En attendant le rapport Bouchard-Taylor

Dans le livre « La philosophie pour les nuls », il y a un encadré assez intéressant. Il porte le titre de « La politique de la reconnaissance ».

Le Canadien Charles Taylor est le principal théoricien de cette « politique de la reconnaissance », qui est au coeur de la conception et de la pratique du communautarisme.

D’après cette théorie, les différences culturelles représentent une expression essentielle de la dignité humaine. Lorsqu’un État, au nom de l’unité de la nation ou de la république (comme en France) entrave ou interdit la liberté des croyances et des coutumes traditionnelles, il commet une injustice majeure. La reconnaissance des différences culturelles est, aux yeux des communitariens, aussi importante que l’égalité des droits économiques et sociaux.

Cela nous donne un minime aperçu de ce que seront les recommandations des commissaires Bouchard et Taylor à la suite de la commission du même nom…

Et pour rester encore dans le sujet du livre, il contient un passage sur nous!

Internet, à la fois vecteur et signe d’une mondialisation qui ne fait que naître, donne à la philosophie une existence publique qu’elle n’avait jamais eue auparavant. Des milliers de bloggers (sic) anonymes lancent des idées dans cet océan de signes, se réunissent en forums de discussions, échangent leurs arguments. Jamais dans toute l’histoire passée on n’aura autant philosophé qu’aujourd’hui.

Ce contenu a été publié dans blogosphère, culture, philosophie, politique, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , , , , , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à En attendant le rapport Bouchard-Taylor

  1. Le bonhomme laissait déjà transparaître tout cela, il me semble.

  2. Oui, assez, j’en conviens, mais je trouvais le texte plus concis que mon impression. Et j’aime surtout le partage.

  3. Abdul-Rahim dit :

    J’espère que l’idée du communautairisme sera accepté par le peuple québécoise et sera reçu plus chaleureusement que la Commission.

  4. MFL dit :

    Les nouveaux médias ont ceci de positif c’est qu’ils permettent une démocratisation de la culture ainsi que des idées. (Ensuite, il suffit de développer son sens critique, utile à départager les infos pertinentes de ceux qui ne le sont pas! (ce qui peut être problématique pour pas mal de monde! 🙁 ))

    C’est tout de même ironique cette démocratisation de l’information et des idées qui se trace un chemin parallèle et autonome dans une société dominée par les médias de type « homocentrique » ou convergents…

  5. folly dit :

    Avoir choisi ces deux hommes relèvent de choix politiques et idéologiques. Bouchard est sociologue et historien et si vous avez le temps, lisez un de ses textes :http://www.vigile.net/spip.php?page=archives&u=http://archives.vigile.net/auteurs/b/bouchardg.html

    Il répond à Jacques Beauchemin sur l’identité québécoise.

    Il est souvent dans la même lignée de Taylor. Alors pourquoi une commission si nous connaissions déjà les paradigmes théoriques des chercheurs. J’ose espérer que le rapport laissera de la place aux nombreux mémoires dans ses recommandations… L’approche communautaire vs libéral, il y a des différences.

  6. Arnold S. dit :

    Salut Renart,

    Il faut faire attention au choix des mots ici…

    Le « communitarianism » des philosophes anglo-saxons et le « communautarisme » des français sont deux bêtes différentes.

    Dans le petit monde philosophique et politique français, le terme « communautarisme » a une connotation péjorative et négative. Le communautarisme est vu là-bas (pour simplifier) comme un instrument anti-républicain et d’oppression ethno-centrique.

    Le « communitarianism » de Taylor est plutôt orienté vers une critique de l’individualisme exagéré des théories philosophiques libérales classiques et modernes.

    L’auteur de la « Philosophie pour les nuls », Christian Godin, ne semble pas faire les nuances nécessaires et nous indique bien son biais philosophique.

    Règle générale, si quelqu’un veut comprendre un élément de la philosophie anglo-saxonne, il ne faut surtout pas utiliser l’interprétation d’un philosophe français….toujours biaisée, dans un sens ou dans l’autre.

    Enfin, Taylor ne s’est jamais identifié comme « communautariste ». Il doit bien savoir qui il est, non?

  7. Alain B. dit :

    Arnold S relève un point important qui fait souvent confusion chez nous.

    Les termes et concepts utilisés dans le vocabulaire politico-philosophique ont souvent des connotations très différentes dans l’univers anglo-saxon et le franco-européen.

