Trump vs. Clinton

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Bon aryen

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Une trêve entre les inclusifs et les identitaires?

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Dans Le Devoir, Roméo Bouchard et Jean-François Hotte lancent un cri d’alarme  :

Nous invitons les chroniqueurs et influenceurs du Web à doser leurs interventions sur la question identitaire et les signes religieux. Nous invitons les différents intervenants de gauche comme de droite, inclusifs comme identitaires, à réfléchir sur l’utilité de ce débat, à modérer le ton à adopter et à éviter de lui donner une place disproportionnée dans notre société.

L’intention est bonne, il faut l’applaudir. Et ce n’est pas comme si je n’avais pas déjà essayé quelque chose au début de l’année, alors que j’espérais « que le Québec se recolle, au moins un peu, juste assez pour pouvoir se respecter ». Par contre, il y a un problème de fond dans ces deux dénominations, « inclusifs comme identitaires », qu’il faut relever avant de pouvoir passer à autre chose. Parce que ces dénominations sont tendancieuses à la base et qu’il faut les expliquer dans le contexte, du point de vue des supposés « identitaires pour l’exclusion » dont je ferais partie, avec tout plein de gens biens qui ne méritent pas de se faire constamment traîner dans la boue. C’est ce que je tenterai de faire dans les lignes qui vont suivre.

Un combat inégal

On le sait, tout cela part d’un débat qui tourne autour des questions touchant à l’immigration et à la religion, mais qui prend plutôt des allures de combat à mort entre deux clans plus ou moins monolithiques. Et par extension, à propos des questions d’identité et de valeurs communes, entre autres et surtout à propos du fait français, de la culture québécoise, de la laïcité et de l’égalité homme-femme. Ironiquement, toutes ces problématiques sont emballées dans un même paquet cadeau qui a pour dénomination « question identitaire ». Encore, ce regroupement de sujets n’est pas à compte nul puisqu’il marque positivement ou négativement les gens selon leur point de vue par rapport à un ou à l’ensemble des sujets qu’il contient.

Ce qui fait en sorte qu’il y a d’un côté « les identitaires ». Ceux qui sont critiques de l’immigration et de la religion, ceux qui défendent la pérennité du fait français et de la culture québécoise. Et qui sont pour une laïcité plus républicaine, ainsi que pour une vision de l’égalité homme-femme qui ne se laisse pas attendrir par le relativisme culturel. Donc, ceux qui considèrent que la discrimination envers les femmes n’est pas plus acceptable parce qu’elle provient d’une culture/religion étrangère. Tout cela, dans une optique majoritairement ouverte et inclusive, mis à part pour ceux à qui l’on pense en premier quand il est question de « repli identitaire ». Justement, il n’est pas question ici de taire l’existence même des gens qui effectivement rejettent carrément l’immigration et les immigrants par peur de voir l’identité québécoise se noyer dans les cultures étrangères. Ainsi, le terme « identitaire » est pensé premièrement pour pointer ces derniers alors qu’en réalité il pointe beaucoup trop largement, ce qui est pratique quand on est à court d’arguments…

Et de l’autre côté, il y a « les inclusifs ». Ceux qui ne peuvent que voir les problèmes des immigrants, surtout par rapport au respect de leur culture/religion, et accessoirement leurs problèmes socio-économiques. Et cette problématique prend pour eux forme humaine dans l’archétype de l’« identitaire », représentant assumé et fier de l’Occident, le Grand coupable. Ce qui fait en sorte que la place de l’immigration et des immigrants dans la société québécoise est un sujet tabou et le fait de l’aborder est minimalement suspect, quand cela n’est pas grandement condamnable. Dans cette optique, et parce que nous serions tout à fait dans un monde de citoyens globaux, la question de la pérennité du fait français et de la culture québécoise leur est totalement étrangère, pour les plus extrémistes, comme un vague souvenir un peu honteux. Et pour ce qui est de la laïcité et de l’égalité homme-femme, la laïcité ne devrait pas aller assez loin pour interdire un signe, et ostentatoire, et sexiste envers les femmes… Il va sans dire que cette posture est pour l’inclusif le bon sens puisqu’elle est conceptualisée comme étant un sens du respect suprême, sans possibilité de nuance ni de bémols, à la manière d’une Vérité révélée. L’inclusif s’autofélicite d’être inclusivement du côté du Bien.

