Hitler 2.0

hitler 2.0
« Nous demandons aux gens qui participent au Salon du livre anarchiste d’être conscientEs de leurs habillements, coiffures (eg: dreadlocks ou “mohawk”) et façons d’êtres, et de garder en tête que ceux-ci peuvent être oppressifs pour les autres participantEs. L’appropriation culturelle est pernicieuse. Les actes qui la composent ne sont pas des gestes individuels, ce sont des gestes qui participent à une idéologie dominante de laquelle nous sommes toutes et tous en constante déconstruction. »

(Tiré d’un texte publié sur le site du salon du livre anarchiste : «
Déclaration concernant l’appropriation culturelle »)

J’ai porté des « dreadlocks » pendant plusieurs années quand j’étais jeune adulte. Une grosse chance que dans ces années-là le concept d’appropriation culturelle n’était pas encore inventé parce qu’en plus d’être confronté aux préjugés réactionnaires des uns, j’aurais été confronté aux préjugés tolérastes des autres…

Petite réflexion à ce sujet. Si le brassage culturel mondial (l’influence des cultures entre elles) ne peut qu’être moralement effectif quand il s’agit des cultures autres que minoritaires, c’est un bon plan pour une culture mondiale de plus en plus centrée sur l’Occident.

Pensez-y. Si l’Occidental (blanc) ne peut pas s’approprier d’élément des cultures minoritaires parce que l’accusation d’appropriation culturelle l’en empêche, mais que les « minoritaires » le peuvent (c’est le cas – par exemple, l’habillement « à l’occidentale » est de plus en plus populaire partout dans le monde), le poids culturel de l’Occident est accru grâce à cet interdit.

Le fait de porter une coiffure jamaïcaine n’avait jamais été pour moi, et pour les gens ouverts d’esprit, une insulte, bien au contraire. Ça me donnait l’occasion de creuser le sujet et d’en parler. J’étais en quelque sorte un ambassadeur blanc d’une culture noire. Mais qui donc s’approprierait à ce point un élément culturel dans le but de le dénigrer?

Pour moi, l’accusation d’appropriation culturelle, ce n’est de la paranoïa morale. Et le fait qu’elle soit morale fait en sorte qu’elle refuse intrinsèquement de se considérer comme étant guérissable…

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