Hibou Trudeau

Hibou Trudeau

Publié dans Canada, humour, politique | Laisser un commentaire

La spiritualité…

Spirituel

Je ne crois pas en Dieu, ni à la spiritualité ni à l’existence de l’âme. Je ne crois qu’en la capacité du cerveau de peut-être arriver à faire des choses qui sont encore inexplicables ou en voie de l’être.

 
La croyance en Dieu, à la spiritualité et à l’existence de l’âme ne sert que l’entendement de l’animal humain, elles n’ont aucunes utilités ni existence pour les autres animaux, avec qui nous partageons pourtant une immense partie de notre ADN.
 
La fin de l’homme ne marquerait pas la fin du vivant, mais elle marquerait la fin de cette idée de transcendance, jusqu’à ce que peut-être l’évolution du cerveau d’un autre animal réussisse à la réinventer parce qu’elle comble le vide existentiel qui vient avec ce niveau de conscience. Ou peut-être pas.
Publié dans opinions, religion, société | Marqué avec , , , , | Laisser un commentaire

Briser l’internet…

Briser l'internet

Publié dans humour, société, Web | Marqué avec , , | Laisser un commentaire

Multiculturalisme lubrifiant

multiculturalisme lubrifiant

Publié dans opinions, société | Marqué avec , , , | Laisser un commentaire

Citations : personnages historiques versus minions

Minion historique

Publié dans humour, opinions, société | Marqué avec , , | Laisser un commentaire

Le Bye Bye et le politiquement correct

bye bye blackface
En 2015, le politiquement correct, ou plus explicitement le moralisme victimaire, a continué de gruger ce qu’il nous reste de liberté de penser. Il a poursuivi son travail de sape du débat social en tentant d’instituer des tabous qui ont pour seul but de culpabiliser ceux qui placent le réalisme avant l’idéalisme. Ce réalisme qui accepte avec objectivité l’imperfection de la société pour la changer peu à peu, contre un idéalisme qui ne fait que constater cette imperfection et qui s’en sert pour faire la liste des supposés coupables, passés, présents et futurs…

On n’a qu’à penser à certains Guerriers de la Justice Sociale qui ont inventé un concept comme celui de l’« appropriation culturelle » où l’Occidental blanc est le grand coupable désigné de toutes les injustices mondiales. Et pas seulement les dirigeants passés et actuels, ceux qui avaient le pouvoir réel de commettre l’injuste, mais tout le lot au complet; vous et moi, bien sûr si vous cadrez dans le profil.

Donc, par exemple, l’Occidental blanc ne peut pas simplement adhérer à une pratique culturelle indienne comme le yoga sans se voir accusé de poursuivre la dynamique coloniale qui consiste à piller (culturellement les autres peuples) et à (les) discriminer… C’est pour cette raison qu’à l’Université d’Ottawa des cours de yoga (pour personnes handicapées!) ont été annulés.

Et quand il n’est pas possible de carrément interdire, il s’agit d’inciter à l’autocensure ou d’influer sur les décisions pour qu’elles se moulent à la rectitude désirée, même si parfois ça frise l’absurde. Dans un sens, le dernier Bye Bye n’y a pas échappé.

Le Bye Bye et son « demi-blackface »

Question de mettre la table, il faut se souvenir de la controverse du comédien blanc qui avait personnifié P.K. Subban à la fin de 2014, remettant à l’honneur le sujet du « blackface ». Le « blackface », c’est une accusation basée sur un supposé lien d’équivalence entre la personnification d’un noir par un blanc (par exemple pour une parodie quand tous les comédiens sont blancs) et la pratique raciste, surtout populaire au début du 20e siècle, qui consistait à déguiser un comédien blanc en stéréotype de personne noire. Personnification contre stéréotype, la nuance parle d’elle-même… Le premier est respectueux, le deuxième, aucunement.

Quoi qu’il en soit, il est clair pour moi que l’équipe du Bye Bye avait en tête cette controverse quand elle a choisi de demander à celui que plusieurs appellent bien malheureusement « le noir de service », Normand Brathwaite, de faire une apparition pour personnifier François Bugingo pour un sketch. La direction du Bye Bye ne voulait pas se faire mettre dans la face un « blackface ».

Sauf que le problème, techniquement, c’est que le « personnificateur » n’a tellement pas le même type physique que le personnifié que j’avais l’impression qu’ils avaient maquillé quelqu’un en Normand Brathwaite. Pour moi, le sketch est tombé à plat parce que j’ai passé mon temps à me questionner sur un possible lien humoristique qu’auraient voulu faire les auteurs du Bye Bye entre François Bugingo et Normand Brathwaite…

Et si on regarde strictement la logique de l’accusation de « blackface », le Bye Bye pourrait se faire accuser de « demi-blackface » puisque selon une vision racisée de la réalité, Normand Brathwaite n’est pas tout à fait noir, sa mère est blanche et son père noir. Et on l’a maquillé plus foncé pour les besoins de la cause, son teint étant beaucoup plus pâle que celui de Bugingo.