Comme vous pouvez le voir, au-delà de mon sarcasme, le combat est inégal puisque le terme « identitaire » est chargé négativement tandis que le terme « inclusif » est chargé positivement. Les « identitaires » doivent se défendre d’être des identitaires dans un sens négatif et, oui, comme le soulignent Bouchard et Hotte, ils utilisent parfois le terme « inclusif » pour insulter les inclusifs. Ce qui est tout de même ironique puisqu’en l’utilisant comme insulte ils avouent, dans un sens, en tout cas dans celui de la perception, qu’ils ne sont pas inclusifs… Voyez-vous le piège?

Des concepts à géométries variables

La dénomination « les inclusifs » est apparue à la suite de la création du regroupement « Québec inclusif », en réaction au débat qu’a suscité le projet de charte des valeurs/de la laïcité qu’a déposé le Parti Québécois en 2013, alors qu’il était au pouvoir. Pour ce qui est de la dénomination « les identitaires », il est difficile de la circonscrire dans le temps, étant donné qu’elle date et qu’elle a été utilisée à plusieurs sauces. Par contre, on peut dire que son utilisation s’est amplifiée avec le débat pointé plus haut.

Le problème, et la réalité, c’est que les inclusifs se sont approprié le qualificatif « inclusif » même si ceux qu’ils ont nommés « identitaires » dans un sens négatif et insultant sont, dans les faits, simplement inclusifs différemment. Ne pas être d’accord avec les idées de quelqu’un, qu’elles soient causales ou inspirées d’une culture ou d’une religion, ce n’est pas l’exclure, bien au contraire, c’est plutôt ouvrir le dialogue. L’exclure serait de demander carrément son expulsion sur la base de sa seule différence, sans s’ouvrir à la possibilité d’un terrain d’entente (comme celui d’au moins respecter un règlement laïque par exemple). Malheureusement, l’inclusif voit dans l’affirmation du désaccord une raison suffisante pour qualifier mesquinement d’« identitaire ». Et il y est arrivé avec l’aide de la force sémantique de l’appropriation qualificative, qui magnifie sa position tout en diabolisant celle de l’adversaire, donc extrémise moralement par ce procédé les deux positions.

C’est qu’il ne suffit pas de montrer qu’un ou plusieurs « identitaires » sont effectivement racistes/xénophobes pour prouver que tous ceux qui sont pointés comme « identitaires » le sont. Le processus de généralisation ne réussit pas à tous les faire rentrer dans le moule identitaire si on les analyse selon une grille rationnelle, exempte d’erreur d’appréciation des concepts. Par exemple, être contre le multiculturalisme n’est pas équivalent à être contre la diversité ethnique/culturelle/religieuse. Le premier concept est une politique de gestion et de reconnaissance alors que le deuxième est une réalité, tout simplement. Pourtant, ces deux concepts sont amalgamés par plusieurs comme s’ils étaient un seul concept. Être contre le multiculturalisme, c’est être contre cette politique particulière dans ces effets, nonobstant de la diversité comme réalité, même si le multiculturalisme s’y réfère. Ce qui est étrange et instructif à la fois, c’est que la plupart des gens qui sont contre la politique multiculturaliste, les identitaires, trouvent justement qu’elle n’est pas inclusive, dans le sens qu’elle participe à la mise en place d’une société en addition de communautés, sans égard ou peu à ceux qui accueillent, au lieu d’une société en mixité dont le point de raccordement est la société d’accueil. Pourtant, dans l’imaginaire inclusif, l’identitaire est contre la diversité, point final.

