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Festival d’été de Québec : la question du français ne se pose pas
Quand il était question de la place du français pendant le 400ième de Québec, je comprenais les critiques quant à la grande place que prenait l’anglais. Au sujet de L’autre St-Jean, je me trouvais dans l’ambivalence, posant plutôt la question à savoir si la fête de la St-Jean-Baptiste devrait être celle du Québec et de son caractère francophone. Mais quand il est question du festival d’été de Québec, là je trouve que ça va trop loin.
C’est comme si on exigeait qu’on impose un quota (moral et/ou légal) sur le nombre de spectacles francophones versus anglophones (et les autres langues) sur le territoire du Québec. Le problème avec ça, c’est tout d’abord qu’il n’est pas question que de langue quand on pointe la musique populaire. Il y a surtout la musique et l’appréciation que les gens en ont. Aussi, les chanteurs et groupes francophones sont en compétition avec le monde entier et ça tombe que le monde entier chante majoritairement dans d’autres langues, et surtout l’anglais.
Il ne faut pas mélanger la situation précaire du français au Québec et les habitudes culturelles de la population. Ce sont deux choses vraiment distinctes.
(Photo : Vanou)
Catégorie(s): culture, français, opinions, Québec · Mots-clés: 400ième, ambivalence, Anglais, anglophones, caractère, chante, chanteurs, Compétition, Critiques, culturelles, distinctes, faut, festival, Fête, français, Francophone, francophones, groupes, habitudes, impose, Langue, langues, légal, mélanger, monde, moral, musique, place, populaire, Population, problème, Québec, question, quota, situation, spectacles, St-Jean, St-Jean-Baptiste, territoire
















A chaque fois que je me dis qu’on a atteint le fond au niveau de la stupidite, je vois un blogueur qui arrive en courant avec sa pelle pour creuser encore plus… Un en particulier, (j’ai même pas envie de dire son nom pour pas lui faire de pub) plus zèlé que les autres, utilise une pelle mecanique….
Oui je sais, je me fais rare….
C’est beau l’image de la pelle mécanique!
Pour ce qui est de la personne en question, pas besoin de me faire un dessin!
« Oui je sais, je me fais rare…. »
Et je comprends tout à fait pourquoi!
Vrai que le Festival d’Été de Québec est passé d’un festival de musique essentiellement francophone (après les succès de la Super Francofête dans les années 70) à un festival des musiques du monde et, finalement, pour devenir un festival avec de grandes ambitions. C’est l’évolution du festival. Et faut pas oublier que Québec n’a pas trente-six festivals. Point. Drôle que les nationalistes n’aient pas crié au loup lorsque les musiques du monde y ont fait leur apparition. On serait porté à croire qu’il y a ici un peu d’inconfort envers ce qui parle ou chante en anglais…
Si j’étais un puriste, je pourrais dire la même chose du festival de jazz. Combien de spectacles y seront présentés cette année encore et qui n’ont rien, absolument rien à voir avec le jazz? Les critiques < cet égard sont plutôt rares. Ou moins bruyantes…
Et j'aime bien l'image de la pelle mécanique…
Bien dit Renart!
Les opposants nationaleux auraient été plus cohérents s’ils avaient proposé que l’État ne finance plus aucun festival.
Cependant, les responsables de Festival d’été récoltent un peu ce qu’ils ont semé. Rappelez-vous de la gué-guerre stupide contre les Francofolies…
http://anarchopragmatisme.wordpress.com/2009/08/11/labeaume-et-le-montreal-bashing/
[...] This post was mentioned on Twitter by Etienne Chabot and Pascal Léveillé, Xavier Jacques Côté. Xavier Jacques Côté said: Tellement bien dit! RT @renartleveille: Festival d’été de Québec : la question du français ne se pose pas http://tinyurl.com/39673um [...]
Lutopium,
« On serait porté à croire qu’il y a ici un peu d’inconfort envers ce qui parle ou chante en anglais… »
c’est tout à fait ça et ça fait très mal paraître les nationalistes (et encore plus les souverainistes modérés). Et ça ne me plaît pas du tout…
David,
s’il y a un lien à faire avec l’État, c’est justement que les subventions donnent des armes aux nationaleux, comme tu les appelles.
J’en conclue à vos propos qu’il faut cesser d,agacer les gens avec la question du français pour être mieux perçu comme québécois, nationaliste ou souverainiste. Message entendu ! Ceci dit, je ne vois vraiment pas alors l’utilité de se définir en tant que tel.
Ceci dit, sur un plan strictement argumentaire, si le plus grand festival culturel de la capitale nationale du Québec décide de centrer sa programmation sur la musique anglophone, ça ne peyt certainement pas être interprété comme une excellente nouvelle pour la culture francophone !
