Poésie

de la viande à sandwich

la somme le nous
de bien inutiles rats
d’expérimentations
des souris blanches
jusqu’à ce qu’elles pourrissent
noircissent
au recyclage
à l’humus

si ça t’amuse si ça m’amuse
on se démène en criant liberté
pendus sans mal aux colliers de cuir
lubrifiés d’une mayonnaise
qu’on ne pourrait même nommer

j’incarne en ce seul moment
la victime de la chasse
le déplumé à la peau vive
le légume assassiné
qui compose un opéra dans son dernier souffle

il y a une grande bouche ouverte
avide de tout le vent dans son sens

il en va ainsi des révolutions

choisir quel pain va nous abriter

Écrire pour le hasard deux point zéro

Écrire pour le hasard
que l’oeil se perde entre les lettres
plutôt qu’entre les lignes

Il y a des formes des images
des messages hors du sens
commun
qui ne sont surtout pas là pour le réconfort
consensuel

Écrire pour le hasard
écrire sur une plateforme
kaléidoscopique

Oui les bouteilles à la mer
les courants croisés
les naufrages sur des îles
plus électroniques que mnémoniques
des îles qu’on enjambe
par téléportation

Écrire pour le hasard en construction
pour les uns ce sont en blocs Lego
pour les autres en blocs d’égos

Ce sont plutôt des cellules molles
des potentialités
des couches relationnelles
du sentiment du sentiment
enrobé par la technique

Qui n’est pas de verre
transe
lucide

Crevaison passagère

Qui a besoin d’une aiguille sur la peau? La feuille à plat ne cherche pas à s’enrouler pour voyager ou pour servir de communication d’un trou à l’autre. J’ai des yeux qui me gardent comme une ancre même si mon corps est le plus mauvais des moutons. Le tremblement rend flou.

Affalé ravalé autant que faire se peut. Même les longues nuits je rêve à un soleil blanc. À une balade, à un sourire banane. Et les engrenages à huiler parce que la rouille est d’une couleur bancale. Belle et effroyable.

J’effacerais tout ça pour m’en laver les mains, les dents, passer la soie, aller rejoindre la chaleur de la noirceur de l’abandon. Parce qu’il n’y a rien de plus difficile que de matérialiser sa pensée, même la plus sourde. Se taire est la plus commune des options.

Et ça continue. Pour le plaisir. Il faudrait bien que je trouve une blague de mauvais goût. Ou encore mieux : insulter le monde entier pour son impossibilité d’être totalement en phase avec les mouvements électriques de mon cerveau.

J’ai un hippopotame sur le dos. Du beurre dans les oreilles. Le nez en négatif. Pour le reste, c’est à la remorque. La question est de savoir de quoi.

Message codé (que tu peux comprendre)

à bdefghijklnopqrstuvwxyz

le souffle rasoir
la mine carbonisée
cette fin paralittéraire
qui te râpait la gorge en passant croche

quand ce qui n’existe plus
demande à boire à pleurer à choir
pince les mamelons à en rager
à en perdre l’évidence de ce qui existe encore

le souvenir est berçant
confortable
surtout malléable

ce sont les encore vivants qui ne sont pas des pièces d’échec

Fais-moi la mort

fais-moi la mort
à petites doses
toi le temps suceur d’espoir

fais-moi la mort encore
pour que ça explose toujours dans ma tête
mais pas vraiment pour toujours :
c’est le coup de poing réaliste
qu’attendait mon poème

une explosion qui fait avancer
par millimètres et par secondes
vers la peur que ça arrive
plus vite que le fantasme parfait
que ça détruise nos plans
avec l’accident toujours quelque part
comme l’invité qui ne l’était pas

fais-moi la mort à temps partiel
pour que je m’acclimate
que je m’éteigne déjà
le souffle court des malades
sans pronostic
m’habituerai

m’habituerai à tuer le temps
à coups de belettes et d’habits
à coups de trompettes et d’apis
de lapis-lazuli

n’en déplaise
m’habituerai pas à la vie
pour préférer faire le mort
l’habiller d’espérance
pour y voir un début
alors que c’est le noir
ce noir-là d’infinitude

alors
s’il faut que je le répète
que je récapitule
le temps est un tueur en série
qui s’égraine en ravine
nous entraîne en des rivières
c’est nos sangs qui se les gèlent
en sépulcres éphémères

fais-moi la mort comme on joue
comme on fait des chefs-d’oeuvre
à la chaîne
mais fais-moi surtout la mort
parce que ça ne veut rien
et
tout dire

Sucer la mort

sucer la mort jusqu’à la moelle
ça outrepasse même l’habitude
le gri-gri
l’analyse pseudomachin-chouette

on la tète de toutes les manières possibles
du bout de la tête aux ongles d’orteils
du premier réflexe poupon
jusqu’à la paparmane

on ne fait que ça

c’est pas une raison

(Photo de David Sykes – trouvée sur whitezine.com.)

