Les citoyens du monde

 

Dans son billet « Pour l’histoire », Mathieu Bock-Côté soulève une caractéristique majeure de notre époque, ce qu’il appelle le « présentisme », à prendre bien sûr dans son sens le plus négatif (l’auteur étant de la mouvance conservatrice) :

Le présentisme consiste à croire que le présent se suffit à lui-même. Il repose sur l’oubli de l’histoire, comme si le passé n’avait rien à nous apprendre, comme si nous n’avions pas reçu de nos ancêtres un héritage à préserver, à faire fructifier.

Dans ces propos, je ne suis pas d’accord qu’il faille absolument « préserver » quoi que ce soit sans le mesurer au présent (je ne suis pas un conservateur), mais en gros je suis d’accord que la fuite en avant n’est pas la meilleure solution pour régler les problèmes identitaires actuels qui viennent avec la mondialisation.

Et l’auteur vise tout à fait juste quand il pointe ce qu’il appelle la « Troisième faille » :

nous oublions les vertus de l’enracinement. Combien sont-ils à vouloir comme seul passeport celui de « citoyen du monde ». Dans l’angle mort de cette vision, toutefois, on trouve une terrifiante superficialité : celui qui aime toutes les cultures n’entretient-il pas finalement un rapport de consommateur avec chacune d’entre elles en se contentant de les explorer en surface ? Ce n’est pas parce qu’on est allé un jour à Zaghreb qu’on est familier avec la culture croate. Ce n’est pas parce qu’on aime les mets brésiliens que l’Amérique du Sud n’a plus de secrets pour nous.

Personnellement, si je suis un citoyen du monde, j’ai l’honnêteté de le placer à la bonne place, juste avant le fait d’être terrien dans l’univers : dans la possibilité où il existerait des habitants d’autres planètes… Quelqu’un qui peut véritablement se targuer d’être principalement un citoyen du monde, c’est tellement rare que c’est actuellement plus du domaine du fantasme. Qui peut bien faire assez le tour du monde pour bien s’imprégner des cultures et des langues à ce point? Et se servir seulement de sa connaissance de l’anglais pour ce faire, c’est mieux que rien, mais il y a mieux…

Alors, j’en arrive à la conclusion que de se dire citoyen du monde, c’est beaucoup faire fi de l’importance de la proximité, dans son sens le plus large. C’est en quelque sorte du snobisme pour ce qui a mijoté et ce qui mijote à notre portée immédiate, même s’il est impossible d’y échapper tout à fait; enfin, pour l’instant : si le web parvient un jour à tout à fait nous happer au quotidien il en sera autrement. Et, si je ne m’abuse, cette propension à dénigrer l’appartenance locale est justement une des conséquences du développement du web et de la possibilité d’avoir un sentiment d’appartenance planétaire par cela, bien qu’il soit encore plus superficiel que le tourisme. (Ici, je ne dis pas que ce que l’on vit via nos expériences sur internet ne vaut rien, mais bien qu’il faut au moins les remettre en perspective vis-à-vis de nos autres activités.)

Après le tourisme et le « surf des interwebs », il y a bien sûr l’immigration comme mécanique encourageant cet idéal de la citoyenneté mondiale. Justement, combien sont-ils à considérer le Québec comme une succursale du monde en occultant qu’il y a ici une culture (majoritaire) qui trouve son consensus dans une langue, héritée du colonialisme français et colorée d’américanité? Et qui osera réfuter que le multiculturalisme canadien ne soit pas dans cette même lignée?

Et encore, je soupçonne fortement que cette mode du « citoyen du monde » alimente le cynisme politique actuel. C’est bien clair, quand quelqu’un ne se sent pas citoyen de l’endroit où il vit, il peut bien se désister politiquement de ce qui se passe autour de lui : nos problèmes communs ne le concernent pas.

