Francophobes, accueillez votre nouvel héros, Steve Karmazenuk, qui suit les traces de Richard Bain…

En francais svp batman
On se souvient encore de la présumée tentative de Richard Bain de mettre le feu au Métropolis. Il semble que cela a fait des petits…

La police de Montréal a ouvert une enquête, alors que des individus ont affirmé sur Facebook vouloir mettre le feu à un rassemblement indépendantiste qui aura lieu vendredi.

Traduction libre des propos du dénommé Steve Karmazenuk : je commencerais par barrer les portes du Petit Medley de l’extérieur, puis je mettrais le feu à l’intérieur… mais je ne crois pas que cette option soit populaire.

Petite recherche sur Facebook (et sur le web). L’homme en question est un auteur qui a publié trois romans. Il a publié un statut sur sa page d’affaires hier :

As I said, the separacists and francosupremacists in Quebec feel they have the right to attack anyone who disagrees with them – including their personal business pages.

(Traduction libre : Comme je l’ai dit, les séparacistes et francosuprématistes au Québec croient qu’ils ont le droit d’attaquer quiconque n’est pas d’accord avec eux – incluant leur page personnelle d’affaires.)

Steve Karmazenuk

C’est un pur francophobe qui a même écrit en 2013 (traduction libre) : tant que le Québec continuera son apartheid contre la communauté anglophone et qu’il continuera de se présenter aux investisseurs états-uniens comme étant un endroit merveilleux et pluraliste tout en appliquant la politique du « EN FRANÇAIS TABARNAC! » à l’intérieur de ses frontières purulentes, j’espère que le fédéral continuera sa marche vers l’unilinguisme.

Le parallèle avec Richard Bain est trop facile à faire. C’est tout à fait le même genre de discours de victimisation de la communauté anglophone (bien que ce soit la minorité la plus choyée au Canada, s’il faut le rappeler…). Mais pour excuser Bain, on pointe les troubles psychologiques : est-ce qu’on peut donc déjà dire que Steve Karmazenuk est cinglé? Ça sera ça de réglé…

En tout cas, s’il n’est pas cinglé, il a été foutrement imprudent, en publiant son fantasme de destruction des souverainistes sur Facebook. Je lui souhaite donc au moins d’avoir une très bonne leçon. Et encore plus, j’espère que le rassemblement de vendredi se passera sans drame.

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Huffington Post : un anniversaire que je ne fêterai pas…

Arianna Huffington

Il y a 9 ans, Arianna Huffington fondait son site qui regroupe aujourd’hui 50 000 blogueurs. Pour moi, il n’y a rien de tellement réjouissant là-dedans.

Pourquoi? Parce que mis à part 50 000 blogueurs qui ont une visibilité facile (à défaut d’une rétribution monétaire : c’est son modèle d’affaires que de ne pas payer les blogueurs), il y a tout le milieu de la rédaction web qui en paye le prix. J’irais même jusqu’au milieu de la rédaction tout court. Quelle est la valeur générale du travail de rédaction quand le bénévolat est une norme mise de l’avant par un média à succès comme le Huffington Post?

Sans parler du côté éthique assez douteux que tout cela sous-tend. 50 000 blogueurs, ça génère tout un paquet de fric. Nul doute que plusieurs de ces blogueurs ont dénoncé vertement les grandes compagnies qui s’installent quelque part pour exploiter les ressources sans payer de redevances ou des pinottes alors qu’ils sont eux-mêmes des ressources exploitées par le Huffington Post…

« Néolibéralisme », « capitalisme sauvage », « colonialisme » sont des termes qui me viennent à l’esprit quand je pense à ce média, alors il n’y a vraiment rien pour fêter. Mais s’il y a une personne à pointer du doigt, c’est Arianna Huffington, celle qui a eu la brillante idée d’engraisser sa fortune sur le dos de la générosité légendaire des blogueurs et de leur besoin de reconnaissance, ce qu’AOL a racheté plus tard parce que d’obtenir tout ça gratuitement c’est encore plus profitable, et à long terme.

Donc, je ne pointerai pas négativement ces 50 000 blogueurs, mais seulement le public, celui qui donne au Huffington Post l’occasion en or de leur faire miroiter une visibilité. Et même ce public, il est difficile de trop lui en vouloir, puisque la gratuité du contenu lui a déjà enlevé depuis longtemps le réflexe de réfléchir avant de cliquer…

(Crédit photo : C2-MTL)

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La balloune des avis juridiques sur la charte

Depuis quelque temps, on a l’impression que le PQ est pris dans le vacuum de la théorie du complot avec l’histoire des avis juridiques sur la charte. Les libéraux ont crié au loup en répétant qu’il y avait pas d’avis. Ce qui s’est réverbéré avec plaisir chez les inclusifs et autres antichartes primaires. On pouvait mettre les derniers clous sur la charte…

Mais, finalement, c’était seulement une belle grosse balloune politique (du même genre que celle lancée par le porte-parole du DGEQ, qui annonçait la préparation du référendum dès l’élection du PQ). Des avis juridiques, il y en avait (pas sur le projet de loi 60 dans son ensemble, mais sur certains aspects).

Et Couillard, en bon inclusif, va exclure certains avis, rompant avec sa promesse de les rendre publics, parce qu’il n’y a pas d’avis sur le projet de loi dans son ensemble. Malheureusement pour lui, rien n’indique qu’il faisait une quelconque distinction entre un avis général et un avis sur un aspect du projet de loi. Mais d’un autre côté, briser des promesses et arranger la vérité n’est pas tellement grave dans notre démocratie d’un autre temps.

Et, qui peut bien douter que ce sont les avis en faveur de la neutralité représentative des employés de l’État qui resteront secrets? Et gageons que ceux qui ont embrassé cette balloune se contenteront de siffler maintenant…

La politique, c’est magique!

