La clé est dans le nombre, la multitude

Généralement, le discours de la droite mise sur l’impossibilité de l’État à bien agir, et c’est de même pour la gauche par rapport à l’entreprise privée. C’est la guerre à qui débusquera le plus de fautes pour faire avancer son idéologie dans le coeur de l’opinion publique, pour entretenir la généralisation.

Par généralisation, j’entends, par exemple pour une certaine droite, le rejet complet de l’État comme levier efficace pour la cohésion sociale, économique, etc. On tend alors vers la généralisation pour appuyer ses idées, pour y donner plus de poids. Mais il y a un piège. Comme il y en a un à essayer de faire ressortir que l’entreprise privée au complet n’agit jamais dans l’intérêt de la société.

Personnellement, j’essaye de fuir le plus possible la généralisation. On pourra me traiter alors de gauchiste puisque je ne condamne pas l’État en bloc, ou bien de droitiste puisque je ne suis pas contre l’entreprise privée, ni même le capitalisme. Une vraie girouette!

En vérité, je crois qu’il y a une impossibilité à condamner de la sorte. C’est totalement contre-productif. La discussion ne devrait se concentrer que sur la synchronisation de ces entités : comment l’État et les entreprises peuvent-ils contribuer le mieux possible à la paix sociale? Y a-t-il franchement de sujets plus importants que celui-là?

Et j’ai bien l’impression qu’en soulevant cette question je me positionne pour certains en pourfendeur des libertés individuelles, mais il n’en est rien. Puisqu’à la base, il n’y a personne pour vivre en vase clos : les individus étant condamnés aux compromis. Pour certains, le mot « social » est seulement une partie de « socialisme » et « socialiste », mais ce n’est qu’une autre démonstration de l’expression « se mettre la tête dans le sable ». Même l’individualisme fait partie d’un tout.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que la liaison efficiente entre chacun et ses parties est le but à atteindre, quelles que soient les opinions de chacun. Et la transparence, et la circulation de l’information sensible en lien avec ce qui nous est important, en société autant qu’individuellement. Encore, il faudrait surtout que de plus en plus de gens se responsabilisent face à la vie en société, pour ne pas laisser le beau jeu aux spécialistes de l’opinion, à ceux qui espèrent ne jamais se faire contredire, à ceux qui accumulent les adeptes (être un adepte ne devrait pas être un but dans la vie : c’est s’abandonner).

Parce qu’il n’y a personne pour être la clé à lui seul. Idem pour ce qui est des idéologies.

(Photo : Stephen Gibson www.freeimages.co.uk via StockVault)

Ce contenu a été publié dans opinions, philosophie, politique, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

14 réponses à La clé est dans le nombre, la multitude

  1. Darwin dit :

    «Généralement, le discours de la droite mise sur l’impossibilité de l’État à bien agir, et c’est de même pour la gauche par rapport à l’entreprise privée.»

    Personnellement, je connais peu de gens de droite qui pensent que tout ce que fait l’État est mal fait. La plupart trouvent seulement que l’État agit dans des endroits où il ne devrait pas être présent. Même les minarchistes reconnaissent le rôle de l’État en matière de sécurité et de justice (il doit prtéger leur vie et leur sacro-sainte propriété privée !), et souvent dans quelques autres domaines, dont la voirie, les aqueducs, etc.

    À l’inverse, peu de gauchistes veulent totalement rayer de la carte l’entreprise privée. Même les plus à gauche reconnaissent à tout le moins le travail des PME et des travailleurs autonomes. La pulpart des gauchistes sont réformistes, pas révolutionnaires. De même, la gauche n’appuie pas nécessairement ce que fait l’État.

    «Personnellement, j’essaye de fuir le plus possible la généralisation.»

    C’est bien, mais ton point de départ généralisait pas mal ! ;-)

  2. Darwin dit :

    Ah oui, j’oublliais : merci d’avoir ouvert tes commentaires !

  3. Bien joli billet.

    Pour moi, tous ces concepts idéologiques d’individualisme ou de socialisme sont incorporés dans une logique plus grande. Il n’est pas question de savoir qui a tort ou a raison.

    Au cours de l’Histoire, il y a eu des ères plus individualistes et d’autres plus communautaristes.

    Il s’agit d’un effet de balancier. Un système social qui s’installe finit par atteindre les limites de sa viabilité et s’effondre et laisse ainsi place à un autre.

    De même, notre capitalisme actuel parviendra à son point de non-viabilité et s’effritera. Le processus est déjà débuté, particulièrement en Europe et surtout aux États-Unis.

    Seul un devin peut prévoir l’avenir du post-capitalisme. Mais, pour moi, une tendance sera évidente : le balancier retournera vers plus de social.

  4. gillac dit :

    Dans tout ce débat stérile entre la gauche et la droite, l’histoire et l’actualité m’apprennent deux choses: 1- la capitalisme pur est ce qui se rapproche le plus du banditisme (Électrolux, les pétrolières, etc.) 2- le communisme pur est un écran de fumée pour mettre en place des tyrans (Corée, Cuba,etc.). J’ai bien hâte qu’un groupe de politiciens se lève avec la grande question suivante: que devons-nous faire pour laisser à nos enfants et petits enfants un meilleur héritage en matière d’environnement, d’emplois et de dette publique.
    Note: il est inquiètant de constater que beaucoup de pays pour réduire leurs immenses dettes mettent l’argent dans le béton plutôt que l’éducation.

  5. Darwin.

    quand je parlais de « discours », je songeais aux formules (clips) et non au discours intellectualisé. Tu sais, les clichés du genre : « L’État c’est de la m… »

    « C’est bien, mais ton point de départ généralisait pas mal ! »

    Je dirais plus : « synthétiser »

    Pour ce qui est de l’ouverture des commentaires, j’ai pris ma décision, tu t’en douteras, après mon billet sur (entre autres) la question des 7 du Québec. Je crois être le seul qui fermait ses commentaires de cette manière…

    Jimmy,

    merci du compliment! Et je suis bien content de voir ta plume par ici!

    « Il n’est pas question de savoir qui a tort ou a raison. »

    Bien d’accord! Mais la dynamique des débats actuels, et même depuis toujours, va dans le sens d’avoir raison.

    « Mais, pour moi, une tendance sera évidente : le balancier retournera vers plus de social. »

    Après cette époque du « tout économique », ça ferait du bien!

    Gillac,

    « Note: il est inquiètant de constater que beaucoup de pays pour réduire leurs immenses dettes mettent l’argent dans le béton plutôt que l’éducation. »

    Bien dit!

  6. Bien, je te visite régulièrement. Cependant, je laisse un mot seulement quand le sujet m’interpelle, comme c’est le cas ici.

  7. reblochon dit :

    Bon billet et bien d’accord avec Jimmy pour faire court. Joyeux noël à tous.

  8. Darwin dit :

    @ Renart

    «Tu sais, les clichés du genre : « L’État c’est de la m… »»

    On lit en effet souvent de tels clichés dans la blogosphère. Mais, je crois que ce qu’on y lit n’est pas du tout représentatif des tendances politiques de la société. De même, bien des gens de droite assimilent la gauche à l’étatisme. Pourtant, ce qui intéresse la plupart des gauchistes, c’est ce que fait l’État, pas sa grosseur ! Un gros État militariste ou répressif ne les attirent pas, ils favorisent plutôt un État qui redistribue la richesse et offre des services de qualité. En plus, les communistes et les anarchistes visent, comme bien des gens de droite, la disparition de l’État. Mais, tu sais tout ça…

    Mais, tu as raison, j’intellectualise trop, les clichés ne font pas ce genre de nuances !

  9. Ping : Tweets that mention La clé est dans le nombre, la multitude | Renart Léveillé -- Topsy.com

  10. martine_h dit :

    Renart, as-tu des exemples de pays qui auraient atteint une forme d’équilibre entre les deux pôles?
    Je crois que des pays comme la Norvège, la Suède ou le Danemark sont des bons exemples. Des régions où les taux d’imposition et de taxes y sont quand assez élevés.

  11. Air fou dit :

    Salut, fin Renart

    Pour 2011, je te souhaite beaucoup de fromage sans corbot à charmer!