Depuis toujours, je comprends que cette attitude est une manière de se montrer tolérant à tous prix, puisque de pointer ouvertement où nous sommes et d’où nous venons (dans son sens le plus large) a été amalgamé au sectarisme. Si je dis et que je démontre de l’importance pour le fait que je suis un Québécois de langue française, donc par le fait même que je ne suis pas un citoyen du monde, j’ai l’air louche dans certains milieux qui se la jouent plus « évolués » en se proclamant citoyens du monde. Pourtant, il n’est même pas question de déprécier qui que ce soit, comme le font certains ultranationalistes, mais bien de prendre le pari du réalisme et de la conjoncture.

Parce qu’il ne faut pas se raconter d’histoires…

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24 réponses à Les citoyens du monde

  1. Feel O'Zof dit :

    Je pense que l’expression «citoyen du monde» est surtout une façon de se distinguer des ultranationalistes. C’est plus identitaire que culturel. Sans nier que les individus que nous sommes ne soient fortement influencés par un contexte socioculturel spécifique, on peut ne pas éprouver d’attachement ou de sentiment d’appartenance envers la somme des gens qui nous sont culturellement semblables. Par ailleurs, ça ne veut peut-être pas nécessairement dire que l’on éprouve aucun sentiment d’appartenance envers sa culture, mais peut-être simplement que ce sentiment d’appartenance est moins fort que celui que l’on a envers le monde.

    Personnellement, je me sens plus proche et plus semblables aux gens qui partagent mes valeurs et ma vision du monde qu’à des gens qui s’adonnent à parler la même langue que moi ou à vivre dans le même coin du monde. Et je ne tire aucune fierté du fait d’être né quelque part. Je pourrais donc me définir comme un «citoyen de l’ensemble des gens qui pensent à peu prêt comme moi» puisque mon sentiment d’appartenance envers ce groupe est plus fort que celui que j’ai (car j’en ai un aussi) envers le Québec.

  2. Feel O’Zof,

    « Je pense que l’expression «citoyen du monde» est surtout une façon de se distinguer des ultranationalistes. »

    bien sûr, mais cela me semble personnellement un autre extrême, tout aussi dangereux, comme je l’explique.

    Pour le reste, je pense tout à fait comme toi, sans toutefois mettre tout cela dans la balance d’un seul côté. Je crois qu’il faut faire la différence entre notre individualité et la collectivité. Bien que je me sente « plus proche et plus semblables aux gens qui partagent mes valeurs et ma vision du monde qu’à des gens qui s’adonnent à parler la même langue que moi ou à vivre dans le même coin du monde », je tente de garder toujours en tête que la proximité géographique est aussi importante. Ça me semble un bon équilibre. Et c’est un sentiment d’appartenance double, un plus émotif, l’autre plus pragmatique.

    « Et je ne tire aucune fierté du fait d’être né quelque part. »

    Moi de même, alors ma fierté se retrouve dans le fait de prendre soin de ce que le hasard m’a donné comme conjoncture de vie, puisque je serais autre si j’étais né ailleurs.

    J’ai l’exemple parfait avec ma famille (élargie), où je suis le seul intellectuel (ça me fait drôle d’écrire ça…) et où je me sens tout à fait bien dans ma différence, et les autres aussi. Si j’avais le réflexe du « citoyen du monde », j’aurais tout simplement coupé les ponts pour me concentrer sur mes relations plus en phase avec mon essence.

