Ça n’a rien à voir avec l’Islam?

islam isis daesh

Un peu plus tôt ce matin, il était question à la radio de Radio-Canada de la sortie d’un documentaire sur le djihadisme, qui met en scène l’expérience d’un journaliste français musulman qui a infiltré une cellule de Daesh. À l’émission « Gravel le matin », animée par celui-là même qui, avant de prendre la barre de cette émission, dirigeait l’émission « Enquête », qui avait diffusé, on se souvient, un reportage « prouvant » l’inexistence de l’islamisme radical au Québec… Ce qui était dit à propos de ce reportage sur le djihadisme, c’est que le journaliste n’a pas trouvé d’Islam, rien que de la naïveté et un penchant pour le suicide. Même à plusieurs reprises : pas d’Islam, pas d’Islam, pas d’Islam…

Comme à toutes les fois que j’ai lu ou entendu que dans le fond les jeunes qui se joignent à Daesh ne sont que des paumés à tendance suicidaire, et que ça n’a rien à voir avec l’islam-isme, je me suis dit que ces jeunes, de toute façon, ne sont que des outils. Comme des robots. Ou même des drones. Et que ce fait ne nie aucunement que les têtes pensantes de l’hydre djihadiste désirent de toutes leurs forces le règne d’Allah sur toute la Terre.

Le parallèle avec les drones est intéressant. Qui pourrait nier les dégâts qu’ils font? Qui ne voit pas dans ces drones l’idéologie guerrière de ceux qui les manipulent? Pourtant, quand il s’agit du djihadisme, on suranalyse la psychologie de cette chair à canon qu’utilise Daesh pour relativiser l’islam-isme, question de ne surtout pas faire d’amalgame.

(Petite parenthèse à propos de l’« amalgame » : pointer directement ou indirectement l’amalgame ne devrait servir qu’à éduquer ceux qui ont tellement un déficit d’esprit d’analyse qu’ils voient des terroristes dans tous les Arabes/musulmans, mais vous remarquerez que ça ne sert en fin de compte qu’à culpabiliser, avec l’aide de l’accusation d’islamophobie, ceux qui ont assez d’esprit d’analyse pour ne pas faire d’amalgame…)

Donc, revenons à la radio : pas d’Islam, pas d’Islam, pas d’Islam… Après avoir répété ça en boucle, on donne un exemple, censé illustrer la naïveté de ces jeunes paumés. Le journaliste français musulman se fait offrir par un jeune homme suicidaire, aucunement religieux d’après ce qu’on a pu comprendre, d’aller se faire sauter quelque part. Comme argument, oh! surprise! il lui fait miroiter que des vierges l’attendent au paradis.

Attendez… les fantômettes qui ne se peuvent plus d’attendre de se faire dévierger sauvagement par des inconnus barbus au paradis, ça n’a rien à voir avec l’Islam?

Publié dans opinions, religion, société | Marqué avec , , , , | Laisser un commentaire

Islamisme Canada

Canada islamisme

Publié dans Canada, opinions, politique, société | Marqué avec , , , , | Laisser un commentaire

Guy Nantel – La bien-pensance pour les nuls

guy nantel trudeau joly

La bien-pensance est une maladie intellectuelle difficile à définir. Mais il y a, dans la controverse de la semaine dernière mettant en vedette l’humoriste Guy Nantel, un point d’ancrage pour y arriver. La question de base qui se posait était celle-ci : est-ce qu’un humoriste de la trempe de Guy Nantel peut rire, ironiser, faire du sarcasme à propos de cette manie qu’a Justin Trudeau de théâtraliser ses rapports officiels avec les communautés culturelles/religieuses en se déguisant ostensiblement lors des événements auxquels il est convié?

Si on se fie aux réactions hautement négatives que tout cela a suscitées, non. Pourquoi? Parce que, selon la lecture qu’en font ces bien-pensants, sa position privilégiée devrait lui imposer un sens aiguisé de la responsabilité, étant donné qu’il ne peut pas ne pas connaître l’existence de cette minorité d’idiots qui salopent, de leurs commentaires sans conteste racistes et xénophobes, tout espace public virtuel populaire, quand le sujet a un lien, pour aller au plus simple, avec l’immigration. Selon cette vision paranoïaque, son commentaire, « Bon ben, on est rendu là ça a l’air. », ne pouvait pas simplement être un point de vue légitime à propos de la politique-spectacle, mais une bombe lancée dans le « vivre ensemble »… Et il faut noter que ces bien-pensants souffrent du même problème que la minorité d’idiots, soit de surréagir, mais dans leur cas dans un sens inverse (ce qui n’est pas nécessairement mieux…), quand un sujet est lié, de près ou de loin, à l’immigration.