D’autre part, il y a déjà une règlementation à la radio qui impose des quotas de musique en français. Notre industrie cinématographique, musicale, littéraire et dramaturgique survivent et s’épanouissent grâce à l’engagement financier et des quotas, instaurés autant par l’État canadien que québécois. Cela a littéralement fait en sorte qu’il y ait encore une relève francophone musicale au Québec. Dois-je comprendre, Renart, qu’il faille d’après toi rétablir le «libre marché musical» là aussi ? En vérité, il y a un lien direct entre la situation précaire du français et les habitudes culturelles des québécois. La culture québécoise est tributaire de la «discrimination positive» des trente dernières années. Mais ceci n’est pas la fin du monde. Cela veut simplement dire qu’en 2010 chez les francophones du Québec, l’attachement à l’anglais est aussi fort, et parfois même plus fort, que l’attachement au français. Ce n’est pas un crime.
Ceci dit, certains amalgames sont insidieux: il y a aussi des fédéralistes qui sont en désaccord avec l’anglicisation du festival d’été de Québec. En faire une question d’affiliation politique, c’est en venir à dire quoi : que seuls les nationaleux, comme vous les qualifier avec mépris, préfèrent la musique francophone ?
Ceci dit, ces commentaires ci-haut, de gens par ailleurs brillants et que j’apprécie, ne font que me confirmer ce que je crois fondamentalement; que l’idée de nation québécoise est désuète, et que la culture francophone disparaîtra d’ici deux générations, pour la simple raison que la défense et la protection de cette culture et de cette nation n’est plus jugée utile d’une part, et que ceux qui ont traditionnellement défendu le«fort» ne sont plus intéressés, moi le premier, à se faire traiter de nationaleux ou d’empêcheurs de tourner en rond par d’autres francophones.
Je hisse donc le drapeau blanc. «Go with the flow» !
@ paysanurbain
«l’idée de nation québécoise est désuète»
Votre conclusion est pour moi erronée. Les nations fortes, même de petite taille comme la Finlande, survivent très bien au fait que même leurs groupes chantent en anglais.
Je n’ai aucune objection à ce qu’on appuie financièrement nos artistes, tant en raison de l’importance de la culture que de l’aide dont ils ont besoin compte tenu de la petitesse de notre marché. Les quotas sont aussi acceptables (quoique les radios pourraient diversifier les styles présentés plutôt que de mettre en boucle les 10 mêmes tounes plates, mais c’est un autre débat…) dans cette même optique.
Par contre, je revendique le droit de voir des groupes qui ne passent jamais à la radio ! Je suis un fan de Dream Theater et c’est certain que je vais les voir en juillet à Montréal (d’autant plus que j’aime bien aussi le groupe en vedette, Iron Maiden), où ils s’arrêteront avant d’aller à Québec. Même si j’écoute beaucoup de musique en anglais, cela n’a pas contribué un iota à mon anglicisation, ni à celle des personnes que je connais qui écoutent majoritairement de la musique en anglais. La plupart du temps, je ne comprends même pas les paroles (surtout dans le death métal !) !
La protection du français passe bien davantage par les milieux de travail et le système d’éducation. Si la protection du français nous intéresse, il est drôlement plus important de faire des pressions pour colmater la brèche des écoles passerelles et pour accentuer les droits des travailleurs de travailler en français, que de revendiquer la censure des goûts musicaux.
À en croire les critiques, les auditeurs de la radio-poubelle n’ont pas apprécié la pelle mécanique…
http://lesanalystes.wordpress.com/2010/05/07/festival-dete-et-chiqueux-de-guenilles/
Paysan urbain,
« J’en conclue à vos propos qu’il faut cesser d,agacer les gens avec la question du français pour être mieux perçu comme québécois, nationaliste ou souverainiste. »
je trouve toujours dommage quand on essaye de me faire dire ce que je n’ai pas dit… En toute bonne foi il fallait lire mon propos dans le sens que cette bataille n’est pas la bonne, un peu comme l’explique Darwin à la fin de son commentaire.
« si le plus grand festival culturel de la capitale nationale du Québec décide de centrer sa programmation sur la musique anglophone, ça ne peyt certainement pas être interprété comme une excellente nouvelle pour la culture francophone ! »
Ce n’est pas comme s’il n’y avait pas de musique francophone à ce festival! Alors, on repassera « sur un plan strictement argumentaire »…
Pour ce qui est des quotas, je ne suis pas contre les quotas à la radio. Pourquoi sous-entendre que je serais contre ça parce que je suis contre des quotas « sur le nombre de spectacles francophones versus anglophones (et les autres langues) sur le territoire du Québec »? C’est assez fallacieux comme argument. Pour dire vrai, je trouve que l’idée de quota a ses limites et qu’elle devrait s’arrêter à la radio (et la télé?).