Atonie

trouver un mot des mots
mon cerveau en gravitation
en galette sur le plancher

vidé même de sa statique
l’électricité à la terre
la gourde est flasque
sèche
il n’y a pas de rebonds

la paresse serait même un luxe
une langue de survivance

je n’ai pas le goût de finir

Contre-jour

derrière le feu
en avant de l’ombre
enrobé dans la braise qui clignote
donne l’orangé à la cendre
le jaune à la grogne

il n’y a pas de je qui tienne
d’égo qui teint
puisque c’est comme un vol
comme de ramasser un trèfle à quatre feuilles
quand on veut faire de mal à personne

recroquevillé
entrechoqué
en boules de billard vomir un semblant de chaos ordonnant
qui gruge la réalité du moment d’avant
le sombre gagnant du terrain
le plan quel plan?

chant
gravitationnel
pour trier les angles
groover les aplats
monter en grade
autour de la source fluorescente

lever le regard et les ancres
le négatif pour le bas du ventre jusqu’aux pieds
seulement pour s’appuyer à la rambarde
faire saillir le muscle total

pour enfin se brûler les yeux

C’est toujours de l’opinion

c’est toujours de l’opinion
même quand les mots glissent
d’un bord à l’autre
se frappent
dans la contradiction
dans le pin-ball infernal

pourquoi avoir honte
c’est planter
quelque chose
dans le sol
même si ça ouvre
en pétales

bleu
rouge
gris
souris
creusant des galeries
des appartements
pas pour les sourds
surtout pas pour les nombrils
trop sortis

c’est toujours de l’opinion
même quand la ligne n’est pas droite
les arabesques étourdissent

il est le bienvenu
et elle est
avec sa main
caressante
cassante
qui lie
puis
rit

Point-pont

je ne dirai rien de plus
pour me déguiser en vague
en silence de papier blanc sale

je ne toucherai à rien
ni ne pointerai ni ne répondrai
un fantôme fantoche qui ne grimpera pas aux rideaux
clouté par la grandeur philosophique

demain est un jour trop grand pour le gâcher à l’avance

Voir le rouge

voir le rouge

la tête qui dégage comme une ampoule

c’est décoder la page blanche à coup de hache

je ne reviendrai pas en arrière de mes pompes

hier le désir

rien demain

la liberté me pousse

agresse tout ce qui bouge danse

les mots arrivent comme des bouts de legs

la peur n’est qu’un spectacle

j’irai cracher plus loin

pour que tu glisses dedans

nain de déveine en cloche

mais le chapeau quotidien

qui saigne les tympans

je le répète

Le sang me vient aux yeux, la chaleur fournit de la lumière, l’inspiration arrive dans la violence. Le passé est la marque du vide, de l’incertitude de demain. L’excitation du choix plante ses crocs dynamiques, le sens est récurrence, digne du par coeur, aux rideaux se soulevant de l’angoisse par procuration. Le piège est au futur, simplement déstabilisant, pour le petit être dans sa bulle. Au jour le jour, la ceinture se resserre sur sa tête, l’acouphène est répétitif.

Je vois la violence et ses contrecoups possibles.

Regarder en arrière est comme lancer des dés.

Gager sur la peur.

L’incertitude de la solidité des murs.

La sirène d’alarme répète son chant même si c’est dans le silence.

À vrille

Avril / Caroline Guay ©

il faut se rendre à l’atome de tout
à l’évidence du point
tout converge sur un chemin doux

elle vibre naturellement cette sphère
bioaquatique
elle rencontre son centre en arabesques incisives

je n’ai qu’à voguer
qu’à joindre les bouts de ficelles
les roches que je sème prennent des formes de mystère

tourner en rond à un goût sucré

du dehors au dedans la course est variable
tout se touche et se répète dans l’éclosion

il y a des naissances
des délivrances et surtout le corps qui explose
la suite est à suivre comme le temps fou

ça me lance
ça me va et ça me vient
c’est ça et c’est autre chose
c’est ce qu’il y a en dedans qui veut sortir

ce mandala est une trampoline

donc
ce qu’il y a de plus merveilleux est ici à venir

(Dessin : Caroline Guay ©)