Critique ou censure?

Devant cette charge culpabilisante, il allait de soi qu’on crierait à la censure et qu’on dénoncerait cette situation comme étant un non-respect de la liberté d’expression de Guy Nantel, comme c’est souvent le cas lorsque des humoristes sont pris dans des controverses du même genre. Et c’est ici que la bien-pensance s’exprime le plus clairement, en répondant naïvement qu’il ne s’agit que de critique et non de censure. Au premier degré, il est vrai qu’il ne s’agit pas de censure à proprement parler. Les mots de Guy Nantel sont toujours disponibles. Mais il s’agit d’une censure insidieuse que le système de pensée bien-pensant instaure, en aval, dans le sens des conséquences qui viennent avec sa « critique ».

Donc, le problème avec la posture bien-pensante, c’est qu’elle tente de réduire la portée de sa critique au sain droit de parole alors qu’en réalité elle enveloppe maladivement le discours critiqué d’une chape de plomb. Quelle est l’utilité de monter en épingle cette publication Facebook de Guy Nantel si ce n’est pour « avertir » toutes les personnalités (et les commentateurs) que ce genre de discours est inacceptable, parce qu’on a réussi à l’assimiler ou à le mettre en parallèle avec un discours clairement raciste et xénophobe? Quand la critique sert le débat public en ajoutant à la diversité des points de vue, ce que le bien-pensant croit faire, elle est bénéfique, mais quand elle sert à culpabiliser à outrance, ce que le bien-pensant fait en réalité, elle est nuisible.

C’est pourquoi il n’est aucunement exagéré de parler de censure. Par la force du chantage émotif, en induisant qu’un discours critique n’est pas socialement acceptable parce qu’il comporterait un risque pour certaines personnes, déjà victimes avant même d’être victimes, le bien-pensant plonge ces idées et les personnes qui les expriment dans la saleté de l’opprobre. Ainsi, il appelle au déshonneur, à la honte et au discrédit public, ce qui prend tout son sens à cette époque média sociale. Il ne dit pas « je ne suis pas d’accord avec vous, mais vous avez le droit de le dire », il dit « ce que vous dites ne devrait même pas pouvoir être dit puisque je sais mieux que vous ce qui peut être dit ». Il accroche partout des épées de Damoclès au lieu du gui…

La bien-pensance est un complexe de supériorité

Par conséquent, la différence entre le citoyen qui a à coeur la liberté d’expression dans le débat public et le bien-pensant, c’est que le premier défend ses idées avec des arguments alors que le deuxième tente d’imposer ses arguments avec l’aide de la supériorité morale que devraient lui donner ses idées. Ainsi, la bien-pensance est une police de la pensée qui se sert de la légitimité de son idéalisme, autoproclamée, en guise de coercition. Et dans sa prison, il y a tous les infréquentables, dont je fais partie, ceux-là qui dans le monde « normal » ont simplement des idées différentes et ont le droit de les avoir pour les confronter, jusqu’à la limite que permet la légalité, que ces idées soient subjectivement bonnes ou mauvaises, pour les uns et les autres. Dans le débat public, le bien-pensant se place en juge suprême alors que la dynamique de l’échange intellectuel n’en demande pas et n’en a jamais demandé.

La bien-pensance est un fascisme qui s’ignore, en distribuant trop généreusement des accusations de fascisme. Elle est d’autant plus dangereuse qu’elle se nourrit des meilleures intentions. Et en plus, elle n’est pas de gauche ni de droite, elle est seulement là où le respect des désaccords n’est plus et où l’appel au silence est un projet de société, et même un projet de loi… 59. Elle est là, ici comme ailleurs, quand elle expulse à coup d’intimidations d’une manifestation place de la République à Paris un philosophe, Alain Finkielkraut, parce qu’il n’est pas de la « bonne » famille politique, alors qu’il s’y était justement rendu pour discuter.

Et le seul moyen de la combattre est de s’acharner à dire ce qu’on a à dire, même si cet acharnement sert toujours de preuve pour arriver à la conclusion qu’il y a assurément quelque chose de suspect derrière cette détermination. Imaginez si Guy Nantel se dit qu’on ne le fera pas taire et qu’il persiste à faire le même genre de commentaire à l’avenir. D’irresponsable quant aux dangers du racisme latent il deviendra, au mieux, un raciste qui s’ignore grâce au poids de son acharnement.

Mais je doute fort qu’il remette les pieds dans ce terrain miné là, ce qui donnera raison à ces bien-pensants et magnifiera le bien-fondé de leurs critiques/censures. Guy Nantel y repensera à deux fois avant d’user de sa liberté d’expression, même si je trouve qu’il était très responsable de sa part, du haut de sa popularité, d’ainsi narguer les pissants… N’est-ce pas le rôle le plus noble des humoristes?