    Encore et toujours une question d’équilibre…

  3. Daniel Durand dit :

    J’aimerais que l’on distingue la citoyenneté mondiale du cosmopolitisme. La question culturelle est essentiellement cosmopolitique, et à ce sujet une bonne comparaison est celle des langues : ceux qui font l’effort d’apprendre les langues, ceux-là connaissent de mieux en mieux leur langue maternelle. Il en est de même pour les cultures. Je ne parle pas de l’évolution culturelle qui tend vers l’universalisme, mais de ceux qui vont à la rencontre des autres cultures : plus ils connaissent les autres cultures, plus ils sont à même de comprendre et apprécier leur propre culture.
    La citoyenneté mondiale, c’est autre chose. C’est le fait de se reconnaître membre de la communauté mondiale, et de vouloir que cette communauté se dote des structures qui soient à la hauteur des enjeux mondiaux actuels. Loin de la mollesse de l’esprit de ceux qui se contentent d’un semblant de passeport, la citoyenneté mondiale est le grand combat actuel de l’humanité : va-t-on se recroqueviller encore sur les identités nationales et les mettre en compétition, en concurrence, en guerre les unes contre les autres, ou va-t-on ouvrirer les esprits et les institutions pour que les droits de l’homme trouvent enfin leur plein épanouissement ?
    Daniel Durand
    Président du Registre des Citoyens du Monde
    http://www.recim.org.

  4. Daniel Durand,

    encore et toujours une question d’équilibre (voir mon précédent commentaire).

    On peut avoir à la fois l’enracinement et l’ouverture sur le monde.

    Et pour ce qui est de l’intérêt pour les langues, il y a aussi les capacités de chacun à mettre dans la balance. Tout le monde n’est pas possiblement polyglotte, et je ne suis pas d’accord pour dénigrer humainement qui que ce soit. Idem pour ce qui est de la notion culturelle.

    Au-delà de ceux qui ouvertement font la promotion de la fermeture à l’autre, il me semble toujours être question de liberté et de choix. De toute façon, les cultures mondiales prennent de plus en plus de place dans les médias, laissant les gens les apprivoiser tranquillement.

  5. gillac dit :

    J’aime moi aussi la notion d’équilibre. C’est bien de se voir comme citoyen du monde mais j’habite aussi sur une rue dans un quartier localisé dans une ville. Si j’arrose à grande eau mon entrée de garage, passe ma tondeuse le samedi l’heure des repas, coupe les arbres sur mon terrain pour éviter de ramasser des feuilles, suis-je un bon citoyen du monde parce que je me prétend être en même temps ouvert sur le monde? Quant au concept de présentisme, je pense que nous perdons beaucoup en étant de moins en moins connaissant en histoire. Nous aurons à vivre probablement une nouvelle récession économique parce que nous n’avons rien appris de la toute dernière, pourtant fort récente.

  6. Feel O'Zof dit :

    @Renart

    L’analogie avec la famille est plutôt boiteuse puisque tu connais personnellement les membres de ta famille et que tu les apprécies comme individus. Là on parle du sentiment d’appartenance envers un peuple spécifique ou envers le monde au complet; c’est-à-dire, dans les deux cas, d’un groupe majoritairement composé de parfaits inconnus. Un sentiment d’identité collective par rapport à une masse d’inconnus pourrait, chez certains, naître du fait que l’on partage la même origine et, chez d’autres, venir du fait que l’on partage les mêmes valeurs. Ou encore, chez les «citoyens du monde», naître du fait de partager la même planète.

    Mais je comprends ton point de vue. C’est de trouver un juste milieu entre ces deux pôles. Personnellement, je ne les vois simplement pas comme des contraires et, donc, il est inutile de trouver un compromis entre les deux. On peut ne pas se sentir nationaliste du tout, tout en étant préoccupé par ce qui se passe dans notre environnement humain immédiat.

    Par ailleurs, pour moi cette question n’a strictement rien à voir avec l’aspect culturel. Théoriquement, on pourrait être parfaitement ignorant des coutumes étrangères tout en se sentant plus «citoyen du monde» que «citoyen d’un peuple spécifique». C’est vraiment plus une question identitaire que culturel, même si les deux vont souvent ensemble.

  7. Redge dit :

    « Penser globalement, agir localement ». Cela résume bien ma pensée.

  8. reblochon dit :

    Terme galvaudé repris aux vrais citoyens du monde, ces hommes d’affaires n’ayant plus d’attache, plus de frontière et possédant des bureaux, des compagnies dans chaque pays et des apparts dans chaque grande ville du monde.

