Être ou ne pas être féministe, selon la grille de l’utilité du langage

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Depuis que la ministre Lise Thériault a déclaré qu’elle n’était pas féministe, il y a eu de multiples tentatives de relativiser sa déclaration. Entre autres, Marie-France Bazzo a tenté de le faire en réduisant le féminisme à une étiquette qu’elle ne désirait pas porter. Ça se poursuit chez les citoyens de toutes sortes de manières. Pourtant, il y a dans la simple utilité du langage, pour ne pas dire la sémantique, tout ce qu’il faut pour comprendre à quel point ces tentatives sont vaines…

Prenons n’importe quel terme qui décrit une réalité. Le végétarisme (et ses déclinaisons) semble un bon choix. Si quelqu’un dit qu’il n’est pas végétarien, nous allons comprendre qu’il y a de la viande dans son alimentation et si quelqu’un dit qu’il est végétarien, nous allons comprendre qu’il n’y a pas de viande dans son alimentation. Il y a certains végétariens qui mangent du poisson et même de la volaille, donc seulement pas de viande rouge, mais gardons seulement la non-consommation de viande pour l’exemple. Ce que ça dit aussi, c’est que, comme le féminisme, le végétarisme se décline en plusieurs variantes et que ces déclinaisons, même si on peut considérer qu’elles sont parfois problématiques, ne réussiront jamais à dénier la définition de base. De la même manière, si quelqu’un dit qu’il est féministe, nous allons comprendre qu’il est pour l’égalité entre les hommes et les femmes, la définition de base, même si on pourra discuter ensuite des moyens pour y arriver et de ce que représente, dans le détail, l’égalité entre les hommes et les femmes.

Donc, si « ne pas manger de viande » est égal à « être pour l’égalité entre les hommes et les femmes », il n’y a pas à aller plus loin que de comprendre que quelqu’un qui dit ne pas être végétarien mange de la viande alors que quelqu’un qui dit ne pas être féministe dit ne pas être pour l’égalité entre les hommes et les femmes. Voilà l’utilité d’un terme : réduire à une unité linguistique un concept qui s’exprimerait autrement avec plusieurs unités linguistiques. On aura beau retourner ça dans tous les sens pour minimiser la portée de se déclarer ne pas l’être, les termes « végétarisme » et « féminisme » servent à dire quelque chose de clair et non leur contraire ou des demi-mesures. Le terme « végétarisme » sert à mettre de l’avant une abstinence quant à la consommation de viande et le terme « féminisme » sert à mettre de l’avant un parti-pris pour l’atteinte de l’égalité entre les hommes et les femmes. Et il faut dire aussi que ces deux termes n’ont pas le défaut de certains autres d’avoir des définitions multiples qui peuvent parfois porter à confusion. La confusion possible se trouve dans les déclinaisons, les manières de considérer et de mettre de l’avant ce que ces termes signifient.

Par conséquent, cet épisode ne soulève pas vraiment la question du droit des femmes de se dire ou non féministes, puisqu’il apparaît que ces femmes ne visaient que le terme « féminisme » en surface, aucune d’entre elles ne semblait clairement dire qu’elle était contre l’égalité entre les hommes et les femmes. En fait, il était seulement légitime de poser la question à savoir ce que signifiait vraiment pour elles ce « je ne suis pas féministe ». Et que si cette déclaration avait signifié pour une d’entre elles « je suis contre l’égalité entre les hommes et les femmes », cela aurait été au moins en accord avec la définition du terme.

Ce qu’il faut spécifier aussi, c’est que rien dans tout cet empressement d’aller creuser le sens de ces déclarations n’induisait qu’il est interdit de se dire non féministe. La responsabilité ministérielle de Lise Thériault et la réalité de sa déclaration parlaient d’elles-mêmes, puisque ce ministère est un enfant du féminisme. Certains ont la fâcheuse habitude de comprendre que constater une contradiction dans un discours c’est induire que les opinions divergentes sont interdites. Oui, il y a au Québec un certain consensus, pour ne pas dire un consensus certain, sur l’égalité entre les hommes et les femmes et oui, les opinions divergentes sont malmenées. Mais c’est le résultat du jeu du débat public et non la preuve que le féminisme est une religion, protégée par la vindicte populaire… Si seulement une de ces femmes avait vraiment argumenté contre l’égalité entre les hommes et les femmes, il y aurait au moins eu matière à débattre pour peut-être arriver ensuite à cette conclusion.

