commence à me rassurer. Justement parce que j’ai pu en discuter avec quelques profs, plus un étudiant qui suit le cours pour l’enseigner, ce cours d’ECR et qui achève son premier stage.

    Alors, au moment où j’en suit:
    1. Endoctrinement religieux? bullshit
    2. Endoctrinement « multiculturel » anti-identitaire? bullshit paranoïaque incapable de faire confiance à l’intelligence des jeunes.
    3. Déculturation? ce qui est sûr, c’est que c’est une nette amélioration par rapport aux cours de morales qu’il y avait avant.

    Joseph Facal dit sur son blogue « Si on veut enseigner l’histoire des religions, il faut le faire dans un cours d’histoire par un historien de métier »
    pfhouahahahahahahaha!!!!!
    Et ça se dit lucide!!!
    Honnêtement, je ne suis pas contre. Mais le temps qu’on puisse avoir assez d’historiens de métier pour enseigner dans les classes secondaires du Québec, je pense que j’aurai pris ma retraite.

    C’est la première fois depuis longtemps qu’on conçoit un cours, dans nos écoles, sur le principe que les étudiants doivent apprendre des choses (et non d’obscures « compétences »). C’est une amélioration qui vaut la peine d’être défendue, malgré les quelques imperfections du cours.

  16. Sylvain dit :

    Salut Renart

    Tu ne dois pas oublier que tu as un expert de la question parmi tes anciens collègues de travail! À lire les commentaires de tes « fans » blogueurs, Lutopium est vraiment celui qui cerne le mieux la situation.

    Formé et enseignant en ECR, je préside depuis novembre l’association des profs qui enseignent dans ce champ disciplinaire. Voici le communiqué que j’ai diffusé en réaction à Joëlle Quérin. Bonne lecture!

    Suite à l’étude sur le cours Éthique et culture religieuse publiée par l’iRQ le 3 décembre dernier, l’Association québécoise en éthique et culture religieuse (AQÉCR) tient à dénoncer toute la campagne de désinformation provoquée par cette étude.

    Reprise en grande pompe par les médias suite à la sortie de Pierre Curzi du Parti Québecois, cette étude, provenant d’un think tank souverainiste, ne fait que répandre des idées fausses sur le programme.

    L’AQÉCR, qui représente près de 200 enseignant(e)s en Éthique et culture religieuse à travers la province, tient à rectifier le tir en corrigeant les prémisses erronées à la base de cette publication.

    1. Le cours «impose une nouvelle définition de l’identité québécoise fondée sur le chartisme »

    FAUX! La Charte québécoise des Droits et libertés de la personne est un repère important du programme. Cette charte fait déjà partie de l’identité québécoise, elle ne vient pas la redéfinir.

    2. « Antinationaliste, le cours d’ÉCR est également antidémocratique, car il s’inscrit dans une stratégie d’endoctrinement de la jeunesse permettant l’imposition du multiculturalisme »

    FAUX! Non seulement le cours n’est pas antinationaliste mais il met l’emphase sur le patrimoine religieux québécois et sa culture fondatrice. Pour ce qui est d’être antidémocratique, ce n’est pas le cas. Les élèves sont amenés à participer au processus de réflexion dans un cours où la compétence au dialogue est incontournable. Finalement, les élèves ne se voient pas imposer le multiculturalisme, mais sont plutôt invités à s’ouvrir à la diversité dans un souci de vivre ensemble.

    3. « Le cours d’ÉCR doit rendre les enfants plus accommodants . »

    FAUX! La question des accommodements raisonnables est un sujet chaud et la dite étude table là-dessus pour alimenter la controverse. Sans être obligatoire, cette problématique peut être abordée avec des élèves de 4e ou 5e secondaire, mais en aucun cas le programme amène les élèves à accepter tous les accommodements.

    4. « Le cours d’ÉCR abandonne les connaissances pour se consacrer exclusivement à la promotion du multiculturalisme »

    FAUX! Il est impossible de développer des compétences chez des élèves sans leur transmettre des connaissances. Par ailleurs, comment peut-on accuser un cours de se consacrer exclusivement à promouvoir la diversité, péjorativement nommée ici « multiculturalisme », alors qu’il consacre la moitié de son temps à l’éthique, et que son volet culture religieuse consacre une partie prépondérante au catholicisme et au protestantisme ?

