Bernard Drainville et le crucifix : la laïcité, une question de logique

Bernard Drainville fait la promotion d’une pétition pour le retour du crucifix à l’hôpital St-Sacrement de Québec, fondé en 1927 par la congrégation des Soeurs de la Charité.

Pour quelqu’un qui se targuait d’avoir concocté une charte laïque et non de viser seulement les symboles religieux autres que catholiques avec elle, sous le couvert d’un impératif patrimonial et historique, c’est loin d’être logique.

Ça donne le goût de ramener un de ses arguments forts pour interdire particulièrement le port du voile pour les employés de l’État. Il donnait l’exemple fictif d’un musulman homosexuel qui se retrouverait, dans un centre de santé sous l’égide de l’État, devant une professionnelle voilée. Il arguait avec raison, à mon sens, le malaise du citoyen. Bernard Drainville disait que l’apparence de cette femme pourrait donner à penser à cedit citoyen qu’elle pourrait juger négativement son orientation sexuelle, entre autres, pour montrer un des bienfaits de la neutralité représentative qu’il défendait avec sa charte. (L’expression « neutralité représentative » vient de moi, mais elle dit bien ce qu’elle a à dire…)

Donc, le malaise. Ce qui se défend très bien dans l’optique où le citoyen, selon ma vision de la laïcité, n’a pas à se trouver devant quelconque élément chargé symboliquement avec lequel il ne serait pas d’accord ou inconfortable, dans son rapport avec l’État. Alors, prenons le même argument, mais transformons-le à la sauce catholique. Pensons à un autre citoyen fictif, qui fréquenterait l’hôpital St-Sacrement de Québec. Il aurait vécu une situation traumatisante avec un membre du clergé étant jeune, ce qui est loin d’être fictif au Québec… En plus, rajoutons que cet homme ne peut pas s’empêcher de penser à cette situation chaque fois qu’il voit un symbole relié au catholicisme. Bernard Drainville pourrait-il avoir autant d’empathie laïque pour cet homme, alors que celui-ci verrait d’un très mauvais oeil le possible retour du crucifix dans l’hôpital qu’il fréquente?

Voilà à quoi l’argument patrimonial se bute. Tout comme pour l’argument essentialiste qui dit qu’un signe religieux, dans l’espace civique, est plus important – pour la personne qui le porte ou l’institution qui l’exhibe sur ses murs – que la réaction hypothétiquement négative de l’ensemble des citoyens envers qui l’État est redevable. On pourrait tenter de réduire cette réaction négative à la plus basse morale, comme la xénophobie religieuse ou même encore pire, le racisme, mais à la base l’État n’a pas à juger de la teneur des malaises. Plutôt, de faire en sorte de les réduire le plus possible à la source en ayant une apparence de neutralité, pour accompagner ce qu’on attend de l’État comme neutralité dans le traitement. Et s’il faut l’ajouter, les raisons d’avoir des réactions négatives devant les signes religieux comprennent aussi et surtout, espérons-le, des opinions en lien avec la justice sociale.

Mais revenons à l’argument essentialiste, dont se sert l’argument patrimonial, même si ceux qui s’en servent réussissent à pourfendre l’argument essentialiste quand il sert à défendre ce qui est en dehors du patrimoine catholique… S’il est essentiel que le patrimoine religieux catholique ait sa place dans les institutions comme les hôpitaux et l’Assemblée nationale, pour entre autres faire plaisir à ceux qui ont à coeur ce patrimoine, il devrait en être de même pour ceux qui ont tellement à coeur leurs convictions religieuses qu’ils doivent l’exhiber même quand ils travaillent pour l’État. C’est une question de logique. Encore plus une question d’équité.

Si la laïcité est comprise et admise comme excluant les signes religieux de toutes les religions, autant sur les gens que sur les murs, elle ne devrait pas octroyer des privilèges, des « accommodements raisonnables», à celle qui rejoint le plus grand nombre, au nom du patrimoine. D’autant plus qu’il n’est question que de la sphère civique : la sphère publique continuera de magnifier ce patrimoine. Et si la laïcité est finalement comprise et admise comme incluant les signes religieux de toutes les religions, autant sur les gens que sur les murs, ne nous surprenons pas de voir dans le futur s’amplifier cette guerre qui est déjà en cours pour gagner des territoires symboliques. Ce qui grugera aussi, à terme, toutes les avancées sociales de la sécularisation.

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Alexandre Bissonnette = Donald Trump = PQ

Jouons le jeu des amalgames.

Il est entendu qu’Alexandre Bissonnette était un admirateur de Donald Trump. Allons même jusqu’à dire que Donald Trump est en partie responsable de la tuerie à Québec parce que son discours anti-musulman et ses actions contre des pays musulmans légitime l’islamophobie.

Réduisons donc notre analyse à ce lien : Alexandre Bissonnette = Donald Trump.