Publié dans opinions, religion, société | Marqué avec , , | Laisser un commentaire

Hypersexualisme : l’ennemi à abattre

hypersexualisme

L’hypersexualisme est actuellement, l’ennemi à abattre. Ce mouvement moralo-politique tente d’imposer aux femmes, dès le plus jeune âge, le diktat du désir des hommes : le culte de la minceur, l’objectification du corps, la normalisation du maquillage et de la chirurgie esthétique, la banalisation des codes de la pornographie, etc. Il faut entendre ses porte-paroles prêcher l’interdiction de la liberté vestimentaire et demander à ce qu’on punisse les femmes qui osent sortir en public sans maquillage. Sans oublier leurs discours pour un patriarcat lubrique, où le droit de propriété sur les femmes est partagé par tous, donc pour l’abolition du mariage et des relations exclusives. Ce qui fait en sorte que ce mouvement se proclame inclusif.

Il ne faut pas s’y laisser prendre, même une certaine partie de nos élites y participent. Ces organisations sont financées par des fonds privés et servent même à financer des attaques terroristes contre des regroupements féministes. Il semble que le triple meurtre dans les locaux du Conseil de la femme ait été commis par des militants de cette mouvance, même s’il n’a pas été revendiqué officiellement. Selon certaines sources, leurs prochaines cibles seront des boutiques de linge tout-aller (pour mousser le commerce des boutiques de linge sexy) et des restaurants de malbouffe (pour qu’on y interdise la gent féminine de tous âges). Ils sont partout dans la société civile pour influencer, directement ou indirectement, par la terreur et leur but ultime est de rendre le viol légal.

Mais leur travail de transformation des moeurs s’exécute surtout sur le front de l’acceptation personnelle par les femmes. En plaçant le désir de l’homme sur un piédestal et en lui donnant l’importance d’un moteur social – le succès d’un homme crée de la richesse et donc devraient se mériter sans entraves les grâces féminines -, ce qui était considéré comme un viol devient un don de soi. Donc, selon cette doctrine, le pouvoir masculin ainsi achevé participe à la santé économique de la société de deux manières : par le travail acharné dans les sphères les plus importantes, libérées des femmes qui retourneraient aux emplois plus à leur mesure, et par un taux de natalité plus élevé en raison d’une sexualité libérée des réticences des femmes, que le féminisme leur avait imposé.

Ce qui est plutôt inquiétant, c’est qu’une frange du féminisme ne semble pas voir ce qui se joue et défend l’hypersexualisme sans savoir qu’elle le défend, enfin, on l’espère. Ces féministes défendent le droit des femmes de se laisser imposer ces diktats au nom de la liberté de choix. Elles ne voient pas que ce maquillage est une insulte ici alors que tout plein de femmes se sont fait tuer ailleurs parce qu’elles refusaient d’en porter. Elles refusent même de condamner les chirurgies esthétiques forcées au nom du relativisme culturel. Ce qui fait en sorte, absurdement, qu’il est devenu sexiste de combattre l’hypersexualisme…

*******

Étant le père d’une petite fille de 7 ans, le phénomène de l’hypersexualisation (et non de l’« hypersexualisme » – ça, c’était de la fiction) est quelque chose qui me préoccupe beaucoup. Je suis bien conscient que tout autour de ma fille participe à ce qu’elle adopte une attitude hypersexualisée, autant dans ses gestes que dans ses goûts. Mais nous savons bien que notre pouvoir en tant que parent est limité. Cette société offre à ma fille des modèles stéréotypés et il est bien difficile pour un parent de les contrer totalement. Pour y arriver, il faudrait une cellule familiale étanche, sans télé, sans internet, etc., et l’école à la maison, et une gestion serrée des amitiés et des contacts avec l’extérieur, ce que nous n’avons aucunement tenté de faire…

Alors, je vis tant bien que mal avec le fait que ma fille adore se maquiller, se mettre de belles robes et des souliers à talons hauts quand nous allons en visite. Je suis quand même celui qui freine le plus les ardeurs… Pour me rassurer, ma conjointe, qui est féministe, me dit qu’elle était pire que ma fille quand elle était petite. Comme quoi, le fatalisme n’est pas de mise, ce qui devrait être inspirant pour la situation actuelle : ce n’est pas parce que ma fille baigne dans un contexte où l’hypersexualisation est présente qu’elle en sera obligatoirement victime. Nous sommes là pour faire contrepoids, ce qui est le rôle des parents. Et si justement il y a un problème d’hypersexualisation actuellement, c’est sans doute parce que certains parents y ont plutôt été une courroie de transmission et d’expansion.