Une trêve qui demanderait réparation

Je veux bien d’une trêve, mais il faudrait tout de même admettre que les « identitaires » doivent toujours composer avec cette dénomination abominable imposée dans un sens négatif. Là où le bât blesse, c’est qu’elle est et sera toujours synonyme de « pour l’exclusion » pour la moyenne des gens, même dans le cadre d’une supposée trêve. Qu’est-ce qui est fait et sera fait pour rétablir les forces? Tout ce que font Bouchard et Hotte, c’est de demander à ce que l’on passe à autre chose…

Pour que cette trêve soit juste et équitable, il faudrait que les « inclusifs » reconnaissent que leur argumentaire est basé sur un procès d’intention et un refus de la nuance, voire même un populisme, dans le sens qu’ils ont échafaudé un récit facilement assimilable pour tout un chacun, mettant en scène des bons contre des gentils, le Bien contre le Mal. Et tout cela, sur la base d’opinions divergentes qui reposent sur des points de vue, soit plus individualistes, soit plus collectifs, sur une vision des droits et libertés tout aussi basée sur des considérations plus individualistes ou plus collectives. Ce qui est, à mon sens et au sens de n’importe quelle personne de bonne foi, sujet à débats et non sujet à diabolisation.

S’il s’agit d’une trêve où les « inclusifs » baissent les armes tout en n’abandonnant pas leur réflexe de propagande négative contre l’autre camp, les tranchées continueront de se creuser. Tant que ces dénominations seront utilisées à mauvais escient, cet effort de trêve restera en surface. Et comme trop souvent, les bonnes intentions ne resteront que de beaux mots.

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Alexandre Cloutier contre Jean-François Lisée : ouverture contre fermeture?

jean-franc%cc%a7ois-lisee-alexandre-cloutier-ouverture-fermetureAlexandre Cloutier déclarait ceci dans le cadre de la course à la direction du PQ :

le PQ doit à tout prix s’ouvrir à l’immigration.

Cette déclaration a de quoi surprendre quand on l’analyse en profondeur. Il faut le spécifier, le problème n’a jamais été de s’ouvrir ou non à l’immigration, puisque se fermer à l’immigration, ça serait l’empêcher totalement. Pour y aller d’un truisme volontaire : on ferme une lumière ou on l’allume. Sinon, il y a des gradateurs… À ce que je sache, pour les prétendants au trône dans cette course, et même pour toute la classe politique, il n’a jamais été question de vouloir totalement l’empêcher. La réalité, c’est qu’il y a une position de contentement, de statu quo envers la question de l’immigration (celle de Cloutier, de Couillard et de Trudeau) et une autre qui regarde les problématiques en lien avec la société d’accueil et les immigrants eux-mêmes (francisation, bienfaits économiques, emploi, etc.) et qui propose un remaniement des politiques pour en ralentir les effets négatifs. Donc, un gradateur, de la nuance. Et, avant de poursuivre, il est bon de rappeler que la solution d’abaisser le nombre d’immigrants à accueillir ne concerne aucunement les immigrants qui sont déjà ici, donc qu’il faut vraiment une bonne dose de paranoïa dans la grille d’analyse pour y voir plus amplement un rejet de l’Autre qu’un moyen rationnel de mieux s’occuper de ceux que l’on accueillera et de ceux qui sont déjà ici.

La dynamique fédéraliste s’invite

Que l’on regarde la question de l’immigration de n’importe quel angle, force est d’admettre que le PLQ au pouvoir a été un cancre depuis le début de son règne. Coupes sauvages dans les programmes de francisation, bilan inquiétant en ce qui a trait au taux de chômage énorme des gens issus de l’immigration : on ne peut pas dire que les libéraux se sont bien occupés de ceux pour qui leurs votes leur sont majoritairement gagnés. Le secret de leur réussite, c’est que la propagande fédéraliste réussit tout à fait bien à nourrir la peur du référendum, de la catastrophe annoncée si le Québec devenait un pays. À partir de cette base, le moindre bémol concernant un sujet lié à l’immigration de la part d’un indépendantiste devient une bombe qui rend le débat franchement malsain. L’indépendantiste qui critique quoi que ce soit en lien avec l’immigration est alors le mal incarné, l’identitaire nationaliste qui ne mérite que le goudron et les plumes. C’est une occasion en or pour les fédéralistes et visiblement, même des indépendantistes tombent dans le panneau.