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Le droit à l’avortement est sacré

pro choixBien qu’on la tienne pour acquise, la question de l’avortement est toujours sur la corde raide. La fermeture prochaine de la clinique Morgentaler de Fredericton en est une preuve, même si les raisons invoquées sont financières (« notamment le refus du gouvernement de couvrir les frais des interventions qu’elle pratique »). D’ailleurs, une manifestation de solidarité est prévue pour aujourd’hui, en espérant que la pluie ne découragera pas trop de gens.

Cette question est hautement politique et en l’absence de cette volonté qui la caractérise, cet acquis peut tomber dans la zone du combat à refaire. Voilà pourquoi il faut toujours être vigilant, même ici.

Mais le problème, c’est que l’avortement n’est pas un droit constitutionnalisé. Il se mesure toujours au droit à la vie (selon les pro-vie), dernier retranchement de la vision traditionnelle et religieuse de la société. Et pour que le droit à l’avortement demeure, je crois que l’arme la plus efficace est de mettre la réalité de l’avortement en contexte.

Je m’explique. L’argumentation anti-avortement tient dans la simple équation que la vie est sacrée. Mais il faut rappeler que le caractère sacré de quelque chose est toujours question de croyance, donc relatif. On croit ou on ne croit pas. Donc, le but des pro-vie est d’imposer leurs vues à celles qui ne croient pas que la vie dont elles sont la source est extérieure à leur pouvoir décisionnel.

Pourtant, la vie ne se résume pas à sa conception et sa gestation. Le contexte personnel, social et psychologique compte autant, sinon plus. Et c’est ce contexte que les pro-vie tentent de faire disparaitre en mettant le droit à la vie sur le piédestal du sacré.

Que celles qui pensent que la vie est absolument sacrée ne se fassent pas avorter et que celles qui pensent que le droit à l’avortement est sacré puissent s’en prémunir, au besoin. C’est une simple question de liberté.

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Le fédéralisme est un piège à cons pour les francophones du Québec

Drapeau du Canada à l'enversAu niveau politique, qu’on le regarde de n’importe quelle manière, les francophones du Québec sont pris au piège par le Canada et les anglophones.

Tout d’abord, la politique fédérale. Le fait le plus accablant est que les partis fédéraux n’ont plus besoin du Québec pour avoir une majorité, ce qui était le cas auparavant. Le gouvernement conservateur majoritaire actuel en est la preuve, alors que la vague orange a frappé le Québec et que les conservateurs n’ont réussi qu’à y prendre 5 circonscriptions.

Donc, les partis autres que le Bloc Québécois n’ont plus absolument besoin de flatter le Québec dans le sens du poil pour espérer diriger le Canada. Dixit Antonin-Xavier Fournier (professeur de sciences politiques au Cégep de Sherbrooke) et Guillaume Courchesne  (maintenant chargé de cours à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke) qui écrivaient en 2011 :

Depuis 1867, le Québec a toujours été au centre des stratégies électorales des principaux partis politiques. On assiste cependant à un effritement de la place qu’occupe le Québec dans la stratégie des partis politiques fédéraux. Comme le soulignait récemment le sénateur Rivest, les partis fédéraux ne s’intéressent tout simplement plus au Québec. Ce nouveau phénomène, jumelé au refus des Québécois depuis 1993 de s’investir massivement dans un des deux grands partis politiques canadiens, risque de marginaliser davantage le Québec à l’intérieur du Canada.

[…] Les Québécois sont de plus en plus minoritaires démographiquement et la réalité politique canadienne est maintenant le reflet de la place qu’occupe véritablement le Québec dans le Canada.

Maintenant, la politique provinciale. Il y a un parallèle à faire. Le parti fédéraliste (principal) qui milite en faveur du maintien du Québec dans le Canada n’a plus besoin de la majorité du vote francophone pour être majoritaire. La preuve, notre gouvernement libéral actuel a obtenu la majorité alors que seulement 24% des francophones ont voté pour eux. Ce qui est quand même incroyable puisque les francophones comptent pour 78,1% de la population.

Comme on le voit, politiquement, le destin des francophones québécois est sclérosé grâce au mode de scrutin hérité de notre passé colonial. Et gageons que les partis fédéralistes feront tout pour maintenir le statuquo à ce niveau. Alors, pour les partis indépendantistes, surtout pour le PQ qui ne peut plus tellement espérer gouverner majoritairement dans le contexte actuel, le dossier qui devra être pris de front est celui de la réforme des institutions démocratiques. Et pour arriver à renverser la vapeur de la lente perte de pouvoir des francophones, il faudra bien arriver à se coaliser, bien sûr après avoir réparé les pots cassés et pansé ses blessures…

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Des anglos qui font la morale aux anglos

Une breve lecon d'histoire

C’est un fait, le vote non-francophone, grandement majoritaire pour le Parti libéral du Québec, est toujours un vote stratégique contre l’émancipation du Québec en dehors du cadre canadien. Ce qui fait en sorte de donner le pouvoir décisionnel à environ un quart des francophones, ceux-là même qui ont voté pour le PLQ aux dernières élections, simplement parce que Couillard a martelé « référendum ».

Le portrait est simple : tous les partis sont handicapés par les votes immuables pour le PLQ et, on le voit, même une grande apparence de corruption ne réussit pas à changer quoi que ce soit. Ce qui est dommage, c’est que le Québec aura toujours ce sabot de Denver jusqu’à ce que les non-francophones comprennent que la démocratie devrait parler plus fort que la peur et que cette démocratie devrait impliquer une analyse plus large que la simple crainte d’un Québec souverain. Pour les aider, il serait utile, entre autres, de les faire revenir en arrière.

Un photographe du nom d’André Paquin a retrouvé dans ses affaires une découpure de journal, datant de 1997, qu’il a numérisé et ajouté sur son compte Facebook. C’est un texte qui serait probablement paru, selon ses dires, dans le journal Le Droit, d’Ottawa. L’auteur est un dénommé Frank Hart, un habitant de Colombie-Britannique.

