Le cas Jodoin

(Crédits photos : Olivier Samson-Arcand/OSA Images + Twitter)

Si vous n’êtes pas un fervent utilisateur de Twitter et/ou un lecteur assidu du blogue Bang Bang et/ou du Voir, le nom de Simon Jodoin ne vous dit sans doute rien. Par malheur, je suis un fervent utilisateur de Twitter et un lecteur occasionnel du Voir (surtout pour les pertinents textes de Josée Legault). Et si vous êtes l’un de ses insupportables « yes men », il serait conseillé d’arrêter votre lecture ici. Autre avertissement : je sais très bien qu’il y a du noir, du gris et du blanc, mais je vais me contenter de dépeindre le noir dans les paragraphes qui vont suivre…

Si je me souviens bien, la genèse de cette histoire a trouvé son début un peu après la mise en demeure qu’a envoyée Michelle Blanc à Simon Jodoin (en lien avec un montage photographique publié sur le blogue Bang Bang la mettant en vedette essayant de poignarder Nathalie Petrowski dans le décor d’une peinture de Le Caravage). Dans le fond, c’était le début de la chicane qu’ils entretiennent encore aujourd’hui (Simon Jodoin arbore toujours sur le site de Voir et sur son compte Twitter sa dernière trouvaille : une photo de lui où il imite, bien sûr pour jouer au troll de luxe, la pose de Michelle Blanc sur la photo que l’on peut voir sur son deuxième livre; j’y reviendrai).

Je ne sais pas si cela a un lien ou non, mais je penchais beaucoup plus du côté de Michelle Blanc dans cette histoire qui la confrontait à Nathalie Petrowski. Pour ce qui est du reste, il m’est bien difficile de juger, n’ayant pas été dans leurs culottes depuis tout le temps qu’ils se sont tapés dessus par le verbe. Et, il faut l’avouer, le juge qui a donné raison au duo Jodoin/Péloquin dans cette affaire juridique n’y était pas non plus.

Quoi qu’il en soit, nos rapports au début courtois se sont envenimés au fil de nos divergences d’opinions. Rien de bien grave dans ce monde où les « amitiés » sont plus souvent des germes qui pourrissent dans le terreau de la multitude. Jusqu’à ce que l’expression « chercher des poux » devienne totalement représentative de ses apparitions dans ma bulle. Si ce n’était pas que ses dernières piques concernent mon projet « Le Globe », qui par ricochet implique beaucoup d’autres personnes, ce billet n’aurait pas eu lieu d’être, enfin, pas sous cette forme personnalisée. Quand une mouche nous tourne autour, la plupart du temps nous espérons juste qu’elle va trouver une autre cible rapidement et nous laisser tranquille, et c’est ce qui arrive la plupart du temps…

Je ne ferai pas ici l’étalage des talents de ce vicieux personnage dans l’art de faire suer le peuple, même si ça pourrait faire une excellente introduction à ce qui va suivre. Donc, ses abonnés Twitter ont pu lire ce message :

Je demande des sous-titres pour les boutons « older articles » et « newer articles » sur @leglobe. Tout le monde s’en fout du français ou quoi?

Dans l’optique où nous (mon partenaire et moi) étions visiblement encore en train de peaufiner les traductions du thème de base du site*, c’était assez chiant merci! (Et d’ailleurs, ce n’est même pas terminé, puisque chaque ajout d’extension* demande une traduction…) Mais ce qui est le plus sournois dans ce message, c’est qu’il fait référence à un de mes billets récent, qui a pour titre « Tout le monde s’en fout du français… », où je m’insurgeais contre les absences de sous-titres français à la télé francophone, parfois, et de l’apathie généralisée des gens au sujet du fait français. Et je n’ai aucun doute qu’il n’était pas du tout d’accord avec les propos dudit billet, ayant encore en tête les sujets de nos divergences.

Force est d’admettre que la technique pour me narguer est assez enfantine, mais ce n’était pas encore la goutte qui a fait déborder le vase de ma patience. Non, c’est plutôt cette autre vanne :

 

Rigolo. Comment remplir un site de « duplicate content »? Faites comme Renart Léveillé avec @LeGlobe bit.ly/sWz9D7 (et ajoutez citoyen)

 

J’ai effectivement transféré une partie de mes archives de blogue dans le site* (d’où la référence au « duplicate content » – et c’était surtout dans un but pratique que j’ai fait ça, question d’avoir une base de billets pour meubler les sections*). Mais induire par cela que « Le Globe » ne serait qu’un dédoublement de mon blogue auquel j’ai ajouté « citoyen » est à la base une insulte au projet, et surtout, aux nombreux collaborateurs qui ont généreusement publiés sur le site dès son ouverture officielle. Et puis, je ne peux pas faire autrement que de voir dans cette pointe avec l’aide du terme « citoyen » un certain dégoût de sa clique et lui envers cette plèbe que nous sommes (enfin, à leurs yeux). Et je passerai sur le fait d’avoir inscrit « Renart Léveillé » au lieu de « @renartleveille » alors qu’il était bien évident que je tomberais de toute façon sur le tweet étant un gestionnaire du compte @LeGlobe; cette partie étant en lien direct avec un épisode connexe de cette saga.