La tactique de la radicalisation du débat

À la base, je pense que c’est une grande erreur d’analyse et d’accusation de mettre dans un même panier diabolisé – sous la dénomination « identitaire » – quiconque a une vision critique des sujets importants que sont la laïcité, le fait français et l’immigration. Alors, en prenant pour acquis que le danger de l’identitaire nationaliste est réel et non seulement une accumulation d’exagérations et de culpabilisations tendancieuses, Alexandre Cloutier a choisi la tactique de la radicalisation du débat pour gagner des appuis (tactique aussi bien utilisée par tous les autres nouveaux bien-pensants de la gauche vertueuse) : affirmer que sa propre position est sans conteste équivalente à l’ouverture induit clairement que ceux qui ne sont pas en accord avec cette position autoproclamée sont par définition pour la fermeture, le repli identitaire… Autrement dit : je dis haut et fort que je suis ouvert, donc tu es fermé! On a malheureusement toujours en tête que le même jeu a été joué avec l’adjectif « inclusif » pour induire que les adversaires de cette idée de « laïcité ouverte », justement, sont simplement pour l’exclusion. Jean-François Lisée en a été bien sûr la victime principale dans cette course, comme de se faire accuser de jouer la « carte identitaire », par stratégie. Ce qui vaut pour l’un vaut pour l’autre : la politique est un jeu stratégique.

Ici, il n’est pas question de prendre la défense de Jean-François Lisée. Il est amplement capable de le faire lui-même, même avec brio, comme on la vu devant Michel C. Auger très récemment. Plutôt, il est question de montrer qu’Alexandre Cloutier, tout comme ses compagnons idéologiques, travaille à disqualifier l’adversaire au lieu de se concentrer sur des arguments basés sur la raison. Pourtant, il y a de quoi débattre intelligemment de ces questions. Au-delà de se construire une aura inclusive en lançant des slogans diversitaires, pourquoi choisir le statu quo? Et si l’argument économique est la raison principale de ce statu quo, ou même d’une augmentation de l’immigration, pourquoi y répondre avec d’autres arguments économiques est-il assimilé à la « question identitaire »? Réduire ces questions à un choix binaire entre ouverture ou fermeture à l’immigration est malhonnête intellectuellement et franchement insultant pour ceux qui, comme moi, ont a coeur le débat public et son caractère, idéalement, démocratique.

L’importance de préserver les apparences au lieu de plonger dans le fond du débat

Cet épisode – tout comme l’apparition de l’initiative « Faut qu’on se parle », qui opère de la même manière par le chantage émotif pour prendre le contrôle du débat au niveau moral – est emblématique de ce qui empêche le Québec d’avancer. Le débat public est encroûté dans les apparences, dans un concours d’égoportrait de convictions. Moi-même je n’y échappe pas puisque je passe beaucoup trop de temps à mon goût à essayer de me laver les éclaboussures de cette accusation à outrance d’identitaire nationaliste, qui bien sûr regroupe en son sein tout ce qu’il y a de plus vil : exclusion, racisme, fermeture d’esprit, xénophobie, haine de l’autre, etc. Mais comment ne pas avoir tendance à vouloir réparer les perceptions dans ce monde où elles sont si importantes, a contrario des questions de fond? Et comment trouver le temps de parler de solutions quand tout le temps est imparti à l’accusation et à la défense, même pas tellement des idées, mais bien plus des personnalités? Pourquoi le débat entre Alexandre Cloutier et Jean-François Lisée est-il autant réduit à l’examen de leurs postures apparentes respectives?