J’ai beau voir le problème et le prendre très au sérieux, il n’est pas comparable à celui de l’islamisme, qui lui enferme des petites filles et des femmes dans un système de contraintes rigides quant à leur place et leurs agissements dans la société, le voile étant son instrument de marquage, au jour le jour. Alors que le problème de l’hypersexualisation en est un de tendance qui tourne autour de la commercialisation capitaliste et de son réflexe de standardisation, il peut au moins être combattu à court et long terme, et par la cellule familiale, et par la société en général, avec un contre-discours mettant en scène l’égalité des droits et des chances, qui s’accompagne heureusement d’un système de lois qui va dans le même sens. Ce qui est différent du problème de l’islamisme, ici, qui se sert de la cellule familiale pour agir là où la société en général n’est pas (encore) en phase avec les règles morales plus ou moins inspirées de la charia.

Et c’est la légitimité religieuse qui est le meilleur rempart de l’islamisme contre l’évolution et la critique (ce que je n’ai même pas réussi à inscrire dans ma fiction sur l’« hypersexualisme ») : le caractère sacré de la religion encourage le déni du croyant inquisiteur quant à sa morale archaïque et encourage le respect aveugle de cette morale pour les autres, les spectateurs occidentaux de ce qui se joue, en mode culpabilité, au nom de la différence et de la diversité, au nom d’une soi-disant liberté d’accepter la coercition spirituelle, pour femme seulement… Ainsi, la religion joue le rôle du ciment dans toute cette histoire, figeant la marche du progrès social.

Si j’étais individualiste, je pourrais me contenter d’un combat pour ma fille. Mais je ne le suis pas, alors le sort de toutes les petites filles et des femmes qu’elles deviendront m’importe, que leur famille soit d’ici ou d’ailleurs, qu’elle soit athée ou musulmane. Je n’accepterai jamais qu’on les emballe ou les déballe de force, au propre et au figuré, pour le plaisir et le pouvoir de ces hommes qui se prennent pour des dieux.

Publié dans opinions, religion, société | Marqué avec , , , | Laisser un commentaire

Évasion fiscale

evasion fiscale

Publié dans opinions, société | Marqué avec , , | Laisser un commentaire

Web 2.0

Web 2.0 stupidite

Publié dans humour | Marqué avec , , , , , , | Laisser un commentaire

Marine Le Pen au Québec – Entre diabolisation et discernement

Marine Le Pen

Les positions devraient pouvoir se tenir d’elles-mêmes et ne pas être contaminées par les entreprises de diabolisation des personnes, des partis et des idéologies, etc.

Dans un monde rêvé où le débat public serait plus rationnel qu’empreint de sensibleries, il devrait être possible de pouvoir défendre une idée, des idées, sans devoir toujours en même temps se justifier parce que cette idée, ces idées, sont partagées par d’autres, et que ces autres sont diabolisés, à tort ou à raison.

Ce constat et cet espoir me viennent à la suite du débat qu’a suscité la venue de Marine Le Pen au Québec. Bien franchement, peut-être par paresse, peut-être par manque d’intérêt, je n’avais jamais vraiment porté mon attention plus qu’en surface, à savoir qu’elle est la fille de Jean-Marie Le Pen, l’homme derrière la création du Front national, parti que l’on qualifie d’extrême-droite, qui plus est, raciste et xénophobe. Et qu’elle travaille à redorer le blason du parti, avec succès, en tout cas au niveau de la popularité, depuis qu’elle a remplacé son père à sa tête.

L’entrevue avec Marine Le Pen

Devant le « buzz » qu’a suscité son entrevue avec Anne-Marie Dussault, je me suis dit que c’était l’occasion rêvée de dépasser la surface et d’analyser son discours en regard du fait qu’on la dépeint comme étant la chef raciste/xénophobe d’un parti d’extrême-droite raciste/xénophobe. Et qu’il est certain que cette manière de la dépeindre joue en tout cas sur les impressions, les miennes entre autres, mais qu’il faut bien se mesurer aux faits pour se faire une vraie tête.

Donc, je me suis donné comme défi (et à mes « amis » Facebook) de regarder cette entrevue le plus possible sans a priori, en me débarrassant de mes impressions, de mon parti-pris antiraciste, quelque chose qui ressemblerait à de l’objectivité (même s’il est bien connu que l’objectivité pure est impossible à atteindre). Je me suis dit qu’il me fallait analyser ce moment-là, circonscrit dans cette demi-heure-là, en évacuant le personnage diabolisé pour ne garder que le discours factuel et constater le résultat.