J’aimerais donner l’exemple de mon travail pour illustrer ma pensée. Je suis DJ dans un bar. Je dois passer au maximum 4 à 5 pièces musicales de langue française dans ma soirée (et surtout de France en plus). J’attends juste le moment où des nationalistes extrémistes vont venir manifester devant le bar pour cette raison…
Je n’ai rien contre la musique francophone (même que j’en aime beaucoup). Malheureusement, musicalement, il n’y a pas grand-chose en français qui corresponde aux styles que je joue. À part quelques exceptions, je trouve que les musiciens québécois francophones sont pris avec le syndrome musique-de-feu-de-camp…
Moi-même je fais de la musique (mon blogue a pas mal freiné ma créativité de ce côté…). Et en français en plus. Tu comprendras que je n’ai absolument rien contre la musique francophone. Par contre, je ne voudrais jamais enfoncer mes chansons (et celles des gens qui décident de chanter dans ma langue) dans les oreilles des gens contre leur gré (tout cela en acquiesçant aux bienfaits des quotas radios — même si la qualité de ce qui est choisi me semble ne pas beaucoup aider à donner une autre image de la musique québécoise que celle de musique-de-feu-de-camp).
Ça me fait un peu penser au débat de la musique du Centre Bell :
http://www.renartleveille.com/musique-franco-pendant-le-hockey-tres-mauvaise-cible-mon-cher-brule
Lutopium,
oh! noooooooon! On va se faire traiter de droitistes!!!
Représentativité des origines des artistes invités au Festival d’été de Québec 2010:
Canada: 30 (dont Quebec: 21)
USA: 17
France: 8
Grande-Bretagne: 7
Australie: 4
Congo: 2
Algerie: 1
Allemagne: 1
Bénin: 1
Catalogne: 1
Colombie: 1
Espagne: 1
Ethiopie: 1
Finlande: 1
Haîti: 1
Jamaîque: 1
Japon : 1
Mali: 1
Serbie: 1
Touva: 1
Canada
Bedouin Soundclash
BILLY TALENT
Delhi 2 Dublin
Great Lake Swimmers
Jill Barber
Matt Andersen
Radio Radio
RUSH
Think About Life
Quebec
Bobby Bazini
Colin Moore
Damien Robitaille
Elisapie Isaac
Gilles Vigneault
Jah & I
Kid Koala
Le Matos
Le plus beau RYTHME du Québec
Les Chansons d’Abord
Loco Locass
Maxime Landry
Papagroove
Romulo Larrea
Sam Shalabi
Soirée Hip Hop Québec
Steve Hill
Sylvain Cossette
The Arcade Fire
Yann Perreau
Yoel Diaz
USA
Allen Toussaint
Andrew Bird
Chicha Libre
Dream Theater
Fool’s Gold
Frank Vignola Quintet
Ozomatli
Passion Pit
Phantogram
Santana
Steve Winwood
Sweet Hollywaiians
The Black Eyed Peas
The Budos Band
Trevor Hall
Trombone Shorty & Orleans Avenue
William Fitzsimmons
France
Caravan Palace
Enrico Macias et l`Orchestre Arabo-Andalou
Ethiopiques
Hindi Zahra
Madjo
Pierpoljak
Sanseverino
Les Chansons d’Abord
Grande-Bretagne
Charlie Winston
Iron Maiden
James Hunter
Renaissance
Roger Hodgson de Supertramp
Steve Hackett
The Heavy
Australie
Geoffrey Gurrumul Yunupingu
John Butler Trio
Oka
The Cat Empire
Congo
Konono n°1
Algerie
Enrico Macias et l`Orchestre Arabo-Andalou
Allemagne
Rammstein
Bénin
Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou
Catalogne
La Pegatina
Colombie
LA – 33
Espagne
Xarxa Theatre
Ethiopie
Ethiopiques
Finlande
Apocalyptica
Haîti
Orchestre Septentrional
Jamaîque
Jimmy Cliff
Japon
Sweet Hollywaiians
Mali
Bassekou Kouyate & Ngoni Ba
Serbie
Emir Kusturica & The No Smoking Orchestra
Touva
Yat-Kha
Artistes invités qui se produiront sur la plus grande scène du festival, celle des Plaines d’Abraham.