Il est question du rôle qu’ont joué les Canadiens-français dans l’existence même du Canada qui, s’ils n’avaient pas combattu la tentative d’assimilation linguistique et religieuse britannique, serait aujourd’hui partie prenante des États-Unis. Je cite la fin du texte :

Seize ans seulement après la conquête du Québec, les 13 colonies américaines déclaraient leur indépendance de la Grande-Bretagne. Moins de 40 ans plus tard, en 1812, les insurgés américains du Sud essayèrent d’envahir le Canada. Dans les deux cas, les Britanniques savaient pertinemment qu’ils auraient besoin de l’aide, ou du moins de la neutralité des Canadiens-français pour repousser l’invasion. Ce n’est pas en les exaspérant que la Grande-Bretagne pouvait espérer obtenir leur appui. Sans eux, il n’y aurait pas de Canadiens-anglais aujourd’hui. Nous serions tous citoyens des États-Unis d’Amérique.

Je remercie donc mes frères, les Canadiens-français, d’avoir sauvé le Canada. Je suis un Anglo-Canadien, mais je ne suis pas d’accord avec l’attitude de mes compatriotes anglophones.

On retrouve des traces de ce texte (légèrement différent) sur le site de la Société de généalogie de St-Eustache. On y indique avoir demandé le 5 juillet 2001 par téléphone la permission à l’auteur de reproduire le texte sur le site, dans une revue et dans un hebdomadaire de la région. Aussi, que c’est une lettre qui a été « diffusée dans plusieurs journaux de l’Ouest canadien ».

Pour ce qui est de la véracité, il ne s’agit que de lire le début de la fiche Wikipédia concernant l’Acte de Québec pour ne pas en douter :

Il a été promulgué par le gouvernement britannique désireux d’éviter que le mouvement d’agitation en cours dans les Treize colonies ne se répandît chez les Canadiens de la Nouvelle-France occupée.

Mais c’est le message qui est le plus important. Les francophones n’ont jamais été une quantité négligeable dans le Canada et le « Quebec bashing » est une honte que de plus en plus d’anglophones devraient dénoncer. Idem pour la francophobie. Frank Hart faisait la morale à ses compatriotes de bien belle façon. L’Histoire ne ment pas. Et elle est toujours d’actualité. (D’ailleurs, je me demande bien si cet épisode historique est enseigné…)

Parlant d’actualité, je terminerai ce texte en ajoutant la traduction française d’un texte (merci à DJack OfClubs) d’une dénommée Jillian, publié originalement sur le site de The Gazette, que je pointais dans mon billet précédent :

« Je vais t’habiller comme la Reine Mère
Et te fourrer comme tu ne le croiras pas »
– Serge Fiori, de Crampe au cerveau

Deux jours après le vote québécois, mon soulagement initial suivant l’élection d’un parti fédéraliste a cédé la place à la tristesse – et à la culpabilité. Et à la honte.

Le rêve souverainiste est terminé, disent les analystes, et plein d’anglos au Québec et à travers le Canada se réjouissent.

Mais pas moi. Je pleure en dedans. Et en dehors.

Ô, mon Dieu, qu’avons-nous fait, nous les anglos?

Pourquoi nous sommes-nous battus si fort au cours des quatre dernières décennies pour écraser le rêve de nos soeurs et de nos frères francophones qui ne voulaient qu’une petite pointe de la tarte de l’Amérique du Nord pour l’appeler la leur?

Pourquoi n’avons nous pas compris leur désir pour une nation?

Pourquoi n’avons-nous pas pu la leur donner, de plein gré, et partager leur rêve avec eux?

Pourquoi avons-nous pensé qu’il fallait suivre la ligne fédérale?

Pourquoi avons-nous été obligés de leur imposer le rêve Américain-Canadien?

Pourquoi avons-nous été si égoïstes?

Ô, mon Dieu, nous avons été si aveugles. Si irréfléchis. Si vides d’empathie et de compassion… et d’amour.

Suis-je la seule anglo qui se sent coupable ce soir?

Oui, ceci est à propos de ce que je ressens à l’intérieur.

Je ne peux pas nier mes émotions.

Elles sont là.

Culpabilité. Tristesse. Honte.

Larmes.

[Ce soir, je pleure avec les souverainistes québécois.

Je suis une Québécoise.*]

– Jillian

*En français dans le texte
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Merci Jillian

Oui oui, je sais, il faut en revenir de la victoire libérale.

De toute façon, je ne croise pas vraiment les quarts-traitres francos qui ont voté pour eux. Un peu normal, qui se ressemble s’assemble…

La vie continue et mon petit confort, en tout cas à court terme et même moyen terme, n’est assurément pas menacé. Je peux même enrouler mon confort de cette indifférence qui lui va comme un gant et ça devrait me calmer.

Mais comme il y a toujours un mais, je suis un être humain. Comme les autres êtres humains normalement constitués, je ne me compte pas des histoires, je ressens et ce ressenti a besoin de temps pour s’épuiser. D’autant plus que j’entends encore de loin les feux d’artifice et les bouchons de champagne exploser…

Alors, j’ai accueilli ce texte en anglais d’un anglophone sur un média anglophone comme un baume, entre autres puisqu’il se termine ainsi :

Ce soir, je pleure avec les souverainistes québécois.

Je suis un Québécois.

Merci. C’est un médicament efficace pour contrer mon allergie à l’humanité.