Haute fidélité

le mot amour maintenant ressemble à toi
(dans un livre pour enfant ton image est le nouveau symbole associé)
âme ou rein ou tête ou cœur comme réceptacle ne change rien ni n’importe

je t’ai rêvé au-delà de mes rêves j’ai cru souvent que je ne quitterais jamais le sol

et je ne peux qu’aujourd’hui chérir mon état amplifié

à l’unisson
je suis sûr que tu y goûtes tout autant
ce certain se dresse en pavillon

chacune de nos petites notes se complètent
même la nostalgie devient coulante on se baigne l’un dans l’autre
on est multiplié

et ça prend beaucoup d’ampleur

pas besoin de se mordre pour ça

juste la douce furie
qui s’élance en crescendo
pour ensuite reprendre la mer calme

un miroir où on se mire
pour mieux se réapprendre au jeu du bonheur

*

je n’ai que quelques mots incertains pour te dire des certitudes
je n’ai que de la petite maladresse à t’offrir car je ne m’enrobe pas d’un mélange

de miel et de fiel

tu sais déjà où je me trouve où tu te trouves

et où on se trouve

je te sers de manteau contre les vents australs
pour que tu puisses encore et encore gravir
les iles que tu soulèves
tu me sers d’ancre et de porte-voix alors que mes cris devaient se perdre
au creux d’un oreiller salin
traître et confortable

tu ne sauras vraiment jamais combien tes baisers me font oublier les autres univers
dans l’heureuse noirceur de ton abysse

ma souveraineté t’appartient

*

(le rivage a glissé jusque sous mes pieds)

j’ai vu en écho ton visage d’innocence et tes cheveux changeants
par addition tes souvenirs sont venus nourrir l’album que je tiens

j’ai vu bien plus que des images
j’ai entendu bien plus que ton histoire

des harmonies se sont soulevées autant de fois que le silence
meublant ma conscience et mon inconscience
mes nuits mes jours

nouvelle mythologie

je m’imprégnais de toi dans l’ailleurs

dans l’odeur du feu qui se mêlait de tes murmures

coquins

le bois craquant comme tes chevilles le lit défait semblait nous dire plus haut

tes ailes déployées
moi déplumé

dans les nuages le gris se teintait d’orange et de rouge parfois de vin
nous y étions tellement

centrifuges animaux toujours ta main pour inonder la mienne

les yeux fermés je ne me reposais pas de toi
je me fuyais pour mieux ensuite te déguster l’eau à la bouche

*

jamais je n’ai connu ces sentiers où tu m’entraînes
je te suivrais les yeux bandés car je connais par cœur ceux-là où j’ai eu mal

l’itinéraire est au complet une incartade un dessin en cavalcade

aussi j’aime bien sentir ton épaule
et ton sourire lorsque la braise me chatouille sous le pied

le monde se défait – à nous de le refaire

*

et moi
lorsque je me repose dans ta cabane dans les arbres sur une branche
plus léger qu’un pinson je n’ai plus peur
ma toute Douce

jamais je ne pourrai suffisamment te remercier de m’avoir si longtemps attendu

À rebours et à rebonds

Nous sommes en sursis
Le bonheur n’est pas une fin en-soi mais bien un succédané
Fort en calorie
Vide

Ce sera ce lieu commun puisque rien d’autre ne me vient
Ce sera surtout ce vide

L’espoir réside dans la possibilité que quelque chose en ressorte

Ce si est un test

je parlerai de cul buté de chatte pour que tu viennes
ici le nu est mets ta… fort comme on dit écrit dru
les probables comme les sautés sont verbo-iconiques
ce peau aime est pou toit ou putois
son but pue

l’accroche-queue que je construis est pourvue de toute la salade que je peux
la laitance vinaigrée salace ne rapporte rien de plus qu’un énoncé
je n’ose même penser que tes yeux se rendront jusqu’ici
han han han core
le noyau dur que tu cherches est dans l’ailleurs
et qui me concernerait autrement plus fort que dans la polémique

comme un bouton d’acné tendu par la pression
libidineuse à souhait
prêt à bombarder l’au-delà jusqu’au sang

Travailler

Cela serait bien si cette monnaie n’était pas si lourde. Elle n’encombrerait pas ainsi toutes nos pensées, notre survie. C’est elle qui nous enroule aussi souvent qu’on appuie sur le bouton panique, que notre peur aphone s’en empare. Chaque fois que nos yeux désirent combler l’espace, elle est un tapis volant qui nous fait oublier que nos neurones sont toujours en instance de faire de nouvelles rencontres.

Je sais bien que je creuse mon trou, que je ne fais qu’écrire cette liberté à coup de plume, pas même réelle. Pourtant, je ne croise pas très souvent des spécimens qui me font sentir que je travaille à ma seule survie. En haut de ma montagne, elle m’indiffère un minimum, cette survie ad personam, même si même un enfant saurait en faire la différence, entre le clair et l’obscur si prévisible, si visible. Je ne suis pas plus, ni moins, juste juste avec ce boulet qui me rançonne à souhait, maladivement.

Cette monnaie, elle n’est pas pour toi non plus un tigre portable. Je ne contrôle pas ta somme, ni toi la mienne, ni nous nos regards explosés, rouge ou blanc selon la norme ou l’exception. Je pourrais bien vivre avec cette idée fausse que dans la rue il n’y a que des idées fausses, qu’un tapis chaud se paye par un tribut.

J’essaye de mettre bout à bout des lieux vierges pour créer un nouvel atlas, mais le chemin est plus perdu que le marcheur.

Je ne veux pas sur vivre ni non plus être sous vide.

