Guérir de la partisanerie idéologique, c’est possible!

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Après l’avoir fait avec le populisme et l’émotivité, le prochain clou sur lequel je veux taper, c’est sur celui de la partisanerie. Qu’elle soit politique, ou plus particulièrement, idéologique. Parce que la libre pensée le commande, évidemment!

Si s’identifier à un parti ou à une tendance idéologique fait en sorte de passer par-dessus certaines choses ou de défendre certaines autres dans le seul but de défendre leur légitimité au lieu de défendre la recherche du vrai, il s’agit de partisanerie, et elle est nocive.

Nous avons tous des principes, des valeurs et des sujets qui nous tiennent plus à coeur. Pour tomber dans le piège partisan, il suffit de hiérarchiser la valeur de ces principes, valeurs et sujets par rapport à ceux des autres dans une dynamique de confrontation. Alors qu’il est évident que ce qu’elles valent n’a de sens que dans l’idéal et dans la valeur que l’on donne à son propre regard sur les choses. Dans toute société, système de relations – et non de relativismes -, il n’y a de valeur que dans les compromis.

Pour s’éloigner le plus possible de la partisanerie, je dirais qu’il faut analyser, soupeser, mesurer ces principes, valeurs et sujets de prédilection. Tout d’abord, il faut les mesurer à cette notion d’équilibre qui est très bien illustrée avec la phrase suivante : la liberté des uns se termine là où commence celle des autres. Ensuite, toujours en lien avec l’équilibre, il faut les confronter à cette idée que la noblesse de l’idéal d’égalité entre les humains, voire de leur dignité, sera toujours contrainte jusqu’à l’atteinte de cet idéal – inatteignable! – par le contexte social imparfait, chargé d’impondérables; donc qu’il vaut mieux les mesurer dans une optique réaliste pour ne pas tomber dans la partisanerie, qui se nourrit justement du cynisme. Et qui a malheureusement tendance à prendre ses rêves pour des réalités et à faire croire qu’il est possible de les imposer aux autres…

La liste pourrait être longue, mais en gros, ce qu’il y a à en dire, c’est que la partisanerie se guérit avec l’aide du souci de trouver un équilibre entre tous les grands idéaux – qui pointent par essence vers le bien-être, la pérennité et le progrès, quels que soient les moyens proposés pour les atteindre – et le fait de reconnaître l’incapacité de les atteindre rapidement. Aussi, pour y aller plus par la négative, le plus grand remède pour la partisanerie consiste à cesser de spécialiser ses dénonciations selon une logique allant de soi dans le cadre des catégorisations politiques et idéologiques reconnues. Voire même de ne pas essayer d’en inventer de nouvelles… Même si les gens ont tendance à classifier les discours dans ces cases, ce qui peut parfois être décourageant puisqu’elles semblent aimantées par la partisanerie, il faut essayer le plus possible d’en sortir soi-même pour décloisonner la pensée. Je dirais même plus, pour trouver des affinités inédites avec ces personnes qui sont enfermées dans ces cases qui sont par définition incompatibles avec les siennes, dans cette logique de la pensée en clans.

De grâce, il faut y arriver parce que la partisanerie est le cancer de l’évolution intellectuelle. Elle est un frein à la collaboration, à l’ouverture d’esprit et aux préjugés favorables envers les différentes façons de voir les choses, qui sont autant d’outils pour cerner le réel. Surtout, elle est un terreau fertile pour se complaire dans une tendance à la confrontation qui ne sert pas le bien commun, mais bien les lobbyismes idéologiques, politiques, culturels et religieux, les communautarismes de combat comme je pourrais les appeler. Ceux-là qui perpétuent la dynamique du pouvoir étant donné que le but ultime de la partisanerie est d’avoir raison dans sa supériorité autoproclamée et non de donner raison à cette idée désintéressée que la valeur de chaque humain n’est pas négociable pour arriver à ses fins.

Parce que la partisanerie, c’est ce qui veut faire de nous des soldats.

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