Parce que la partisanerie nous fait oublier qu’à la base nous sommes tous une partie de la solution et que le débat public devrait tous nous relier au lieu de nous scléroser en groupes d’intérêts, en communautés culturelles, en corporations religieuses et en clans idéologiques. À mon sens, le progrès ne passe pas par le rejet d’une tendance sociale ou d’une autre, mais par l’équilibre des forces et de la compréhension du point de vue de chacun. Sinon, c’est de la tyrannie. Je ne veux pas plus d’une tyrannie de gauche que d’une tyrannie de droite.

Le cancer social actuel est la diabolisation des individus et des groupes au nom d’une vérité autoproclamée, qu’elle soit que nous devons être tolérants ou intolérants selon des règles précises et immuables, en dehors de l’éthique. Il n’y a pas de grande différence entre rejeter l’immigration, les immigrants et les étrangers et rejeter l’idée même de discuter des questions que tout cela suscite autrement que par la positive.

L’humain politique devra s’extirper de son état orgueilleux originel pour avancer rationnellement vers des solutions. Et passer le plus clair de son temps à chercher à débusquer les supposés mal-pensants n’en fait partie.

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Vous avez dit, « débat identitaire »?

debat-identitaire-radio-canadaAlors que le PQ est toujours dans une course à la chefferie, il est beaucoup question ces jours-ci du « débat identitaire » (ou de la « question identitaire »). En tout cas, c’est la manière générique de le pointer à la radio de Radio-Canada et à RDI, pratiquement les seuls liens que j’ai avec l’information délivrée en direct à la radio et à la télé. Pourtant, ce dont il est question dans ce débat, ce sont des différentes visions des candidats quant à la neutralité représentative des employés de l’État ou, plus largement, à la laïcité.

L’idée ici n’est pas de critiquer le choix des uns ou des autres candidats, mais de remettre en question cette idée de le pointer comme étant du « débat identitaire ». À mon sens, cela souille l’idée même d’objectivité journalistique. Et ici, je veux poser cette question : en quoi est-ce que l’expression « débat identitaire » est liée objectivement au débat sur la laïcité de l’État, et même au débat sur la poursuite de la sécularisation de la société?

La laïcité n’est pas identitaire

En réalité, la question identitaire au Québec, en regard de la majorité historique francophone, concerne premièrement sa langue, ensuite sa culture et puis ses valeurs, ce qui est loin d’être clair, plus on avance dans la liste. Donc, ce qui est induit avec le choix de l’expression « débat identitaire », c’est que ce qui sous-tend la question de la laïcité pour la majorité francophone est dans le fond identitaire et non seulement le rapport entre le citoyen et l’État. Et qui dit identitaire dit « pour l’exclusion des autres identité » puisque, on le sait, le terme « identitaire » n’est plus neutre et est très connoté grâce à l’utilisation à répétition de l’expression « repli identitaire ». Qui n’a pas remarqué que pour plusieurs, ceux qui sont contre l’interdiction des signes ostentatoires pour les employés de l’État, l’expression « repli identitaire » est ce qui résume le mieux leurs doléances envers ceux qui sont pour?

Si déjà il était question d’un « combat ». Soit celui entre l’expression de l’identité de la majorité francophone versus celle des gens issus de l’immigration. Alors cette dénomination de « débat identitaire » aurait du sens, au moins un sens plus clair. Mais il n’en est rien. À moins de croire que le noeud du problème concernerait un « tirage de couvertes » entre les francophones et les immigrants, enfin ceux, une minorité, qui tiennent beaucoup à ce que la religion soit une donnée importante en société. Un débat vraiment identitaire, par exemple, mettrait en scène deux groupes belligérants avec des buts clairement antagonistes. D’un côté, il y aurait les francophones catholiques qui se servent de l’objectif laïque pour arriver à faire interdire les symboles des autres religions que la leur, alors que ces symboles religio-identitaires sont déjà inscrits dans le corps social. De l’autre, il y aurait les autres croyants issus de l’immigration dont l’expression de l’identité religieuse est importante, sinon essentielle. S’il y a un débat de ce type, ses protagonistes sont très minoritaires et il n’a pas à colorer le débat sur la laïcité.