Encore, s’il faut absolument que je le spécifie, je ne suis pas en train de dire que je tiens mordicus à ce que les comédiens blancs personnifient les personnalités noires. Je dis juste qu’il ne devrait pas y avoir de tabou dans le fait que ça arrive et que quand ça arrive, ce n’est pas un geste raciste en soi.

Personnifier des Asiatiques, pas de problème!

Mais là où ça devient très intéressant, c’est que si on a réellement tenté de ménager la chèvre et le chou en engageant Brathwaite pour personnifier un noir, les Asiatiques n’ont pas reçu le même traitement : la comédienne Hélène Bourgeois Leclerc a personnifié l’ex-bâtonnière Lu Chan Khuong. Même qu’un sketch vers la fin mélange des comédiens blancs personnifiant des Asiatiques et des comédiens/figurants asiatiques.

Si vous me comprenez bien, je n’accuse l’équipe du Bye Bye de rien d’autre que d’avoir plié à la rectitude concernant le « blackface » tout en faisant ce qu’elle avait de mieux à faire pour ce qui est des sketches mettant en scène des Asiatiques. De toute façon, heureusement, nul scandale à l’horizon! À moins que ce texte en inspire un…

Une société qui marche sur des oeufs

Si ce cauchemar moraliste s’étendait, je n’ose imaginer le casse-tête que représenterait la création d’un Bye Bye pour ne pas froisser les sensibilités… dans ce monde où la discrimination positive est plus vue comme un acte de contrition qu’un moyen contextuel et malléable d’arriver à un but, soit l’égalité des chances.

Pour dire vrai, je ne suis tellement pas certain que le meilleur moyen de contrer le racisme et la discrimination soit de mettre l’emphase sur la couleur de la peau, donc de la rendre plus importante que l’individu. Parce que pointer la couleur de la peau, l’origine ethnique de quelqu’un, ça devrait être réservé pour des situations où il y a une vraie discrimination, comme le profilage racial, pas pour concocter des théories de victimisation qui ne font en fin de compte que séparer les gens en clubs de couleur qui se braquent les uns contre les autres…

Donc, mon but ici est de faire comprendre que le politiquement correct fait plus de tort que de bien. Parce qu’il encourage la suspicion en induisant que le bien se trouve du côté de la retenue, rendant suspecte l’action, la parole libre qui confronte, même si elle n’est aucunement synonyme de haine. Ce qu’il fait ce moralisme victimaire, c’est une société qui marche sur des oeufs.

La justice sociale

Ce que je veux dénoncer ici plus généralement, c’est l’extrémisme de la posture morale qui, au lieu de vouloir faire évoluer la société dans un sens plus respectueux par une éducation rationnelle qui prend en compte la réalité, veut imposer sa vision des choses en l’autoproclamant comme étant le bien et en rejetant les autres points de vue au mal, pour ne plus avoir à les confronter.

Je suis pour la justice sociale. Mais pour moi, elle ne passe pas par une paranoïa revancharde qui se sert d’une idée préconçue de la culpabilité pour justifier des coupables par association, au nom des injustices passées. Elle se passe dans le présent, là où des faits justifient l’indignation et des mesures qui s’imposent, là où un homme blanc raciste n’est pas plus coupable de racisme qu’un noir raciste, là où un musulman pratiquant sexiste n’est pas moins coupable de sexisme qu’un homme blanc athée sexiste, là où une femme victime n’est pas plus victime qu’un homme victime du même crime ou de la même discrimation.

Je suis pour une justice sociale et une liberté de parole égalitaire. Une société, ça se bâtit avec tous ses éléments, qu’ils soient de droite, de gauche, laïques, croyants, conservateurs, anarchistes, souverainistes, fédéralistes, etc. La justice sociale passe par un aménagement démocratique de toutes leurs idées et de toutes leurs solutions. Aucun groupe ne devrait avoir le monopole de la justice sociale simplement parce qu’il croit que ses solutions sont les meilleures. Aucun groupe ne devrait prendre en otage le sens même de la justice sociale.

Parce que la justice sociale, c’est un idéal réaliste pour tous. 

Publié dans opinions, société | Marqué avec , , , , , | Laisser un commentaire

Ma décoration de Noël préférée!

ma décoration de Noël préférée

Publié dans humour | Marqué avec , | Laisser un commentaire

Lettre à Louis T.

Credit photo : REX USA

Credit photo : REX USA

Salut Louis,

oui, je sais, les lettres ouvertes ne sont plus très à la mode et nous aurions pu parler de tout ça autour d’une bière. Mais je sais bien que tu es pas mal occupé, entre autres avec tes chroniques-vidéo pour Bazzo TV. Justement, c’est de ça que je voudrais te parler. J’ai écouté ta dernière où tu parles du terrorisme et de notre risque quasi nul d’en être victime.

Tout d’abord, merci pour ton initiative. Tu auras sans doute aidé quelques hypocondriaques sociaux et autres phobiques à mieux dormir. Quoique, connaissant un peu les troubles de l’anxiété, ça peut prendre un peu plus qu’une mise en perspective comme la tienne pour régler le problème… Et puis, le but du terrorisme est bien de terroriser, normal que ça fonctionne pour certaines personnes.