Je ne devrais pas avoir de problème avec cette conclusion puisque Donald Trump et Alexandre Bissonnette m’inspirent tous deux des sentiments très négatifs. Pour moi, ils sont les symptômes et les instruments d’un monde qui va immensément mal. Mais laissons de côté mes émotions et retournons dans le passé.

« Je ne suis pas Charlie »

Souvenons-nous maintenant des débats houleux à la suite des attentats terroristes contre la France, particulière celui contre l’équipe de Charlie Hebdo. Qu’est-ce qu’on opposait à la dénonciation de l’islam-isme? À l’imputation de la lecture littérale des écrits islamiques guidant les groupes terroristes islamistes? À la conclusion que cette religion est capable d’inspirer le pire?

Les réponses relativistes tournaient autour de la santé mentale des terroristes, de leurs situations socio-économiques, de la qualité médiocre de leur religiosité, etc. Encore plus, on pointait le néo-colonialisme occidental et sa discrimination « systémique » (c’était tout comme, même si le terme n’était pas encore à la mode…). Donc, il n’y avait pas de lien à faire entre la religion et le terrorisme ni entre la religion et les terroristes.

La valeur des convictions

Regardons maintenant comment sont considérées les convictions religieuses en comparaison avec les convictions politiques, philosophiques et autres. En général, les convictions religieuses sont considérées comme absolument respectables, voire essentielles aux humains qui s’en réclament. Tellement que l’expression des convictions religieuses n’est pas considérée comme égale en valeur avec l’expression des autres convictions.

Une preuve parmi tant d’autres : ici, les réglementations prohibant l’expression de ces autres convictions – via les vêtements et accessoires – ne s’appliquent pas quand il s’agit de l’expression des convictions religieuses, au nom de la liberté de religion. Parce que la liberté de religion ne concerne pas que la conviction intime et le droit de se regrouper dans des lieux de cultes, mais aussi une liberté d’expression de sa conviction pour ainsi dire illimitée. Voilà ce à quoi se bute la laïcité en dehors de sa version « ouverte ».

En gros, il est très mal vu de critiquer ou de prôner quelconque contrainte envers la liberté d’exprimer sa religion. Encore pire, les convictions religieuses ont un statut privilégié qui s’imbrique dans la normalité, dans une légitimité qui tient de l’absolu, alors que les autres convictions sont pour ainsi dire dans le domaine de l’arbitraire. Les convictions religieuses doivent absolument être considérées avec respect et tout accro à ce respect, même seulement pour critiquer l’étendue de la liberté de religion, est suspect.

Des monstres…

Pourtant, ceci expliquant sans doute cela, on se retrouve aujourd’hui avec un monstre lié à un autre monstre, essentialisé à lui par le lien des convictions politiques. Et là, étrangement, ce lien semble aussi fort que celui qui lie l’humain croyant et sa religion. Alors que de l’autre côté, ce que l’on considérait comme important pour expliquer le geste du terroriste islamiste – sa santé mentale, sa situation socio-économique et toutes les autres raisons contextuelles – ne réussit pas à entrer en ligne de compte pour le cas d’Alexis Bissonnette. S’il faut le rappeler : Alexandre Bissonnette = Donald Trump.

Personnellement, l’idée même de faire entrer ces considérations externes dans l’équation me répugne, mais c’est en dehors de l’émotion qu’il faut analyser les choses. Si le terroriste islamiste a eu droit à une analyse plus large que son lien avec la religion (analyse qui réussissait même à nier ce lien), je ne vois pas pourquoi Alexandre Bissonnette ne pourrait pas en bénéficier, pour faire contrepoids au lien fort qui est dressé avec Donald Trump.

L’argumentaire de l’anguille

Mais ce n’est pas le but de l’exercice. Je peux tout à fait me contenter de mettre un visage sur ce que devrait servir à désigner le terme « islamophobie », sans pour autant acquiescer à cette idée que la tuerie de Québec serait une preuve sans équivoque d’une « islamophobie systémique ». Ce que je veux surtout faire ressortir, c’est que la logique des convictions religieuses essentielles et inaliénables fout le camp quand un phénomène négatif lié à la religion ne lui donne pas bonne presse. Ce qu’il faudrait comprendre : le terroriste islamiste n’a rien à voir avec la religion, et ceux qui l’instrumentalisent, tandis que le terroriste d’extrême droite a tout à voir avec l’idéologie sous-jacente et ceux qui, comme Donald Trump, l’instrumentalisent.