Ce qu’il y a de remarquable dans ce choix d’expression, c’est que s’il paraît logique pour certains de pointer la donnée identitaire quand il s’agit de la majorité francophone, il n’est aucunement question de pointer cette donnée identitaire pour ceux qui tiennent à exprimer ostentatoirement leur identité religieuse du côté immigrant. Le problème que vise le qualificatif « identitaire » concerne seulement la majorité, jamais les minorités. Ainsi, l’expression « débat identitaire » parle moins d’identité qu’implicitement de la culpabilité de la majorité francophone puisque le débat sur la laïcité est compris (et exprimé) dans le sens d’un combat entre la majorité et les minorités, ce qui ajoute à la tendance hystérique du débat. Quand Michel C. Auger dit « débat identitaire » alors qu’il parle du sujet de la course au PQ, il pense visiblement à un débat qui a pour but de savoir s’il est bien ou non que la majorité discrimine les minorités religieuses. Le sens profond du rapport entre le citoyen et l’État est complètement évacué. Encore plus, celui de la place de la religion dans l’État.

Un choix éditorial ou un hasard heureux?

Sinon, on peut se demander pourquoi l’expression « débat identitaire » a été consacrée et comment. Pour y réfléchir, il faut avoir en tête qu’aucun média n’arrive à être complètement objectif. Ils ont des lignes éditoriales plus ou moins fortes à respecter. Les points de vue de leurs acteurs ne peuvent être totalement exclus de leur réalité effective. Ainsi, le choix de l’expression « débat identitaire » est utile d’un point de vue éditorial. Aussi utile que le fait de mettre de l’avant une nouvelle ou une opinion tout en en taisant ou en en hiérarchisant négativement d’autres. Force est de constater qu’au moins dans le cas de Radio-Canada ce choix est logique, puisque le point de vue laïque plus républicain, pour ne pas dire à la française, n’y a pas la cote. Leur choix d’animateurs et de collaborateurs est allé très majoritairement vers des individus qui sont pour une laïcité « ouverte ». Et s’il faut le spécifier, vers des individus qui ont un regard surtout bienveillant, donc peu critique, envers les sujets liés à l’immigration et à leur religion. Donc, parler en terme de débat identitaire au lieu de débat sur la laïcité va tout à fait dans ce sens. Au lieu d’utiliser une expression neutre et spécialisée, on utilise une expression négative, sensationnaliste, qui participe à une généralisation outrancière dans le but, conscient ou inconscient, de diaboliser l’adversaire.

En effet, ce choix d’expression colore tout à fait la perception quant à l’enjeu laïque soulevé par cette course à la direction. D’autant plus que l’apparition de cet enjeu « pêche » en remettant sur la table un sujet que certains voudraient bien oublier. Puisque, selon eux, le Québec est déjà tout à fait laïque (dans son sens ouvert). S’il faut le répéter, s’il y a réellement un enjeu identitaire dans cette course, il concerne surtout en définition la place du français et de la culture issue de la francité historique – avec bien sûr l’apport des autres cultures. Et s’il faut ajouter à tout ça la donnée des valeurs, il faudrait déjà qu’il y ait un grave problème pour qu’il y ait débat. Pratiquement tout le monde s’entend pour dire que la valeur de l’égalité homme femme, comme idéal perfectible, est importante, sinon la plus importante. Et de toute façon, en droits, l’égalité des sexes va de soi devant l’État laïque, puisque le citoyen n’y est pas considéré différemment selon sa catégorie sexuelle. La laïcité gère en amont le rapport étatique au religieux, non pas en aval la problématique de l’égalité homme femme, présente dans la religion. Par contre, il faut admettre que le PQ, particulièrement Bernard Drainville, a contribué grandement à la confusion entre laïcité et valeurs en proposant une charte hybridant les deux.