Sans titre

Les mots s’ajoutent de peine et de misère les uns devant les autres. Les idées sont gangrenées par la gravité, le sol antidérapant les empêche de glisser vers l’avant.

Il y a parfois en moi des soubresauts d’espérance, des moteurs d’évidences. Ces sources semblent taries parce que je ne me sens pas la force d’anticipation.

Même si j’ai mon ventre qui brille, même si j’ai la faim réglée comme une horloge, même si je ne suis plus rien d’autre pour l’instant je me fais violence, je noircis le silence, le soleil s’installe malgré le fait incontournable que je suis son antithèse.

Si vous m’avez suivi jusqu’ici, vous avez compris mon humeur et ce jeu. Je vous en remercie. La clarté est parfois trop aveuglante. Loin de moi l’idée de vous éblouir. Ni de vous prendre par la main vers mon trouble. Il y a déjà assez de raisons de tomber.

Parfois la gorge se noue. Parfois des larmes viennent. Souvent, on ne sait pas par où commencer et on tourne autour du pot. Mais ça fait quand même du bien. C’est une petite preuve à nous même de notre existence, parmi tant d’autres.

Bmiyramnamnaire à vif

J’ai écrit un poème trop court. J’ai lu trop peu, car l’écran se brouille trop vite. Ça serait plus simple si c’était des extra-terrestres les salauds, car le sang dans mes veines est aussi rouge que le leur et ça me rend suspect, moi un humain plus qu’un humaniste, par défaut.

Est-ce que les installateurs de démocratie corporative vont se démener rapidement là-bas même si le sang noir de la Terre ne coule pas dans cette région?

Je ressasse le peu que je connaisse, le pire que je ne désire plus voir, ce courage de me lever en sachant qu’il y a toutes sortes de bombes qui peuvent me tuer et que je ne possède pas, derrière mon clavier, ce texte, aussi inutile que les autres à y faire une différence.

Ça sera mon insuffisante contribution, en espérant qu’à force d’insuffisance au niveau planétaire, ça mettra les priorités à la bonne place…

L’ordre noir

Ça me fait mal de voir des voitures passer dans la rue et ça me brûle de toucher le plastique de mon clavier.

Je n’exagère pas du tout en écrivant que la majorité des troubles sur cette Terre viennent de près et de loin de cette foutue industrie de l’or noir.

C’est visqueux.

Ça me dégoûte.

Ce n’est pas pour rien que j’écris plus sur le Québec que sur la Birmanie, car avec ce qui se passe ici je peux digérer après avoir mangé.

Et là j’ai mal au coeur.

Ma rage ne sait plus comment en découdre.

Je ravale pour ne pas cracher en l’air.

Comme un murmure sur l’oreiller

Il y a comme un murmure sur mon oreiller parce que je ne dors plus sur mes deux oreilles. À l’affût, je fais crisser tendrement le tissu. Je ne suis plus bien même quand je dors. Mon armure en est réduite à mes couvertures. Tout ce qui est loin est mieux pour moi. J’ai peur que le filtre, ma connexion au monde, me trahisse comme je me suis fait trahir souvent dans la réalité par mon visage expressif qui est comme un livre tellement ouvert qu’il est défait en morceaux. Je me cache derrière la ruse et l’éveil, mais je ne suis pas réellement celui-là ou un autre plus spécial encore. Quand je me cache le visage dans mon oreiller, je ne suis plus que celui du miroir, même pas déformé, celui qui vieillit à la même vitesse que tous, qui compte ses cheveux gris comme on compte des billets de banque, qui n’ont vraiment pas d’importance. Je ne suis pas cet autre que vous imaginez, cet autre à abattre, à écraser, comme une mouche grasse et veule, sous le doigt. Je ne suis surtout pas celui qui croit mordicus à la véracité de ce qu’il écrit quand ça semble le concerner en propre. Surtout quand c’est fraichement lavé et blanc comme une feuille. Je m’en veux parfois de montrer la vraie couleur du sale réel. Il le faut bien, sinon, qui le fera?

Je crache et j’avale

Je crache je crache je crache
si loin ou si proche cela n’amène que le lierre
le lien ténu au bord de l’abysse
des additions qui me soulèvent
me prouvent que je ne suis pas que le tapis de quelqu’un d’autre
l’épouvantable
parfois
que mon individe ne se vide pas que pour le néant
la hantise
ne se rempli pas non plus que pour l’innocent plaisir de rire

J’avale j’avale j’avale
cette pâte analysée de toute part
ce bloc aussi gros qu’une montagne
j’avale aussi la cendre des morts
la mémoire et l’histoire

La crise d’angoisse

Ceci ne sera pas de la fiction. Pas même un grossissement à la loupe. Pas celle du scientifique en tout cas.

L’obscurité qui m’a enveloppé est plus ténébreuse que de se fermer les yeux. Du noir, parfaitement sans lumière. La mort serait la plus parente comparaison.