Par contre, ce qu’il faut vraiment comprendre, c’est que l’argumentaire pour défendre le phénomène religieux – surtout dans une optique de diversité et de tolérance, donc surtout en lien avec l’islam – est d’une habilité déconcertante pour être insaisissable. D’un côté, cet argumentaire est essentialiste quand il est question de réagir à l’interdiction des signes religieux – le voile étant au centre du débat, il ne faut pas l’oublier… Mais de l’autre côté, cet argumentaire est, au contraire, existentialiste quand il s’agit de réagir à la critique de l’islamisme, qui est pourtant par essence lié au fait religieux. Autrement dit, ceux qui se servent de l’islam peuvent toujours s’en laver les mains en pointant les supposés amalgames. Ce qui est une mauvaise nouvelle pour les croyants qui aimeraient bien que la pratique de la religion se résume le plus possible à l’espace privé… et qu’on arrête de les relier à ceux qui demandent des accommodements et aux barbares qui veulent convertir le monde entier.

Alexandre Bissonnette = PQ

Sinon, celui qui joue actuellement le mieux au jeu des amalgames est Philippe Couillard. Après avoir mitraillé des amalgames pour défendre le port du voile et nier la causalité religieuse du terrorisme islamiste – aidant du coup ses amis saoudiens -, il a réussi le tour de force de mettre le PQ à la place d’Alexandre Bissonnette, tout en éliminant du même coup la présomption d’innocence. Il faut le faire! Rappelons-nous de ces paroles divinement mensongères :

« Je ne voudrais pas revenir sur les événements malheureux [la tuerie de Québec] dont ce parti [le Parti Québécois] a été l’auteur »

User ainsi de son immunité parlementaire pour dire de telles énormités – qui lui auraient assurément valu ailleurs qu’à l’Assemblée nationale de graves conséquences légales -, c’est indigne d’un chef d’État… on dirait Donald Trump!

Désolé pour la blague, mais il n’y a tellement pas grand-chose de drôle par les temps qui courent… On a l’impression que la tendance conspirationniste gagne de plus en plus les coeurs et les têtes. La tuerie de Québec, l’élection de Donald Trump, le PQ et l’ensemble de son oeuvre nationaliste et l’importance que prennent les débats sur la laïcité semblent être selon certains des preuves incontestables qu’il y a un complot contre les musulmans. Et pour contrer ce complot, l’accusation d’islamophobie est une arme légitime pour débusquer les supposés cryptoracistes comme moi qui essayent de se faire passer pour des progressistes laïques et féministes. Ou d’autres qui essayent de se faire passer pour des conservateurs et des nationalistes respectables…

Mais au-delà de la caricature vivante qu’est Philippe Couillard, très facile à rejeter pour tous les bien-pensants, ce qu’il y a derrière l’accusation d’islamophobie, tous les amalgames ridicules qui viennent avec cette idée du choc des cultures, n’est-ce pas en soi du conspirationnisme? Cette idée que le néocolonialisme est effectif socialement et qu’il existe une tyrannie de la majorité, n’est-ce pas en soi du conspirationnisme? Et la diabolisation du nationalisme et de la question identitaire sous le couvert d’une soi-disant xénophobie larvée, et le racisme qui est déclaré ici systémique avant même des résultats le prouvant, sur la seule foi de statistiques qui ne disent pas grand-chose sur les causes, n’est-ce pas en soi du conspirationnisme?

S’il faut adhérer à ces croyances pour être une bonne personne aujourd’hui, je préfère encore assumer que je suis un monstre pour certains.

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Balancer sa critique de l’islam-isme avec d’autres critiques envers les autres religions?

Il faut le dire d’emblée, il n’y a pas de conspiration quant au fait que la religion la plus remise en question, partout dans le monde et particulièrement ici, est l’islam. Il n’y a aucunement besoin de balancer sa critique de l’islam-isme avec d’autres critiques envers les autres religions.

Dans la réalité de ce monde, l’islam est malheureusement mis sur la sellette à cause du terrorisme exponentiel extrêmement meurtrier qui y est associé et des problèmes qu’occasionne une partie de l’immigration musulmane dans les pays occidentaux. Cette réalité, on pourra essayer de la relativiser en aval, et dire avec raison qu’il y a un effet d’amplification médiatique, mais il reste qu’à un niveau global les groupes terroristes qui ont le plus de succès sont liés à l’islamisme (même en Europe où ce terrorisme n’est pas majoritaire en terme d’actes, alors qu’il est majoritaire en terme de nombres de morts).

Sans oublier que la mondialisation actuelle pose des défis sociaux qui sont surtout liés à l’islam, puisque justement le terrorisme islamiste (beaucoup plus actif dans les pays musulmans qu’ailleurs) encourage l’émigration (on n’a qu’à penser à la crise des migrants syriens).

Il faut vraiment s’aveugler de tout ça pour même penser qu’il faudrait, pour critiquer quoi que ce soit en lien avec l’islam, contrebalancer avec des critiques en lien avec les autres religions (restons aux monothéistes).

Quelqu’un a-t-il déjà entendu parler de l’existence de groupes terroristes à succès, comme l’État islamique et Boko Haram, du côté chrétien ou juif? À part pour quelques « sectes » juives et chrétiennes peu nombreuses qui réussissent à s’effacer du monde et qui ne font surtout pas beaucoup de vagues, y a-t-il dans ces deux autres religions des mouvements très populaires de lutte anti-laïcité et des mouvements politico-religieux, comme l’islamisme, qui travaillent à imposer une moralité et une justice religieuse orthodoxe, totalement en contradiction avec nos sociétés démocratiques?