Donc, lier la question de la laïcité à la question de l’identité est pour le moins bancal. La laïcité – entendue comme une neutralité où chaque citoyen peut se sentir à l’aise dans une relation étatique hors religion et autres convictions, autant dans son fondement que dans ce que l’État projette – évacue autant l’identité de la majorité que celle des minorités. Bien entendu, seulement dans la sphère civique. Même la place du français y est simplement utilitaire, en ce sens qu’elle se base sur l’idée de langue commune, de langue officielle, compréhensible par tous. Pour y faire entrer cette idée de débat identitaire, avec tout ce qu’elle comporte de négatif et d’amalgame avec le racisme, la xénophobie et l’islamophobie, il faut étirer la laïcité à un point tel où tout et son contraire peuvent y entrer, bien sûr dans le but d’en contrer sa version plus contraignante, il faut l’avouer.

Le sensationnalisme de service…

On accuse souvent et surtout les médias privés de jouer la carte du sensationnalisme. Comme vous avez pu le constater, le diffuseur public canadien n’y échappe pas. Nourrir le populisme, ça consiste aussi à faire de l’enflure qualitative pour pointer l’éclairage vers ce qu’on veut montrer, vers où on veut que l’indignation se dirige. Pour faire croire que les partisans de la laïcité ne sont en fait que des méchants identitaires qui n’ont pour but que de rejeter les autres identités, on nomme « débat identitaire » un débat qui devrait, par souci de respect pour les différents points de vue sur la question, être nommé « débat sur la laïcité ». Et cette tendance illustre tout à fait bien aussi, symboliquement, que le débat sur la laïcité aurait déjà été gagné par les partisans de la laïcité ouverte et qu’il ne reste donc que les méchants identitaires, les racistes, les xénophobes et autres islamophobes, à battre pour arriver à un monde meilleur.

L’expression « débat identitaire » est un cheval de Troie médiatique qui sert l’idéologie bien-pensante dont se réclame nos dirigeants actuels, autant au fédéral, au provincial qu’au municipal (en tout cas à Montréal, avec Denis Coderre). Ce n’est pas bien surprenant qu’il se déploie avec autant d’aisance à Radio-Canada.

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Fête du travail

travail sisyphe

En cette journée de fête du travail, je vous offre cette photo d’un objet que j’ai fabriqué durant mes études en art à l’université. C’est une roche (faite en plâtre) recouverte de photos de travailleurs dans des usines.

Derrière ce projet, si je puis le spécifier, il y avait une réflexion sur le mythe de Sisyphe : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sisyphe

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Justin Trudeau le progressiste

Justin Trudeau progressiste

« Depuis l’élection, nous avons travaillé sans relâche […] on a fait des investissements pour aider la classe moyenne et tout ceux qui TRAVAILLENT FORT pour se joindre à la classe moyenne. » – Justin Trudeau, 26 août 2016

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Justin Trudeau est-il vraiment progressiste?

Justin Trudeau Juin 2016Justin Trudeau est-il vraiment progressiste? En regard de ses positions et celles de son gouvernement au sujet de certains dossiers, comme le projet Énergie Est, l’industrie de l’armement et le cas Raif Badawi, qui sont pour le moins ambiguës, la question se pose. On s’attendrait à une position clairement plus environnementaliste, pacifiste et humaniste (dans le sens des droits de l’homme) de la part d’un dirigeant qui se présente comme progressiste.

Et il y a la question sociale, pour ne pas dire celle des classes. Depuis quelque temps, il est souvent question de la classe moyenne de la part de ce gouvernement. Dans le sens où il faut l’aider. Pourquoi la classe pauvre n’est-elle pas incluse? N’a-t-elle pas aussi besoin d’aide? (Objectivement, elle en a plus besoin, elle est pauvre, justement…) La réponse se trouve peut-être dans une courte partie du discours de Justin Trudeau, livré le 26 août 2016, au dénouement du caucus libéral qui se tenait à Saguenay :

Depuis l’élection, nous avons travaillé sans relâche […] on a fait des investissements pour aider la classe moyenne et tout ceux qui travaillent fort pour se joindre à la classe moyenne.