Après coup, c’est comme un deuil de soi-même. La respiration courte comme un fil blanc, pour observer cette vie qui entre et sort en soi — un miracle incessant — pour recoudre le redressement, à coup de pioche sur l’optimisme : c’est une montagne bien dure à percer lorsque l’angoisse a malmené, comprimé comme une éponge son propre coeur.

Je le disais sans trop de pudeur, je l’ai vécu véritablement. La distance temporelle m’est serviable puisque je peux sourire pendant la description.

Cette panique est un mystère contemporain. Je ne pourrais pas être plus flou sur cette crise qui m’a laissé pantelant. Mais c’était une sorte de folie qui poussait comme un plan d’herbe à puce, chatouillait ma confiance en cavalcade. Précurseurs d’un drame, des mois de tiraillements m’annonçaient quelque chose, mais sans le pointer ni l’annoncer. Je me suis retrouvé par terre — black-out — alors que je me devais d’être plus vivant que d’ordinaire : mon pain et mon beurre me le demandaient.

Quand j’y repense, c’est presque drôle, dans la mesure où il n’y avait pas de monstre ni de fantôme pour m’apeurer. Quelque chose en moi a déglingué mes mécanismes de défense. La source du pourquoi a toujours été perdue et je ne saurai jamais comment la reconnaître. À la place, j’ai composé un nouvel être qui contient encore celui d’avant la chute. Ce n’est pas du tout original : personne n’est à l’abri des malheurs ni des bonheurs qui tissent cette épopée anecdotique qu’est la vie dans sa durée.

Sinon, je n’y pense plus, sinon rarement, c’est de l’histoire ancienne. J’ai délibérément évacué le plus possible la description réaliste pour mettre l’emphase sur les images, pour ne pas réactiver l’empreinte, cette clé que j’ai avalée. La peur que ça me reprenne est toujours tapie quelque part. Quand je sens l’odeur du vide, j’en ai des sueurs froides.

Beaucoup d’eau a passé sous les ponts

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis que je suis né, hagard, au centre du monde. Mon allergie aux énergies fades et aux ressassements continuels ne paraissait pas trop : je souris toujours sur mes photos de bébé.

Beaucoup de larmes ont coulé sous l’insouciance de ma jeunesse myope, brûlée vive par l’apprentissage de la conformité, mais ne sachant pas encore que mon fétichisme futur pour le crayon et les mots sur les pages me vaudraient tant de railleries sourdes dans cette contrée de muscles, de bouts de bois et de glace. Soit! il existe des moustiques plus énervants que d’autres…

Beaucoup de sens a germé sous le jour, dans la chaleur suffocante de cette pièce d’une blancheur délavée, ma vie changeant au rythme de la plume de Réjean Ducharme, avec son Hiver de force, pour ne nommer que ce monument-là. Loin du purisme, il y avait aussi des bandes dessinées en masse, le dos des boîtes de céréales et, en dernier recours, la bouteille de shampoing pour calmer ma soif de mots.

Beaucoup de sang a coulé dans mes veines. Et elles en sont maintenant lisses. Lisses et fidèles à mes soubresauts, aux lenteurs des repos comme aux vitesses de l’urgence. Il y en a qui les coupent pour détourner le regard à jamais, moi je les masse plutôt comme je caresserais un chien debout et accaparant, aux grandes oreilles pendantes.

Beaucoup d’Ô ont parsemés mes premiers poèmes, moi qui rêvait d’une cave humide et d’un poêle à bois dans la noirceur épicée des chandelles. Ces Ô me consolent encore malgré moi, comme des fantômes. Ils vont et viennent comme bon leur semble.

Beaucoup de choses me sont arrivées, mais les plus importantes sont celles qui s’en viennent : mes doigts qui me piquent d’appuyer sur les bonnes touches, cette phrase qui n’en finit plus de vouloir finir, me creuser la tête sans que ça saigne.

Beaucoup de possibilités se côtoient à l’arrivée. Enjamber les ponts qu’il y a entre les mots. Se baigner à en jouir entre les lignes. S’imprégner de l’effet domino. Penser à autre chose tout en sachant que la mémoire existe. Malgré tout, croire en l’immuabilité du mouvement de l’eau sous les ponts.