À ce que je sache, à part pour les ultra-cathos et autres mouvements chrétiens radicaux qui travaillent surtout contre l’avortement et le mariage homosexuel et qui sont surtout actifs aux États-Unis, la laïcité et les démarches de sécularisation sont un héritage judéo-chrétien… (À lier quand même en partie négativement avec la religion, puisque ces démarches se sont fortement appuyées sur une contradiction du pouvoir religieux.)

Je suis Charlie, tu es relativiste

Vous vous souvenez sans doute, mais le biais de ce relativisme de la balance a été démonté magistralement avec l’épisode Charlie Hebdo. On accusait le magazine d’islamophobie (donc d’acharnement contre l’islam) et pourtant la preuve a été faite que les blagues et critiques en lien avec l’islam étaient minoritaires parmi toutes.

Est-ce que les accusateurs d’islamophobie se sont tus parce que cette idée de contrebalance était respectée? Non. Est-ce que le fait que les religions juives et chrétiennes se faisaient plus rentrer dedans par Charlie Hebdo a empêché le carnage qu’on sait? Non. Est-ce que l’équipe de Charlie Hebdo avait peur pour sa vie en lien avec des menaces chrétiennes ou juives? À ce que je sache, non. L’équipe de Charlie Hebdo a été massacrée parce qu’elle se moquait aussi de l’islam. Aussi.

Sur la sellette

Si l’islam est autant sur la sellette, c’est parce que la tendance intransigeante des musulmans les plus violents et les plus militants du lot est manifeste et qu’elle se solde par des morts. Sans oublier ceux qui travaillent dans un sens plus idéologique en attaquant la sécularisation et la laïcité des sociétés occidentales en se servant de la logique des droits et libertés à leur avantage. Et parce que ceux qui ne veulent pas entendre les critiques contre ces intransigeants (critiques qu’ils amalgament à tort à une critique contre tous les musulmans) sont incapables de se sortir d’une analyse émotive, ayant pour seul but de préserver leur posture vertueuse devant les défis que posent la mondialisation, l’immigration et le « vivre-ensemble ».

L’argument de la balance des critiques contre les religions est un argument fallacieux comme les autres. D’autant plus que c’est bien moins une critique religieuse qu’une critique sociopolitique. On se sert du supposé respect que devrait bénéficier les phénomènes religieux, parce qu’il y a des humains respectables derrière, pour contrer les libertés de pensée et d’expression, pour rendre au mieux suspect le bien-fondé des discussions à ces sujets.

Il ne faudrait pas en parler parce que « ce n’est pas grave », parce que « ça ne te dérange pas ». C’est un autre argument fallacieux qui ressort souvent. Alors, si ce n’est « pas grave », si « ça ne te dérange pas », pourquoi ne peut-on pas en parler ouvertement sans se faire dire qu’il faut autant critiquer les autres religions, ce qui induit un problème grave avec ceux qui veulent en parler?

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UQAM – L’argument de l’espace sécuritaire

 

L’argument de l’espace sécuritaire est étrange. On argue qu’un discours peut atteindre quelqu’un dans son intégrité, donc qu’il faudrait sécuriser l’espace où ce quelqu’un se trouve pour y remédier. Comme on le sait, l’espace en question par les temps qui courent est l’université. Spécialement à l’UQAM.

Mais qu’est-ce que l’intégrité de quelqu’un dans ce contexte? Bien sûr, il ne serait pas question de l’intégrité physique puisqu’un discours ne pourrait directement causer un tort physique.

Mais bon, indirectement, c’est possible. Pensons à quelqu’un de psychologiquement déséquilibré qui réagirait physiquement à un discours au point de s’en sentir mal. Et entendons-nous pour dire que, même si ce genre de situation est d’une grande tristesse, il serait ridicule qu’une personne qui tient ces propos puisse être tenue responsable du mal-être de cette personne.

De toute façon, il est visiblement question de la protection de l’intégrité psychologique pour justifier cette idée d’un espace sécuritaire exempt de discours agressants. Cela pour justifier l’interdiction, la censure, voire n’importe quelle démarche d’intimidation.

Alors comment un discours, sauf s’il vise directement une personne (qui pourrait donc avoir des recours), pourrait-il porter atteinte à l’intégrité psychologique de quelqu’un si cette personne est saine psychologiquement?

Un discours n’est pas une bombe

Tout d’abord, il apparaît, selon toute vraisemblance, que l’idée d’atteinte à l’intégrité psychologique fonctionne comme celle de l’atteinte à l’intégrité physique.

Un tort est causé directement à une personne par une autre personne mal intentionnée ou par accident. Et il faudrait beaucoup trop étirer la sauce pour y inclure par exemple les victimes collatérales d’un attentat à la bombe.