Que de subtilité! Ce qu’il faut en comprendre, c’est que l’aide libérale est au mérite, ce qui est assez représentatif de la pensée dite de « droite », il faut l’admettre. Les riches sont riches parce qu’ils ont travaillé « fort », la classe moyenne est moyennement riche parce qu’elle a travaillé (moyennement?) « fort ». Donc, ces deux classes méritent de l’aide gouvernementale. Mais, pour ce qui est des pauvres, cette même aide, en tout cas un excédent d’aide, est visiblement conditionnelle : il faut démontrer qu’on travaille « fort » – et le préjugé sous-jacent est qu’on est surtout pauvre parce qu’on ne travaille pas assez « fort ». (Ceci dit en excluant du lot des pauvres – que l’on considère au mérite – ceux qui ont des contraintes sévères à l’emploi, comme certains handicapés. Il serait indéfendable de les laisser tomber, même seulement symboliquement. Cela fait consensus et il serait malhonnête d’induire que Justin Trudeau travaille contre eux.)

Le problème avec les propos de notre premier ministre canadien, c’est qu’ils excluent la quasi-totalité des causes de la pauvreté. Même en acquiesçant à l’importance de faire des efforts pour « se joindre à la classe moyenne », donc se sortir de la pauvreté, cette position fait abstraction du contexte social, de l’éducation et surtout, du marché de l’emploi qui, en soi, freine l’effort de beaucoup de gens. Quelle est la solution pour le travailleur peu éduqué qui n’a pas les capacités (psychologiques et/ou intellectuelles) pour retourner aux études, alors qu’il travaille déjà à temps plein tout en se retrouvant dans la classe pauvre, et qu’il fréquente parfois même les centres d’aide de première nécessité? Quelle est la solution pour l’assisté social qui est supposément apte à l’emploi, mais qui est surtout inadapté au marché de l’emploi et qui aurait plutôt besoin d’aide psychologique que de la culpabilisation gouvernementale qu’offre Justin Trudeau, symptôme apparent de la culpabilisation sociale?

Quoi qu’il en soit, la solution ne se trouve pas dans le message qu’il envoie. Il aura beau pousser dans le dos des pauvres pour qu’ils « travaillent fort pour se joindre à la classe moyenne », s’il n’y a pas un changement en profondeur de la société pour aider ceux qui en ont vraiment besoin à court et à long terme, la classe pauvre restera pauvre et surtout, elle ne diminuera pas en nombre. En quoi aider plus amplement la classe moyenne peut-il avoir des répercussions sur la classe pauvre, à part d’empêcher un glissement de la classe moyenne vers la classe pauvre? S’il était vraiment progressiste, Justin Trudeau s’attaquerait aux problèmes de fond plutôt que de chercher à flatter son électorat principal, la classe moyenne, qui pourrait tout à fait bien s’aider elle-même en essayant d’arrêter de vivre au-dessus de ses moyens, sans doute par mimétisme, pour avoir un train de vie qui se rapproche de la classe riche.

En somme, Justin Trudeau n’est pas aussi progressiste qu’il tente d’en donner l’impression, avec ses égoportraits de principes vertueux. Le vide qu’on l’on pouvait lui reprocher se remplit d’une manière moins reluisante que les apparences le suggéraient. Au moins, avec Stephen Harper, on avait l’heure juste.

(Photo : Presidencia de la República Mexicana)

Photo trafiquée : Justin Trudeau ne portait pas un veston camouflage...

Photo trafiquée : Justin Trudeau ne portait pas un veston camouflage…

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Religion, mouton, tondre…

religion mouton

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Paix et mort

Paix mort

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Rio réparé

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Einstein LOL

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Clintrump

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