Il n’est pas interdit d’être contre l’égalité entre les hommes et les femmes. Par contre, il devrait être interdit de jouer la carte victimaire pour tous ceux qui sont contre l’égalité entre les hommes et les femmes, simplement parce que le féminisme existe et qu’il met de la pression sur eux.

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Le féminisme et le politiquement correct

8 mars feminisme

Dans le débat public actuel, en regard des sujets traditionnellement liés au progressisme, comme le féminisme, l’antiracisme et les droits des LGBT, il y a un grave problème de perception quant à ce qu’est la dénonciation et ce qu’est le politiquement correct. J’irais même jusqu’à dire qu’il y a un problème cognitif. On en vient à considérer que toute dénonciation progressiste est du politiquement correct.

L’actualité récente n’a pas manqué d’occasions de nous le montrer. Prenons le féminisme. Certaines branches du féminisme ont suscité récemment des critiques quant aux moyens qu’elles proposent pour atteindre l’égalité et quant à la perception de certains problèmes, ce qui faisait dire que ces féminismes se placent dans la dynamique du politiquement correct.

Et par politiquement correct, il faut entendre par là une posture qui outrepasse une réaction posée vis-à-vis des injustices, donc irréaliste et exagérée, autant dans l’analyse que dans les moyens proposés. Pour ce qui est du caractère irréaliste, il faut comprendre que le changement a besoin de temps pour faire son oeuvre. Donc, à propos des problématiques liées aux femmes, baser seulement, par irréalisme, sa réaction sur le fait qu’effectivement l’égalité n’est pas atteinte aujourd’hui a toutes les chances de tomber dans la dynamique du politiquement correct, qui est surtout un système de censure par la honte.

Le politiquement correct : un système de censure par la honte

Comment cela fonctionne, c’est que la réalité du déficit égalitaire pour les femmes s’est muée, de sujet important, en sujet intouchable, voire même sacré (l’importance qu’à pris les technologies de communication dans le débat social actuel n’y est pas étranger). En regard de cette évolution, tout ce qui n’est pas en phase avec une vision de l’égalité idéalisée est pointé fortement du doigt, souvent même comparé, mis en parallèle avec ce qu’il y a de pire concernant les femmes : le viol.

Dans cette dynamique, il y a une pléthore de phénomènes dénonciateurs qui sont mis en oeuvre. On n’a qu’à penser à cette idée que le rôle des hommes dans le débat féministe devrait être secondaire, retiré, conditionnel aux prérogatives de certaines femmes qui se réclament d’une autorité féministe. Un parallèle avec le viol est plutôt facile à faire : un homme n’a pas à violer l’espace féministe et s’il insiste… D’ailleurs, le présent texte pourra se voir accusé de la sorte, puisque je suis un homme qui utilise le féminisme comme exemple et qui en même temps le décortique (si peu). Ma démarche n’est donc pas politiquement correcte. Le goudron et les plumes m’attendent.

Féminisme intersectionnel

Et le féminisme intersectionnel est tout à fait en phase avec cette dynamique, le soupçon de viol symbolique en moins. Il consiste à faire de même qu’avec les hommes – les privilégiés suprêmes du système patriarcal -, mais avec des femmes, en regard de leur couleur et de leur orientation sexuelle. Le démographe Guillaume Marois a très bien fait le tour de la question critique dans un récent statut Facebook :

J’ai un peu de difficulté à accepter les accusations de « femmes privilégiées » dès que la femme est blanche et hétérosexuelle. Je comprends tout à fait que les femmes de couleur ou ayant d’autres orientations sexuelles puissent vivre des difficultés supplémentaires, mais la distinction entre privilégiée et non privilégiée n’est pas aussi dichotomique. Dans cette vision des choses, des facteurs pourtant beaucoup plus déterminants du sort des femmes me semblent évacués, notamment la classe sociale et l’environnement familial. Par exemple, une femme noire née dans de riches diplomates africains est probablement beaucoup plus privilégiée que la femme blanche hétérosexuelle d’Hochelaga née dans une famille pauvre et dysfonctionnelle. Pourtant, le sort de la femme d’Hochelaga ne semble plus préoccuper ces intersectionnelles et cette dernière sera même parfois violemment exclue du débat sous prétexte qu’elle est privilégiée par sa couleur et son orientation sexuelle. S’il est vrai que le 1% des femmes les plus privilégiées sont probablement blanches et hétérosexuelles, il ne faut pas oublier que la majorité des femmes blanches et hétérosexuelles ne font pas partie de ce 1%.