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Élections 2014 – La fin du règne Marois dans un semblant de démocratie

J’écrivais, le 7 octobre 2010, concernant Pauline Marois et les élections qui allaient venir environ deux ans plus tard :

si le Parti Québécois veut un gouvernement majoritaire aux prochaines élections, il lui faudrait une nouvelle personne à sa tête. Mais les questions qu’il faut poser sont : est-ce que Madame Marois est dans le déni de la réalité ou non, et est-ce qu’elle met au-devant son parti ou sa carrière (puisque bien sûr cela serait beau dans un curriculum vitae : première Première Ministre du Québec — même dans un gouvernement minoritaire…)? Si j’étais elle, je ferais un tour de passe-passe du genre à Bernard Landry qui a démissionné pour cause d’un vote de confiance totalisant 76,2 % à un prochain congrès du parti. Mais elle n’est pas moi.

Elle récoltera un vote de confiance de 93,8%, et j’écrivais, pour accompagner une caricature où le PQ était symbolisé par une autruche, la tête dans un trou au sol : « les péquistes viennent tellement de se tirer dans le pied. »

Pauline_MaroisCe n’était vraiment pas parce que je n’aimais pas Pauline Marois personnellement, loin de là. C’est simplement que depuis qu’on lui a laissé le siège de chef du PQ, le 26 juin 2007, après que Gilles Duceppe se soit retiré de la course, il a toujours été clair (sauf pour les militants et les partisans) qu’elle ne passait pas auprès de la population en général. C’était tellement clair pour moi que je ne me suis jamais vraiment donné la peine de me poser la question à savoir si profondément je l’aimais ou non, au-delà de ça.

À ce que j’ai pu comprendre depuis tout ce temps, les raisons sont diverses et loin d’être majoritairement intelligentes. Évidemment, les pires, c’est le fait qu’elle soit une femme, qu’elle ait un faciès qui donne facilement l’impression qu’elle est hautaine et qu’elle a des airs inuits/asiatiques. Tout ça semblait occulter pour beaucoup trop de gens le fait de sa grande compétence comme politicienne et tout le coeur qu’elle y mettait. Elle a quand même occupé une quinzaine de ministères, et on ne l’a pas choisi à cause d’un programme de parité homme-femme…

Aussi, on a beau chialer à propos de sa fortune familiale, mais à cause de ça elle aurait tellement pu envoyer tout promener, et depuis longtemps, pour se contenter de se la couler douce en compagnie d’un passetemps beaucoup moins stressant, comme le jardinage, par exemple. Alors oui, je pouvais bien parler de carriérisme en 2010, mais je ne pouvais pas voir son don de soi et son courage comme je peux le voir aujourd’hui.

Tout cela ressemble à un constat mi-figue mi-raisin de la contribution de Pauline Marois à la politique québécoise. En regard du récit souverainiste, celui qui me parle le plus, elle est carrément une tache noire dans le tableau. Mais en regard du récit de la gouvernance et de la contribution politique, elle est une tache quand même assez lumineuse. Je réitèrerai donc ce que j’écrivais le soir de sa défaite : « Mes respects, Pauline Marois. Merci d’avoir été la première. »

Et, bien sûr, la défaite du PQ ne pourrait se lire seulement comme la défaite du leadership de Pauline Marois, contrairement à ce que pense Richard Le Hir. Quand on sait que la différence entre un gouvernement majoritaire ou minoritaire, et même entre un parti et un autre, se joue à l’intérieur d’environ un demi-million de voix (le PLQ a fait un gain de 400 000 voix pour partir de l’opposition et atterrir en gouvernement majoritaire), il est impensable que ces 400 000 voix aient toutes comme dénominateur commun une haine primaire envers Pauline Marois, et/ou même une analyse consciente des torts de son leadership. Malheureusement, il y a plus d’amateurs de hockey que d’amateurs de politique au Québec…

Ce que je crois, c’est que les évènements se sont enchainés et déchainés contre le PQ et que les sondages et les médias ont fait le reste pour cristalliser tout ça. D’ailleurs, vous remarquerez que les sondages, qui semblaient dans un sens absurdes étant donné que le PQ était bon premier au début de la campagne et que les briques éthiques tombaient à répétition sur la tête de Philippe Couillard et de son parti, prédisaient en général un moins bon résultat pour le PLQ que celui que l’on connait aujourd’hui. C’est dire que les sondages ont eu beaucoup d’effet, et il faut se référer au fait que « Plusieurs recherches indépendantes démontrent clairement que les résultats des sondages influencent les résultats d’une élection. » C’est comme si chaque sondage avait participé à influencer le vote pour le PLQ, et ainsi de suite, jusqu’au sondage suprême, celui du scrutin, qui ne fera que suivre la tendance pour lui donner réalité.

Oui, le PQ a fait une mauvaise campagne et a trop été sur la défensive. Mais, objectivement, ce n’était que des broutilles comparé à la mauvaise position du PLQ au niveau éthique que personne ne pouvait ignorer, à moins de faire de l’aveuglement volontaire ou de ne pas avoir suivi du tout la politique depuis longtemps (j’ose espérer que ces derniers n’ont tout simplement pas voté). Il faut donc creuser plus profondément pour trouver une explication, ou plutôt des explications à ce transfert de 400 000 votes vers le PLQ qui a fait reculer le PQ dans ses terres…

Selon ma lecture, le contexte du gouvernement minoritaire, naturellement instable, précipité assez rapidement en élection, autre gaffe du PQ, a joué pour beaucoup. Donc, à mon sens, la seule tendance lourde de cette élection concernait le retour d’un autre gouvernement minoritaire, qui allait possiblement replonger le Québec en élection trop rapidement pour une population plus avide de confort et d’indifférence que de croiser une boite de scrutin. Les Québécois n’ont pas l’habitude des gouvernements minoritaires.

Ce danger d’un gouvernement minoritaire se reflétait clairement dans la démonstration des multiples divisions, comme ceux concernant la charte, la souveraineté, l’axe gauche-droite, etc., et dans le fait de l’offre, avec la CAQ et QS pour diviser encore plus les votes. Tout indiquait que le choix à faire pour un gouvernement majoritaire était le PLQ et c’est ce que les Québécois sans scrupules de participer à réélire un parti qui trempe dans les scandales éthiques (et peut-être même criminels) ont fait avec l’aide des sondages.