Miroir concave

Mes genoux sont rouges d’être à la base de leur mépris
ma bouche se voit fermée de force
muselée par la langue humide des champions mondiaux

ce combat épique rend mes joues musclées

C’est la honte en prescription qui me meut
jusqu’à la retourner jusqu’à la fierté sans compromis

serait-ce si demandant?

ce n’est pas une fuite
ni la redondance morne qui rend les doigts noircis comme des racines
ce n’est même pas non plus de se draper de bleu
car mon amour est multiple

mais s’aimer soi-même est la prémisse
le premier point

Je me sens comme un demi-moi aux yeux des demi-rois
un mal pour un bien
un en attendant

que la Terre ne soit qu’une boule d’asservissement

Mais
toujours de gros mais

ils ont leurs armes leurs pouces comme des marteaux-piqueurs
leurs gros mots ventilateurs qui assèchent les larmes
entretiennent l’oubli des blâmes
l’amnésie

Je me souviens est la gymnastique à répéter
ad vitam aeternam est pour moi le chant bouddhique

La flèche au coeur

Je me lance chaque jour
Parfois je tombe avant d’arriver jusqu’à elle
Et quand elle a perdu la corde
Elle m’en veut de ne pas assez l’aider à la trouver
Et je lui en veux de ne pas me laisser tomber en paix

Après avoir perdu assez de temps en enfantillages
On se rattache assez rapidement avec de la réglisse
En se disant le mot amour

Transformation

Plus ça va, plus je me transforme. L’exaspération est mon amie maintenant. Ce n’est pas que tout me glissait dessus, mais je saignais trop. J’étais galeux. Alors, la callosité me recouvre graduellement, enrobe mon jugement. L’éveillé que je deviens sort d’une grande hibernation dans les limbes de tous les jours.

D’un goupil, Renart est né dans le passé, mais s’idéalise en moi comme un maquillage de guerre. Au futur, je veux conjuguer les qualités du renard même s’il est mon antonyme caractériel : je suis né loin de la ruse. Alors comment joindre ce personnage à ma vague à l’âme?

Je le fais un peu ici.

Ceci est un journal intimé

Ceci est un journal intime percé par ton regard fuyant, suicidaire intimité mal calculée, comme si je me déshabillais pour me cacher.

Le haut-le-coeur en montagne russe, j’écris cette langue comme pour la dernière fois. J’ai là là j’ai là là transporté à des heures de chez moi ma fierté.

Aucune vague ne revient à l’identique. Aucun âge ne se clone. Aucune vie n’est à faire ailleurs que la nôtre.

Je me sèche les bras, respire fort, aucunement maladroit: ceci est un pamphlet. Je prends garde à mes selles, ne pas m’étendre sur ceux qui ne peuvent comprendre mes mots, mes sons, mes trois voyelles sans consonnes qui glissent comme un optimisme démodé…

J’ai menti et je me mens encore. Un, deux, trois pour le go qui ne viendra pas avant l’horreur, qui ne viendra pas avant que ma gorge s’époumone au désir.

J’ai mal à mes dents pour mordre le retard. Je suis l’heureux druide occupant les saisons, remuant tout le noir de nos retranchements.

Me suis-tu à la trace ou à la lettre?

Déception

Déception. Espoir que cette bourrasque ne sera que passagère. Que la montée de la rogne ne nous transformera pas en loups. Que cette campagne n’aura été qu’une belle pièce de théâtre, que nous ne nous enfoncerons pas encore plus.

Mon choix est en attente d’un futur à réparer.

L’immobilisme du troll

L’immobilisme dans ta tête
Il vient vers moi mais tombe à plat
Peinture ta hargne de bord en bord
Retient ta bonté pour qu’elle s’assèche
L’incidence immédiate pour moi est ce poème

Je te souhaite un seau rempli de salive tombée du ciel

Sans titre

devenir un cybercitoyen
s’amuser avec un certain sérieux
agacer l’adversité sans trop rire jaune la démocratie est comme une marque de commerce
elle peut tomber si personne n’y croit
si elle se prend pour l’immuabilité incarnée
la paresse est passible de la peine de malheur

je prends la peine de voguer au travers du réseau
pronétariat debout pour la globalité
j’ai la vessie bien pleine pour les amants de la pensée horizontale

ta tête éclate pour le bien de l’humanité

Mon humanité

Mon humanité se résume à l’autre. Je ne suis pas le centre, je me pratique à me nier tel que j’étais, aveugle, sourd et muet, bien avant la première rencontre, l’immersion. Même si maintenant ma tête est ma plus belle cachette, je pense à vous tous quand j’y suis.

Mon humanité ne croit pas que la vie vient en deuxième. C’est pourquoi je n’aurai jamais peur de changer de coffre d’outils. Le troc ne sera jamais un recul si les dollars ne nous procurent qu’une place de choix dans la liste des blessés du cerveau, des prisonniers des couloirs criards des supermarchés, des centres d’achats. Mon humanité se contente de peu sans jamais se laisser traîner les poignets par terre.

Mon humanité se meurt quand elle rencontre des oeillères bien vissées aux crânes métalliques des calculatrices, calculateurs qui crachent sur la poésie. Je suis toujours en rémission : alors que je reprends enfin du poil de la bête, on m’attaque et c’est à refaire. Et avec mon humanité, je pourlèche mes blessures, comme un chien qui ne pense qu’à revoir les sourires des gens qu’il aime.