Ces tentatives de faire taire les « privilégiés » avec ce « système de censure par la honte », ne sont que des manifestations parmi tant d’autres du phénomène du politiquement correct. Et le dernier exemple est tout à fait intéressant puisqu’il inclut en même temps dans le calcul l’antiracisme et les droits des LGBT. Nous sommes en droit de critiquer ces tentatives, même fortement. Nous sommes en droit de trouver que ces féministes vont trop loin dans le réflexe victimaire, celui-là qui donne une importance accrue à la parole et à la pensée de certaines personnes, pas nécessairement plus légitime que les autres, en raison de leur statut de victimes symboliques catégorisées.

Jeter le féminisme avec l’eau du bain égalitaire

Mais là où je constate un problème aussi important, c’est quand la réalité de ces phénomènes servent à dénigrer le progressisme et le féminisme en général, dans ce qu’il a de légitime, voire même, pour certains, à nier la réalité des inégalités entre les hommes et les femmes. On a pu le voir à l’oeuvre, même si c’est sourdement, dans les positions des ministres Lise Thériault et Stéphanie Vallée, alors qu’elles refusaient de se dire féministes. Il n’est pas bien difficile de comprendre dans cet épisode une conséquence de la posture qui voit dans les débordements de certaines une occasion de tout couler.

Il faut faire la part des choses entre la légitimité du sujet et sa complexité, avec tout ce qu’elle comporte d’objets de débat. Se servir de la faute de certaines féministes pour trouver suspect quiconque se dit féministe, hommes inclus, c’est du même ressort que de se servir d’une lecture victimaire pour rejeter la liberté de parole de tous les hommes et des femmes blanches hétérosexuelles quant au féminisme, ou de trouver cette parole suspecte, peut-être même phobique, simplement parce que la personne n’a pas le bon sexe, la bonne couleur, la bonne orientation sexuelle.

Le féminisme est un humanisme

Le féminisme repose sur un déficit égalitaire et il doit être respecté pour cela, quand bien même certaines, même certains, s’en servent pour faire du chantage quand vient le temps d’argumenter. Il faut dénoncer et se rappeler qu’encore aujourd’hui les femmes sont moins payées que les hommes, que certains domaines sont toujours très difficiles à percer par les femmes. Il faut dire haut et fort que les femmes sont encore considérées comme secondaires par certains hommes et que cette considération repose surtout sur le simple fait de leurs différences physiques. Encore, il faut continuer de constater que les agressions sexuelles contre les femmes sont toujours un problème et que pour l’enrayer il ne suffit pas de faire remarquer que des hommes aussi en sont victimes…

Surtout, il faut continuer de réactualiser cette idée que le féminisme est un humanisme, jusqu’à ce qu’il ne reste que l’humanisme parce que le féminisme aura complété sa mission égalitaire. Cela ne relève pas du politiquement correct.

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Féminisme antiracisme

feminisme antiracisme

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Nationalisme québécois

nationalisme quebecois

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49 homophobes

49 homophobes

Réponses aux critiques de ce montage :

Voyez ça comme vous voulez, mais la seule différence entre ce montage et ce qu’on voit en cliquant sur le « en colère » sur la publication, c’est que je dis que ce sont des homophobes, ce que de toute façon la majorité des gens penseront, à part ceux qui sont capables d’écrire :

« Je ne suis pas homophobe, ce que les gens font dans leur vie privé ça les regarde, mais voir deux gars se frencher, même si c’est «l’amour», ça me fait un peu grincer des dent et ça fait grrr. »

Et l’important, c’est que c’est PUBLIC. Si ces gens ont cliqué en ne sachant pas que c’est public, c’est leur problème. Si des gens ont cliqué là-dessus à leur place, c’est leur problème. S’il y a une photo de bébé qui se retrouve là-dedans, c’est le problème du parent. Etc. J’ai juste poussé la logique du fait que tout ça c’est public, donc… (Je savais pertinemment que certains trouveraient que j’irais trop loin, je vis très bien avec.)

Sinon, c’est aussi une manière de bien montrer qu’avec cette nouveauté Facebook, il est encore plus facile d’être ouvertement homophobe, même pas besoin d’écrire quoi que ce soit. C’est drôle, mais si j’avais capturé des commentaires homophobes et fait un montage (ce qui est même rendu cliché, ç’a été fait maintes et maintes fois), est-ce que ça aurait fait réagir autant? Pourtant, c’est juste un cran plus bas, c’est de l’homophobie ordinaire. Dénoncer des commentaires homophobes, c’est correct (ou pas…), mais dénoncer l’utilisation homophobe de cette nouveauté Facebook, c’est pas correct? Si vous ne voyez pas la différence entre le flou d’un « J’aime », alors que c’était le seul choix, et la clarté d’un « en colère », alors qu’il est le dernier choix d’une possibilité de 6 choix possibles, je peux bien croire que ces 49 personnes ont cliqué là-dessus en méconnaissance de cause… Ma foi, voilà des candidats potentiels pour le Darwin Award!