D’ailleurs, c’est bien ce que l’argument de l’espace sécuritaire laisse entendre : un discours « haineux », au niveau psychologique, fait des victimes comme une bombe en ferait.

Le problème, c’est qu’une bombe fait des victimes s’il y a des gens autour, point. C’est un fait objectif. Pour ce qui est d’un discours, cela dépend de la subjectivité de chacun. Les gens peuvent réagir au discours en victime ou non.

Le lien de causalité entre la bombe et les victimes, en ce qui a trait à l’intégrité physique, ne peut pas être transposé à l’intégrité psychologique. Simplement parce qu’il faudrait prouver hors de tout doute, après examen, que le discours en question entre dans la catégorie de l’incitation à la haine, punissable par la loi.

Et encore là, il y a un autre problème. Même si ce discours est considéré comme de l’incitation à la haine, il n’y a objectivement aucune victime au sens où une bombe en ferait, puisque ce fait dépend plus de l’état d’esprit des individus qui sont placés, directement ou indirectement, devant ce discours. Discours qui ne pourra jamais être considéré comme de la discrimination directe.

La discrimination

Quiconque peut bien penser et dire ce qu’il veut en s’adressant à un auditoire présent ou virtuel (sur le web, via une publication, etc.), la discrimination entre en jeu quand une personne est visée directement (ou rejetée) par une personne ou par une organisation et qu’elle subit des conséquences directes, justement parce qu’on l’oblige à la subir.

Ainsi, une affiche annonçant une conférence ou une conférence donnée dans une université ne peuvent pas être discriminatoires en soi. Parce que personne n’est obligé de subir ce qui se passe dans l’espace public, à moins de penser que le monde autour de soi est une agression quand il n’est pas à la mesure de ce qu’on voudrait qu’il soit.

Par contre, on peut accuser ceux qui sont derrière ces discours de participer à la discrimination, mais il faut se référer aux faits et user d’arguments logiques pour le prouver et donc combattre ces discours, s’il y a lieu. Et tout cela peut seulement se passer dans un espace de discussion exempt de cette dynamique sécuritaire. D’autant plus qu’il y a déjà le garde-fou légal pour contenir tout ça.

Des licornes et des arcs-en-ciel

Que les personnes qui ne sont pas à l’aise avec cette idée se cachent dans leurs petits coins confortables psychologiquement. Toute la société n’a pas à subir leur délire sécuritaire. Qu’ils en profitent pour réfléchir à comment venir en aide aux gens vraiment victimes de discrimination. Et à la façon de démonter admirablement et respectueusement les discours qui y participent selon eux.

Ils pourraient ainsi se servir de leur liberté de pensée et d’expression pour faire autre chose que de vomir leur haine. Haine qu’ils prennent, bien malheureusement, pour une solution magique. Encore pire, pour un arc-en-ciel.

(Illustration : salvadorkatz)

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Multiculturalisme : tactique rhétorique des progressistes extrêmes

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Attentat de Québec – Lettre à toi qui es content

À toi qui es content devant la mort de citoyens québécois qui sont pour toi surtout des musulmans,

Si tu es content qu’il y ait eu des victimes, je te donne le bénéfice du doute que tu penses qu’il y a officiellement une guerre. Et que tu as un parti-pris pour un camp. Le tien, que tu penses le mien. Tu es content comme un soldat qui va faire six encoches sur son arme. Mais cette guerre, s’il y en a une, la comprends-tu vraiment?

Je vais te le dire bien franchement, mais le moins agressivement possible parce qu’on n’a vraiment pas besoin d’en rajouter en ce moment. Cette guerre, elle te dépasse, elle me dépasse et elle dépassait les victimes de Québec. Elle est tellement floue. Mais je comprends que c’est tentant d’essayer de la clarifier dans ta tête en t’inspirant des anciennes guerres. C’est une erreur.

Dans cette guerre-ci, il n’y a pas beaucoup de soldats, encore moins de généraux. Surtout des victimes. En plus de ceux qui sont morts, tu en es une, Alexandre Bissonnette en est une et moi je travaille fort pour ne pas en être une. Sans oublier tous les autres qui sont incapables d’arriver à une autre solution que de te haïr profondément. Tu es victime de l’absence de nuance, la tienne, la leur, qui fait sauter trop vite aux conclusions. C’est une bombe.

Si tu vas jusqu’à faire des liens entre l’islamisme et cette mosquée pour justifier le fait que tu es content, tu devrais au moins laisser le bénéfice du doute à ceux qui la fréquentent, comme je le fais avec toi. Dans les faits, ce ne sont pas des guerriers. Ils n’ont pas signé de papiers pour le devenir ni été obligés par un État ou une organisation de s’y engager.