À moins que Marine Le Pen soit une spécialiste du double discours, ce qui est impossible à vérifier puisqu’elle n’était pas branchée en direct à un détecteur de mensonges, bien qu’elle était très critique de l’immigration, je n’ai pas constaté qu’elle tenait un discours raciste/xénophobe. Mais il faut dire que je ne considère pas à la base qu’il est raciste/xénophobe de remettre en question l’immigration – je critique moi-même l’immigration -, à moins que ce soit pour des raisons ridicules comme celle qu’il faut garder les blancs avec les blancs, les noirs avec les noirs, etc. Ou qu’il faut garder séparés les gens de cultures ou de religions différentes parce qu’ils seraient absolument incompatibles en toute occasion, en tout temps et en tout lieu.

Racisme et xénophobie

Pour être certain, mettons les choses au clair : le racisme est une position d’exclusion des individus sur la base des traits génétiques, sur la base de la différence entre ces traits génétiques et ceux de la personne qui discrimine, directement ou indirectement, en se servant de ces différences comme justification. Et quand je parle des différences génétiques, je pointe la chose en terme de qualité et non de quantité, puisque oui le concept de race ne tient pas la route étant donné que, par exemple, la différence génétique entre un noir et un blanc est infime : la différence quantitative ne peut pas servir d’argument. Ainsi, le racisme repose sur la qualité, dans le sens de caractéristique : le blanc a la peau plus sombre que le noir, si le racisme est basé sur la couleur de la peau. En fait, le concept de racisme, bien qu’il repose sur l’idée bancale de l’existence des races humaines, a toujours raison d’être puisqu’il existe tout de même des caractéristiques génétiques reconnaissables qui servent à faire des regroupements d’humains et que des gens rejettent ces groupes d’humains parce qu’ils existent et qu’ils sont en contact, directement ou indirectement, avec eux.

Aussi, j’irais quand même jusqu’à inclure les différences culturelles et religieuses malgré le fait que le racisme, par définition, est abject justement parce qu’il pointe la différence génétique, hors du contrôle de l’être humain (a contrario de la culture et de la religion). Même pour la xénophobie, quand elle est plus que la peur de l’autre parce qu’il est différent génétiquement. Il s’agit surtout d’inclure les différences culturelles et religieuses (bien qu’elles soient sujettes à caution) parce que le but est d’arriver à la conclusion que Marine Le Pen est raciste/xénophobe étant donné que sa position serait basée sur un rejet de toutes ces différences et non parce que par sa position anti-immigration elle rejette des gens différents.

Cette nuance est importante puisqu’il apparaît que le racisme et la xénophobie, pour plusieurs, se résume à critiquer les phénomènes, comme l’immigration, qui mettent en scène la différence, la diversité humaine, comme si le seul fait de ces différences pouvait rendre absolument positif tout ce qui tourne autour et négatif ce qui le critique. Le problème, c’est qu’avec une définition aussi peu nuancée du racisme et la xénophobie, il est trop facile de voir du racisme et de la xénophobie partout, et donc d’avoir l’« impression » de vivre dans un monde raciste et xénophobe, ce qui bien sûr colore le débat public au point où il est très mal vu de même vouloir constater par soi-même si Marine Le Pen tient des propos racistes/xénophobes, encore plus d’arriver à la conclusion que non (en tout cas, dans le contexte de l’entrevue à Radio-Canada avec Anne-Marie Dussault). Le fait qu’aucun politicien n’a voulu la rencontrer, sauf Amir Khadir (parce qu’il a son armure inclusivo-solidaire pour le protéger de l’amalgame…), n’y est pas étranger.

Diabolisation et discernernement

N’est-il pas plus honnête intellectuellement d’analyser par soi-même les propos de quelqu’un que de se fier au résultat d’une diabolisation? Et ce qui est malhonnête intellectuellement, c’est de plaquer le résultat de cette diabolisation sur quiconque ose dire être d’accord avec une position de la personne diabolisée. Encore plus, de considérer que cette personne, parce qu’elle est sous le coup de la diabolisation, ne peut pas avoir d’opinions intéressantes sur aucun sujet (il faut rappeler ici que la visite de la chef du FN était surtout en lien avec des questions de commerce international). Un parallèle avec Richard Martineau est assez facile à faire…

Et ce qui est assez insultant dans toute cette histoire, c’est que les gardiens de la vertu qui voudraient cacher Marine Le Pen semblent croire qu’elle est contagieuse, donc que ces paroles peuvent rendre racistes/xénophobes, et que l’attitude de vouloir aller plus loin que la diabolisation, telle que je la pratique ici, est peut-être signe d’un début de maladie… Même, que le fait de dire que dans le fond elle est peut-être moins raciste/xénophobe qu’on le pense est irresponsable, que je suis irresponsable. Pourtant, je crois être assez grand pour être capable de faire preuve de discernement quand j’écoute quelqu’un parler. Je pense même avoir le discernement assez aiguisé pour mesurer la causalité d’écrire à propos de tout ça. À la base, je pense que ceux qui sont capables de me lire sont assez grands pour faire preuve de discernement.