    Le reste n’est que de la fumisterie. La richesse de l’humanité, sa diversité tant sociale que culturelle et même ethnique vient justement du fait que des civilisations ont sur ne pas être des « citoyens du monde »

    Comme Renart je suis un Terrien, mais avant tout un Croix-Roussien – Lyonnais – Français et aussi Montréalais – Québécois. C’est cela qui fait que je suis différent des autres et une richesse en soi. Et je remercie tous ces gens du monde entier qui ont su rester eux-mêmes et m’éblouir de leurs richesses, de leur culture, de leurs coutumes … chez eux ! C’est cela l’ouverture au monde, surement pas en la vivant chez nous.

    Jamais je ne serais citoyen du monde, cette chose tiède, molle et uniforme ! C’est comme le dis Pascal, bien aussi nocif qu’un ultra-nationaliste.

    Battons-nous pour que la richesse québécoise reste vivante et soit une facette de plus dans ce grand puzzle culturel. Mort aux citoyens du monde, mort aux (inter)multiculturalistes (vu que c’est à peu près la même plaie) Vive la diversité.Vive la différence.

    (je reviens de l’étranger, ce qui permet plus que jamais de voir qu’on marche sur la tête au Québec !)

  9. Matt dit :

    Grâce à la mondialisation nous n’avons jamais été plus près des étrangers, mais nous n’avons jamais été plus loin de nos voisins.

    Bravo la mondialisation qui nous rapprocha du plus loin.

  10. En ce qui me concerne, je vais simplifier le tout, comme le ferait un certain Jean Lesage!!!

    La Terre: ma planète!!!

    L’Occident: ma civilisation!!!

    L’Amérique du Nord: ma région du monde!!!

    Le Québec: mon pays!!!

    La région de Québec: ma patrie!!!

    La ville de Québec: la ville où j’ai décidé de m’installer!!!

    La ville de Lévis: la terre de mes racines familiales!!!

  11. Nicole dit :

    Voici mon point de vu concernant le passé. Le passé appartient au passé (point) mais c’est à cause et grâce à lui que nous sommes qui nous sommes en tant que société et en tant qu’individu. Il faut apprendre du passé, mais ne pas apprendre le passé.

    Je suis d’accord avec M. Durand, il ne faut pas confondre cosmopolitisme avec la citoyenneté du monde. Malheureusement peut-être que ceux qui se disent comme tel, ignore le véritable sens de cette expression.

    Moi, je garde en mémoire les paroles de mon père, qui n’avait pas de passeport mondial, mais qui se disait toujours citoyen du monde… «Peu importe d’où tu viens, peu importe qui sont tes ancêtres, peu importe où tu vas, peu importe la langue que tu parles, peu importe ta culture, une chose demeure certaine tu es un être vivant, une humaine COMME tous les autres humains de cette terre.»

    Je crois qu’un jour peut-être ce sera possible, (ou est-ce une utopie?) que les humains de la terre parviendront à s’entendre sur ce qui est bien collectivement, mondialement, indépendamment de la culture de chacun. Toutefois, quand je vois comment l’on compartimente notre société, avec sa langue, ses mets, ses choix politiques, ses victoires, ses défaites… quand je vois comment on veut à tout prix garder des traces et les réemprunter plutôt que de regarder devant et en créer de nouvelles. Je crois qu’un monde comme je me l’imagine ne restera qu’une pure chimère.

    Je vis au Canada, au Québec, à Montréal et puis après? Je suis avant tout terrienne et ensuite, pour ceux à qui ça fait leur bonheur, tout le reste!

  12. Feel O’Zof,

    je savais bien que l’exemple de la famille avait ses limites…

    « On peut ne pas se sentir nationaliste du tout, tout en étant préoccupé par ce qui se passe dans notre environnement humain immédiat. »

    Ça me semble une position équilibrée que je partage, mais bon…

    Pour ce qui est de la question de l’identité versus la culture, j’ai bien de la difficulté à les séparer, comme tu le fais. La culture, dans son sens le plus large, me semble ce vers quoi nous pouvons le mieux nous identifier.