    Il faut aller à la structure même si on veut changer quoi que ce soit. Les humains ne naissent pas égaux à beaucoup d’égard. Si la structure sociale comme notre structure patriarcale, car c’est le cas, permet le capitalisme qui en retour la permet et vit de ces inégalités, c’est un leurre que d’espérer quelque transparence que ce soit. Comme ce le serait de penser que tout est absolument opaque et qu’on ne cherchera pas à donner des impressions de transparence. Déjà que le pouvoir est entre les mains de 50 % des humains et plus on monte vers le sommet, plus ce 50 % s’amincit, le pouvoir féminin, dans toute cette structure, quand il balbutie des différences, se fait vite ramener à l’illusion que son pouvoir réel est dans la séduction.

    Renard, corbeau. Et pour moi, structure dans la corbeille, mais elle est si huilée, si organique, encore, qu’elle supporte fissures et contradictions, allégeances diverses et les assimilent dans une apparence de tout. Pourtant, pour moi, c’est le travail dans les fissures qui compte, au niveau individuel en tout cas. Des scientifiques prévoient que la prochaine révolution disons pour faire vite, paradigmatique, de l’humanoïde, sera de nature culturelle. Ceci englobe bien entendu les idéologies. Le postcapitalisme a tendance à tout englober, pour revenir à ton « tout », synthétiser et recracher le gros bon sens de la masse populaire dont le dieu est la consommation, incluant le sport-spectacle, le jeu, le sexe.

    À + Zed ¦)

  12. Martin R. dit :

    Salut Renart !

    Je suis d’accord avec ton texte, même si mes textes semblent démontrer le contraire. Peut-être parce que je lis trop ceux de Louis. Anyways. Je sais que l’état est essentiel dans tout les domaines, mais c’est l’exagération qui fait que j’aimerais que l’état laisse parfois plus de place au privé.

    Comme en ce moment, dans la construction. Les soumissionnaires vont aller très bas pour avoir le contrat, et une fois qu’ils l’ont, ils annoncent qu’il va manquer 25M$ par-ci, 40 M$ par-là. Le gouvernement devrait donner une marge de manoeuvre de 5-10M$. Si les coûts montent plus haut, ce sont les dites compagnies qui payent la différence(tu imagines la faillite de l’entreprise qui est censé construire le CHUM ?) C’est la que le privé entre en scène. Ils vont donner des chiffres beaucoup plus haut, mais ils vont faire en sorte que le budget soit respecter.

    Pour le système de santé, je ne suis pas contre le système universel. Seulement, le privé pourrait aider à désengorger les urgences. Les médecins auraient l’obligation de travailler dans le public environ 30h/semaine, et pour les listes d’attentes, ça reste le ministère de la santé qui gère le tout pour s’assurer que tout le monde soit traiter de la même façon.

    Pour la bureaucratie, moins de fonctionnaires dans les bureaux et plus de gens sur le terrain, dans les hôpitaux et écoles.

    Quand à la redistribution de la richesse, elle ne me déranges pas, mais je n’aime pas donner à une personne capable d’aller travailler, mais qui reste chez elle parce qu’elle veut le job à 20$/h en commençant.

  13. Désolé pour le délai, temps des fêtes oblige…

    Jimmy,

    ce n’était vraiment pas un reproche, surtout que moi aussi je ne commente pas souvent…

    En tout cas, bonne année!

    Reblochon,

    et bonne année!

    Darwin,

    « bien des gens de droite assimilent la gauche à l’étatisme. Pourtant, ce qui intéresse la plupart des gauchistes, c’est ce que fait l’État, pas sa grosseur ! »

    et ce que fait l’État en ce moment est loin d’être satisfaisant!

    Bonne année!

    Martine_h,

    tes exemples semblent très bons!

    Bonne année!

    Air fou,

    merci pour ce souhait métaphorique! Bonne année pleine d’air et de folie! :-)

    Martin,

    « Pour le système de santé, je ne suis pas contre le système universel. Seulement, le privé pourrait aider à désengorger les urgences. »

    j’ai lu voilà pas si longtemps un billet qui parle d’une solution qui va dans ce sens :

    http://derteilzeitberliner.wordpress.com/2010/11/26/meme-de-gauche-les-danois-aiment-les-hopitaux-prives/

    Ça me semble une bonne idée.

    Bonne année!

  14. Darwin dit :

    @ Renart

    «et ce que fait l’État en ce moment est loin d’être satisfaisant!»

    Cela ne me satisfait pas non plus, mais il faut bien avouer que c’est mieux que dans bien des pays… dont les États-Unis !

    Bonne année à toi aussi !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>