Début

Il y a toujours un début. Un début tellement plein de souvenirs condensés, d’archives noircies qui n’apparaissent pas parce qu’elles sont dans l’avant tout. Elles ne font que colorer l’idée de départ. Elles pourraient faire exploser l’entre les lignes mais le cerveau s’harmonise toujours à la blancheur métaphorique de la “page blanche”. Alors derrière le fourmillement de ce qui apparaît se cache toujours beaucoup plus, exponentiellement beaucoup plus. Serait-ce ce qu’on appelle communément l’inconscient collectif?

16 réponses à Poésie

  1. Ping : Au sujet du troll « Renart L’éveillé / Carnet résistant

  2. Cher Renart,

    Merci pour ces jongleries colorées de mots sonnants

    Cela adoucit l’oreille et berce un peu l’œil

    L’art, ce grand rassembleur des hommes.

    ;-)

  3. Merci!

    Et ça me rappelle que ça fait longtemps que je ne m’y suis pas trempé…

  4. Bianca G. dit :

    La poésie, c’est un art du langage que je ne maîtrise pas très bien je crois. Même dans mes chansons, je ne rime pas. C’est ce qui fait mon style. Parfois, j’ai juste le goût de brasser certains poètes pour ainsi voir leurs mots s’envoler autour d’eux jusqu’à ce qu’il ne reste que leur sentiment, tout nu. Enfin.. cela ne veut pas dire que je ne peux apprécier un poème.

    Ce que j’ai lu ressemble plus à de la prose. J’ai bien aimé.

     »demain est un jour trop grand pour le gâcher à l’avance »

    Aah! quelle phrase.

    Hier est un jour ou l’on peut facilement se perdre. Puis aujourd’hui? un jour que l’on oublie.

    Le début. Le début pour moi n’est pas le commencement de ce qui n’a pas encore commencé à mon avis. La fin ne contient-elle pas tout ce qu’il faut pour grandir et continuer encore et encore? Ce qui n’a pas commencé faisait peut-être déjà parti de nous. Comme une graine que l’on peut faire pousser. Est-ce un blocage? La vérité? Ou l’incapacité de concevoir que la fin et le début.. n’est qu’une de nos inventions? Nous trouvons peut-être des moyens d’éviter de tomber dans le vertige de l’infini impossible à expliquer, impossible à toucher, impossible à comprendre?

    En passant, je viens de découvrir que tu joues de la musique. Merveilleux.

  5. Bianca G.,

    des poèmes en prose, ça existe, et je n’ai rien inventé! Et rimer n’est pas un préalable pour que des écrits soient catégorisés comme de la poésie ou de la chanson. Pour ma part, c’est plutôt rare (ça rime!) que je fasse rimer…

    Je considère qu’un de mes textes est un poème quand le but principal de ce texte est de m’amuser avec les mots et le sens, contrairement à la majeure partie de mes textes où le but est de donner mon opinion.

    Merci d’avoir pris le temps de me lire et de donner tes impressions!

  6. Bianca G. dit :

    Oui, je sais :) C’est ma façon de les distinguer. Poème rime et prose rime pas même si l’un fait parti de l’autre bien sûr :P.. Pour la chanson, c’est juste qu’il me semble que c’est un peu plus rare quand ça rime pas. Je crois bien que plus de 90% des tous les groupes que je connais font de la rime, caline. Mais je pense que le véritable fléau des distinctions est 1000 fois pire que de différencier des types de poèmes..

     »Les styles musicaux » AAah! Mortel. On dirait que nous ne pouvons plus inventer de styles distincts, ce serait comme inventer une nouvelle couleur! Il nous reste plus qu’à tous mélanger ça ensemble et là.. Ça fait comme moi.. Une bâtarde à l’arbre généalogique aussi vaste qu’une forêt amazonnienne. ;)

  7. haute fidélité est mon préféré, bravo et merci!!

  8. Capra dit :

    Salut Renart…
    Hmmmm….j’ai peu de mots à t’exprimer, en vérité ça se passe à un autre niveau, ce qui est embêtant c’est qu’à ce niveau, ça se passe de mot!
    Voilà ce qui embête ma tête dure….elle qui aime jouer avec les mots!
    Je dois tout d’ même souligner le fait que tu sais écrire d’une manière simple et pure…
    J’ en ai reçu l’ essence-ciel!
    ( sourire )

    Voilà, pour le reste, ton expression-ton opinion-tes images pleines d’humour, me font sourire de la tête…et …ta poésie, fait sourire le coeur!

    Merci!
    Capra

  9. Merci pour ces bons mots Capra!

  10. Capra dit :

    J’oubliais….au sujet de la chanson, j’ai cru comprendre que tu es aussi auteur ou compositeur (?)
    Si oui, est-ce possible d’en découvrir la saveur ?

    Merci et à bientôt
    Capra

  11. Oui, bien sûr, mais ce sont de vieilles chansons…

    Tu peux les écouter par là :

    http://www.myspace.com/chezlunatique

  12. Capra dit :

    Merci de m’avoir partager tes vieilles chansons…c’est sympa!!!