Si tu ne vas même pas jusque-là et que tu ne fais qu’être content devant la mort de terroristes parce que tous les musulmans sont pour toi des terroristes, donc des soldats, je te dirai que tu connais bien mal les humains, la nature humaine. En général, les humains ne veulent même pas vivre en paix, ça c’est pour faire beau dans un discours : ils veulent carrément avoir la paix. Comme dans l’expression « sacre-moi la paix ».

Comment expliquerais-tu ça que toutes les populations musulmanes veuillent la guerre et s’impliquent dans la guerre? Encore plus : comment expliquerais-tu ça que tous les musulmans qui ont immigré ici pour avoir une meilleure vie, alors que beaucoup d’entre eux voulaient simplement qu’on leur sacre enfin la paix avec la religion, sont en faveur de cette guerre et s’impliquent même dans cette guerre?

Si tu es honnête et que tu concèdes minimalement que ça n’a pas de bon sens, tu vas commencer à voir des nuances et cette guerre va devenir moins floue pour toi. Cette fois-là, pas parce que tu es capable de penser que ce scénario de guerre entre le Bien et le Mal que tu as imaginé ou qu’on t’a suggéré est vrai. Mais parce que les faits et la logique vont t’empêcher de faire sauter la bombe des conclusions hâtives. Et tu n’auras plus de munitions pour être content d’une tragédie.

Et avec moins de munitions, la guerre se dirige vers sa fin.

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Attentat de Québec : contrecoups idéologiques

Que de tristesse. Que d’incompréhension. Que de désespoir. Que de haine. Espérons de l’amour, des réponses, pour le peu que cela donnera aux proches éplorés, et surtout, de la prévention.

Mais avant même d’avoir toutes les informations au sujet de l’attentat de Québec et de son principal suspect, Alexandre Bissonnette, donc dès que la piste islamiste fut mise de côté, la machine idéologique culpabilisatrice s’est mise en marche. Des hyènes…

Le sens de la mesure

Je me pencherai ici particulièrement sur le statut Facebook d’un certain Ludvic Moquin-Beaudry, professeur de philosophie, écrit en réaction aux supposées sympathies idéologiques d’Alexandre Bissonnette :

[Mise à jour] Le présumé terroriste de Québec est un fan de Bock-Côté, de Génération nationale, de Marine Le Pen (et d’autres figures, partis et mouvements politiques qui se sont, un peu ou beaucoup, fait du capital politique/symbolique sur le dos de la communauté musulmane).
S’il avait été fan de certains prédicateurs islamistes ou de figures salafistes, ces mêmes personnes auraient parlé de radicalisation, de menace islamiste rampante, etc.

Mais maintenant que c’est leur discours qui est mis en jeu, quelle sera leur réaction? Puis-je m’attendre au début d’une autocritique ou suis-je trop optimiste?

Avant toute chose, remarquez l’emploi du terme « terroriste », employé aussi dans les médias dès le début de l’affaire. Je relève l’ironie de la chose puisque, si on se souvient bien, ce terme était désigné comme étant à utiliser avec grande précaution quand il s’agissait précédemment de suspects visiblement liés à l’islamisme ou même de Richard Henri Bain. On avait même eu droit à des débats sur ce que cela signifie, certains allant jusqu’à induire qu’il n’était pas question de terrorisme quand il s’agit d’un « loup solitaire » sans lien direct avec une organisation terroriste, encore plus si l’individu semble déséquilibré mentalement. Ne faut-il pas l’être minimalement pour poser un geste aussi répréhensible? Quoi qu’il en soit, Alexandre Bissonnette n’a pas profité de cette grâce et à mon sens, c’est bien tant mieux. Débarrassons-nous du conditionnel pour un instant : il a tué, c’est un meurtrier, il a terrorisé, c’est un terroriste.

Sinon, il faut premièrement remarquer l’évidente adéquation que fait Ludvic Moquin-Beaudry entre Mathieu Bock-Côté, le regroupement Génération nationale et Marine Le Pen. Tout cela, pour les deux premiers, sur la foi du fait très boiteux que le présumé terroriste avait cliqué « J’aime » sur leurs pages Facebook. Pour ce qui est de Le Pen, les témoignages l’ont fait ressortir au-delà de l’appréciation virtuelle. Et je sais de sources sûres que les deux premiers n’ont pas trouvé ce lien heureux, le mot est faible. On se doute que personne ne veut se voir accolé à la très mauvaise réputation du Front National, classé à l’extrême-droite par les médias français. Alors que le but est évidemment de diaboliser le nationalisme québécois, dont ils sont entre autres des représentants.

Maintenant, regardons l’équivalence générale qui est dressée. D’un côté, il y a un auteur-chroniqueur-blogueur vedette et un regroupement qui ont en commun d’être nationalistes et critiques du multiculturalisme. Le lien avec Marine Le Pen ainsi que les « autres figures, partis et mouvements politiques » seront mis de côté, parce qu’ils sont flous et visiblement instrumentalisés pour amplifier la perception négative. De l’autre, il y a des « prédicateurs islamistes ou de figures salafistes ». S’il y a équivalence, le sens de la mesure est parti faire une longue promenade et s’est perdu en chemin!