    5. « Toutes les religions seront considérées sur le même pied d’égalité dans un heureux relativisme »

    Encore une fois, la portion culture religieuse du programme accorde une place prépondérante au patrimoine religieux québécois, forgé principalement par le catholicisme et le protestantisme, et dans une seconde mesure, par le judaïsme et les spiritualités des peuples autochtones. Le temps consacré aux autres traditions religieuses est proportionnellement beaucoup plus petit au cours d’un cycle de 2 ans. En termes de temps d’étude, le programme n’accorde donc pas la même importance à toutes les religions.

    D’autre part, la culture religieuse n’encourage aucunement le relativisme : elle permet de comprendre les manifestations religieuses présentes dans notre société afin de mieux exercer son jugement critique

    Voila!

  17. Déréglé temporel,

    2. Endoctrinement “multiculturel” anti-identitaire? bullshit paranoïaque incapable de faire confiance à l’intelligence des jeunes.

    s’il faut faire confiance à l’intelligence des jeunes, je me dis que le programme ne doit pas être si neutre que ça…

    Sylvain,

    hey Sly!

    Merci d’avoir pris le temps de me laisser ce commentaire.

    1. Le cours «impose une nouvelle définition de l’identité québécoise fondée sur le chartisme »

    FAUX! La Charte québécoise des Droits et libertés de la personne est un repère important du programme. Cette charte fait déjà partie de l’identité québécoise, elle ne vient pas la redéfinir.

    Quand même, Josée Legault pose de foutues bonnes questions à ce sujet :

    Ma question: depuis quand est-ce que cette charte des droits, un encadrement législatif – et de surcroît, au Québec, une loi du Parlement adoptée en 1975, une loi certes dite «quasi-constitutionnelle» mais qui peut être amendée par un simple vote majoritaire à l’Assemblée, et non un document de nature constitutionnelle, historique et consensuelle – peut-elle sérieusement être considérée comme étant au coeur de notre identité québécoise?

    Comment promouvoir cette loi au niveau de «coeur de notre identité»?

    D’autant plus que celle-ci et la Charte canadienne des droits et libertés – laquelle, par contre, est constitutionnalisée – sont devenues, au fil des ans, des instruments d’interprétation, subjective par définition, laissés entre les mains de juges non élus? Dont l’impact fut, entre autres choses, d’affaiblir plusieurs pans de la Loi 101…

    Aussi, je serais curieux de savoir ce que tu répondrais aux questions de Jean-François Lisée. (Les liens des deux textes sont plus haut dans les commentaires.)

  18. « s’il faut faire confiance à l’intelligence des jeunes, je me dis que le programme ne doit pas être si neutre que ça… »

    à ce compte-là, la neutralité n’existe plus, et on fait de l’endoctrinement partout. Accessoirement, on faisait déjà de l’endoctrinement dans les cours de morale remplacés par les cours d’ECR.

    Je lisais récemment une petite phrase sur le problème de la perfection: on refuse les améliorations, parce qu’on leur trouve des problèmes. Honnêtement, tant qu’on aura pas prouvé que les insipides cours de morale qui ont précédé le cours d’ECR étaient mieux, je ne vois aucune raison de ne pas adopter le nouveau cours.

  19. Pour les fans ou les antifrans de Mathieu Bock-Côté et de Joëlle Quérin. Voici un dossier qu’ils ont monté contre le Cours ÉCR :

    http://www.publications-universitaires.qc.ca/?p=181

    Normand Baillargeon s’attaque aussi au cours ÉCR mais dans une perspective libertaire-athée et non nationaliste :
    http://www.publications-universitaires.qc.ca/?p=252

    @Sylvain
    Bons arguments. Très pragmatique et empirique comme argumentation. Je serais curieux d’entendre ce qu’ils ont a dire là-dessus. Avez-vous déjà débattu ou eu une correspondance avec eux?