GJS et « inclusifs »

Encore, pour ceux qui me reprochent de jouer le même jeu que les Guerriers de la Justice Sociale et/ou les « inclusifs », je vais essayer d’expliquer la différence. Les Guerriers de la Justice Sociale et les « inclusifs » surfent sur des impressions, des croyances. Leurs accusations sont fallacieuses puisqu’elles ne se basent pas sur des faits, mais sur des déformations de faits et de situations instrumentalisées pour gagner des points, des extrapolations basées sur des liens causaux inexistants.

Si quelqu’un me dit que ce montage est basé sur des liens causaux inexistants, eh! bien, qu’est-ce que je peux dire de plus que ces personnes ont visiblement pointés leurs souris sur le « J’aime », ont vu qu’un choix s’offrait à eux, et qu’ils ont choisi de cliquer sur l’émoticône représentant un bonhomme fâché avec écrit au-dessus « En colère ». Ce qui veut dire explicitement, sauf pour les relativistes : « je suis en colère de voir deux hommes s’embrasser ». Le lien causal existe : la cause, c’est la publication de cet article – surtout la photo – sur Facebook; l’effet, ce sont les réactions « En colère ».

Prenons quelques réactions typiques des GJS et « inclusifs ». L’appropriation culturelle, le blackface et l’islamophobie. Dans le cas de l’appropriation culturelle, prenons l’exemple de l’interdiction de cours de yoga pour contrer l’appropriation par les Occidentaux de l’élément culturel « yoga ». Cela se base sur un lien supposément négatif entre la pratique de l’activité par des Occidentaux et son origine. Cela identifie comme coupables, sans aucune autre preuve que celle du fait que l’on pratique ladite activité, les Occidentaux. Pourtant, dans les faits, rien n’indique que le choix de pratiquer le yoga est irrespectueux, bien au contraire, il faut aimer une activité pour la pratiquer. Quant au côté culturel, il serait plutôt étrange de pratiquer le yoga tout en étant hostile à l’élément culturel qu’il véhicule. Au pire, quelqu’un peut avoir une position neutre par rapport à l’élément culturel et n’y trouver que son compte au niveau des bienfaits physiques et mentaux. De toute façon, arriver à la conclusion que tous les amateurs de yoga sont probablement, inconsciemment ou consciemment, irrespectueux et que l’idée même d’offrir des cours de yoga est irrespectueuse, c’est ridicule en soi.

Pour ce qui est de la controverse du « blackface », c’est encore plus simple. Le supposé lien causal entre la pratique de la personnification et le racisme est fictif. Quand bien même il existe historiquement une réalité nommée « blackface » et qu’il est possible de la lier par un parallèle, il n’y a pas de preuve que la pratique de la personnification est réellement du racisme. On applique une indignation légitime du passé sur une situation actuelle pour réactualiser cette indignation pour faire valoir un autre point légitime : la sous-représentation culturelle dans les médias des noirs, et par extension, des minorités visibles. Ici, ce n’est pas la légitimité de la cause qui est en jeu, mais l’accusation injuste, tout comme pour l’appropriation culturelle.

Encore, il est question de la même injustice pour ce qui est de l’accusation d’islamophobie. Mais elle est encore plus pernicieuse. On met dans le même panier les racistes, les xénophobes et les gens qui ont une critique éclairée de l’islam, avec des arguments athées, et de l’islamisme, avec des arguments laïques et séculiers. On se sert de l’existence des premiers pour prouver que les deuxièmes sont dans le tort. Pour ce qui est du lien causal inexistant, il s’agit de celui qui se sert du fait de la critique comme preuve d’intolérance.