Canada (2)
BILLY TALENT
RUSH
Quebec (7)
Colin Moore
Gilles Vigneault
Les Chansons d’Abord
Loco Locass
Steve Hill
Sylvain Cossette
The Arcade Fire
USA (4)
Dream Theater
Santana
Steve Winwood
The Black Eyed Peas
France (1)
Les Chansons d’Abord
Grande-Bretagne (2)
Iron Maiden
Roger Hodgson de Supertramp
Allemagne (1)
Rammstein
Finlande (1)
Apocalyptica
« À part quelques exceptions, je trouve que les musiciens québécois francophones sont pris avec le syndrome musique-de-feu-de-camp… » C’est la formulation que je cherchais! Excellent!
S’il faut que les festivals financés par l’État aient un quota de contenus québécois francophones, on fait quoi avec le Festival de Jazz? On peut pas dire qu’il mette de l’avant la culture québécoise. Et Just For Laughs?
Se replier sur sa culture, c’est ça s’ouvrir sur le monde?
Y’en a qui ont trop de temps pour réfléchir.
Toutes les subventions que reçoit le Festival sont orientées vers le succès économique de l’événement. On repassera pour la mission « Défibrillateur de la langue française » qui incombe aux organisateurs. Tourisme et rentabilité sont les mots clés. Mission accomplie pour Daniel Gélinas.
Lisez ce texte…
Pas un sou en subvention de la Culture
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/dossiers/festival-dete/201005/06/01-4277996-pas-un-sou-en-subvention-de-la-culture.php
Si on ne veut pas de la musique de feu de camp, il suffit d’inviter mononc serge ou de ces nombreux excellents groupes punk-rock-metal-rap du Québec.
Festival d’été de Québec : c’est un peu la vitrine de la ville sur le monde et donc pour cela je suis d’accord avec ceux qui défendent le quota de français à ce festival et ceux qui disent qu’au pire, si ile ne veulent plus mettre de français, d’accord, mais les subventions de la francophonie on s’assoit dessus.
De toute façon, ceci est une guerre de symboles contre une économie touristique (me faite par rire avec la morale en arrière de la programmation, aucun rapport avec l’ouverture au monde, c’est la piasse qui est visée et rien d’autre. L’ouverture au monde, ce n’est pas avec Iron Maiden ou Rammstein qu’on l’a fait ! Argument fallacieux de premier ordre des défenseurs du programme du festival de Québec.). Donc voila où nous en sommes : une guerre entre les partisants de l’image que l’on projette (symboliquement) contre une action bassement financière et commerciale : on sait déjà qui va gagner.
Par pitié, ne me parlez pas de culture dans cette affaire !
Jonathan,
en gros, je pense qu’il faut choisir ses batailles…
Jacques Sabourin,
« On repassera pour la mission « Défibrillateur de la langue française » qui incombe aux organisateurs. »
il y en a une? Ça me surprend.
Reblochon,
« Si on ne veut pas de la musique de feu de camp, il suffit d’inviter mononc serge ou de ces nombreux excellents groupes punk-rock-metal-rap du Québec. »
c’est un cercle vicieux, il faut que ça soit vendeur, et l’argent n’est pas du côté des groupes qui ne font pas de la musique de feu de camp. Mais je crois que ma dénomination musique-de-feu-de-camp ne doit pas être prise tant que ça à la lettre. Ça englobe tout ce qui est « confortable »…
Pour ce qui est du « français à ce festival », ce n’est pas comme s’il n’y en avait pas non plus. Mais je me demande, ça serait quoi un quota acceptable?
Ah mes vous, vous là!
Vous m’avez fait sortir de mon mutisme, vous m’avez inspiré alors voici:
Les aventure de Louis McFly!!
http://lestraces.blogspot.com/2010/05/les-aventures-de-louis-mcflyprefontaine.html
[...] un meilleur niveau de rémunération ». En regard de cela, la montée aux barricades en lien avec le Festival d’été de Québec qui ne ferait pas assez de place aux artistes de langue française m’apparaît assez futile. [...]
« Si on ne veut pas de la musique de feu de camp, il suffit d’inviter mononc serge ou de ces nombreux excellents groupes punk-rock-metal-rap du Québec. »
Malgré le fait que j’aime bien Mononc Serge, Il ne réussi pas à remplir le vieux clocher de Sherbrooke. Alors on imagine ce que ca donnerait sur les plaines, mème si il joue sa propre version de 2min to Midnight de Iron Maiden en francais.
Pour ce qui est des nombreux (ah oui?) punk-rock-metal du Québec: C’est difficile de les booker car durant la semaine, ils travaillent pour payer leur loyer et les week ends ils pratiquent dans leur local de l’ancienne brasserie Molson, faute de contrat. Bien entendu, tous ces groupes chantent surement en anglais dans l’espoir de percer le marché internationale car ce marché est boudé ou pratiquement inexistant au Québec… qu’il soit en anglais ou en francais. Parlez en à Voivod.