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Des élections aux 4 ans, c’est trop long!
Je vous parlais dans mon dernier billet de mon désabusement par rapport à la politique, mais ça ne m’empêche pas de lire à temps perdu une excellente brique philosophique de Jean-Marc Piotte (publiée chez Fides) : Les grands penseurs du monde occidental — L’éthique et la politique de Platon à nos jours.
J’en suis à la section consacrée à Bentham (1748-1832) et le passage suivant m’a beaucoup parlé, comme s’il fallait que j’en sois rendu là, aujourd’hui (à défaut de croire au destin, je constate qu’il y a des hasards heureux!) :
Le gouvernement va poursuivre l’intérêt public si son élection et sa réélection reposent sur le suffrage public et secret. Plus fréquentes sont les élections, plus le contrôle populaire est fort : Bentham préconise des élections annuelles. Enfin, la population ne peut véritablement exercer son pouvoir électoral que dans la mesure où elle est bien informée; la liberté d’expression et de presse est donc requise.
J’aurais pu arrêter ma citation aux « élections annuelles », mais je trouvais qu’il était bon de souligner l’importance de la libre circulation de l’information et de l’opinion dans le processus démocratique. Mais ce que je veux surtout pointer en ce moment, c’est le temps beaucoup trop grand alloué entre chaque élection. Des élections chaque année, ça serait un peu excessif, mais je verrais d’un très bon oeil qu’on coupe la pire en deux (à deux ans).
Dans le contexte actuel, nous serions tout près de pouvoir expulser ce gouvernement qui ne fait que nous narguer avec l’immunité de sa mandature (d’encore environ trois ans). Parce que si elle n’était que de deux ans au total, gageons que cela changerait de beaucoup la dynamique de gouvernance. Pour employer l’image la plus familière possible : le gouvernement marcherait les fesses pas mal plus serrées!
J’entends déjà les gens rétorquer que c’est cher des élections, mais je me demande si justement un mandat plus court ne ferait pas en sorte de pousser les gouvernements vers plus de prudence à tous les niveaux, ce qui ferait en sorte d’économiser au bout du compte. Et puis, je ne peux pas croire qu’il n’y aurait pas moyen d’utiliser la technologie pour amoindrir les coûts des élections et surtout en faciliter la participation.
Commentaire inutile à m’envoyer (clin d’oeil à La Clique du Plateau) : À bas l’État!
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Personnellement, je perçois un tas de réformes qui auraient des impacts encore plus importants et qui éviteraient que les partis soient constamment en campagne électorale comme aux USA, d’autant plus que de vraies réformes prennent 3-4 ans à s’implanter comme en santé et en éducation. Les changements suivants me semblent plus faciles et significatifs tels: des élections à date fixe, une carte électorale mieux équilibrée mais sans augmenter le nombre d’élus, l’obligation pour le PM de passer par un processus rigoureux de sélection pour la nomination des présidents de société d’état, la création d’agences d’état pour gérer les milliards en santé, en éducation, en travaux public (ce qui permettrait aux ministres de se concentrer sur le législatif et d’éviter d’exposer leur incompétence pour la gestion opérationnelle)…
Hummmm..Bentham n’est pas idiot mais est-ce que ça vous intéresse d’être perpétuellement en campagne électorale?
Je trouve qu’il s’agit d’une solution qui n’est pas viable dans le contexte médiocratique pseudo-représentatif actuel.
Une moins pire idée, à mon humble avis, serait d’interdire le retour de tout député ayant fait partie de la députation d’un parti ministériel pendant au moins 4 ans, sauf pour remplacer le chef de parti. En d’autres termes, aucun député au pouvoir sortant ne pourrait se présenter à nouveau, sauf s’il devient un nouveau chef de parti.
Mais l’idée de lancer un débat là-dessus est pertinent.
« Plus fréquentes sont les élections, plus le contrôle populaire est fort »
J’aime mieux: « Moins présent est l’État, plus les individus sont libres ». Mais Bentham n’était pas idiot.
Le problème est qu’il n’y a pas de changement, peu importe le parti. Sans compter les coûts énormes pour le peu d’avantages espérés.
Non, c’est la démocratie qui ne fonctionne pas.
Une réforme du mode de scrutin (proportionnelle) et une démocratie participative (une rencontre du député avec ses citoyens aux 6 mois) me conviendraient. Ça serait un bon départ.
On pourrait commencer par sortir dans la rue… Demain s’annonce comme une belle journée pour une manif… 13 heures au métro Lionel-Groulx.