  20. Darwin dit :

    @ Guillaume Lamy

    J’ai déjà écouté les entrevues de Normand Baillargeon. Elles sont en effet très intéressantes. Quant aux deux autres, disons que je les entends et les lis déjà trop souvent…

    En passant, j’écoute assez fréquemment des entrevues sur le site des publications universitaires. Il y a plein de petits bijoux sur ce site, pour quiconque s’intéresse à ce type de sujet.

  21. @Darwin.

    Je suis flatté, surtout par quelqu’un qui porte un tel nom.
    :-)

  22. Eric Folot dit :

    Éthique et culture religieuse – Un cours à conserver !

    Ma réplique se résumera à trois citations : celle de Gandhi, celle de Jean-Jacques Rousseau et celle d’Alexis de Tocqueville :

    Gandhi affirme : « Les religions représentent des routes différentes qui convergent au même point. Peu importe si nos chemins ne sont pas les mêmes, pourvu que nous atteignions le même but. À vrai dire, il y a autant de religions que d’individus. Si un homme parvient au cœur de sa propre religion, il se trouve, de ce fait, au cœur même des autres religions (…) Après une étude et une expérience approfondies sur cette question, j’en suis venu à la conclusion que 1) toutes les religions sont vraies; 2) aucune n’est tout à fait exempte d’erreurs; 3) toutes les autres me sont presque aussi chères que la mienne, dans la mesure où notre prochain devrait nous êtres aussi cher que nos proches parents. J’ai autant de vénération pour la foi des autres que pour la mienne… Dieu a créé différentes religions, tout comme il a créé leurs adeptes. Comment donc pourrais-je concevoir que la foi de mon voisin soit inférieure, et souhaiter qu’il se convertisse à ma religion ? Si je suis vraiment un ami loyal, je ne peux que prier pour lui souhaiter de vivre en parfait accord avec sa propre foi. Il y a plusieurs demeures dans le royaume de Dieu et elles sont toutes aussi saintes. QUE PERSONNE NE REDOUTE DE VOIR S’AFFAIBLIR SA PROPRE FOI EN SE LIVRANT À UNE ÉTUDE RESPECTUEUSE DES AUTRES RELIGIONS. La philosophie hindoue voit des fragments de vérité dans toutes les religions et nous enjoint d’avoir du respect pour chacune (…) La tolérance est aussi éloignée du fanatisme que le Pôle Nord du Pôle Sud. Une connaissance approfondie des religions permet d’abattre les barrières qui les séparent » (Gandhi, Tous les hommes sont frères : vie et pensées du Mahatma Gandhi d’après ses œuvres, Éditions Gallimard, Commission Française pour l’UNESCO, 1969).

    Et Jean-Jacques Rousseau d’ajouter : « Émile qu’il ne pût apprendre de lui-même par tout pays, dans quelle religion l’élèverons-nous ? À quelle secte agrégerons-nous l’homme de la nature ? La réponse est fort simple, ce me semble ; nous ne l’agrégerons ni à celle-ci ni à celle-là, MAIS NOUS LE METTRONS EN ÉTAT DE CHOISIR CELLE OÙ LE MEILLEUR USAGE DE SA RAISON DOIT LE CONDUIRE » (Jean-Jacques Rousseau, Émile ou de l’éducation, Garnier-Flammarion, Paris, 1966).

    Alexis de Tocqueville affirme : « La liberté voit dans la religion la compagne de ses luttes et de ses triomphes, le berceau de son enfance, la source divine de ses droits. Elle considère la religion comme la sauvegarde des mœurs ; les mœurs comme la garantie des lois et le gage de sa propre durée » « On ne peut donc pas dire qu’aux Etats-Unis la religion exerce une influence sur les lois ni sur le détail des opinions publiques, mais elle dirige les mœurs, et c’est en réglant la famille qu’elle travaille à régler l’État » « C’EST LE DESPOTISME QUI PEUT SE PASSER DE LA FOI, MAIS NON LA LIBERTÉ. La religion est beaucoup plus nécessaire dans la république qu’ils préconisent, que dans la monarchie qu’ils attaquent, et dans les républiques démocratiques que dans toutes les autres » (Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, Tome I, Flammarion, Paris, 1981).

    Eric Folot

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