    Reblochon,

    « Et je remercie tous ces gens du monde entier qui ont su rester eux-mêmes et m’éblouir de leurs richesses, de leur culture, de leurs coutumes … chez eux ! C’est cela l’ouverture au monde, surement pas en la vivant chez nous. »

    fait attention, tes propos pourraient être très mal interprétés… ;-)

    Nicole,

    « Il faut apprendre du passé, mais ne pas apprendre le passé. »

    tu es contre l’apprentissage de l’Histoire?

    Sinon, si ton père, en étant un citoyen du monde, ne se désistait pas du fait d’être aussi un citoyen de sa ville, de sa province, de son pays, il n’y a aucun problème.

    « Toutefois, quand je vois comment l’on compartimente notre société, avec sa langue, ses mets, ses choix politiques, ses victoires, ses défaites… quand je vois comment on veut à tout prix garder des traces et les réemprunter plutôt que de regarder devant et en créer de nouvelles. »

    Je lis cette partie de commentaire et j’aimerais la mettre en parallèle avec cette partie de mon billet :

    « Après le tourisme et le « surf des interwebs », il y a bien sûr l’immigration comme mécanique encourageant cet idéal de la citoyenneté mondiale. Justement, combien sont-ils à considérer le Québec comme une succursale du monde en occultant qu’il y a ici une culture (majoritaire) qui trouve son consensus dans une langue, héritée du colonialisme français et colorée d’américanité? Et qui osera réfuter que le multiculturalisme canadien ne soit pas dans cette même lignée? »

    Est-ce que ça te sonne une cloche? Ne trouves-tu pas qu’il y a des contradictions entre ces deux discours?

  13. Nicole dit :

    @Renart
    Ça peut peut-être t’étonné, mais en effet, je ne suis pas pour les cours d’histoire. Ou du moins, je serais pour mais s’ils étaient traités autrement, de manière plus utile si cela peut l’être. De tous les cours d’histoire que j’ai eu, j’en ai retenu si peu et si vaguement. Je ne crois pas que ce soit chose pertinente à moins d’y avoir un intérêt et un besoin particulier par exemple pour le travail. J’admire les gens qui sont capables de retenir des dates et des évènements, mais bien que je sois plutôt « nerdz » ayant fait tout mon secondaire en classe d’enrichissement, les cours d’histoire… ça me passait six pieds par dessus la tête!

    Bref, il faut apprendre du passé, mais ne pas apprendre le passé. Je crois que les cours devraient être plus appliqués et pour cela il faut faire des liens pratiques avec aujourd’hui et demain. Raconter le passé, je peux aller me chercher un livre d’histoire à la bibliothèque et le lire sans faire l’effort de retenir tout parcoeur!

    Être citoyen du monde ne nous épargne pas de nos responsabilités sociales d’un point de vue «micro», soit comme citoyen de notre ville, de notre province… Être citoyen du monde, il s’agit juste d’une vision plus «macro», mais l’un ne va pas sans l’autre. L’unité fait partie d’un tout, non? Le problème maintenant c’est que l’unité prime sur le tout, selon moi, alors que ça devrait au moins s’équivaloir.

    Dans mon passage dont tu fais mention, je faisais allusion justement au fait que notre société change, presque malgré elle et contre le gré de plusieurs citoyens. Citoyens qui acceptent mal que l’évolution parfois implique aussi la disparition. Je ne dis pas que les francophones doivent disparaître, que ce soti bien clair, mais je personnellement, n’ai pas cette phobie dont certains me font part du fait que la langue français pourrait disparaître… je ne crois pas que l’humain se limite à une langue. Si le Québec devait être vraiment différent de celui que nous connaissons aujourd’hui est-ce bien grave?

    Enfin, l’acharnement à vouloir conserver quelque chose est-ce vraiment dû au fait que l’on y tient vraiment ou simplement parce que l’on a peur de vivre voire de subir de grands changements?