On a beau ne pas être d’accord avec ces nationalistes et ce qu’ils critiquent, et comment, et jusqu’où ils vont, personne là-dedans ne fait l’apologie du meurtre. Personne là-dedans ne fait la promotion d’une guerre ouverte contre une autre civilisation (gageons que le « philosophe » répondra qu’ils sont tout de même en quelque sorte des guerriers de l’Occcident et que c’est équivalent…). Personne là-dedans n’affirme ouvertement qu’il s’engage à tout faire en son pouvoir pour imposer au monde entier un code moral d’inspiration religieuse (il répondra sans doute que le nationalisme/conservatisme prône sensiblement la même chose…). Personne là-dedans ne prône la normalisation de la discrimination envers les femmes et les LGBT, etc. (il répondra assurément que la laïcité qu’ils défendent, qui veut « discriminer » essentiellement les femmes voilées, revient au même…).

Mais à ce que je sache, cela serait criminel ici et nos nationalistes ne sont même pas proches de se faire arrêter. Ils cadrent tout à fait dans les limites légales de la liberté d’expression. Mais visiblement, dans les fantasmes de Moquin-Beaudry, ils se retrouveraient tous en prison demain matin, question de payer pour les meurtres de Québec, parce qu’il a réussi le « tour de force » de dégrossir un lien parmi toutes les causalités possibles. Ce qui est bien normal, puisque l’on sent bien dans toute cette démarche la tentation d’arriver à justifier l’accusation de crime de pensée. Alors que des démarches pour criminaliser certaines opinions, dites islamophobes, avec tout le flou que cela comprend (pensons entre autres au projet de loi 59), allaient déjà dans ce sens.

Le réflexe théorique

Mais sur quoi repose cette assertion que « leur discours […] est mis en jeu »? Sur cette supposée équivalence, qui ne tient pas la route en regard des faits, alors qu’elle est brandie comme un fait. Parce que même en extrapolant à outrance en affirmant qu’ils se seraient « fait du capital politique/symbolique sur le dos de la communauté musulmane », cela ne reste que de la théorie qui tient pour vrai que leur discours critique est en fait un leurre qui cache de mauvaises intentions. Ainsi, ce réflexe théorique ne repose que sur des soupçons et des perceptions, même si les théoriciens dont s’inspire visiblement Moquin-Beaudry se basent sur des faits comme des statistiques concernant des agressions envers des musulmans – quand ce n’est pas sur des études qui se basent plutôt sur des impressions bien subjectives quant au sentiment de discrimination… Mais tout ce que font ces statistiques, c’est de montrer qu’il y a un problème, elles ne réussissent aucunement à prouver d’où provient en détail cedit problème, au-delà des vrais coupables de ces agressions compilées, dont fera partie Alexandre Bissonnette s’il est reconnu coupable.

Si on peut de cette manière théorique arriver à la conclusion que ce duo nationaliste, voire « identitaire », mérite culpabilisation et devrait faire une autocritique, qu’est-ce qui m’empêche d’arriver à une autre conclusion de la même manière, mais cela envers Moquin-Beaudry, même plus généralement envers son clan idéologique qui accuse aussi de la sorte? Il serait aussi vraisemblable, sinon plus, que l’argumentaire victimaire de ces derniers, qui met l’emphase sur la supposée islamophobie rampante de la société d’accueil, occidentale, blanche et de culture catholique – surtout depuis le débat sur la charte du PQ – puisse avoir été le vecteur principal de haine pour Alexandre Bissonnette. Et nul ne sait vraiment ce qui aurait eu plus de poids pour l’aider à appuyer sur la gâchette. Peut-être qu’un examen psychologique pourrait départager la chose, mais cet hypothétique résultat ne réussirait qu’à expliquer son cas particulier, pas à trancher comme le ferait un procès. Ce qui me fait penser que nous sommes en fait devant un procès d’intention. Et je démontrerai pourquoi dans ce qui va suivre.

Une vue de l’esprit

Quand Moquin-Beaudry écrit que si le tueur « avait été fan de certains prédicateurs islamistes ou de figures salafistes, ces mêmes personnes auraient parlé de radicalisation, de menace islamiste rampante, etc. », il semble oublier que la radicalisation et la menace islamiste ne sont pas des vues de l’esprit. Contrairement à son interprétation qu’ils se sont « fait du capital politique/symbolique sur le dos de la communauté musulmane », qui a franchement des airs conspirationnistes, la radicalisation islamiste, qui se dévoile à coups d’attentats terroristes, est un phénomène bien étudié, bien documenté et grandissant (voir le tableau où on remarque entre autres que le terrorisme au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, évidemment en lien avec l’islam-isme, s’amplifie à partir des années 2000 pour exploser en nombre d’attentats dans les années 2010).