Dans le même ordre d’idée, le sujet du référendum, si on enlève de l’équation les allergiques à la seule idée de l’accession du Québec à la souveraineté, était aussi un « dérangement » pour ceux qui ne sont pas vendus à l’idée, les indécis. Pour ne pas avoir à se déchirer encore pour un sujet d’importance (nous sortons tous juste du débat sur la charte) et pour ne pas avoir à noircir la case d’un référendum dans un futur rapproché, le PLQ était la solution facile. Et il faut rappeler que le porte-parole du DGEQ a fait un bon travail de promotion de la peur du référendum en disant, à tort selon son patron, que la préparation du prochain référendum pour la souveraineté commençait dès l’élection majoritaire du PQ

En gros, l’erreur principale du PQ a été de croire dur comme fer que l’appui majoritaire à la charte était égal à un appui pour sa formation et que les déboires éthiques du PLQ étaient un billet gagnant pour un gouvernement majoritaire. C’était oublier le caractère volatile des électeurs et les prendre pour plus intelligents qu’ils le sont. Et ce n’est surtout pas du snobisme de ma part, je me mets dans le lot (ce texte est une manière comme une autre d’aiguiser ma compétence dans le domaine) : des recherches récentes le prouvent.

En effet, David Dunning, un psychologue de la Cornell University, a prouvé par ses recherches que les gens incompétents dans un domaine sont incapables de juger de la compétence des autres et de la qualité de leurs idées. Ce qui, je rajoute, dans un contexte électoral, est le lot de la majorité des gens qui ont à juger de la compétence des candidats et des partis dans plusieurs domaines. Et si on rajoute à ça le fait qu’une élection ne se joue pas vraiment ici sur le contenu des plateformes électorales, mais bien plus sur les apparences, gracieuseté de la politique-spectacle, nous sommes bien loin du compte. Mais je vais tout de même poursuivre.

Ainsi, les informations et les faits disponibles à propos des candidats des partis ne peuvent combler en soi l’inhérente incapacité de la plupart des électeurs à les évaluer avec précision. Et le plus important, c’est que les idées intéressantes intellectuellement sont trop difficiles à comprendre pour la plupart parce qu’ils n’ont pas le raffinement intellectuel pour reconnaitre à quel point une idée est bonne.

Question de pousser encore plus loin les résultats de ces recherches au niveau de la démocratie, Mato Nagel, un sociologue allemand, a fait une simulation électorale par ordinateur pour le vérifier. Son résultat, c’est que les candidats gagnants sont légèrement plus compétents que la moyenne. Et il arrive à la conclusion que nos démocraties n’arrivent jamais ou rarement à faire élire les plus compétents.

En somme, il y a un manque à gagner pour que la démocratie s’épanouisse à sa pleine capacité. La solution serait en bonne partie une éducation citoyenne capable de donner des bases intellectuelles et de susciter l’intérêt pour les questions publiques, mais la tendance est toujours à l’utilitarisme où il semble que ce n’est pas utile pour le « contribuable-consommateur » d’exercer son droit de participer à la démocratie en toute connaissance de cause, enfin, maximalement. Il faudra bien un jour renverser cette tendance pour arriver à quelque chose.

En conclusion, pour revenir au PQ, il y a un travail titanesque à faire, autant stratégique que de fond. Est-ce que la stratégie de la gouvernance souverainiste est à poursuivre? Est-ce que l’idée de toujours faire miroiter, directement ou indirectement, un référendum est toujours la voie à suivre? Plus cruel : est-ce que le PQ a fait son temps?

Au niveau du prochain chef, est-ce que la position idéologique (gauche-droite) du candidat est importante au niveau stratégique? Bien sûr, je pense à PKP. Est-ce que, alors que l’anti-intellectualisme est fort au Québec, choisir un candidat clairement intellectuel serait une bonne chose? Ici, je pense à Jean-François Lisée. Est-ce que quelqu’un comme Bernard Drainville qui a incarné autant de haine durant le débat sur la charte serait un choix avisé?

Je trouve qu’il manque le coeur et la fougue d’un Pierre Curzi dans le lot…

(Crédit photo : Louperivois)

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La honte

sac papier enveloppe brune

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Journal d’un cauchemar électoral

Armé de mon café, voilà, sans blague, les trois premiers trucs que j’ai vus sur Facebook :

#elections2014

Stéphane E. Roy qui soulève le fait que La Presse donne son appui ouvertement au PLQ alors que son éditorialiste en chef André Pratte est très impliqué avec le clan fédéraliste (on le voit en compagnie de Philippe Couillard), mais que ça ne serait pas acceptable que Le Journal de Montréal donne son appui au PQ à cause de PKP…

L’humoriste Guillaume Wagner qui écrit :

Donc si je comprend bien, les québécois ont plus peur d’un référendum que de crises sociales comme le printemps érable?

Et, une amie qui partageait le statut d’un groupe qui s’appelle « Que la cantine Chez Ben supprime le porc et soit Strictement ḥalāl » :

Vous avez essayer d’être indépendant, le Canada vous a affaiblit, vous avez essayer de faire du Québec un état laïque, l’islam va vous affaiblir et vous punir! Vivement les libéraux qui détruise cette charte de la laïcité de merde, si les québécois veulent un états islamique un jour il l’auront, cela est la democracy si nous sommes plus nombreux que vous c’est normal d’obéir à nos lois

Et en extra, le fait que ce groupe a comme avatar la photo de quelqu’un qui pile sur le drapeau québécois.

On me dirait qu’en vérité c’est une blague que je ne serais même pas surpris…

Il faut vraiment être fait fort. Surtout quand en ce moment ton pire cauchemar électoral se dessine, soit l’élection majoritaire d’un gouvernement libéral. Alors, je comprends certains de s’abstenir de Facebook durant la campagne électorale ou de masquer les publications de ceux qui, comme moi, se sont impliqués dans la campagne.

Moi-même, j’ai essayé de limiter les dégâts en suivant le moins possible la campagne sur les grands médias. Justement, pour ne pas tomber sur des aberrations comme Patrice Roy qui jouait le jeu de Philippe Couillard en matraquant Pauline Marois de la même foutue question sur la tenue d’un référendum sur la souveraineté…

À quatre jours de la fin, c’est visiblement l’énergie du désespoir qui mène la barque. J’en viens à espérer très très fort un gouvernement libéral minoritaire, pour limiter les dégâts, même si ça risque de nous replonger en élections assez rapidement.

Ça coute cher des élections, mais c’est encore moins cher qu’un cancre économique majoritairement à la barre de l’État…

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Manipulations électorales

PET
L’année prochaine, le 29 avril 2015, nous fêterons le 45e anniversaire de l’élection des premiers députés du Parti québécois. Mais ce sera plutôt une fête triste puisque ce résultat a été fortement entaché par une manipulation électorale que l’on nomme le « coup de la Brink’s ».

Imaginez en 1970, le PQ, petit parti nouvellement formé, marquait fort dans les sondages :

malgré des accusations hystériques de propensions révolutionnaires et dictatoriales, voire de communisme, d’anarchisme et de terrorisme, lancées au PQ par tous ses adversaires, quatre sondages publiés entre le 18 et le 25 avril placent le jeune parti souverainiste tout juste derrière les libéraux de Robert Bourassa par un écart de l’ordre de la marge d’erreur. Les analystes évoquent le scénario d’un gouvernement minoritaire. C’en sera trop pour certains.

Il s’en est suivi des évènements dignes d’un film de suspense.

Le jour de la publication du dernier sondage, un appel téléphonique anonyme est fait au journal The Gazette. On annonce que le lendemain matin, un dimanche, des camions de la Brink’s chargés de nombreuses caisses de valeurs partiront de la Royal Trust vers Toronto (Jacques Parizeau disait, à ce sujet, que les Québécois n’étaient pas au courant qu’il ne s’agissait en fait que des actions d’entreprises : « Il faut savoir que vous pouvez allumer votre cigarette avec ces certificats »).

On dépêche un photographe sur les lieux, la nouvelle est publiée dans l’édition du lundi, mais sans photo, puisque The Gazette a décidé de ne pas les utiliser ni de les vendre. Étrange.

Parallèlement, la Fédération libérale du Canada avait distribué 250 000 exemplaires d’un bulletin informatif qui exposait le risque d’une fuite de capitaux dans le cas d’une élection du PQ et que le fédéral verserait au Québec 1 milliard de plus qu’il en reçoit.

Selon le journal Toronto Telegram, information que René Lévesque brandira le 26 avril pour montrer qu’elle a été manipulée, ces chiffres « ont été établis par des fonctionnaires permanents du gouvernement canadien à la demande du bureau de Trudeau, puis révisés par le personnel de son bureau avant d’être remis à la Fédération libérale pour diffusion. »

Le soir de la veille du scrutin, Pierre Elliott Trudeau « s’adressera aux Québécois sur une chaîne privée de télévision au sujet du “statut du Québec dans la Confédération”. Comme la loi interdit aux partis en lice de faire campagne 24 heures avant le début du vote, le PQ ne pourra y répliquer. » Et les résultats électoraux s’en ressentiront : « le PLQ de Robert Bourassa élira 72 députés grâce à 45 % des suffrages. Le PQ devra se contenter de 7 sièges malgré 23 % du vote. »

Finalement, en 2010, le photographe Tedd Church (qui avait été le seul représentant des médias présent durant le chargement des camions de la Brink’s) a avoué que ses patrons du temps l’avaient averti que ses photos ne seraient pas publiées parce qu’il y avait une entente de non-publication avec le premier ministre, Pierre Elliott Trudeau, le père de Justin Trudeau, chef du PLC, s’il faut le rappeler… Il était donc au courant, et du « coup de la Brink’s », et de l’existence des photos.

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Aujourd’hui, un coup de la sorte ne pourrait sans doute pas se passer ni fonctionner aussi bien au niveau de la portée. Notre système médiatique est tellement complexe et réactif, les gens plus allumés en général et en particulier grâce aux médias sociaux qu’il faut, pour les berner, jouer beaucoup plus dans la subtilité, la diversité et la quantité pour avoir de l’effet. Et tout donne l’impression que c’est un peu ce qui se passe en ce moment.

Le PQ trônait au sommet des sondages préélectoraux. Pour la suite, entre autres, on n’a qu’à penser à la sortie du porte-parole du DGEQ et l’ensemble de l’œuvre de Philippe Couillard qui se résume à titiller la peur d’un référendum sur la souveraineté. Et, bien malgré lui, le poing levé de PKP a servi de lubrifiant pour tout ça.

D’ailleurs, gageons que certaines personnes âgées sont aujourd’hui toujours contre la souveraineté du Québec à cause du « coup de la Brink’s ». Les fédéralistes ont bien installé la peur dès le début de l’histoire du PQ et ils ne font aujourd’hui qu’en récolter les fruits en la réactualisant.

(Crédit photo : RIA NOVOSTI)

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Élections 2014 – La peur d’un référendum pour les nuls

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On le voit, la carte principale de Philippe Couillard pour gagner des votes est de brandir la réalité d’un référendum sur la souveraineté dans le cas d’un gouvernement majoritaire péquiste. Et s’il l’utilise, c’est bien parce qu’il sait que ça fonctionne.