Je sens qu’on me dira qu’il est injuste de montrer 49 homophobes de cette manière, peut-être, mais je reviens à ce que je disais plus haut : je me suis basé sur des faits incontestables, une démonstration que permet maintenant Facebook, une réalité simple et directe, aussi facilement assimilable que 1 et 1 font 2. Ce qui est contraire aux accusations d’appropriation culturelle, de « blackface » et d’islamophobie, puisqu’elles se basent sur des extrapolations à partir des faits qui sont des cours de yoga, des personnifications et des critiques. Il n’y a personne là-dedans qui a clairement exprimé un non-respect de l’élément culturel présent dans le yoga ni tenu des propos racistes ni xénophobe. C’est l’interprétation le problème. S’il y a vraiment un problème d’interprétation dans le fait de voir de l’homophobie dans ce choix de cliquer sur « En colère » devant une photo de deux hommes s’embrassant, je me demande bien où il est possible de bien interpréter…

Liberté d’expression

Pour ce qui est de la liberté d’expression, c’est la question la plus problématique ici, à mon sens. Rien n’indique dans ce montage que je suggère d’empêcher quiconque de s’exprimer, encore moins de censurer quiconque. Par contre, la liberté que j’ai prise d’exprimer ce constat, en lien avec cette nouveauté Facebook, semble remise en question. Je vois là-dedans une disproportion entre ce qui est exprimé factuellement et ce qu’on croit que je voulais exprimer. Les gens sont libres d’exprimer leur désaccord devant deux hommes s’embrassant et le seul moyen d’agir à mon sens, si on n’est pas d’accord avec ça, c’est de le dire. Rien à voir avec des lois liberticides. C’est en plein la dynamique de la liberté d’expression et de son pouvoir de changement social. Pourquoi il y a de moins en moins d’homophobie, de sexisme et de machisme? Certainement pas parce que les gens se sont retenus de dire que ce sont des positions merdiques… Je n’ai aucune pitié pour le mononcle qui s’est fait dire que ses blagues homophobes et sexistes, il pouvait les garder pour lui et pour le souvenir idéalisé qu’il a de l’époque où c’était bien vu, même encouragé. Il n’y a pas eu de lois pour interdire ses blagues et pourtant elles sont en voie de disparition. Tout s’est fait dans le cadre de la liberté d’expression, quand bien même on se sert de l’expression « vindicte populaire » pour dénigrer certains mouvements de désaccords.

Pour revenir aux GJS et aux « inclusifs », il faut se rappeler que justement c’est la liberté d’expression qui est remise en cause. Des cours de yoga ont été interdits formellement et il y a une loi en préparation pour criminaliser l’islamophobie. Pour ce qui est du « blackface », au moins, on reste dans le cadre de la liberté d’expression, même si on constate qu’il y a disproportion entre le nombre d’accusateurs et les effets de ce mouvement, ce que Louis Morissette démontrait par son choix de prendre Normand Brathwaite pour personnifier François Bugingo

Sur ce, vous pouvez continuer à être en désaccord avec moi, c’est ça la beauté de la chose!

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Le double standard de Justin Trudeau

Justin trudeau pride

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Éric-Emmanuel Schmitt dans le champs de Dieu

À l’âge de 16 ans, j’ai ressenti le besoin d’expérimenter le voyage astral. Je me suis installé dans mon lit, et hop! quelques secondes plus tard, ce fut le décollage, je me suis retrouvé au plafond et, aussitôt, pris de peur, mon corps m’a aspiré. C’est ce qui m’est venu à l’esprit à mon réveil, à 2 heures du matin, après m’être endormi suite à l’entrevue d’Éric-Emmanuel Schmitt à Tout le monde en parle.

Éric-Emmanuel Schmitt y racontait une anecdote. Perdu dans le désert, il a vécu une expérience qu’il qualifiait de mystique. En gros, sortie de corps et rencontre avec une présence réconfortante, ce qui lui faisait dire qu’il s’était transformé, d’athée convaincu, en agnostique qui croit que Dieu est une possibilité. D’ailleurs, il disait aussi qu’il y a quatre positions par rapport à la croyance, dont deux qui sont dangereuses, soit les croyants et les athées, parce que ces positions peuvent justifier des violences. Avoir été sur le plateau de l’émission, j’aurais demandé des exemples de violences athées… Pour ce qui est des « bonnes » positions, il pointait les agnostiques qui penchent vers l’inexistence de Dieu et les agnostiques qui comme lui penchent vers l’existence de Dieu.

Selon mon analyse, cette vision des choses est visiblement une construction intellectuelle qui sert à justifier la nouvelle croyance d’Éric-Emmanuel Schmitt, puisque simplement dire qu’il est maintenant croyant le mettrait dans une « mauvaise » position, philosophiquement. Et cela me confirme, en regard de son anecdote, à cette époque où l’Occident n’est plus un vecteur religieux, que la croyance est une affaire d’individualisme. C’est là qu’entre en jeu la spiritualité, ce domaine où l’esprit peut se complaire dans la contemplation des possibles, mais surtout ce domaine qui justifie un certain respect pour la religion, puisqu’elle inclut en son sein la spiritualité. Et par spiritualité, il faut entendre celle qui se définit dans la croyance au surnaturel.