    Dis-moi, est-ce que tu désires poursuivre dans cette voie, ou as-tu choisi de laisser tomber la chanson (?)
    J’ suis peut-être indiscrète….tu peux me le dire!
    Le fait qu’une personne s’exprime par autant de moyens, c’est quand même remarquable!
    Chez les artistes y’a comme un IMMENSE besoin de communiquer aux autres ce que nous portons en chacun de nous. Personnellement, je me suis donnée dans ce sens durant presque toute ma vie, communiquer pour peut-être mieux communier avec les autres….et surtout avec la vie!
    Maintenant, je peux dire que mon besoin d’expression a fini par trouver la SAINTE paix, enfin…du moins à un certain niveau je ne ressens plus le besoin d’exprimer ce qui est en moi de la même façon, ça se vit beaucoup plus intérieurement…Je dois dire que ce changement c’est fait naturellement, voilà que depuis je me laisses aller encore plus loin dans mes élans d’inspiration, seulement, je ne ressens plus le besoin de le partager avec les autres.
    Y’a enfin une vraie communion qui se vit intérieurement, le regard de l’autre n’a plus d’ importance et c’est pour moi une sorte de délivrance, si on veut…Donc, je m’ exprime dans le simple quotidien de la vie, sans attente de résultat, sans chercher à toucher l’autre, sans même désirer être reconnu de mon milieu. . . tout ça pour dire que ce n’est que ma façon de vivre plus libre et entière à travers mon expression.
    Tu sais…. si l’ensemble de mon oeuvre qui en fait n’est que ma vision bien personnelle de cette vie, si tout ça a une importance ou un sens plus profond pour les autres et bien un jour peut-être que tout ça sera partagé de mon vivant ou après mon départ…ça n’a aucune importance, si cela doit être, ça sera….sinon, je n’en serai point tourmentée…après tout, l’ oeuvre ultime à créer c’est l’ être unique que nous sommes!!!

    Belle journée
    Capra….( isabelle )

  13. Capra,

    merci pour ce témoignage. Ça me rejoint évidemment. J’ai changé d’attitude aussi vis-à-vis de la création. Je diffuse ici et via Twitter ce que je fais sans trop m’en faire. Un exemple, hier j’ai diffusé sur Twitter une image que j’ai faite en spécifiant que c’était mon nouveau fond d’écran. Je n’ai pas eu de commentaire positif, seulement 2 négatifs, dont un qui commençait par « Eurk! ». Ça ne m’a pas fait grand-chose, mais quand j’ai dit que c’était de moi la personne s’est sentie assez mal… Ça ne m’a pas fait plaisir. Et je sais que je n’aurais pas réagi de la sorte voilà quelques années.

    Pour ce qui est de la chanson, peut-être que ça va me reprendre. J’ai quand même une banque importante de chansons que je pourrais peaufiner pour arriver à un produit fini, un album. Mais pour l’instant, je m’amuse à composer de la musique électronique sans paroles de style dubstep. C’est ce qui me branche en ce moment!

    En passant, je suis allé voir ton blogue. C’est du vraiment beau travail. J’ai envoyé le lien à ma douce qui caresse une idée où elle aura besoin un jour d’illustrations, si ça se concrétise. Elle m’a remercié pour la découverte et garde précieusement ton adresse. Sait-on jamais!

  14. Capra dit :

    C’est généreux de ta part que de partager mon travail avec ta douce, merci et comme tu dis…
    Sait-on jamais!
    Je suis ouverte si cela va évidemment dans le sens d’une vibration commune, sinon, y’a bon nombres d’illustrateurs qui sont extrèmement doués pour illustrer la vision des autres.
    Dans ma  »dite » carrière d’illustratrice, certes, j’ai réalisée un certain nombre d’images pour les autres, ce fût à la fois enrichissant et bien rémunéré, aujourd’hui, c’est différent, j’illustre des visions qui n’ont rien à voir avec mon ancien travail, c’est autre chose et je ne cherche pas à le définir mais seulement à l’exprimer en toute liberté, autant au niveau des formes que des couleurs. Pour le reste, y’a peu à en dire, une image vaut mille mots, c’est ce que l’on dit, et pour le moment, c’est ainsi.

    Belle continuité…

  15. Yves Morin dit :

    J’aime ton intérieur, merci de le partager, des mots qui font vivre les maux et tu exprimes et plonges dans les fondements des nouveaux paradigmes sociaux. Le vertige de l’infiniment grand & de l’infiniment petit. Insomniaque, les étoiles et leur reflet sur la rivière alimentent presque chaque jour ma  »quête » & ma musique (le piano,) me propose des hypothèses sur le temps, sur mon temps.La relativité et mon rôle dans l’ordre des choses. J’entends des échos de tes paroles dans des nombreux silences, Merci de dire!

    À suivre…..

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