Mais pourquoi ça fonctionne? Pourquoi quelque chose d’immensément démocratique comme un référendum sert d’épouvantail dans un processus démocratique? Surtout, pourquoi cet hypothétique référendum fait si peur aujourd’hui alors que le dernier remonte à pas loin de 20 ans?

Une partie de la réponse se trouve dans le temps, justement. Les fédéralistes savent bien que la question constitutionnelle ne peut pas dormir à jamais et qu’elle devra se réveiller un jour. Philippe Couillard en a peut-être donné lui-même la preuve en remettant sur la table la question de la signature de la constitution canadienne par le Québec. Pourtant, rien n’indiquait que le PQ était en mode référendaire, ce qui est d’ailleurs une forte critique que beaucoup d’indépendantistes lui font. (Stratégiquement, le PQ joue la carte de la gouvernance, parce qu’il sait justement que la peur d’un référendum existe et qu’elle est sournoise : son but, bien que discutable pour beaucoup de gens, est de promouvoir la souveraineté indirectement par une gouvernance qui plaira à la majorité.)

Pour dire vrai, le PLQ est tellement dans la tourmente au niveau éthique à cause de la Commission Charbonneau qu’il lui faut le plus possible le faire oublier durant cette élection. Sans oublier Porter et la période arabique dans le placard de son chef… J’en viens même à penser que Philippe Couillard préparait sa carte référendaire pour les élections qui allaient arriver plus tôt que tard en remettant sur la table la question de la signature de la constitution canadienne par le Québec. Ce qui, bien sûr, allait faire réagir les souverainistes et remettre dans le débat public la question constitutionnelle, et par ricochet, le référendum. Si cela s’avérait, nous serions visiblement devant un très bon coup stratégique, même si le résultat est exécrable et fait en sorte que cette campagne relaye les programmes des partis à un rôle de figurant…

Pour ce qui est des citoyens simplement fédéralistes, ou même encore plus bas, les statuquoïstes, cette peur d’un référendum s’explique partiellement par le fait de la mémoire historique, pour ceux qui en sont capables. Il est bien difficile de faire abstraction du fait que le référendum de 1995 a été perdu de peu pour les indépendantistes et officieusement gagné en regard de la tricherie électorale, ce qui est bien documenté, mais qui n’a pas eu de suite. Donc, ceux qui ajustent leur vote en conséquence de la possibilité d’un référendum ont simplement une peur bleue qu’il soit officiellement gagnant cette fois-là, parce que ça serait très surprenant que les fédéralistes puissent refaire les mêmes coups une prochaine fois.

Alors nous nous retrouvons devant la grande possibilité de mettre des crosseurs au pouvoir par peur de la démocratie…

Ajout :

J’ajoute ici un de mes statuts Facebook qui complète bien ce billet :

« On commence à le savoir, les fédéralistes ont peur d’un référendum.

Mais j’en ai lu quelques-uns qui disaient : vous ne l’aurez jamais votre pays!

C’est carrément du bluff.

Faire élire le PLQ pour qu’il n’y ait jamais de référendum sur la souveraineté (entre 30 et 40 % du vote) c’est tellement plus facile que d’empêcher une victoire référendaire pour les indépendantistes (plus de 50 % du vote).

Vu de même, ce sont les fédéralistes qui sont sur la défensive. Et gagner un combat en étant toujours sur la défensive, c’est loin d’être évident à long terme.

Y’a de l’espoir. »

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Élections 2014 – La question linguistique, « in your face »

bridgeAvec les propos ambigus de Philippe Couillard durant le dernier débat au sujet de la question linguistique, ce sujet revient sur la table comme vrai plat de résistance dans cette élection.

On pense en général que la question linguistique n’a pas tellement d’incidence sur notre vie sociopolitique et pourtant, le seul fait qu’une quasi-majorité des anglophones et des immigrants s’étant rangés du côté anglophone pour s’intégrer au Québec votent aveuglément pour le Parti libéral du Québec explique en grande partie notre société sclérosée. Si ce n’était pas d’eux, le PLQ serait sans doute relayé aux livres d’histoire depuis belle lurette.

Perso, j’ai quand même toujours eu l’impression d’une lente évolution, mais les concerts de « Quebec-bashing » viennent toujours y mettre du plomb dans l’aile. Bien sûr, il ne faut pas généraliser, mais les bons sentiments ont carrément foutu le camp quand j’ai lu le texte d’un ami voilà quelques jours, que je vous partagerai ici.

Cet ami désire garder l’anonymat pour des raisons personnelles que je respecterai. Mais ce que je peux dire, c’est que c’est quelqu’un de très instruit qui parle plusieurs langues.

Je suis abattu.

Abattu comme par des coups de poignard dans le cœur. Coup de poignard à la vue de chaque nouvelle croix gammée, omniprésente sur les pancartes électorales. Coup de poignard à chaque fois que je m’aventure dans les commentaires aux bas d’articles de journaux anglophones. Coup de poignard à chaque message twitter ou page Facebook où s’épandent des flots de haine envers moi, ma société, ma culture, ma langue. Coup de poignard quand aucune voix anglophone ne s’élève pour s’opposer à cette violence raciste.

« Racisme »? Honnêtement, je ne sais plus comment d’autre le nommer. Peut-être plutôt du « mépris »… Envers moi, le conquis, qui à l’effronterie de me croire maître de ma destinée. Moi l’ethnie mal assimilée, la tribu primitive, la horde fielleuse… qui a le culot de prétendre être une nation, et qu’on doit vite remettre à sa place par tous les moyens les plus illégitimes s’il le faut.

« Tous unis dans la haine et la peur! », devrait être le nouveau slogan du PLQ.