Pour vous dire bien franchement, j’aimerais bien un jour comprendre ce qu’est vraiment la spiritualité et en quoi elle est importante pour l’humain. Parce que la vie sur Terre, depuis qu’elle est apparue, s’en est très bien passée jusqu’à l’apparition de bipèdes assez intelligents pour être créatifs et faire des liens, donner du sens. Ce que l’on peut constater, c’est que la spiritualité a été grandement utile pour l’évolution humaine, mais qu’elle est devenue de plus en plus inutile, voire dangereuse, alors que l’humain sortait de sa condition tribale pour embrasser le monde, les guerres de religion étant les exemples les plus probants de ce choc évolutif.

Et nous voilà aujourd’hui dans un monde globalisé où les croyances se butent très facilement, avec l’aide des technologies de l’information, les unes aux autres. Il faudrait vraiment se demander si la spiritualité fait plus partie du problème que de la solution. Dans sa forme religieuse, elle justifie de la violence et des discriminations, et dans sa forme individualiste, au-delà de ses supposés bienfaits, elle réactualise la normalisation de la croyance, ce qui a des incidences sur la société, puisque toutes les croyances se nourrissent au même laxisme intellectuel qui fait que le « peut-être » est plus séduisant que le « non, tant qu’il n’y a pas de preuve ». Ce qui fait que la science est suspecte et mise sur le même pied d’égalité que les pseudosciences, et mise en miettes par les théories du complot.

Cela dit, d’un point de vue rationnel, l’existence n’a pas de sens en soi. C’est l’humain qui lui en donne, et surtout, qui veut lui en donner. Ce que je pense, c’est que ce désir de donner du sens à la vie est un luxe pour ceux qui peuvent se permettre d’y réfléchir et un cadeau à double tranchant pour ceux qui acceptent les réponses toutes faites des religions et autres spiritualités systématisées, quand bien même certains pigent librement dans le buffet pour se concocter un kit à penser sur mesure qui semble bien inoffensif. Donc, le luxe d’Éric-Emmanuel Schmitt a été de vivre un moment intense à ce moment-là de sa vie, qui lui a donné tous les matériaux parfaits pour bâtir son propre édifice spirituel. Mais il ne faut pas oublier que dans le monde des possibles, en dehors de la croyance que nos chemins sont tracés, Éric-Emmanuel Schmitt ne se serait pas rendu dans le désert et je ne serais pas en train d’écrire sur lui pendant une insomnie parce que j’ai fait un lien entre son expérience et la mienne.

Donc, pour revenir à ma propre anecdote, bien qu’elle soit beaucoup moins spectaculaire que celle d’Éric-Emmanuel Schmitt, il n’en demeure pas moins qu’elle n’a pas été pour moi un vecteur de croyance. Bien au contraire. Elle m’a surtout permis de comprendre que je pouvais laisser à d’autres, les scientifiques, le soin d’explorer au-delà des limites de ma compréhension immédiate. Tout ce qui pourrait m’intéresser, et même encore, c’est de savoir comment mon cerveau a réussi ce tour de force, si c’est bien d’un tour de force dont il s’agit et non seulement le fruit de mon imagination. Quant au pourquoi, je ne vois pas l’intérêt de donner du sens à cette expérience, elle n’est pas une preuve de quoi que ce soit d’autre que d’une capacité quelconque que je dois partager avec bien des humains, sinon la totalité. Si nous sommes bien peu à y arriver, cela pourrait être comparable à la synesthésie, cette capacité qu’ont certains à voir la musique ou les lettres en couleur, ce phénomène neurologique qu’il serait très facile de prendre pour une manifestation spirituelle…

En somme, je ne vois pas pourquoi la spiritualité et la religion comme inventions conceptuelles humaines devraient avoir le monopole du sens à donner à l’existence et aux repères moraux. On peut tout à fait bien baser son existence et le sens qu’on lui donne sur autre chose que la religion et la spiritualité. Il ne manque pas de raisons de vivre dans ce monde. Ce qui m’a le plus déplu dans l’intervention d’Éric-Emmanuel Schmitt, c’était l’impression qu’il donnait d’avoir enfin compris que quelque chose lui manquait et que ça devrait aussi nous manquer, puisqu’il tient tant à le partager.

On pourrait me reprocher ici de faire la même chose avec mon athéisme, mais je ne suis pas en mode prosélyte, mais d’analyse. D’ailleurs, s’il faut le préciser, l’athée ne vend rien en critiquant la croyance, il ne fait que constater l’absence là où les autres veulent voir. Parfois en l’exprimant avec sarcasme et même en étant insultant (ce que personnellement je condamne). Quoi qu’il en soit, c’est bien là le point plus violent où il peut se rendre à cause de son point de vue…

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Claude Jutra, y’é mort

Claude JutraOn va s’entendre, Claude Jutra, y’é mort.

Tout ce qui est fait, c’est de démolir sa mémoire.

Et si ça démolit en même temps quelques bonnes âmes qui ont le piton collé sur le pardon, tant pis, la pédophilie a encore plus besoin de se faire démolir que d’être flattée dans le sens du poil, même au nom de l’Art, si c’est la raison profonde qui est le moteur dudit flattage.

Aujourd’hui, c’est la société qui est vivante, et surtout les enfants.

Rien à foutre de l’idée que Claude Jutra pourrait se transformer en rotoculteur dans sa tombe pour la creuser encore plus profond.

À moins que toute cette histoire ne soit que de la fiction, ce qui serait plutôt surprenant : pourquoi une seule personne inventerait un témoignage aussi dur et aussi traumatisant? Et ce qui serait encore plus surprenant, c’est qu’on ne trouve pas d’autres saloperies en creusant…

Les enfants, et ceux qui sont devenus grands, ont besoin que la société démolisse cette laideur et en même temps, s’il le faut, toute la beauté qui s’y accrochait bien malgré elle.

Qui n’est pas encore au courant qu’il n’y a qu’une seule chose qui est sacrée ici bas?

Je vais vous donner un indice : ce n’est pas Claude Jutra, ni l’homme ni son oeuvre.

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Libre à vous de faire des liens avec la pédophilie…

éducation religieuse

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Entretien avec Guy Perkins

Si ça vous dit de prêter oreille à mon entretien de la semaine dernière avec le sympathique Guy Perkins, au sujet de mon parcours et de plein d’autres choses, comme le sujet incontournable de la religion, c’est par là :

http://perksmedia.ca/pc-017-renart-lveill-blogueur-au-wwwrenartleveillecom#Fzk9kWWz5Vk6Pqui.01

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Foi humaniste

foi humaniste

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Un « J’aime » s’il vous plaît!

un jaime svp

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Toute culture n’est pas bonne

Capture d'écran de YouTube

Capture d’écran de YouTube – AFP BB NEWS

Dans l’ordinaire surgi parfois l’extraordinaire et le contraste qui en résulte peut donner le haut-le-coeur.

Au rythme des cahots qu’offre généreusement l’asphalte craquelé et troué par cet hiver bipolaire, ma radio d’auto me parlait comme à son habitude. C’était « Les éclaireurs », à Radio-Canada. Un sujet vint s’offrir, léger, même réjouissant selon l’animatrice Sophie-Andrée Blondin, mais finalement lourd comme une brique dans l’estomac.

Il était question des anges-poupées, une nouvelle mode thaïe, inspirée par un rituel ancien de magie noire qui consistait à soi-disant enfermer l’âme d’un mort-né dans une statuette en bois. Donc ces poupées sont bénies par des moines bouddhistes et elles seraient ainsi investies d’un ange gardien et il serait bénéfique pour les femmes les possédant (le chroniqueur qui présentait le sujet ne parlait que de femmes) de les traiter comme de vrais enfants.

Elles les trimballent en poussette, les traînent avec elles dans leurs activités de tous les jours et même les amènent avec elles en vacances. Des entreprises de service ont flairé le bon coup et on leur offre des services de coiffure, des places attitrées dans les avions et des menus pour elles dans certains restaurants…

L’autre sujet de ce chroniqueur, Renaud Dubus, présenté comme étant moins réjouissant, avec raison, était une publicité pour un produit de blanchiment de peau où une Thaïlandaise à la peau très claire disait : « il faut être blanche pour gagner ». Au-delà du danger réel pour la peau, l’existence de ce produit et le fait qu’il comble un besoin, repose sur un trait culturel, un préjugé favorable à la peau très blanche, qui était expliqué comme suit :

la clarté est associée au bien moral, à la beauté, alors que le caractère foncé, la noirceur, est associé au mal, à la perversité et même à la laideur

Et le comble, un lien avec le bouddhisme (qui est bien plus une religion qu’une philosophie, et ce qui suit va bien vous le prouver) :

Il y a un élément bouddhique dans tout cela qui est la loi du karma. Les actions méritoires ou déméritoires des existences antérieures selon cette loi modèlent notre aspect physique dans la vie présente. Et donc avoir la peau foncée, en tout cas dans l’esprit thaïlandais, c’est avoir commis des actions mauvaises dans sa vie précédente.

