On a le Rambo qu’on mérite

Sans le savoir, en disant que dans son monde les gars parlent de politique tandis que les femmes sont ailleurs à parler de linge, Rambo nous a fait voir que la réalité de notre monde n’est pas en phase avec ce Québec tant rêvé depuis la Révolution tranquille.

Mais comment réagir? Taper sur Rambo alors que nous le pouvons, à distance et bien au chaud derrière nos écrans? Pour donner quoi comme résultat?

Pousser les hauts-cris, ça ne changera pas le fait que pour certaines le linge est un sujet vraiment plus intéressant que la politique, et pas seulement dans ce coin de pays, n’en déplaise à certaines féministes qui, visiblement, vivent plus en théorie qu’en pratique. Idem pour le sport, pour certains autres, sinon la majorité, femmes incluses. Mais ce que cette indignation ne réussira jamais à faire, c’est de réunir les gens – ce qui pourrait ensuite les amener à s’intéresser à la politique, parce que ça sera dans leurs intérêts de s’y intéresser, dans celle de leur famille, de leur communauté, de leur région, de leur « province », etc.

Au contraire, cette indignation ne fait que creuser encore plus le fossé entre les régions et Montréal. Et l’égalité entre les hommes et les femmes, ça ne se fait pas à coups de culpabilisations, ça se fait surtout à coût d’éducation, et cela à long terme. Et se concentrer sur le fait que Rambo sonnait comme un mononcle, ça ne sert qu’à se défouler pour accompagner sa déception bien personnelle qu’on ne soit pas rendu socialement et culturellement où on voudrait. C’est voir tout ça selon un filtre bien individualiste.

Pour le voir dans un sens collectif et utile, il faut aller au-delà de ce crime de lèse féministes et prendre acte de ce qu’il propose comme lecture du réel. On a un Rambo bien maladroit quand il s’agit de jouer au porte-parole, mais qui se retrouve tout de même sous les projecteurs parce qu’il s’est donné comme mission d’être la voix enragée des laissés-pour-compte, dans cette idée que le Québec au complet est laissé-pour-compte…

Il n’est peut-être pas la solution, mais il est au moins représentatif du problème plus profond qui fait qu’on voit déjà en lui une alternative crédible. Comme on a vu un sauveur dans Couillard et un progressiste, un anté-Harper, dans Trudeau.

On a le Rambo qu’on mérite.

Ce contenu a été publié dans opinions, politique, Québec, société, avec comme mot(s)-clé(s) , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.