Tandis que pour son supposé équivalent, le bien mal nommé « capital politique/symbolique », il repose sur la foi, sur la croyance qu’il y a un lien de cause à effet entre les positions exprimées par Mathieu Bock-Côté et Génération nationale et les discours franchement haineux, comme si le fait que les deuxièmes puissent se nourrir des premiers était en soi une preuve de connivence entre les deux. Faudrait-il s’abstenir de critiquer un phénomène parce que d’autres se contentent de le détester pleinement, sans aucune nuance, et qu’ils peuvent se servir de notre critique pour solidifier leur position? Dans ce procès d’intention, le juge arrive à la conclusion que la responsabilité incombe aux « identitaires » et que l’autoflagellation publique est la punition de mise.

En conclusion

En conclusion, il faut dire qu’en regard de ce que l’on sait sur Alexandre Bissonnette, il est plutôt étrange à la base d’avoir monté un bateau en y impliquant surtout Mathieu Bock-Côté et Génération nationale. Même chose s’il eut seulement s’agit du nationalisme québécois. Parce que, pour y avoir eu accès avant qu’elle ne soit plus en ligne, le jeune homme s’exprimait sur sa page Facebook la plupart du temps en anglais et semblait plutôt fédéraliste. Mais bon, toute occasion est bonne pour croquer du nationaliste, de l’identitaire. Même si le véhicule pour y arriver ne tient pas la route et que le moment est bien mal choisi pour instrumentaliser une aussi grave tragédie et exposer ses lubies.

J’ai la profonde conviction que la communauté musulmane n’a pas besoin qu’on lui désigne des coupables par association. Elle aurait plus besoin de comprendre que la grande majorité de la population québécoise est humainement avec elle dans la tragédie, comprenant Mathieu Bock-Côté, Génération nationale et tous les autres, dont moi, qui se permettent parfois d’être critiques envers des sujets sensibles pour elle. Parce que ce n’est pas de la haine en soi que de dire les choses. Parce que le désaccord n’est pas le résultat de la haine.

Pourquoi, même dans les rapports sociaux, ça ne serait pas de l’amour d’essayer de s’entendre malgré la difficulté des désaccords?

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Du vernis à ongles

Au service de garde, hier, ma fille de 8 ans avait une activité. Les filles se faisaient mettre du vernis à ongles et les garçons des faux tatouages. Ils ne pouvaient pas choisir.

Mégapoche. Parce qu’à mon sens, offrir le choix, c’est déjà un message qu’il n’y a pas de problème avec le fait qu’un garçon puisse vouloir du vernis à ongles. (Je n’accuserai pas personne, je ne sais pas qui a organisé l’activité et je suis pas mal certain que la direction de l’école ne met pas le nez là-dedans.)

Mais je me suis dit que s’ils avaient pu choisir, il n’y a pas grand chance qu’un garçon choisisse le vernis, pour ne pas se faire intimider par la suite. Ce qui est un problème en soi. Pour ce qui est des filles, pas de problème à l’horizon. Parce que la mode des tatouages n’est pas réservée au genre masculin. Mais on sait quand même que socialement ça passe mieux les petites filles (et les grandes) qui sont attirées par les trucs pour gars (et par les filles). On peut mettre ça dans le panier des difficultés masculines, même si c’est tabou de le faire.

Je raconte cette anecdote parce que je pense que toute amélioration sociale passe par l’éducation. Donc premièrement par l’école. Contrairement à mes amis soi-disant progressistes qui pensent que ça passe par l’accusation, la culpabilisation et la victimisation, pour essayer de convaincre les gens de reprendre le droit chemin…

Pour ceux qui auraient peur, je n’insinue pas qu’il faudrait que l’école impose le vernis à ongles aux petits gars. Non, ça serait le genre d’idée que pourraient concocter mes amis soi-disant progressistes. Ça serait leur genre de penser que ça pourrait briser d’un coup comme par magie la tendance aux intérêts et aux activités genrés (qui me font un peu suer comme père et comme citoyen, il faut que je l’avoue, puisqu’ils qu’ils servent premièrement la logique du commerce, pour qui le fait de séparer les choses en deux donne plus d’opportunités de vendre des produits). Pour moi qui suit en faveur de solutions réalistes qui prennent compte des difficultés contextuelles, bien sûr culturelles, ça ne me sourirait pas.

Soyons réalistes alors. Dans l’optique où tous les enfants sont différents et qu’ils ne cadrent pas absolument tous de manière tranchée dans cette idée de trucs pour filles et de trucs pour gars, et puisque nous sommes toujours dans cette dynamique qui ne semble pas prête de s’éteindre, il faudrait bien s’organiser pour que le poids de la norme soit moins lourd pour ces enfants différents.

Simplement offrir le choix au lieu d’imposer serait un bon début de solution. Et je ne crains pas que ce soit déjà le cas un peu partout. Enfin j’espère.

 

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