Mais le plus drôle, c’est qu’en réfléchissant à ce projet (et surtout à son possible slogan), je me suis dit qu’il ne fallait absolument pas que je me serve du vocable tant honni : « journalisme citoyen ». Conséquemment, alors que le terme « regard » m’était apparu comme essentiel à un site qui veut regrouper les points de vue de différentes personnes, j’ai bien cherché un terme pour les désigner ces personnes-là. Le choix de « citoyen » m’apparaît toujours le meilleur pour plusieurs raisons, parce que c’est bien ce que nous sommes, des citoyens. Ça dit ce que ça a à dire : « regard citoyen ».

Ce qui m’enrage, c’est qu’on a bien pris soin de rabaisser la notion de « journalisme citoyen », peut-être avec raison, mais peut-on nous laisser en paix avec le terme « citoyen » alors que le « journalisme » qu’on y accolait a été pratiquement évacué du discours? Vous comprendrez que j’extrapole un peu, mais je sens encore là-dedans le mépris de nous voir prendre le légitime crachoir que nous pouvons prendre, mépris que je sentais bien avant que Nathalie Petrowski en endosse le blanc manteau. Ce manteau qui reflète super bien l’importance d’avoir un crachoir plus puissant que nous, pauvres blogueurs citoyens. Fin de l’essuyage de la goutte.

J’ai bien beau réagir (sûrement trop fort pour certains) à deux malheureuses publications qui ne font même pas 280 caractères au total, mais ce n’est pas grand chose comparé à la méchanceté qu’implique la photo qu’a choisi Simon Jodoin pour se représenter comme chroniqueur aux endroits où il est publié (en plus de Twitter). Cependant, ces deux messages sont assez représentatifs de son modus operandi dans l’art de se sauver après avoir sonné à une porte qui ne laissera pas le choix à l’occupant d’éteindre du pied un sac enflammé rempli de caca de chien. Ouf!

Ce qui est certain, c’est que Michelle Blanc avait quelque chose comme une prise légale sur le photomontage la représentant en femme à barbe alors qu’une photo la parodiant n’offre rien de la sorte. Et c’est bien là où on peut remarquer un talent certain pour l’insaisissable : le stratagème de Jodoin fait aussi mal, sinon plus, que de la diffamation, mais il est intouchable. C’est bel et bien de l’acharnement, et il pourrait continuer ad vitam aeternam… Et lui-même ne pourrait nier qu’il s’est fait un nom avec toute cette histoire, enfin, qu’il a cristalisé celui qu’il avait déjà.

Alors, je me demande où se trouve l’opinion du Voir et du blogue Bang Bang (vous remarquerez que depuis le début j’utilise la manière francophone de le désigner, contrairement à « Bang Bang Blog »…). Visiblement, tout ce beau monde derrière Simon Jodoin semble très à l’aise de le laisser s’afficher avec une photo qui envoie un double message (pathétique), selon si on comprend ou non la référence à Michelle Blanc. Dans le premier cas, il a l’air d’un extrémiste haineux qui utilise la représentation de sa propre personne pour passer son message, et pour quelqu’un qui ne comprend pas la référence, il a seulement un air hautement ridicule. Même que je n’arrive pas à trouver quelque chose de plus ridicule… J’écrirai donc que c’est le comble du ridicule, voilà! Et ses patrons sont d’accord avec ça? Vraiment? À moins que justement tout ce beau monde considère que même négative, toute publicité est bonne à prendre. Alors ce billet s’ajoutera à la liste.

Ce que j’en comprends, donc, c’est que cela est son choix. J’ose espérer qu’au moins un de ses nombreux (?) amis l’a tassé dans un coin et lui a dit : « Tu ne penses pas que la plaisanterie a assez duré? » Mais j’en doute, et fortement. La position de son entourage doit bien être seulement meublée de tapages de cuisses, de sourires complices et de rires flasques. J’aimerais vraiment qu’on vienne me donner tort à ce sujet, mais pour cela il faudrait que quelqu’un se mutine. Bonne chance. Ça me réconcilierait avec une partie du genre humain en tout cas.

Et puis, je ne peux pas croire que dans ses presque 4000 abonnements il n’y a eu personne pour au moins trouver que ses agissements sont discutables. J’espère qu’il y en a eu au moins un pour soulever la chose! Et même les gens qui n’aiment vraiment pas Michelle Blanc, ils trouvent ça correct? Il n’y a même pas une partie d’eux qui se réveille et qui se demande : « est-ce que j’aimerais qu’on me traite de la sorte? »

Pour terminer, je vais citer le principal intéressé qui statuait avec un titre, le 19 août dernier : « J’écrirai un jour un guide de voyage au pays de la connerie. » Je sais que le concept du voyage exclut son propre pied-à-terre, mais j’espère qu’il fera une exception cette fois-là, sa cour est pleine.

*J’écris tout ces détails techniques et je sais que cela donne l’impression d’une tentative de justification de ma part, mais c’est vraiment important puisque je sais pertinemment que Simon Jodoin comprends très bien tout ça, étant lui-même en charge de tout ce qui touche le web pour le Voir et consorts. C’est ce qui tue.

 

(Pour commenter, suivre ce lien : http://leglobe.ca/blog/2011/11/le-cas-jodoin/)

Ce contenu a été publié dans blogosphère, De choses et d'autres..., français, Journalisme, médias, opinions, Twitter, Web, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.