    Je n’aide pas la cause de la langue n’est-ce pas? Mmmmh pourtant j’adore écrire et parler français. Mais je vis avec l’idée que rien n’est éternel et que lorsque l’on veut se battre pour quelque chose, c’est qu’il faut savoir vraiment les raisons pour lesquelles on le fait. Si la peur est présente, la ou les raisons sont d’après moi moins objectives. J’ai dû mal à expliquer ce dernier point, disons que lorsque la peur embarque l’argumentation devient alors plus égoïste et non pas dans un intérêt nécessairement général.

    Le Québec n’est plus ce qu’il était il y a 30 ans. Est-ce vraiment grave? Il n’est pas plus comme il y a cent ans. Il y a eu des dites victoires pour certains, par exemple au niveau de l’usage de la langue dans la province, moi je dis juste que ce sont des «changements». Donc ce qui a changé une fois est voué au changement, rien ne reste pareil bien longtemps.

    Cela dit, vouloir toujours préserver le passer, encore faut-il que ce soit fait pour de vraies bonnes raisons, que je qualifierais presque de vitale. Mais j’ai probablement des idées folles et insensées.

    Finalement, étant fille d’immigrants, la principale raison pour laquelle mes parents sont venus ici c’est parce que c’était pour eux, le «nouveau monde», là où il serait possible de vivre bien peu importe nos origines. Un concept difficile à comprendre pour les citoyens francophones du Québec qui sont ici depuis de nombreuses générations… et pourtant… eux aussi jadis étaient venus en Amérique parce que c’était le Nouveau Monde. Qu’ont-ils fait des habitants de ces terres? J’ose espérer que vous ne croyez pas que les immigrants d’aujourd’hui sont aussi cruels qu’on pu l’être les colonisateurs français… et anglais. La roue tourne… ou disons que plus ça change et plus c’est pareil?

  14. the Ubbergeek dit :

    Dans un monde globalisé, avec des problèmes graves comme l,environement, se focuser juste sur le local est très dangereux.

    Je suis québecois souverainiste et citoyens du monde. Ca peut très bien aller ensemble; sortir le Québec d’un cadre archaique et sclérosé, et l’amener dans le monde.

  15. reblochon dit :

    Je suis avant tout un mammifère !

  16. Je suis née ici et c’est très important pour moi de savoir que mes ancêtres même
    si ils venaient pour découvrir et qu’on leur faisait croire que peut-être la vie serait meilleure malgré que probablement dans le lot il y avait quelques prisonniers dont on voulait se débarrasser ont persévérer ont su garder notre langue et survivre même si on voulait qu’ils disparaissent me donne le goût de connaitre mieux notre histoire et être capable de la faire connaitre à mes enfants et petit-enfants.
    L’histoire des peuple les façonnent et fait aussi ce qu’ils sont aujourd’hui et étant bien consciente de partager la planète avec beaucoup de cultures différente ne m’enlève aucunement la fierté de la mienne.
    Vouloir préserver sa culture n’est pas renier ni s’isoler des autres mais au contraire vouloir qu’ils la connaissent et la trouve belle,c’est aussi rendre hommage à ceux qui ont gardée cette culture et cette langue vivante dans l’adversité et l’abandon de la mère patrie.Il ne s,agit pas ici de rancune ni de haine de ceux qui nous ont vaincu,1759 est loin derrière nous et loin de moi l’idée de vengeance contre nos concitoyens de culture et de langue différente,mais d’exporter ma fièreté d’être Québecoise de langue française,ou Canadienne de langue française.

  17. Goberge Pirate dit :

    Je ne pense pas que l’on puisse évacuer le besoin humain d’appartenance. On recherche encore de nos jours à se faire accepter dans un groupe, qu’il soit d’ordre philosophique ou territorial. Si, autrefois, on faisait nos guerres de clochers entre villages voisins, on les fait maintenant entre groupes d’intérêt (à interpréter au sens large d’intérêt). Je me souviens de la bonne vieille bataille musicale du début des années 1990 entre les amateurs de Metallica et de Guns n’ Roses. Internet a effectivement augmenté de beaucoup cette division des gens entres groupes d’intérêt. On n’a qu’à penser à toutes ces «fan pages» sur Facebook… C’est un peu la même chose qui vous arrive, Renart, avec vos amis «citoyens du monde» : pour faire partie de la gang, il faut accepter quelques idées reçues, comme le fait que tous les nationalismes soient mauvais.

    Pour ma part, j’interprète le fait d’être citoyen du monde comme le fait de ne pas éprouver d’antipathie ou de préjugés envers une autre culture que la mienne. Cela ne m’empêche pas d’appartenir à un groupe national, du moment que je ne me sers pas de ma nationalité comme argument pour justifier la violence contre un autre groupe.

  18. Nicole,

    « je ne suis pas pour les cours d’histoire. Ou du moins, je serais pour mais s’ils étaient traités autrement, de manière plus utile si cela peut l’être. »

    à la base, on peut dire que de connaître l’Histoire est utile pour avoir une perspective plus large sur notre monde. Alors, c’est mieux plus que moins, alors je ne suis aucunement en accord avec ta position.

    Pour le reste aussi je ne suis pas d’accord. Devant l’évolution de la société, nous avons le choix de nous positionner, voire de l’influencer, ou de tomber dans un je-m’en-foutisme de contentement comme tu l’expliques. Moi, je fuis cette deuxième position…

    The Ubbergeek,

    « se focuser juste sur le local est très dangereux. »

    il est plutôt question ici de « focuser » seulement sur l’international…

    Aurélienne Morin,

    bienvenue ici et merci pour le commentaire!

    Goberge Pirate,

    « Pour ma part, j’interprète le fait d’être citoyen du monde comme le fait de ne pas éprouver d’antipathie ou de préjugés envers une autre culture que la mienne. Cela ne m’empêche pas d’appartenir à un groupe national, du moment que je ne me sers pas de ma nationalité comme argument pour justifier la violence contre un autre groupe. »

    en effet, mais c’est bien drôle puisque cela donne l’impression qu’il est impossible d’être ouvert sur le monde tout en étant ouvertement un citoyen « local »…

  19. the Ubbergeek dit :

    @Renart

    Mais ceux qui ‘chialent’ pas mal sur les ‘cosmopolites’ sont TRÈS local, disons.

  20. Redge dit :

    Je pense qu’au final, nous sommes tous des citoyens du monde. En 2011, il est difficile d’ignorer que nos petites actions bien locales peuvent avoir un impact significatif sur le reste de la planète et ses autres « citoyens ». Fini est l’époque où tout ce que nous achetions était produit localement. Aujourd’hui, les choix que je fais en tant que consommateur ont un impact qui dépasse largement le Québec.

    Pour moi, être citoyen du monde n’est pas tant une affaire de culture que de responsabilité individuelle envers la collectivité « mondiale ». Voyons ce que nous avons en commun et ce que nous partageons au lieu de voir nos différences. La culture ne dois pas nous diviser.

  21. Goberge Pirate dit :

    @ Renart

    « en effet, mais c’est bien drôle puisque cela donne l’impression qu’il est impossible d’être ouvert sur le monde tout en étant ouvertement un citoyen « local »… »

    Oh, mais tout dépend de votre définition de citoyen! Si on définit le citoyen comme celui qui agit sur son monde, je ne crois pas que citoyen mondial et citoyen local soient antinomiques. Si je suis indépendantiste, c’est parce que j’estime que la voix du Québec serait ainsi mieux représentée sur la scène mondiale. Il serait mieux outillé pour agir.

    J’ai ici envie d’adapter et de paraphraser un extrait d’une pièce de Socalled : je chante des chansons québécoises, non pas parce que je trouve qu’elles sont meilleures ou plus grandioses que les chansons des autres peuples, mais parce que je crois que, dans le merveilleux jardins que forment les fleurs de tous les peuples, il manquerait une fleur québécoise.

  22. the Ubbergeek dit :

    Un nouveau Meiji pour le Québec!

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