Reste l’humour. J’ai bien apprécié tes blagues, comme la plupart du temps. Et je suis toujours content de voir, et ton succès en témoigne, qu’il est encore possible d’utiliser la matière politico-sociale pour faire rire et réfléchir dans ce monde humoristique parfois trop occupé à fuir le réel pour gratter l’insignifiance.

Par contre, si je peux me permettre, au-delà d’avoir apprécié, j’ai trouvé que ta chronique était trop unidirectionnelle. Tu me diras que ton but n’était pas de faire le tour du sérieux du sujet, mais de faire rire (et réfléchir) en pointant un élément du problème. Et que l’efficacité d’une blague… et que le but n’est pas de nuancer, etc. Et j’espère que tu ne feras pas comme certains de tes collègues qui se cachent derrière l’humour, comme si ça expliquait tout, quand on n’est pas d’accord avec ce qui est communiqué au-delà de l’humour.

Donc, pour dire vrai, j’ai eu l’impression qu’au-delà de l’humour tu voulais me dire que le terrorisme, c’est seulement et simplement comparable au risque d’avoir un accident d’avion comparé à un accident de voiture. Que je devrais, quand je pense au terrorisme, n’avoir qu’en tête que je suis en sécurité. Oui, pour ce qui est du risque, c’est sans doute même plus risqué de mourir dans un accident d’avion que d’un acte terroriste, mais il y a une malchance qui est plus symbolique que l’autre. Il y en a une qui ne dit rien d’autre que l’imperfection humaine alors que l’autre est la conséquence d’un projet inhumain.

Et en tant que personne qui est tout à fait capable de faire la différence entre un risque normal et un projet de société – qui voudrait contrôler la vie de l’humanité selon des lois supposément divines et qui va jusqu’à tuer des gens pour espérer arriver à ses fins -, j’ai eu la fâcheuse impression que tu voulais me berner. Mais je me suis ravisé, je crois plutôt que tu as juste pensé que le meilleur moyen de combattre l’amalgame entre les croyants d’une religion et le terrorisme qui se réclame de cette religion était de réduire le terrorisme à une blague de loterie.

Je n’ai aucun doute que tu voulais bien faire et que tes intentions étaient nobles. Mais de mon point de vue, réduire le terrorisme à un faible risque personnel, c’est jouer le même jeu que ceux qui pointent le colonialisme occidental pour relativiser le terrorisme (en tout cas islamiste – mais il ne faut pas oublier que le terrorisme chrétien est aussi toujours actif…), le même jeu que ceux qui excusaient l’attaque contre Charlie Hebdo au nom du respect de la religion.

Et je passerai sur tes statistiques que beaucoup de gens ont critiquées. Parce que même si on arrive à un risque réel plus grand que celui que tu avançais, le problème important n’est pas une question de risque de décès. Le problème important, c’est que la religion veut remplacer les lois humaines là où ce n’est plus le cas et encore plus profondément là où c’est malheureusement encore le cas. Le problème urgent, c’est que la religion dans sa conception la plus contrôlante veut tellement gérer les liens sociaux et l’individu, sa morale, son éthique, etc., que le terrorisme est un moyen comme un autre d’arriver à ses fins. En Occident, ça peut être de viser la liberté, le divertissement en attaquant Paris, et ailleurs, de viser l’éducation en attaquant des écoles.

Donc, bien qu’il ne faut pas s’inquiéter personnellement du terrorisme comme risque, il faut s’inquiéter collectivement du terrorisme religieux et toujours le lier aux autres tentatives d’intromission du religieux dans la  société civile. Et si je t’ai écrit, c’est que je m’inquiète du fait qu’on rit encore et encore de ceux qui, comme moi, s’inquiètent à ce sujet, en les caricaturant comme des racistes, xénophobes, islamophobes… Surtout, je me demandais si tu avais conscience de participer à ça. Sûrement pas, mais je tenais à te faire savoir ce que ta chronique m’a inspiré.

Sur ce, je te laisse retourner à ton travail, tu dois déjà être en train d’en préparer une autre.

Publié dans opinions, religion, société | Marqué avec , , , | Laisser un commentaire

Des opinions dans des cases étanches…

case opinionsC’est drôle comment le monde des opinions est fermé et sclérosé, pour la plupart, dont votre hôte, parfois, assurément sans qu’il ne s’en rende compte. L’humain est ainsi fait.

Un tel a un discours X (qui pourrait faire évoluer notre pensée – tout est possible) mais nous refusons même d’y porter attention parce que cette personne est d’une autre famille idéologique. Par exemple, on dira que cette personne est de droite ou de gauche, donc, ce qu’elle a dire sur ce sujet ne peut pas être probant. Ou encore que cette information ou que cette opinion sont publiées dans un organe médiatique avec lequel nous n’avons pas d’affinité en général. Encore, donc. Par exemple, on le voit souvent ici avec les médias de Québecor, même chose pour Radio-Canada. Et au niveau international, on dira par exemple que tel média est visiblement acoquiné avec l’extrême-droite, donc…

Ça fonctionne aussi avec notre appréciation négative des écrits de quelqu’un, de son corpus. Si nous n’avons vraiment pas été d’accord pendant longtemps (ou jamais) avec une personne, tout ce qu’elle écrit n’est pas crédible. Richard Martineau est l’exemple suprême. Il est de bon ton pour certaines personnes de rejeter toutes ses opinions et même d’en être fier. Pourtant, même la personne la plus en réaction devant les opinions de Richard Martineau pourrait au moins être d’accord avec une de ses opinions si elle se donnait la peine de tout le lire. Et que même cette seule fois pourrait lui être utile. Je ne dis pas qu’il faut absolument tout lire Richard Martineau, mais vous comprenez ou je veux en venir.

Ce qu’il y a de dommage avec cette attitude, c’est qu’elle enferme, et les informations et les idées, et ceux qui en sont la source, dans des cases étanches. Et il n’y a rien là-dedans pour encourager la nuance et décourager la partisanerie idéologique. Bien sûr, dans l’optique où le but de l’exercice du débat intellectuel sur les questions politiques et sociales est d’arriver à faire évoluer les choses dans un sens positif. Mais si le but est seulement de préserver son égo en écartant ce qui pourrait faire craquer son vernis, il faut rester dans sa douillette chapelle et arrêter sa lecture ici…

Sinon, d’un point de vue logique, c’est une erreur de réduire son jugement à un lien négatif entre une opinion provenant d’une personne et le résultat catégorisé de l’ensemble des opinions de cette même personne.  Pourquoi? Parce que même s’il est possible de mettre dans une catégorie un ensemble d’opinions, rien n’assure que toutes les opinions seront totalement en phase avec cette catégorie. L’ensemble n’est pas garant des unités. Même chose quand il est question des médias et de ce qu’ils publient.

En fait, l’erreur est d’arrêter son jugement à la catégorisation, pas de constater cette catégorisation. La catégorisation est utile pour nommer, pour tenter de cerner la réalité, même si elle n’y arrive jamais à tout à fait bien, un peu comme la généralisation d’ailleurs. La catégorisation sert même de point d’ancrage pour en nier le résultat. L’erreur est donc de la prendre pour un mur infranchissable.

Donc, il ne faut pas prendre l’utilité de la catégorisation pour une finalité. Le monde des idées est mouvant et instable, catégoriser sert à y mettre un peu de solide auquel s’accrocher, afin de mieux s’y promener. Catégoriser ne devrait pas servir simplement à se complaire dans une posture confortable ou à jeter aux orties ce qui ne fait pas notre affaire…

*******

Publicité RenART blogue

Publié dans opinions, société | Laisser un commentaire

La haine du sac de patates

sac de patates

Ce qu’il y a de remarquable dans l’exaspération devant le mouvement du vote voilé (qui va jusqu’à l’absurde entre autres avec le port du sac de patates) c’est qu’elle suggère que nous sommes devant quelque chose de ridicule s’opposant à quelque chose qui devrait être respecté.

Si j’ai bien compris : s’il est outrageant que le port du niqab soit ainsi nargué, c’est que le phénomène est respectable en soi et que la limite à ne pas franchir a été franchie. Donc, critiquer de cette manière le port du niqab dans la sphère civique (voter est un devoir civique), ce n’est pas bien.

Pourtant, le port du niqab est une expression radicale de la liberté de religion. Il exprime que l’adhésion culturo-religieuse peut supplanter l’identité propre – au nom de la liberté individuelle, ce qui est pour le moins contradictoire – dans les sphères civiques et publiques. Et surtout, il participe à banaliser ce qu’il démontre, soit l’infériorité des femmes.

Alors, je me demande si on ne s’est pas perdu quelque part en chemin à partir de la crise des accommodements raisonnables qui avait fait ressortir, il me semble, que la vie civique n’était pas compatible avec cette prison vestimentaire. Même l’idée de « laïcité ouverte » n’allait pas jusqu’à le défendre, réservant son argumentaire pour le voile couvrant seulement les cheveux, le hidjab. Ce qui a entre autres donné en 2011 le projet de loi 94 (porté par le plus puissant parti de la laïcité ouverte, le PLQ) qui stipulait qu’ « Est d’application générale la pratique voulant qu’un membre du personnel de l’Administration gouvernementale ou d’un établissement et une personne à qui des services sont fournis par cette administration ou cet établissement aient le visage découvert lors de la prestation des services. »

Que s’est-il passé pour qu’aujourd’hui le niqab soit le bienvenu (pour certains) dans l’espace civique? Que s’est-il passé pour que ceux qui ont mis un sac de patates sur leur tête pour aller voter soient pointés du doigt d’une manière qui frise parfois la haine, comme en fait foi un statut Facebook de l’humoriste Adib Alkhalidey (on se demande si c’est l’humoriste ou le citoyen qui parle), jouant avec le feu avec ce que plusieurs verront comme de l’eugénisme :

À tous ceux qui s’mettent des sacs de patates sur la tête pour voter. Mettez-vous en aussi sur la bite ou sur celle de votre partenaire sexuel lors de vos prochains ébats afin de préserver l’humanité de votre potentielle progéniture.

Merci.

La direction.

Je crois que la réponse se trouve dans l’interprétation erronée, et pour le moins exagérée, et du mouvement du vote voilé, et de la critique laïque (celle qui n’a pas besoin d’adjectif…).