Par chance, le chroniqueur est venu me servir, en guise de conclusion pour cette partie de chronique, un médicament anti-nauséeux :

Mais en fait, l’élément dominant est plutôt social. Tout simplement, les gens des campagnes, ceux qui travaillent dans les rizières, sont habituellement méprisés, et ils ont la peau brûlée par le soleil. Alors qu’en revanche les gens des villes incarnent la réussite sociale et eux ont la peau plus claire tout simplement parce qu’ils ne travaillent pas en plein air.

Toute culture n’est pas bonne

Il y a dans ce que je viens de vous présenter tous les éléments requis pour vous prouver que la culture, inspirée, en partie ou non, de la religion, n’est pas toujours respectable et qu’elle mérite alors qu’on la pourfende, même si on risque de passer pour intolérant.

Bien que l’exemple de la crème pour la peau soit plus clairement propice à l’indignation, les anges-poupées ne sont pas pour autant inoffensifs. En arriver à un gaspillage de ressources comme celui-là, surtout un gaspillage de nourriture (alors que la malnutrition touche évidemment la Thaïlande), c’est pour le moins absurde, sinon répréhensible éthiquement, autant pour l’entreprise qui y participe que pour la croyante en son ange-poupée.

Et pour ce qui est de tout ce système de croyances qui banalise la discrimination par rapport à la couleur de la peau, il repose, tout comme le phénomène des anges-poupées, sur l’irrationnel. Et il faut voir que cette irrationalité, déguisée en culture, sert de paravent pour la rationalité, celle que le chroniqueur détaillait en expliquant la différence entre « les gens des villes » et « les gens des campagnes », ainsi que le mépris des uns envers les autres, ce qui bien sûr encourage l’envie des méprisés, d’où la popularité des crèmes blanchissantes. Dans ce cas, il faut constater que la culture (et la religion) sert à donner bonne conscience au mépris, qui peut être ainsi relégué à l’inconscient et célébré par l’hypocrisie de la spiritualité.

Il en va de même pour toutes les cultures qui reposent sur des superstitions, quand elles inscrivent dans leurs moeurs des discriminations acceptées officiellement. Et par superstitions, il faut bien y voir aussi et surtout la force des religions. Si l’utilité des religions est de trouver un sens à la vie, individuelle et collective, on voit bien avec l’exemple plus haut qu’elles réussissent aussi à trouver un sens utilitaire pour maintenir les inégalités et les iniquités, pour magnifier ce que l’aventure humaine a de moins reluisant : la loi de la jungle.

Ce qu’il faut comprendre et retenir de tout ça, c’est que la liberté de religion (et la liberté culturelle) ne devrait pas bénéficier d’une protection légale ni d’une acceptation sociale quand elle dessert manifestement le progrès social, en banalisant le rejet des individus sur la base de traits génétiques, physiques, de genre et même de croyances religieuses, quand ce dernier aspect ne fait pas partie du problème structurel à combattre.

Et au-delà de la problématique négative, il faut aussi combattre ses manifestations plus anodines, puisqu’elles sont le lubrifiant qui rendent l’inacceptable acceptable, par accoutumance, pour ceux qui sont pris dans la dynamique culturo-religieuse, et par acculturation, pour ceux qui en sont extérieurs, avec l’aide de l’exotisme.

Pour arriver à dénier l’absurdité d’un ange-poupée qui se retrouve attablé devant de la vraie nourriture alors qu’assurément des gens crèvent de faim pas très loin de là, il faut tout un système de croyances autour pour hypnotiser la raison. Pour arriver à rendre normal le désir de se blanchir la peau, il faut toute une culture, avec ses habitudes anodines et ses rites innocents, légitimés ou non par la religion, pour consentir avec joie à une pratique dangereuse pour ceux qui ont les moyens et discriminante pour les autres qui se retrouvent encore plus dans le camp des laissés-pour-compte.

Comme on le voit, toute culture n’est pas bonne, alors, gardons notre respect pour ce qui est respectable et qui participe, en tout réalisme, au progrès humain.

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Race et racisme

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