Le seul problème avec des élections aux deux ans est que ça favorise l’électoralisme. Les élus se doivent de séduire en permanence l’électorat et ne peuvent jamais entreprendre de projet de loi réformateur par manque de temps et par peur de déplaire à une partie de leurs commettants.
Les réformes ne règlent pas la question problématique fondamentale : le capitalisme.
Faites autant de réformes, des gestions et d’amélioration que vous voudrez : tant que c’est capitaliste, vous allez échouer.
Je suis entièrement d’accord avec Jimmy St-Gelais. Ça ne ferait qu’encourager l’électoralisme, et surtout les gouvernements qui n’ont pas de courage politique. Les élections aux deux ans, non merci. Le problème n’est pas dans la longueur des mandats, mais dans l’ignorance et l’immaturité des électeurs, attitudes générées par une éducation déficiente, et par une perspective historique et politique inexistante.
J’ appui les propros de Vincent Sremed et l’Agitateur.
Les élections servent uniquement à justifier ce qui ne se justifie pas et légétimer ce qui est illégitime. Les gens conssentent à se faire gouverner par l’entremise d’un bout de papier.
Si les élections changeraient quoi que ce soit, elles seraient interdites.
Je préfère le refus et la lutte.
J’appuie plutôt Lutopium, Jimmy et paysan. Un des plus gros gros problèmes de notre société, tant du côté des entreprises que des gouvernements, est la phobie du court terme et la remise aux calandes grecques des questions de long terme. Des élections plus fréquentes ne pourraient qu’accentuer cette tendance. Et, plus que jamais, ce sont les problèmes de long terme qui gagnent en importance…
Entre les élections, rien de mieux que l’action citoyenne, qui donne souvent de bons résultats !
J’ai fait un sondage sur Twitter par rapport à des élections aux deux ans et voilà les quelques réponses que j’ai eues :
@ManuMayer Un systeme de « Renvoi » du gouvernement dans le cas ou une majorité de la population veux son départ, serait plus intelligent
@Houssein aucun gouvernement ne serait en mesure d’implanter sa politique en seulement 2 ans !
@ManuMayer Couterait trop cher aux contribuables. Moin de gens voteraient aux elections.
@Houssein non, trop court. par contre l’idée d’élections de mi-mandats comme aux US serait un bon compromis.
@Reda_ non. pas assez de temps pour gouverner ni imposer ses politiques ou réformes.
@jeromelussier mauvaise idée à mon avis: une recette pour des campagnes permanentes et des politiques électoralistes irresponsables…
@noisettesociale Seulement si le gouvernement en place est incompétent… mais j’instaurerais une proportionnelle avant…
Je reviendrai plus tard éparpiller quelques grains de sel…
Trois autres que j’avais oublié d’ajouter :
@Gradlon Si c’est nécessaire pour avoir des gouvernements intègres et efficaces, oui. Autrement, non.
@philippedubeau Nombreux paliers de gouvernement + parlements minoritaires = 8 élections en 7 ans. Oui je suis prêt à seulement 1 aux 2 ans.
@UnJoyeuxLuron non, c’est trop court. 4 ans a dates fixes.
Quelque chose que j’aurais dû écrire dans mon billet, c’est qu’une des plus importantes justifications à cette idée d’élection aux 2 ans est que la société bouge beaucoup plus vite que naguère. Je ne crois pas que le résultat d’une élection puisse être représentatif pendant aussi longtemps aujourd’hui. Voilà!
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David Gendron,
« est-ce que ça vous intéresse d’être perpétuellement en campagne électorale? »
quand même, ça ne dure pas 2 ans une campagne!
« En d’autres termes, aucun député au pouvoir sortant ne pourrait se présenter à nouveau, sauf s’il devient un nouveau chef de parti. »
En théorie c’est bien beau, mais en pratique, ça me semblerait mettre des bâtons dans les roues du peu de gens intéressés à s’impliquer dans la politique active.
Vincent,
« Non, c’est la démocratie qui ne fonctionne pas. »
Bien d’accord. Et c’est pour ça que je me suis dit qu’une mandature de 2 ans pourrait dynamiser la chose (cela dit en impliquant la technologie pour faciliter et réduire les coûts des élections).
Lutopium,
« Une réforme du mode de scrutin (proportionnelle) et une démocratie participative (une rencontre du député avec ses citoyens aux 6 mois) me conviendraient. Ça serait un bon départ. »
Méchant bon départ!
Jimmy,
« Les élus se doivent de séduire en permanence l’électorat et ne peut jamais entreprendre de projet de loi réformateur par manque de temps et par peur de déplaire à une partie de leurs commettants. »
pour ce qui est du manque de temps, le gouvernement actuel nous prouve qu’il y en a même trop pour faire suer la population!
Sans blague, je me demande si justement ce n’est pas contre nature qu’un gouvernement soit « réformateur » dans un sens impopulaire, étant donné qu’il devrait avoir l’assentiment d’une grande partie de la population de par sa victoire électorale. Le gouvernement actuel nous donne une bonne preuve d’un despotisme qui vient avec cette mandature de 4 ans.
Paysanurbain,
« Le problème n’est pas dans la longueur des mandats, mais dans l’ignorance et l’immaturité des électeurs, attitudes générées par une éducation déficiente, et par une perspective historique et politique inexistante. »
sauf que ce n’est surtout pas le statu quo qui va aider à ce problème…
Darwin,
« Un des plus gros gros problèmes de notre société, tant du côté des entreprises que des gouvernements, est la phobie du court terme et la remise aux calandes grecques des questions de long terme. »
le problème que je vois dans cette affirmation (dans l’optique où elle sert d’argument contre des mandats la moitié moins longs) c’est qu’elle induit que les « questions de long terme » demandent beaucoup de temps pour y penser et y travailler, comme par une sorte de mimétisme. Je ne crois pas. Il n’est donc pas question de quantité (de travail), mais bien de qualité (que le gouvernement fasse bien son travail).
ManuMayer,
« Un systeme de « Renvoi » du gouvernement dans le cas ou une majorité de la population veux son départ, serait plus intelligent »
c’est une bonne idée, mais il faudrait autant de courage politique pour l’instaurer. Et puis, comment savoir si « une majorité de la population veux son départ » autrement que par un petit tour aux urnes? Oui, nous pouvons pas mal le savoir par les sondages, mais ça manque de légitimité.
« Couterait trop cher aux contribuables. Moin de gens voteraient aux elections. »
Lire mon billet où je donne mon opinion là-dessus.
Houssein, Reda_ et jeromelussier,
« aucun gouvernement ne serait en mesure d’implanter sa politique en seulement 2 ans ! »
je ne crois pas que la politique d’un gouvernement devrait se voir comme un tout immuable. Et de toute façon, si le travail du gouvernement est acceptable pour les électeurs, ils vont de toute façon le réélire.
Et là c’est sûr qu’on tombe sur ce qu’apporte Jérôme Lussier, soit que c’est « une recette pour des campagnes permanentes et des politiques électoralistes irresponsables… »
Je crois que ça serait une pratique que se raccourcirait dans le temps. Et même que je pense que ce petit tour de passe-passe marcherait moins avec des élections aux deux ans, puisque les gens pourraient mieux exercer leur mémoire. Se souvenir des mauvais coups d’un gouvernement en dedans de 2 ans est plus aisé…
Philippedubeau,
« Nombreux paliers de gouvernement + parlements minoritaires = 8 élections en 7 ans. Oui je suis prêt à seulement 1 aux 2 ans. »
le calcul me semble un peu ardu, mais le message est le bon (en tout cas à mon goût!).
Je reviens avec une petite précision sur mon commentaire précédent.
J’ai négligé un aspect, qui m’habitait sans que j’en aies trop conscience.
Je me méfie beaucoup du populisme et de l’incapacité des masses à s’ouvrir au changement.
À mon sens, c’est dommage à dire, mais ce n’est pas parce que le gouvernement actuel est incompétent qu’un autre le serait, et ce n’est pas parce qu’un gouvernement est incompétent que le peuple l’est nécessairement moins que lui.
Nous avons besoin de leadership réformateur. Le syndrome du «pas dans ma cour», et la résistance conservatrice de la majorité silencieuse sont loin d’être facteurs de progrès. Nous avons besoin d’un équilibre, et cet équilibre passe nécessairement par une réforme électorale, mais aussi par l’émergence d’une classe politique plus intègre et innovante. Renoncer à une classe politique intègre et innovante, c’est oublier que le Québec n’a pas connu que des gouvernements Charest et Duplessis. Nous avons eu aussi de très bons gouvernements dans le passé, composés de politiciens moins affairistes, et plus instruits. C’est cela aussi dont nous avons besoin.
Non aux élections si rapprochées.
Oui à la possibilité de mettre à la porte sur le champ tout politicien qui se fait poigner à nous crosser.
@renart
Je me suis trompé, c’est 10 en 7 ans. Voilà:
14 avril 2003: Québec
16 novembre 2003: scolaires
28 juin 2004: Fédérale
6 novembre 2005: municipales
23 janvier 2006: Fédérale
26 mars 2007: Québec
4 novembre 2007: scolaires
14 octobre 2008: Fédérale
8 décembre 2008: Québec
1er novembre 2009: municipales