Cette interprétation part de la prémisse que ridiculiser le niqab, c’est ridiculiser la femme croyante qui est en dessous, donc ridiculiser l’islam. Et nous savons maintenant qu’à partir du moment où l’islam est critiqué, il s’agit d’islamophobie, d’intolérance, de xénophobie, voire de racisme envers tous les musulmans, même s’il y a beaucoup de musulmans capables de critiquer l’islam et particulièrement le niqab. Mais ce qu’il ne faut pas oublier, c’est qu’il est bien plus question de ridiculiser le fait d’accepter dans la vie civique le masquage du visage que de ridiculiser le niqab. Et même si c’était seulement le niqab, est-il si grave de ridiculiser quelque chose d’aussi choquant pour la dignité humaine?

(Et pour ceux qui se sentent seulement ou partiellement gênés par ce mouvement parce qu’il salirait la vie démocratique et la réalité du scrutin, je poserai une seule question : est-il vraiment outrageant de détourner accessoirement un exercice qui en fin de compte nous demande de lier nos pieds et nos poings pendant quatre ans à des décideurs qui font partiellement ce qu’ils ont promis – ou carrément le contraire – avec l’aide d’un coup de crayon sur une liste? Et le vote se fait, tout de même…)

Islamophobie

En vérité, l’islamophobie est tellement bien intégrée dans l’analyse et le discours ambiant que l’on perd de vue le détail de ce qui est critiqué pour embrasser la généralité. Au point où on pourrait croire de l’autre côté que le niqab est un symbole rassembleur de la religion musulmane, ce qui n’est bien sûr pas le cas. Et si on se réfère seulement au facteur humain, donc à la femme emprisonnée qui est toujours une victime collatérale, il y a un tel écart entre la perception de la critique et de la défense que cela donne l’impression qu’il ne s’agit pas du même sujet.

Alors qu’on se porte visiblement à la défense de l’individu sous le niqab, il n’y a rien qui indique clairement que c’est l’individu (et sa foi) qui est critiqué, nargué. Le problème qui est soulevé va au-delà de l’individu, il concerne la donnée collective, celle qui touche au lien civique, ce à quoi fait toujours référence la critique laïque. Et cette histoire démontre tout à fait bien le problème de perception quant à la critique laïque, qui n’a pas à être mélangée avec la critique athée, celle qui s’occupe de la croyance et de ses fondements.

En fin de compte, cette histoire de sac de patates est comme toutes les autres histoires mettant en vedette l’islamophobie. Il est raisonnable de penser que certains participants à ce mouvement sont mus par une réelle islamophobie (peur, haine de tous les musulmans), mais rien ne vient prouver hors de tout doute qu’il ne s’agisse que de cela, d’autant plus que ce mouvement cadre tout à fait bien avec le mouvement laïque, dans le sens qu’il se place dans le contexte du rapport entre la religion et l’État.

En somme, l’incompréhension des gens comme Adib Alkhalidey repose sur la haute importance qu’ils accordent aux droits individuels, à la primauté de l’individu et à la liberté religieuse qui vient avec. Et étant donné que ces droits et libertés ne peuvent pas être remis en question légalement, montrer que l’on accorde plus d’importance aux droits collectifs est une forme de traîtrise qui justifie les accusations à l’emporte-pièce et la haine. Et dans cette dynamique, argumenter qu’à la base le niqab va à l’encontre de la dignité humaine ne sert strictement à rien…

Oui les femmes qui portent ce vêtement méritent le respect, mais pas le vêtement et ce qu’il communique. Elles méritent qu’on les considère comme les victimes d’une forme insidieuse du syndrome de Stockholm mélangé au syndrome de la femme battue et ce n’est pas en acceptant socialement le niqab comme chose normale que l’on va les aider. Et c’est encore moins les aider que de leur faire croire qu’elles sont plutôt les victimes des islamophobes qui portent des sacs de patates pour aller voter.

Si on les conforte dans l’idée que la grande majorité des citoyens québécois (et des Canadiens) sont des islamophobes, alors que le porteur de sac de patates en est le symbole, elles ne pourront jamais arriver à comprendre que leur vêtement est une prison et que ceux qui veulent qu’elles le portent sont leurs bourreaux.

Même si dans le fond elles les aiment…

*******

Publicité RenART blogue

Publié dans Canada, opinions, politique, Québec, religion, société | Marqué avec , , | Laisser un commentaire

Le piège du niqab

Mulcair -Trudeau niqab

Avant de commencer, je ne suis pas un électeur conservateur et je ne vais sans doute jamais le devenir…

Bon, si on regarde la question du niqab, on dit que les conservateurs ont instrumentalisé électoralement cette question.

OK. Mais d’un autre côté, le NPD et le PLC ont quand même sauté à pieds joints dans une position qui contredisait celle du PCC. Ils ont joué le jeu (en pensant sans doute que ça pourrait être payant pour eux), alors qu’ils auraient pu voir venir le piège et, en réaction, jouer au pire la carte du discours nuancé (genre : c’est une question trop complexe dans le cadre d’une élection, nous ne savons pas ce qu’il en retournerait constitutionnellement, etc.) et casser le mouvement.

(Au mieux, comprendre et affirmer que cet accoutrement, en plus d’être absurde dans le cadre d’une cérémonie de citoyenneté, va totalement à l’encontre de la dignité humaine et des valeurs occidentales, dont fait partie l’égalité homme-femme, mais c’est seulement le fantasme du méchant progressiste que je suis qui n’accepte aucune concession quand il s’agit de la religion et de sa place dans la société…)

Parce que là, on en parle toujours, et la grande majorité des Canadiens n’ont pas eu besoin des conservateurs pour avoir une opinion là-dessus, même si c’est anecdotique au niveau quantitatif (ce qui n’empêche pas que ce soit aussi fondamental comme question).

On pourra dire ce qu’on voudra, mais il est clair que pour certains électeurs l’appréciation négative de la position NPD/PLC à ce sujet aura et a déjà des répercussions sur leur appréciation par rapport à d’autres positions, et pour certains même de la confiance qu’ils portent à la globalité de leur offre politique. D’où de plus forts appuis pour le PCC, d’après les sondages.

(D’ailleurs, malgré le fait qu’il y a un plus grand pourcentage de gens contre le niqab au Québec, les conservateurs ne sont vraiment pas les premiers dans les intentions de vote, alors il serait bien de noter une fois pour toutes qu’il n’y a pas de vague conservatrice au Québec à cause du niqab et d’arrêter de culpabiliser les Québécois à ce sujet.)

Oui, les conservateurs ont joué le tout pour le tout en brandissant le niqab, mais si ça fonctionne, ce n’est pas seulement parce qu’ils l’ont brandi, ce n’est pas magique. Le jeu se joue à plusieurs, alors ça me fait bien rire de voir qu’on accuse à ce point les conservateurs pour le fait que ça fonctionne, et qu’on en parle toujours plus pour cette raison…

*******

Publicité RenART blogue

Publié dans Canada, opinions, politique, Québec, religion, société | Marqué avec , , , , , , | Laisser un commentaire

Chute NPD

Chute NPD

Publié dans politique | Marqué avec | Laisser un commentaire

Le niqab et l’argument du nombre peu élevé

niqab

Dans la lignée du débat autour du niqab, ce voile cachant la presque totalité du visage, l’argument du nombre peu élevé de femmes le portant est venu se pointer le nez. Donc, cette question, qui concerne particulièrement en ce moment les cérémonies de citoyenneté, ne devrait pas être légitime puisqu’il y en aurait seulement une poignée. Le chiffre de 60 femmes portant le niqab au Québec a été avancé – il me semble vraisemblable – et il devrait à lui seul calmer tout le monde.

À partir de combien de femmes portant le niqab est-il possible de s’indigner? Quel est le chiffre magique qui permettra à quiconque de dénoncer, sans se voir ridiculisé, cette grave entorse à la dignité humaine, d’autant plus quand elle se met en scène durant un événement civique aussi important? En quoi ce nombre peu élevé invaliderait-il, par sa seule réalité, la position qui prend la part de la dénonciation?

Si on regarde plus largement l’argument et qu’on l’applique un peu partout, l’indignation a la vie dure. Mis à part les grandes questions de gouvernance et de politique, la plupart des situations sujettes à indignation sont des cas isolés ou très minoritaires. Pour prendre des exemples plus extrêmes, est-ce que la femme aux canards, qui est pas mal seule dans sa catégorie, ne méritait pas un peu d’indignation pour son geste imprudent (nonobstant les morts qu’il a causé)? Est-ce qu’on l’aurait défendu en pointant le fait qu’il y a un nombre peu élevé de personnes ainsi capable de faire abstraction de la sécurité des humains pour sauver des animaux?

Est-ce qu’on se pose la question à savoir s’il y a un nombre assez grand de femmes et d’enfants maltraités pour mériter notre indignation? Est-ce qu’on se demande, avant d’être outré, s’il y a assez de victimes et de bourreaux? Est-ce qu’on devrait calculer le nombre des injustices pour savoir si on a le droit de les qualifier ainsi? (Oui, n’en déplaise à certains, une femme portant le niqab est une injustice sur patte pour d’autres.)

Et si on fait un parallèle avec le défunt et pas si mort débat sur la charte du PQ, question d’avoir une comparaison plus au même niveau, est-ce que la position qui défend le port du voile pour les employées de l’État était amoindrie, voire injustifiée, par le seul fait du nombre peu élevé de musulmanes le portant? La réponse est évidemment non, même si je ne suis pas d’accord avec cette position. Parce que cet argument détourne l’objet du débat vers un rapport négatif entre la quantité et le mérite. Une seule personne ou problématique mettant en scène une seule personne mériterait moins d’indignation que deux, et ainsi de suite.

Qu’il s’agisse de victimes ou de situations qui provoquent l’indignation, quand bien même ce qui indigne l’un n’indigne pas nécessairement l’autre, le nombre peu élevé ne devrait jamais jouer en la défaveur de quiconque. À moins que l’on considère que la fin justifie les moyens, donc que cet argument fonctionne seulement quand il sert notre cause. D’ailleurs, il semble en être ainsi avec la problématique du niqab : ce qui est un problème pour les uns malgré le fait qu’il y en ait un nombre peu élevé n’en est pas un pour les autres et ce nombre peu élevé en est une preuve, pour servir la cause, ici la tolérance, enfin une vision de la tolérance.

Mais ce que cet argument fait poindre de plus incroyable, quand on le regarde avec logique, c’est qu’on avoue quand même que le niqab « pourrait » être un problème si le nombre de femmes le portant était plus élevé, même si on ne sait pas quel est le seuil critique pour que ça devienne un problème. Par contre, si on regarde par exemple ce qui se passe en Angleterre, où ce nombre est déjà beaucoup plus élevé, on peut se permettre de douter, puisque la tolérance envers ces prisons portables mues par la sacrée liberté individuelle ne semble pas avoir de limite. On s’empresse tout autant qu’ici de les défendre…

Ce qu’il faut comprendre, c’est que quand nos politiciens disent trouver acceptable un niqab dans une cérémonie de citoyenneté, ou une employée de l’État le portant, ils font totalement abstraction du nombre. Dans leur calcul électoraliste, cette minorité de femmes, quel que soit son nombre, représente simplement un sujet porteur, une vision du monde qui a un énorme potentiel politique. Il n’en fallait qu’une pour qu’elle puisse servir à cristalliser dans l’opinion publique la grandeur de leur ouverture d’esprit (ou de leur inconscience, tout dépendant du point de vue). Ce petit nombre est déjà pour eux un grand nombre.

Donc, la question n’est pas de savoir s’il y en a trop peu pour s’inquiéter ou déjà trop et qu’il est trop tard. En dehors du laxisme des uns et de l’exagération des autres, je préférerais que l’on se pose plus la question à savoir si ce phénomène est socialement acceptable que s’il est en phase avec la liberté individuelle. Et toutes ces questions, et toutes les réponses et opinions qu’elles suscitent ne devraient se voir amoindries, voire tues sous le poids de la honte, par ce nombre peu élevé.

À moins que le bâillon que ces femmes acceptent pour elles-mêmes doive être imposé de force à toute la société. À moins que la liberté individuelle, équipée de la liberté de religion comme armure, ait préséance sur la liberté d’expression. Il y a déjà vraiment de quoi s’en inquiéter.

*******

Publicité RenART blogue

Publié dans opinions, religion, société | Marqué avec | Un commentaire

Le nationalisme québécois, entre acceptation et honte

Drapeau du Quebec sombre
Tous les peuples du monde ont le droit de se reconnaître comme peuple, comme nation, comme groupe ethnique, etc., autant pour des raisons positives que négatives, avec l’aide de l’histoire. Notre regard sur l’immigration et la situation mondiale en témoigne. Mais ce droit n’existe pas pour les Québécois et tous ceux qui se le donnent tout de même sont considérés comme des traîtres au monde, des nationalistes (le dernier terme étant prononcé avec un ton de dégoût – et quand ce dégoût est totalement assumé, le terme choisi est « identitaire »).

Alors, dans cette optique, défendre le fait français c’est se fermer sur le monde. Même chose pour cette idée folle de vouloir transformer la province du Québec en pays, parce que nous serions quelque chose comme une nation qui n’a plus rien à gagner à être insubordonné à une autre nation. Sans oublier toute la question de la laïcité, qui se place dans un désir de faire les choses à la manière québécoise, a contrario de la manière canadienne, et qui pourtant s’inspire d’un courant mondial…

Mais pourquoi le nationalisme québécois est-il toujours associé à cette frange qui rejette tous les immigrants, alors que la partie la plus importante, j’en suis certain, pense le nationalisme en terme inclusif, donc espère accueillir ces immigrants comme faisant partie prenante de sa nation? Je vais vous le dire : il est plus facile pour le citoyen du monde, pour son combat idéologique, de transformer l’ennemi nationaliste en fasciste ou en nazi que de le considérer honnêtement avec ses nuances et accepter l’importance qu’il donne à la proximité géographique, ce qui vient pour lui avec des affinités socioculturelles, accomplies ou en devenir (pour ce qui est des immigrants). Et surtout, d’accepter cette importance comme étant possiblement positive socialement.

Il faut le dire, le but du combat idéologique des citoyens du monde est de faire disparaître lentement mais sûrement cette idée de nation, parce qu’elle a en son sein cette tendance à la différenciation, cela va de soi (ce qui peut soutenir ou encourager le racisme, la xénophobie et l’intolérance – le conditionnel est très important ici). S’identifier à une nation, c’est par définition ne pas s’identifier aux autres. Pourtant, par contre, ce n’est aucunement incompatible avec la possibilité de s’identifier aussi à l’humanité dans son ensemble. Autrement dit, il n’y a pas de contradiction entre le fait de s’identifier à la nation québécoise et de s’identifier à l’humanité. Comme si le nationalisme ne pouvait pas être un humanisme.