Toute ma vie adulte, j’ai eu un pied dans la communauté anglo. Des artistes, des colocs et collègues, des universitaires et des profs, jusqu’à aujourd’hui dans mon boulot. S’il y a une chose que j’ai apprise, c’est que le point Godwin n’est jamais loin dès qu’on discute de politique québécoise avec eux. J’ai longtemps voulu croire qu’il s’agissait d’une minorité d’angryphones, mais non. C’est un axe paradigmatique de leur culture. J’ai longtemps cherché des interlocuteurs raisonnables avec qui être en désaccord et débattre, pour découvrir que plus ils sont cultivés et intelligents, plus le point Godwin arrive tard et masqué; mais qu’il arrive toujours.

Je l’ai encore frappé hier avec une anglophone, prof de français-langue seconde, que j’appelais « mon amie » depuis 5-6 ans. Depuis tout ce temps, on discute de politique ensemble, de manière raisonnable.

Elle sait que je suis souverainiste, je sais qu’elle ne l’est pas. Elle apprécie que je sois capable de critiquer ma société, les souverainistes et le PQ. J’apprécie qu’elle soit capable de critiquer le manque d’ouverture de sa communauté envers la mienne, et surtout le total manque d’intérêt de ses élèves anglophones, année après année, envers le français (le cours qu’ils jugent le plus inutile) et envers la culture francophone.

Pas grave : apprendre le français à l’école, c’est un mauvais moment à passer pour eux. Ils iront tous à Dawson après de toute façon et ça sera fini. Alors ils se contentent de passer, ou même pas. Ils s’en crissent de ne pas être capables de conjuguer le verbe être au présent rendus en secondaire 5. Personne ne coule vraiment pour ça de toute façon. Et de toute manière, ce n’est pas comme si parler français semblait important dès qu’ils sortent de la classe, et jusque chez eux.

Mais pour revenir à ma prof. Ça aura pris toutes ces années, mais c’est finalement tombé hier. Comme à notre habitude, on a commencé à parler politique. Je lui racontais mon désarroi de penser que le PLQ puisse rentrer, malgré toute la corruption des 10 dernières années, et qui continue de surgir dans le journal tous les jours. Je lui racontais mon exaspération face au « better crooks than separatists » du vote anglophone. Mon désarroie face à la campagne de peur qu’on fait aux minorités envers la majorité francophone. De son côté, elle me parlait de ses doutes sur les intentions du PQ, qui croit-elle a déclenché ces élections « illégalement » pour cacher de futures révélations sûrement aussi scandaleuses que ce qu’on apprend sur le PLQ, et pour nous préparer un référendum en cachette… (Déjà là, ça partait plus mal que d’habitude : elle qui récemment disait même ne pas être opposée à la charte…)

Contrairement à d’habitude, elle a commencé à s’énerver. La conversation a vite dévié de sujet en sujet, jusqu’à ce qu’elle me regarde sérieusement dans les yeux et me dise : « Te rends-tu compte qu’on est persécutés au Québec? »…

« Persécuté?!!!…» Elle a insisté : oui, persécuté, en amenant comme preuve une étudiante anglophone à qui on a refusé de s’inscrire pour voter parce qu’elle n’avait pas de carte soleil. Je lui ai demandé ce qu’elle faisait de tous les autres étudiants de passage qui eux essayent, et parfois réussissent, alors qu’ils n’ont aucune intention de rester ici?

Je lui ai surtout demandé : si les Anglo-Québécois sont « persécutés », alors quel mot emploie-t-elle pour décrire la situation des francophones dans les autres provinces : le « goulag »?… Absolument délirant! Puis je lui ai demandé de me nommer une seule autre société où une minorité linguistique de 10 % jouissait d’autant de droits et d’institutions?

Apparemment, c’était trop. Elle a pris ses affaires, noire de colère, et en partant elle m’a répondu : « Faudrait peut-être vous rappeler que vous avez perdu la guerre! »

Donc c’est ça. Ça aura pris 5 ans pour que ça sorte : ils sont persécutés et nous conquis. Ils ont donc tous les droits de nous chier dessus en nous traitant de nazis. Et qu’on n’ait pas l’affront de nous plaindre!

Et après, elle se demande pourquoi ses élèves se sacrent du français alors qu’ils vivent au Québec. C’est parce que, au plus profonds, eux et leurs parents pensent probablement comme elle.

N’étant pas de ceux qui aiment jouer le jeu du déni, j’ai bien de la difficulté à voir où on peut accrocher ce qu’il faut pour bâtir quelque chose comme un pont…

(Crédit photo : Kordite)

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Les libéraux ont une peur bleue…

liberaux Couillard referendum

Montage photo : Guillaume Martin

Visiblement, les tirs nourris des derniers jours en direction de l’intégrité de Philippe Couillard ont porté leurs fruits et les libéraux ont maintenant une peur bleue…

Ce matin, à 5h, Le Soleil (Gesca – La Presse) a fait paraitre une information complètement ridicule concernant la préparation d’un référendum par le DGEQ dès l’élection majoritaire du PQ. C’est un coup du porte-parole du DGEQ, Denis Dion, que Jacques Drouin a démenti beaucoup plus tard (un autre article est paru à ce sujet sur le même journal à 10h31).

Dans l’optique où je pense, pas juste à la blague, que La Presse devrait compter comme une dépense électorale, cette histoire rentre carrément dans le moule. À partir du moment où on « lance une balloune » comme celle-là, on a beau remettre les pendules à l’heure ensuite, le mal est fait, l’information se promène et va toucher là où ça compte. D’ailleurs, on remarque que l’article n’a pas été mis à jour pour faire mention du démenti du DGE…

Pour le moins, voilà qui donne des munitions à Philippe Couillard qui se cache derrière l’épouvantail référendaire pour faire oublier ses histoires d’argent déposé dans un paradis fiscal.

Quelle chance, comme le hasard fait bien les choses!

Ajout :

Au sujet de la déclaration du porte-parole du DGE, Richard LeHir va jusqu’à dire que cela pourrait justifier l’annulation du scrutin :

http://www.vigile.net/Le-DGEQ-doit-demissionner

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