On pourra penser qu’en affirmant que Marine Le Pen n’a rien dit de visiblement raciste/xénophobe dans son entrevue je joue le jeu des racistes/xénophobes. Même chose parce que j’ose être d’accord avec certaines de ses critiques concernant l’immigration. C’est tout simplement de la diabolisation, ce qui est parfois signe qu’il y a un déficit de discernement. Ce qui donne des analyses binaires : tout noir ou tout blanc, Bien ou Mal, raciste/xénophobe ou ouvert sur le monde, FN ou QS. Pourtant, dans le monde réel, où les nuances existent et devraient surtout être permises, on peut être entre autres un peu FN et un peu QS…

Publié dans International, opinions, politique, Québec, société | Marqué avec , , , | Laisser un commentaire

Silences

taire silence

Publié dans poésie | Marqué avec , | Laisser un commentaire

La bête islamiste

bete islamiste

Le terrorisme islamiste est une bête qui respire. Elle inspire et expire. Elle se prépare en inspirant et frappe en expirant, comme à Bruxelles.

Le problème pour les proies, les simples citoyens, c’est qu’elle est inspirante quand elle expire, ce qui d’autant l’engraisse. Et que leurs seuls pouvoirs et refuges sont d’être inspiré par l’espoir qu’elle soit un jour expirée…

Publié dans opinions, religion, société | Laisser un commentaire

Indignation

indignation

Publié dans humour, société | Marqué avec , , | Laisser un commentaire

Être ou ne pas être féministe, selon la grille de l’utilité du langage

feminisme utilite

Depuis que la ministre Lise Thériault a déclaré qu’elle n’était pas féministe, il y a eu de multiples tentatives de relativiser sa déclaration. Entre autres, Marie-France Bazzo a tenté de le faire en réduisant le féminisme à une étiquette qu’elle ne désirait pas porter. Ça se poursuit chez les citoyens de toutes sortes de manières. Pourtant, il y a dans la simple utilité du langage, pour ne pas dire la sémantique, tout ce qu’il faut pour comprendre à quel point ces tentatives sont vaines…

Prenons n’importe quel terme qui décrit une réalité. Le végétarisme (et ses déclinaisons) semble un bon choix. Si quelqu’un dit qu’il n’est pas végétarien, nous allons comprendre qu’il y a de la viande dans son alimentation et si quelqu’un dit qu’il est végétarien, nous allons comprendre qu’il n’y a pas de viande dans son alimentation. Il y a certains végétariens qui mangent du poisson et même de la volaille, donc seulement pas de viande rouge, mais gardons seulement la non-consommation de viande pour l’exemple. Ce que ça dit aussi, c’est que, comme le féminisme, le végétarisme se décline en plusieurs variantes et que ces déclinaisons, même si on peut considérer qu’elles sont parfois problématiques, ne réussiront jamais à dénier la définition de base. De la même manière, si quelqu’un dit qu’il est féministe, nous allons comprendre qu’il est pour l’égalité entre les hommes et les femmes, la définition de base, même si on pourra discuter ensuite des moyens pour y arriver et de ce que représente, dans le détail, l’égalité entre les hommes et les femmes.

Donc, si « ne pas manger de viande » est égal à « être pour l’égalité entre les hommes et les femmes », il n’y a pas à aller plus loin que de comprendre que quelqu’un qui dit ne pas être végétarien mange de la viande alors que quelqu’un qui dit ne pas être féministe dit ne pas être pour l’égalité entre les hommes et les femmes. Voilà l’utilité d’un terme : réduire à une unité linguistique un concept qui s’exprimerait autrement avec plusieurs unités linguistiques. On aura beau retourner ça dans tous les sens pour minimiser la portée de se déclarer ne pas l’être, les termes « végétarisme » et « féminisme » servent à dire quelque chose de clair et non leur contraire ou des demi-mesures. Le terme « végétarisme » sert à mettre de l’avant une abstinence quant à la consommation de viande et le terme « féminisme » sert à mettre de l’avant un parti-pris pour l’atteinte de l’égalité entre les hommes et les femmes. Et il faut dire aussi que ces deux termes n’ont pas le défaut de certains autres d’avoir des définitions multiples qui peuvent parfois porter à confusion. La confusion possible se trouve dans les déclinaisons, les manières de considérer et de mettre de l’avant ce que ces termes signifient.

Par conséquent, cet épisode ne soulève pas vraiment la question du droit des femmes de se dire ou non féministes, puisqu’il apparaît que ces femmes ne visaient que le terme « féminisme » en surface, aucune d’entre elles ne semblait clairement dire qu’elle était contre l’égalité entre les hommes et les femmes. En fait, il était seulement légitime de poser la question à savoir ce que signifiait vraiment pour elles ce « je ne suis pas féministe ». Et que si cette déclaration avait signifié pour une d’entre elles « je suis contre l’égalité entre les hommes et les femmes », cela aurait été au moins en accord avec la définition du terme.

Ce qu’il faut spécifier aussi, c’est que rien dans tout cet empressement d’aller creuser le sens de ces déclarations n’induisait qu’il est interdit de se dire non féministe. La responsabilité ministérielle de Lise Thériault et la réalité de sa déclaration parlaient d’elles-mêmes, puisque ce ministère est un enfant du féminisme. Certains ont la fâcheuse habitude de comprendre que constater une contradiction dans un discours c’est induire que les opinions divergentes sont interdites. Oui, il y a au Québec un certain consensus, pour ne pas dire un consensus certain, sur l’égalité entre les hommes et les femmes et oui, les opinions divergentes sont malmenées. Mais c’est le résultat du jeu du débat public et non la preuve que le féminisme est une religion, protégée par la vindicte populaire… Si seulement une de ces femmes avait vraiment argumenté contre l’égalité entre les hommes et les femmes, il y aurait au moins eu matière à débattre pour peut-être arriver ensuite à cette conclusion.

Il n’est pas interdit d’être contre l’égalité entre les hommes et les femmes. Par contre, il devrait être interdit de jouer la carte victimaire pour tous ceux qui sont contre l’égalité entre les hommes et les femmes, simplement parce que le féminisme existe et qu’il met de la pression sur eux.

Publié dans opinions, Québec, société | Marqué avec , , , | Laisser un commentaire

Le féminisme et le politiquement correct

8 mars feminisme

Dans le débat public actuel, en regard des sujets traditionnellement liés au progressisme, comme le féminisme, l’antiracisme et les droits des LGBT, il y a un grave problème de perception quant à ce qu’est la dénonciation et ce qu’est le politiquement correct. J’irais même jusqu’à dire qu’il y a un problème cognitif. On en vient à considérer que toute dénonciation progressiste est du politiquement correct.

L’actualité récente n’a pas manqué d’occasions de nous le montrer. Prenons le féminisme. Certaines branches du féminisme ont suscité récemment des critiques quant aux moyens qu’elles proposent pour atteindre l’égalité et quant à la perception de certains problèmes, ce qui faisait dire que ces féminismes se placent dans la dynamique du politiquement correct.

Et par politiquement correct, il faut entendre par là une posture qui outrepasse une réaction posée vis-à-vis des injustices, donc irréaliste et exagérée, autant dans l’analyse que dans les moyens proposés. Pour ce qui est du caractère irréaliste, il faut comprendre que le changement a besoin de temps pour faire son oeuvre. Donc, à propos des problématiques liées aux femmes, baser seulement, par irréalisme, sa réaction sur le fait qu’effectivement l’égalité n’est pas atteinte aujourd’hui a toutes les chances de tomber dans la dynamique du politiquement correct, qui est surtout un système de censure par la honte.

Le politiquement correct : un système de censure par la honte

Comment cela fonctionne, c’est que la réalité du déficit égalitaire pour les femmes s’est muée, de sujet important, en sujet intouchable, voire même sacré (l’importance qu’à pris les technologies de communication dans le débat social actuel n’y est pas étranger). En regard de cette évolution, tout ce qui n’est pas en phase avec une vision de l’égalité idéalisée est pointé fortement du doigt, souvent même comparé, mis en parallèle avec ce qu’il y a de pire concernant les femmes : le viol.

Dans cette dynamique, il y a une pléthore de phénomènes dénonciateurs qui sont mis en oeuvre. On n’a qu’à penser à cette idée que le rôle des hommes dans le débat féministe devrait être secondaire, retiré, conditionnel aux prérogatives de certaines femmes qui se réclament d’une autorité féministe. Un parallèle avec le viol est plutôt facile à faire : un homme n’a pas à violer l’espace féministe et s’il insiste… D’ailleurs, le présent texte pourra se voir accusé de la sorte, puisque je suis un homme qui utilise le féminisme comme exemple et qui en même temps le décortique (si peu). Ma démarche n’est donc pas politiquement correcte. Le goudron et les plumes m’attendent.

Féminisme intersectionnel

Et le féminisme intersectionnel est tout à fait en phase avec cette dynamique, le soupçon de viol symbolique en moins. Il consiste à faire de même qu’avec les hommes – les privilégiés suprêmes du système patriarcal -, mais avec des femmes, en regard de leur couleur et de leur orientation sexuelle. Le démographe Guillaume Marois a très bien fait le tour de la question critique dans un récent statut Facebook :

J’ai un peu de difficulté à accepter les accusations de « femmes privilégiées » dès que la femme est blanche et hétérosexuelle. Je comprends tout à fait que les femmes de couleur ou ayant d’autres orientations sexuelles puissent vivre des difficultés supplémentaires, mais la distinction entre privilégiée et non privilégiée n’est pas aussi dichotomique. Dans cette vision des choses, des facteurs pourtant beaucoup plus déterminants du sort des femmes me semblent évacués, notamment la classe sociale et l’environnement familial. Par exemple, une femme noire née dans de riches diplomates africains est probablement beaucoup plus privilégiée que la femme blanche hétérosexuelle d’Hochelaga née dans une famille pauvre et dysfonctionnelle. Pourtant, le sort de la femme d’Hochelaga ne semble plus préoccuper ces intersectionnelles et cette dernière sera même parfois violemment exclue du débat sous prétexte qu’elle est privilégiée par sa couleur et son orientation sexuelle. S’il est vrai que le 1% des femmes les plus privilégiées sont probablement blanches et hétérosexuelles, il ne faut pas oublier que la majorité des femmes blanches et hétérosexuelles ne font pas partie de ce 1%.

Ces tentatives de faire taire les « privilégiés » avec ce « système de censure par la honte », ne sont que des manifestations parmi tant d’autres du phénomène du politiquement correct. Et le dernier exemple est tout à fait intéressant puisqu’il inclut en même temps dans le calcul l’antiracisme et les droits des LGBT. Nous sommes en droit de critiquer ces tentatives, même fortement. Nous sommes en droit de trouver que ces féministes vont trop loin dans le réflexe victimaire, celui-là qui donne une importance accrue à la parole et à la pensée de certaines personnes, pas nécessairement plus légitime que les autres, en raison de leur statut de victimes symboliques catégorisées.

Jeter le féminisme avec l’eau du bain égalitaire

Mais là où je constate un problème aussi important, c’est quand la réalité de ces phénomènes servent à dénigrer le progressisme et le féminisme en général, dans ce qu’il a de légitime, voire même, pour certains, à nier la réalité des inégalités entre les hommes et les femmes. On a pu le voir à l’oeuvre, même si c’est sourdement, dans les positions des ministres Lise Thériault et Stéphanie Vallée, alors qu’elles refusaient de se dire féministes. Il n’est pas bien difficile de comprendre dans cet épisode une conséquence de la posture qui voit dans les débordements de certaines une occasion de tout couler.

Il faut faire la part des choses entre la légitimité du sujet et sa complexité, avec tout ce qu’elle comporte d’objets de débat. Se servir de la faute de certaines féministes pour trouver suspect quiconque se dit féministe, hommes inclus, c’est du même ressort que de se servir d’une lecture victimaire pour rejeter la liberté de parole de tous les hommes et des femmes blanches hétérosexuelles quant au féminisme, ou de trouver cette parole suspecte, peut-être même phobique, simplement parce que la personne n’a pas le bon sexe, la bonne couleur, la bonne orientation sexuelle.

Le féminisme est un humanisme

Le féminisme repose sur un déficit égalitaire et il doit être respecté pour cela, quand bien même certaines, même certains, s’en servent pour faire du chantage quand vient le temps d’argumenter. Il faut dénoncer et se rappeler qu’encore aujourd’hui les femmes sont moins payées que les hommes, que certains domaines sont toujours très difficiles à percer par les femmes. Il faut dire haut et fort que les femmes sont encore considérées comme secondaires par certains hommes et que cette considération repose surtout sur le simple fait de leurs différences physiques. Encore, il faut continuer de constater que les agressions sexuelles contre les femmes sont toujours un problème et que pour l’enrayer il ne suffit pas de faire remarquer que des hommes aussi en sont victimes…

Surtout, il faut continuer de réactualiser cette idée que le féminisme est un humanisme, jusqu’à ce qu’il ne reste que l’humanisme parce que le féminisme aura complété sa mission égalitaire. Cela ne relève pas du politiquement correct.

Publié dans opinions, société | Marqué avec , , | Laisser un commentaire

Féminisme antiracisme

feminisme antiracisme

Publié dans opinions, société | Marqué avec , , | Laisser un commentaire

Nationalisme québécois

nationalisme quebecois

Publié dans opinions, politique, Québec, société | Marqué avec | Laisser un commentaire