Un plan pour faire disparaître la nation

Alors, pour arriver à faire disparaître l’idée de nation, il s’agit de recouvrir de honte tous les nationalistes en évacuant du champ des possibles leur identification à l’humanité (seraient-il ainsi des bêtes?). Puisqu’ils s’identifient à une nation en particulier, c’est qu’ils rejettent les autres, non? C’est cette réflexion binaire qui tient lieu d’argumentaire et il existe bien sûr des nationalistes racistes/xénophobes/intolérants pour leur donner raison, dans une optique utilitaire de généralisation. Le fait qu’ils existent est leur trophée. Mais l’extrémisme se retrouve aussi de leur côté.

Cet extrémisme réside dans une vision du monde qui n’accepte absolument pas que les diverses sociétés placent des balises en lien avec leurs réalités socioculturelles propres et qu’on défende les bienfaits de ces balises. Parce que pour eux, le nationalisme ne peut qu’être qu’une causalité négative, surtout pour tout ce qui a un lien avec l’immigration. Et encore plus pour la nation québécoise, puisqu’il faudrait bien donner l’exemple, ici.

Individualisme et exclusion

En gros, nous avons droit au fantasme d’un monde débarrassé des particularismes collectifs pour mieux magnifier les particularités individuelles, quitte à laisser le champ libre aux communautarismes – ces ensembles antagonistes du nationalisme. Si le nationalisme est un extrémisme, ce n’est pas moins le cas de l’idéologie qui idéalise les liens sociaux dans l’individualisme, là où l’idée d’intégration bat de l’aile et rime avec exclusion.

Parce qu’il ne faut pas s’en cacher, en rejetant le nationalisme on rejette d’autant l’idée d’intégration, enfin, sa version où l’intégration ne se limite pas qu’à se débrouiller dans un nouvel endroit, qui pourrait bien se trouver n’importe où en Amérique du Nord, mais à embrasser avec ouverture cette nouvelle vie dans un État (presque) laïque, francophone, et qui a entre autres comme valeur l’égalité entre les hommes et les femmes, même s’il y a encore beaucoup de travail à faire dans ce sens…

Si on enlève du lot les nationalistes qui sont carrément contre l’immigration par racisme, ceux qui servent de caution à tout l’antinationalisme primaire (et j’ose croire qu’ils sont bien peu, en regard des chiffres disponibles), il reste des gens qui savent où ils sont et qui veulent que le lien social s’articule autour d’un consensus équilibré entre les libertés individuelles et le sens du commun, loin de l’abstraction mondialiste qui fabrique des citoyens de nulle part, qui s’excluent eux-mêmes de leurs milieux, les natifs comme les nouveaux arrivants.

La nation est un point de repère

En somme, la nation est un point de repère se basant sur la proximité, tout d’abord géographique, puis culturelle, et cette idée n’a rien de figée, comme on voudrait le faire croire. Elle est en constante évolution, donc a toujours un pied dans le passé et l’autre dans le futur. Mais surtout, cette idée n’est pas compatible avec la rupture, ce qu’offre le citoyen du monde. Par contre, elle n’a pas à être respectée à tout prix ni ne doit absolument susciter la fierté. Elle est, comme une trame de fond, un dénominateur commun, une convergence active, donc être nationaliste peut être simplement accepter d’en faire partie et être capable de dire, sans honte : je suis Québécois.

Pour ma part, j’ai toujours eu tendance à me tenir loin de la dénomination de nationaliste. Peut-être parce que justement l’incessante charge négative contre le nationalisme avait trop bien fait son travail. Et aussi, parce que le nationalisme me semblait trop prêcher avec les mêmes armes que la religion, dont je suis allergique. Et encore, politiquement, parce que le nationalisme m’a toujours donné cette impression de pencher trop à droite pour le gauchiste que je suis.

Cependant, de plus en plus, la honte fait place à l’acceptation. Je ne suis toujours pas du genre à placarder des fleurs de lys partout (j’accepterai seulement de faire preuve d’un débordement de fierté quand le Québec sera enfin un pays), mais je ne peux pas nier que je suis un nationaliste. Peut-être un nationaliste plus proche du nationalisme civique, surtout pas ethnique (l’ethnicité me semble une chose totalement absurde quand il est question de la vie en société), en tout cas qui considère important l’histoire et la culture québécoise, comme base du lien social.

Et je me demande bien si je suis un « identitaire », puisque je m’identifie à la nation québécoise. Si on regarde la définition stricte de ce mot, rien ne laisse croire qu’il est péjoratif. Cela réfère simplement à l’identité, un concept tout à fait respectable quand il ne sert pas à justifier le rejet des autres identités. Mais pourquoi s’identifier à quelque chose comme un grand ensemble serait-il en soi synonyme de haine? Parce que des idéologues et des autoproclamés champions de la vertu en ont décidé ainsi?

Dorénavant, je me ferai le devoir d’accueillir le sobriquet « nationaliste identitaire » comme un compliment. Parce que cette expression est clairement une construction démagogique, le reflet d’une tentative boiteuse de diabolisation. Elle sert à masquer le flagrant manque d’argument des citoyens du monde, à force de vivre dans un univers mental qui n’a pas de prise sur la réalité, celle-là où les nations ont aussi un important rôle à jouer pour la diversité du monde.

*******

Publicité RenART blogue

Publié dans opinions, Québec, société | Marqué avec , | Laisser un commentaire