    Même de simples termes comme « droite », « gauche », « conservateur », « libéral »… et surtout « néo-libéral »… sont souvent conçus de bien différente façon selon qu’on se place d’un point de vue franco-européen ou anglo-américain.

    Je suis souvent sidéré de constater à quel point cette confusion est source de malentendus et conflits dans les discussions sur le sujet qui ont lieu dans la sphère francophone d’Amérique.

  8. @Alain B :

    « Alors pourquoi une commission si nous connaissions déjà les paradigmes théoriques des chercheurs. »

    Depuis le début, la réponse me semble claire : pour calmer la population en leur permettant de s’exprimer. C’est un exutoire pour laisser sortir la ‘steam’.

  9. Doh ! Mon erreur, je m’adressais à folly !

  10. Mía dit :

    bah… Les extraits de la commission Mouchard-Failure présentés dans les médias étaient peu représentatifs de ce qu’a véritablement été cette commission: un ennui total. De plus, la majorité des arguments haineux ont été alimentés eux aussi par des constructions médiatiques comme la polémique du YMCA par exemple! C’est à croire que la presse Québécoise est tellement en manque de « scoop » qu’elle se plait à inventer des débats de société! Bravo la philosophie! À mon avis ce débat là ne vole pas haut du tout!
    Mía

  11. Abdul-Rahim,

    j’espère que le résultat de cette commission reflétera en partie, du moins, les préoccupations des citoyens et non seulement des théories philosophiques coulées dans le béton…

    MFL,

    c’est surtout tout le sens critique qui est à développer… mais la pression sociétale demande un contrepoids, une soupape. Et cette soupape semble insidieusement uniformisante.

    Folly,

    même chose que pour Abdul-Rahim!

    Arnold S.,

    Oui, je sais, mais j’ai seulement fait une citation correcte. Le lien vers le terme « communautarisme » dénotait de ses multiples sens, et dans l’article de Wikipédia sur Charles Taylor il en est fait état. J’avoue que j’aurais pu omettre d’inclure cette partie.

    Alain B,

    certains penseurs sont déjà arrivés à la conclusion que les différentes langues étaient intraduisibles entre elles, c’est pas peu dire!

    Matthieu Gagné,

    eh! oui, entre autres (par espoir l’entre autres), une belle thérapie collective!

    Mia,

    en espérant que les résultats de cette commission ne tomberont pas à plat comme le torchon de Castonguay…

  12. Alain B. dit :

    « certains penseurs sont déjà arrivés à la conclusion que les différentes langues étaient intraduisibles entre elles, c’est pas peu dire! »

    Hmmm… So that’s why i’m so confused tout le temps.

  13. Davidg dit :

    @Mìa

    La commission Mouchard-Failure! Elle est bien bonne celle-là! Bravo!

    Et effectivement, le cas du YWCA était une construction médiatique qui n’a rien à voir avec les accomodements déraisonnables!

  14. Michel Hébert (en réponse à la question d’élaborer plus le communautarisme de Charles Taylor),

    comme vous pouvez le voir avec les commentaires plus haut, le communautarisme est un terme au concept sujet à interprétation.

    Dans le cas de Charles Taylor, on le joint (même si lui-même le conteste) au communautarisme (celui du monde anglo-saxon, qui a une connotation positive, contraire à celui de France, qui, « pour qualifier l’attitude ou, plus généralement, le mode de vie d’une communauté minoritaire devant lesquels les idéaux républicains, égalitaires et laïcs devraient s’effacer au nom d’un droit à la différence revendiqué par ces mêmes minorités. »).

    Voilà une bonne définition tirée du site Conflits, en fait un résumé d’un article d’Ayse Ceyhan, « Le communautarisme et la question de la reconnaissance » :

    « Contre les excès de l’individualisme libéral et l’incapacité des politiques sociales de résoudre les problèmes, les communautariens proposent de reconstruire le modèle social sur le lien intercommunautaire. Critiquant le modèle libéral/universaliste de dénier toute diversité au profit de l’individu prétendument neutre mais qui ne représente en fait que les préoccupations d’un homme blanc et hétérosexuel, ils proposent un modèle de la reconnaissance centré sur la « reconnaissance de la valeur égale » de chaque culture. Mais face à la question multiculturelle, leur attitude n’est pas dépourvue ambiguïtés, ce qui entraîne des risques de discrimination, d’affrontement et de violence. »

  15. Je vois, enfin je crois, merci.

  16. De rien! Au plaisir!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *